Test Medal of Honor : Warfighter - jeux vidéo Xbox One

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Medal of Honor : Warfighter



Développeur
Danger Close
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  25.10.2012
  23.10.2012
Nombre de joueurs
1
Thème
Guerre

Après un reboot correct en 2010 qui nous a fait crapahuter dans les montagnes d’Afghanistan, Danger Close remet le couvert pour le compte d’Electronic Arts, en remettant les soldats du Tier 1 sur le devant de la scène. Avec la volonté de proposer un solo plus diversifié et un multi plus varié, les développeurs profitent désormais du moteur graphique de DICE, à savoir le Frostbite 2, pour donner vie à leurs décors. Mais un nouveau moteur graphique et de bonnes volontés suffisent-ils pour accoucher d’un jeu réussi ?

Voodoo, on a une porte !




Avec ce nouveau Medal of Honor, vous allez voir du pays. Philippines, Dubaï, Pakistan, Yémen, Sarajevo, nos protagonistes vont voyager, ceux-ci étant au centre d’une histoire d’attaque terroriste (pour faire original), mêlant des scènes bien viriles à d’autres plus mélodramatiques, s’intéressant à la vie familiale et aux états d’âme de Preacher. On ajoute à cela une (énorme) goutte de patriotisme à la gloire des militaires, qui avait déjà fait parler d’elle lors de la promotion du jeu avec des idées marketing pas toujours de très bon goût, et on a une petite idée du pitch général. Les cinématiques, bien que très réussies (à part quelques visages féminins qui feraient presque peur) et s’intégrant parfaitement entre deux phases de gameplay, s’avèrent assez longuettes et sentent bien souvent la série B à plein nez. Ce sont 13 missions au total qui composent le mode solo, comprenant un court prologue et une mission durant moins d’une minute. A l’image des environnements traversés, les développeurs ont tenté de diversifier l’aventure. L’une des nouveautés que l’on découvrira rapidement est le système d’ouverture de porte. Rigolo les trois premières fois, ce système va vite vous faire soupirer : ce qui aurait pu être une option diversifiant un peu l’action devient vite un gros boulet, cassant le rythme, tout en étant répétitif et finalement ennuyeux. Concrètement, vos coéquipiers et vous vous placez de chaque côté de la porte, et il faut alors choisir le mode d’ouverture : pied de biche, coup de pied, C4 ou encore fusil à pompe, ce qui est suivi d’un ralenti et d’une série de headshots en bonne et due forme. De nouvelles possibilités se débloquent en shootant à la tête vos ennemis. A l’arrivée, quel que soit le moyen employé, il n’y a aucune incidence sur la suite de l’action.

Ce système est en apparence sympathique mais il est trop fréquent, ce qui agacera autant le joueur que les personnages du jeu (écoutez bien leurs répliques). D’autres séquences vous inviteront à piloter divers véhicules, comme des voitures ou encore des bateaux. Ces phases sont vraiment agréables à jouer, aussi bien dans la mise en scène que dans la prise en main, aisée. C’est du bon spectacle, certes limité en interactivité (on se laisse beaucoup guider par les scripts), mais plutôt fun à jouer. Un des passages en voiture est assez semblable à ce qu’on peut voir dans un Need For Speed, avec la possibilité de se cacher pour laisser passer l’ennemi, et repartir ensuite, le tout restant globalement assez simpliste. Mais le gros du jeu reste bien évidemment la partie FPS, où il y a à boire et à manger. Des missions intenses alternent avec d’autres chiantes à mourir, le tout manquant cruellement de liberté et d’originalité. Un air de déjà-vu colle au jeu durant une bonne moitié de sa traversée, avec des scènes qui semblent être reprises de la concurrence, sans la maîtrise. Impossible de sortir de la zone de combat, sous peine d’échec de la mission… On se contente donc de suivre les copains et de respecter les scripts. Certaines séquences sont vraiment excellentes, comme cette fusillade sur une patinoire où la visibilité est quasi nulle, ou encore la traversée d’un village philippin dans les eaux. Ajoutez à cela une course-poursuite (mission « Trouver Faraz ») intense, ainsi qu’une mission réussie à bord d’un bateau rempli d’ennemis (« Des bruits dans la nuit), et on a fait le tour des meilleures séquences du jeu.

