Test Tandem : A Tale of Shadows - jeux vidéo Xbox One

XBOX GAMER
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Développeur
Monochrome
Genre
Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  21.10.2021
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
24,99 €

Dans la catégorie des jeux coopératifs uniquement jouables en solo, nous demandons Tandem : A Tale of Shadows, un jeu de plateforme et d’énigmes développé par le studio parisien Monochrome et édité par Hatinh Interactive. Avec sa direction artistique particulière et les influences de Jules Verne, Conan Doyle et Tim Buron annoncées, tout était réuni pour attirer notre curiosité, à tel point que nous avons demandé à l’éditeur de nous transmettre un code de la version Xbox One du jeu (testée sur Xbox Series X via la rétrocompatibilité). Reste maintenant à vous dire s’il en vaut la peine ou non…

Malgré les ombres, il mérite la lumière



En échange de 24,99€, les joueurs sont invités à plonger dans le Londres de la fin du XIXème siècle pour tenter d’élucider un mystère : la disparation du fils d’illusionnistes célèbres, un certain Thomas Kane. Oubliez les enquêteurs de Scotland Yard, vous incarnez Emma, une fillette de dix ans qui se trouve un allié de choix, un ours en peluche nommé Fenton qui appartient à ce cher disparu. Comme ce dernier est vivant et peut évoluer en jouant avec les ombres, on se retrouve à incarner les deux êtres en alternance pour résoudre un peu plus de quarante énigmes réparties entre cinq mondes. Tous sont inspirés de l’époque victorienne et abordent un thème bien précis. C’est donc parti pour le manoir des Kane afin de traverser les jardins, les sous-sols, la cuisine, la salle de bal et enfin les jardins d’hiver. Côté scénario, surtout n’espérez pas grand-chose. Même si les développeurs ont assuré quelques cinématiques assez charmantes, mais au frame-rate chancelant, mettant en avant notre duo et quelques surprises, il faut bien avouer que l’histoire elle-même passe rapidement au second plan. Le but est simplement de résoudre les énigmes pour que Fenton récolte toutes les sortes de cristaux qui viennent ponctuer les niveaux, avant d’arriver au tableau final qui prend la forme d’un boss ou d’une séquence plus complexe reprenant les éléments des précédents niveau du monde en cours.

Seule la fin vient véritablement surprendre le joueur tant elle est inattendue. D’un autre côté, il faut bien avouer qu’elle tombe de manière un peu abrupte même si l’idée finale est plaisante dans le fond. Bref, si Tandem : A Tale of Shadows attire l’attention, c’est parce qu’il arbore une direction artistique suffisamment forte pour se démarquer du lot… Ou presque. Bien entendu, en voyant le travail sur le titre, avant même de penser aux trois univers indiqués dans les communiqués de presse, on ne peut s’empêcher de penser à des jeux comme LIMBO ou INSIDE (pour la partie avec Fenton) mais aussi et surtout à Shady Part of Me. Bien entendu, on ressent les inspirations des développeurs pour l’univers étrange de Tim Burton, comme le design des personnages qui n’est pas sans rappeler celui du film Les Noces Funèbres et d’autres étrangetés que nous vous laissons le soin de découvrir. De même pour l’univers de Jules Verne qui transparaît à travers certains décors que l’on peut prendre le temps d’observer en appuyant sur X quand cela est possible. Entre cela et les références littéraires, il y a de quoi être charmé, surtout que c’est vraiment bien fait et que chaque monde a son univers propre, ses détails. En revanche, visuellement, si on peut être beaucoup plus clément pour les passages avec Fenton qui sont en noir et blanc avec nuances de gris, on ne peut que constater lors des passages avec Emma que certaines textures auraient mérité un peu plus de travail et/ou de détails.

Les animations, plutôt correctes, auraient pu être affinées également. Bien entendu nous relevons ces éléments pour pinailler un peu et nul doute que beaucoup passeront outre, se laissant charmer par l’univers et nos deux personnages principaux. En revanche, il est important de souligner que le frame-rate n’est pas toujours optimal et même si cela n’est pas handicapant au sein de la progression, c’est plutôt désagréable à jouer, en particulier sur deux niveaux de la fin qui se situent dans les jardins d’hiver. Il semblerait que l’ensemble des détails du décor aient raison de la fluidité…Pour en terminer avec l’enrobage, signalons également que la bande-son signée Guillaume Nicollet est très agréable à écouter avec des mélodies qui éveillent nos souvenirs de jeunesse et d’autres à tendance plus angoissante qui accompagnent certains passages plus délicats, comme lorsqu’il faut échapper à des danseuses mortelles…

