Test Rainbow Billy : The Curse of the Leviathan - jeux vidéo Xbox One

XBOX GAMER
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Genre
Plateforme
Statut
Disponible
Date de sortie
  05.10.2021
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
24,99 €

ManaVoid Entertainment est un studio canadien relativement jeune qui a été fondé en 2014. Après avoir sorti Epic Manager fin 2016, le studio s’est attaqué à un autre projet joliment baptisé Rainbow Billy : The Curse of the Leviathan. Disponible depuis quelques jours en échange de 24,99€, le titre se présente comme un jeu d’aventure en 2.5D mêlant action, puzzle et plateforme… Mais surtout, il veut développer une histoire centrée sur l’amitié, l’empathie et l’estime de soi. Les développeurs ont-ils réussi à lui donner toutes les couleurs qu’il mérite ou se sont-ils contentés de rester sur les couleurs primaires ?

Un arc-en-ciel de bonnes idées malgré la pluie



Comme le nom du jeu l’indique, le joueur incarne Billy, un petit garçon tellement débordant de joie et d’amour qu’il met de la couleur dans le quotidien des habitants du Monde de l’Imagination. En guise de tuto, on se retrouve même à devoir chercher quelques fusées pour réaliser un feu d’artifices, le temps de découvrir les commandes de base (rouler et sauter), de passer voir le marchand et de faire deux sessions de pêche (un mini-jeu qui se complexifie un peu au fil de l’aventure permettant de récupérer des objets et/ou des poissons bonbons). Hélas, un Léviathan joue les trouble-fêtes et maudit le Monde de l’Imagination, ce qui a pour effet de lui retirer toutes les couleurs pour le plonger dans une version monochrome. Cela impacte bien entendu les créatures dudit monde, les plongeant dans un état dépressif soulignant leurs peurs et leur mal-être. Billy arrive heureusement à s’enfuir à temps à bord de friend-ship, un bateau tout mignon qui navigue grâce au carburant arc-en-ciel. Voilà le point de départ d’une belle aventure qui demande de visiter les trois mondes alentours, Dinoland, le Mont Effroid (beau jeu de mots) et le Sanctuaire de Soi, pour leur redonner des couleurs en recolorisant les créatures en proie aux doutes qui y vivent, tout en récupérant trois orbes qui permettront de mettre fin à la malédiction du Léviathan. Avant de pouvoir en dire plus sur le scénario, il est important de parler du gameplay puisqu’il contribue fortement à son développement.

Rainbow Billy est un jeu d’aventure qui mélange plusieurs genres. Si le gameplay est intuitif une fois la manette dans les mains, il est plus complexe à expliquer à l’écrit. En premier lieu, pour se déplacer d’une île à une autre, il faut utiliser Friend-Ship, le bateau en faisant attention à sa jauge de carburant. Si celle-ci s’épuise, il retourne au port précédent où il était en sécurité. En d’autres mots, cela permet d’éviter toute folie et de progresser de manière linéaire au niveau des îles à recolorer. Une fois sur une île, il y a majoritairement trois phases distinctes : la phase de plateforme, la phase puzzle et la phase d’affrontement.

Lors de la phase de plateforme, on déplace notre personnage et on saute d’une plateforme à une autre. Rien de plus simple, on peut même rouler (fonction ultra accessoire tout au long du jeu) et récolter quelques pièces. Des petits personnages matérialisant des idées noires, que l’on ne peut pas recolorer, sont également à collecter pour nourrir un collecteur au sein du bateau permettant de débloquer quelques éléments (décoration pour le bateau, filtre pour le mode photo, emplacement supplémentaire pour les phases de combat, etc.). Si les phases de plateforme sont assez simples, on peut toutefois reprocher une caméra fixe trop proche et parfois mal placée, qui se réoriente toute seule au besoin, engendrant quelques chutes, surtout qu’il n’y a pas d’indicateur pour voir où on va atterrir. Rassurez-vous, rien n’est frustrant puisqu’à la moindre chute Billy reprend sur la plateforme de laquelle il vient de chuter. Pour complexifier un peu les passages, les développeurs ont ajouté un système de progression de « l’arme » de Billy. Equipé d’une canne à pêche parlante du nom de Rodrigo, Billy va progressivement pouvoir frapper des éléments précis (pour détruire une plateforme, un tas, pousser un rocher…), creuser à des endroits prédéfinis, s’accrocher à des ballons pour atteindre des plateformes plus élevées ou encore faire l’hélicoptère en profitant de courants d’air.

Lors de la phase de puzzle, il faut résoudre des énigmes à base de boules à déplacer et de leviers à activer. Cela peut être une bille à envoyer contre des poteaux jusqu’à la placer au bon endroit façon mini-golf, des boules de neige à déplacer en faisant ou non attention à leur grosseur, des piliers à lever ou baisser pour laisser passer des rayons lumineux, etc. Là encore, même si les énigmes sont faciles et plutôt intuitives, les développeurs ont joué à la carte de l’accessibilité en mettant des statues qui donnent des indices au besoin. Enfin, y a la phase de combat. Attention, comme Rainbow Billy est un jeu qui prône l’empathie et l’amitié, ne pensez pas en découdre à coups de canne à pêche. Ici, les affrontements ne sont pas des combats à proprement parler. Concrètement, lors d’un affrontement, une boîte en carton s’ouvre pour matérialiser l’aire de jeu. Billy se tient à gauche avec une jauge de moral (équivalent d’une barre de vie). A droite, on retrouve le personnage que l’on affronte, voire ses sbires ou autre élément le protégeant (comme des rochers ou des idées noires). Avant « d’attaquer » si on peut dire, l’idéal est d’écouter le personnage pour comprendre ses peurs. On déclenche ensuite une phase de dialogue. Trois choix sont proposés, un convenant parfaitement pour rassurer l’opposant, l’autre étant plus timoré et le troisième étant plutôt négatif, entachant directement notre jauge de moral. Comme c’est très manichéen, les bonnes réponses sautent aux yeux. Une fois sélectionnée, après un petit laïus, l’adversaire dévoile les couleurs de son cœur (ce sont des cercles au-dessus de lui, parfois masqués par des points d’interrogation, qui dévoilent quelle forme il faut utiliser pour lui donner les couleurs recherchées).

Grâce à cela, on peut utiliser ses amis, matérialisés sous formes de cartes rondes pour tenter la colorisation du cœur. Il suffit ainsi de placer le bon jeton (avec la forme demandée) sur la ligne d’attaque pour lancer l’assaut. Mais, avant de colorer le cœur de l’adversaire, il faut s’adonner à un mini-jeu très simple, en sachant qu’il y en a quatre différents. Si on réussit parfaitement, alors on peut envoyer toutes les formes colorées prévues. En cas d’erreur, on n’en envoie qu’une partie. Pour éviter que le tout soit trop simple, certains adversaires imposent des règles, comme souffler la rangée où il y a le plus de jetons, brûler, glacer ou brouiller ces derniers, interdire l’utilisation de certaines formes durant un tour, voire renvoyer un jeton associé à un personnage avec un trait de caractère spécifique par exemple. Une fois que l’on a réussi à colorer le cœur de l’adversaire, ce qui passe parfois par quelques coups de cœur à placer grâce à une bonne réponse lors de la phase de dialogue ou par le placement d’une attaque spéciale (pour les combats de la fin), on libère la créature qui se transforme en une version plus mignonne et surtout moins agressive. En prime, elle rejoint notre groupe d’amis et devient donc un jeton à utiliser par la suite.

Son pire ennemi, c’est souvent soi-même

Afin d’agrémenter le système, le jeu misant sur le principe de l’amitié, les créatures collecter fonctionnent sur la base d’un système de niveau. Ainsi, au niveau 1 (celui de base), elles ne donnent accès qu’à une forme colorée. Au niveau 2, elles permettent d’en utiliser une deuxième. Au niveau 3, elles donnent accès à une troisième forme et offrent en prime une fonction passive spéciale, comme remonter le moral de Billy, ajouter un pion au hasard, permettre d’économiser un coup (chaque phase d’affrontement est limitée en nombre de coups et redistribuer les pions pour essayer de récupérer une forme qui nous convient mieux compte pour un coup), envoyer plus de formes colorées si le pion est utilisé seul, etc. Il ne faut donc pas négliger cet aspect. C’est pour cela qu’il est important d’explorer le monde qui nous entoure pour dénicher des objets et pêcher les fameux poissons bonbons dont on parlait au début de cet avis. Ainsi, chaque créature peut passer au niveau 2 instantanément si on écoute son avis et lui offre en retour l’objet qu’elle souhaite (vinyle, ours en peluche, poupée, fleurs, pinceaux, oreiller, bracelet d’amitié, etc.). Pour la faire évoluer au niveau 3, il faut à nouveau donner un objet (différent du premier) et compléter avec quelques poissons bonbons. Il y a donc tout un système assez simple mais suffisamment élaboré visant à resserrer les liens entre Billy et les créatures, chaque montée de niveau étant accompagné de dialogues sur la prise de confiance en soi, l’acceptation de soi, etc.