Affronte ta part d’ombre

Comme le nom du jeu le suggère, nous incarnons deux personnages qui vont devoir collaborer pour progresser. La bonne idée des développeurs, c’est d’avoir proposé deux concepts un peu différents. Avec Emma, nous profitons d’un monde en couleurs dans lequel on dirige Emma en vue du dessus. Celle-ci ne peut pas sauter mais elle peut se déplacer, tirer certains levier, actionner des mécanismes, interagir avec des interrupteurs en se positionnant dessus, ouvrir des portes grâce à des clés à trouver dans l’environnement ou encore tirer sur des éléments pour les déplacer. L’astuce, c’est qu’elle transporte à certains moments une lanterne qui projette donc la lumière dans la salle et crée des ombres selon les obstacles… C’est là que Fenton rentre en jeu. Dans son univers, tout est en noir, blanc et nuances de gris. Pour le coup, l’ourson se déplace en 2D à l’image de tous les jeux de plateforme à l’ancienne. Il peut sauter et se servir des ombres comme des plateformes de déplacement. Attention, les ombres peuvent également lui faire barrage ou le coincer si elles sont projetées sur lui. Toute l’ingéniosité du gameplay réside donc dans le fait de switcher rapidement entre les deux personnages pour les aider à avancer mutuellement. Par exemple, Fenton ouvre une porte en se mettant sur un bouton, Emma passe la porte puis se sert d’une plateforme pour projeter une ombre qui fera office de pont à l’ourson.

Attention toutefois, il est impossible de switcher entre Fenton et Emma si Fenton n’est pas sur une plateforme stable (donc pas sur une ombre) et certaines phases demandent d’enchaîner des actions rapides entre les deux. Rassurez-vous toutefois, les énigmes ne sont pas très poussées et même si nous n’avons pas d’explications, tout est intuitif. Sur le premier run, nous pouvons toutefois perdre un peu de temps parfois, simplement parce que nous n’avons pas fait attention à un objet à déplacer ou à une embrasure dans un mur qui permet de progresser. En plus, comme les checkpoints sont nombreux, on recommence très près du lieu où l’on peut échouer. Pour lutter contre la monotonie, les développeurs ont profité des singularités de chaque environnement pour introduire une idée de gameplay différente. Ainsi, dans les sous-sols il faut jouer avec un liquide qui rappelle l’encre des calamars pour progresser, la cuisine introduit des gelées qui peuvent être coupées ou assimilées, la salle de bal met en avant des yeux qui nous repèrent et nous balancent leurs danseuses mortelles, le jardin d’hiver joue avec la lumière pour faire apparaître/disparaître les plantes dangereuses, quand au début on doit faire attention à des insectes qui peuvent nous faire choir. Inutile de dire que dans ce dernier cas, il faudra utiliser Fenton pour sonner l’alarme et attirer la bestiole, avant de switcher vers Emma pour pousser un élément qui bloquera l’insecte.

Dommage que l’on puisse noter quelques imprécisions, notamment dans la gestion des sauts de Fenton ou lors du changement de plan entre Emma et Fenton. Parfois, lors de ces derniers, on constate un décalage entre l’ombre projetée qui ne touche pas Fenton lorsqu’on dirige Emma et l’ombre prise en compte qui vient bloquer Fenton quand on fait le switch. Rien de grave, on réajuste rapidement, mais c’est notable. Le gameplay arrive donc à se renouveler un peu au fil de la progression, progression qui est toutefois assez courte puisque nous en avons vu le bout au bout de 4H30 en ayant découvert quelques secrets (des salles à explorer qui permettent de débloquer un artwork en prime). Bien entendu, ce temps tient compte d’une poignée d’échecs et d’un peu de tâtonnement. Lors du deuxième run, nous avons pu boucler l’ensemble en à peine plus de deux heures. Le deuxième run permettra d’ailleurs à ceux qui le souhaitent d’aller chercher les secrets, en sachant qu’on peut choisir de refaire le niveau que l’on souhaite grâce au plateau servant de hub pour naviguer entre les mondes et les niveaux parcourus.

Point complet
Le studio parisien Monochrome a réussi son coup en proposant un Tandem : A Tale of Shadows qui se parcourt avec plaisir. Même si le scénario est mis au second plan, que les cinématiques et deux niveaux de la fin souffrent d’un frame rate chancelant, que la difficulté est assez basse et que l’ensemble est plutôt court, les amateurs de plateforme et d’énigmes se laisseront sûrement charmer par l’univers aux inspirations marquées (sans parler de Shady Part of Me qui n’est pas mentionné dans les communiqué de presse). Avec un duo qui offre deux gameplays asynchrones différents, avec quelques belles trouvailles pour la résolution des énigmes et surtout des mécanismes qui se renouvellent un peu d’un monde à l’autre, on ne voit pas le temps passer, qu’on le parcourt d’une traite (ce que nous avons fait en deuxième run) ou, comme nous l’avons fait, qu’on picore deux ou trois niveaux de temps en temps. La bande-son est un plus indéniable qui permet clairement au charme d’opérer, surtout que le prix affiché est assez doux pour composer avec une partie des défauts. A faire au moins une fois si vous aimez le genre et que vous voulez un minimum de challenge sans chercher les prises de tête.

On a adoré :
Direction artistique appréciable
Gameplay asynchrone réussi
Jamais frustrant
Cinq mondes travaillés
Level design bien pensé
Bande-son superbe
Les références cachées
Une fin inattendue
Sous-titres français
Prix assez doux (24,99€)
On n'a pas aimé :
Quelques imprécisions
Scénario au second plan
Assez court (4H30 1er run)
Défi pas très élevé
Frame-rate parfois chancelant
Textures et animations mériteraient plus de soin


Consulter les commentaires Article publié le 07/11/2021 par Vincent P.



 
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