C’est là que l’on peut revenir sur le scénario puisque, outre les joutes entre Billy et le Léviathan, ou encore Billy et les créatures sous les ordres du Léviathan, l’histoire se développe pleinement au travers de chaque échange. Le tout est plutôt bien écrit et a ce côté « feel-good » appréciable. L’histoire prône la tolérance, le dialogue, l’acceptation de soi et de l’autre, bref des valeurs que l’on aimerait voir plus souvent. Bien entendu, cela ne veut pas dire que tout est parfait. Derrière la magie de cette histoire, se cache quelques tâches d’encre noire, comme certaines redites lors des affrontements, la caméra dont nous avons déjà parlé ou encore l’ultra répétitivité du système d’affrontement qui arrive à nous enlever tout plaisir à faire les mini-jeux, qui deviennent même une corvée dès le milieu de l’aventure. De même, les développeurs ayant fait le choix de l’accessibilité, assumé jusque dans les options du jeu, rien n’est jamais frustrant. Cela est d’autant plus vrai que les derniers affrontements, dont celui contre le boss final, ne tiennent même plus compte de la barre de Moral de notre cher Billy. Remonté à bloc (ce qui reste raccord avec la progression certes), celui-ci peut tout endurer sans jamais devoir recommencer. Il est invincible.

Il faut bien le reconnaître, pour 24,99€, le joueur en a pour son argent côté contenu. Il nous a fallu 9H35 pour venir à bout de l’aventure et nous avons rajouté deux bonnes heures pour le contenu end-game. En somme, une fois le boss final battu, Billy peut reprendre la mer pour délivrer les compagnons qui ne l’ont pas encore été, continuer à chercher les idées à collecter et finir de visiter certaines îles oubliées. Les amateurs de 100% (surtout pour le succès demandant de monter toutes les créatures au niveau 3) atteindront facilement les 16-17H de jeu. En plus, le titre est vraiment agréable à l’œil. Certes, au départ, les bulles de dialogues avec les couleurs, les différentes formes et les mots arc-en-ciel a de quoi faire grincer des dents mais on s’y habitue vite. En revanche, les mondes traversés sont plutôt jolis même si le level design reste majoritairement basique et que les textures ne sont pas folles. En revanche, on apprécie beaucoup le style graphique en 2.5D qui n’est pas sans rappeler un certain Paper Mario pour ne citer que lui. Les personnages sont très mignons, la direction artistique faisant un sans faute à ce niveau. De même, le niveau final en trois actes contre le boss est une jolie petite surprise avec cette musique mettant le Léviathan dans la peau d’un cantateur. Cette dernière est d’ailleurs agréable tout au long de l’aventure, retranscrivant les émotions de nos personnages.

Point complet
Rainbow Billy : Curse of the Leviathan n’est pas un jeu parfait… Mais à l’image de la vie, il faut bien un peu de pluie pour voir apparaître un arc-en-ciel. Ici, c’est la même chose. Avec ses personnages en 2D soignés, avec sa grande accessibilité et avec sa très jolie histoire sur l’estime de soi et l’empathie, le titre de ManaVoid Entertainment arrivera à séduire bon nombre de joueurs appréciant les jeux d’aventure en 2.5D mélangeant plateforme, énigmes, affrontements et éléments tirés des RPG. C’est une belle fable que l’on peut terminer en un peu moins de dix heures mais qui demande pratiquement le double si on pousse l’exploration. Autant dire que pour 24,99€, on en a pour son argent. Certes, on peut reprocher la caméra lors de certaines phases de plateforme, les imprécisions dans les sauts, la facilité de l’ensemble, la répétitivité du gameplay lors des affrontements (avec les mini-jeux qu’on finit par détester ou les redites) mais il faut bien reconnaître que l’on prend un certain plaisir à parcourir l’ensemble jusqu’au dénouement et que les dialogues sont vraiment très positifs, surtout pour les personnes qui doutent d’elles. Disons-le aux jeunes qui nous lisent, peu importe l’âge, nous avons toujours nos doutes, nos craintes, nos parts sombres… Et Rainbow Billy : Curse of the Leviathan est là pour nous dire que ce n’est pas grave et que c’est en l’acceptant qu’on ira mieux. Cela peut paraître très optimiste, voire niais, et pourtant c’est avec des discours comme cela qu’on arrive à redonner de la couleur aux cœurs !

On a adoré :
Univers 2.5D tout mignon
Dialogues travaillés
Joli travail sur la musique
Scénario intéressant
Le character design
Jamais frustrant
Le rapport durée de vie/prix
Les thèmes abordés
Gameplay original…
On n'a pas aimé :
Mais mini-jeux vite répétitifs
Redites lors des affrontements
Choix trop manichéens
Très simpliste
Caméra pas optimale
Les textures des décors


Consulter les commentaires Article publié le 27/10/2021 par Vincent P.



 
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