Le reste, sans être fondamentalement mauvais, est tellement peu original qu’on l’oubliera rapidement, comme une séquence de sniper vue et revue, une pseudo infiltration à deux (l’un prend celui de gauche, l’autre celui de droite), ou cette mission à bord d’un hélicoptère pour défoncer un village entier de terroristes, certes bourrine, mais assez ennuyeuse et peu cohérente (des barils d’essence hautement explosifs étant disséminés partout à des endroits improbables). Cette mission bien bourrine tranche néanmoins avec pas mal d’autres passages du jeu, où l’avancée se fait plus progressive et où il n’est pas question de rentrer dans le tas. L’interactivité avec les décors est assez faible et, à part quelques murets qui s’effritent, on est globalement loin d’un Bad Company, très loin même, à tel point que certains objets basiques comme un vase ou une lampe ne se brisent même pas. Mais ce qui gâche le plus l’aventure, ce sont les bugs, aléatoires, qui peuvent carrément plomber une partie. Un exemple de notre côté : après une cut-scene, il était impossible de débuter la mission, la caméra se baladant en vue subjective et flottant dans le niveau. Un reset s’est avéré obligatoire. On citera également des bugs tels que les armes qui lévitent ou les corps arborant des positions étranges, moins handicapants bien sûr, mais témoignant d’un manque flagrant de finition. En plus le solo est court, il faut compter environ six heures sans se presser pour en voir le bout en normal. Signalons tout de même que les modes de difficulté plus élevés n’augmentent que peu le challenge, et ce malgré certains ennemis qui vous tueront en deux balles et des passages plus ardus…

Déjà-vu, déjà joué, next !




L’ensemble reste clairement très accessible, la faute également à une I.A. pas toujours au top (ennemis suicidaires qui foncent tête baissée, d’autres dont la tête a tendance à dépasser du décor). Les headshots sont d’ailleurs simples à placer. Les munitions peuvent être obtenues en allant vers un partenaire, les rendant quasiment illimitées, et il est possible, en plus des deux armes de base, de ramasser des armes sur le champ de bataille qui seront automatiquement balancées lorsqu’elles seront vides ou si vous souhaitez simplement utiliser celles de base. Le recul est quasiment absent, excepté lors d’une séquence de sniper où il faut anticiper les trajectoires. Il est par contre possible, sur quelques armes, de profiter de deux niveaux de zoom, variant un peu les plaisirs dans les exécutions, et également de pouvoir viser un ennemi tout en restant à couvert, option que l’on oubliera très vite tant elle est peu ergonomique. Le corps à corps est également possible, mais il est bien répétitif en termes de mise à mort. Finalement, le gameplay se veut être un mélange de Battlefield 3 et de COD, le personnage étant un poil lourd à déplacer, mais le jeu se voulant parfois vif dans ses fusillades. Du coup les déplacements, parfois lents, sont incompatibles avec le nombre d’ennemis, surtout lorsqu’une mission d’infiltration tourne à la boucherie en cas de repérage.

Graphiquement, le jeu est d’un niveau plus que correct. Le résultat n’égale pas le travail de DICE mais propose une bonne personnalité. Les différents environnements sont bien retranscrits, notamment Sarajevo ou les Philipines, dont la scène de tempête est vraiment jolie. Les effets de particules et de lumière sont particulièrement réussis. En revanche, il arrive très souvent que les textures s’affichent en retard, alors que le jeu dispose de l’installation d’un pack de textures HD. Ne soyez pas étonné du rendu médiocre du jeu si vous n’installez pas ce pack. On regrette aussi l’animation parfois hachée de nos coéquipiers ou des ennemis, qui ont tendance à changer de direction brutalement, nous rappelant les heures passées sur les FPS des années 2000. On cite enfin des textures un peu trop « brillantes », rappelant les premiers effets « next gen » que l’on pouvait voir il y a six ans. Côté sonore, le jeu est particulièrement réussi, notamment au niveau du bruit des armes, franchement bien retranscrit, nous faisant vivre l’intensité des fusillades. Les détails sont là, comme par exemple la résonance des coups de feu dans une grotte. On s’y croirait. Les doublages sont eux aussi de bonne qualité, d’un très bon niveau pour une VF, contrastant avec la relative pauvreté de nombreux dialogues. Nous avons d’un côté nos bons vieux militaires bien lourdingues qui nous gratifient de répliques du genre « Qui est à l’autre bout du téléphone ? … Ta mère ! », et d’un autre côté les personnages versant dans l’actor studio avec leurs répliques mielleuses et tire larmes.

Certains dialogues ont au moins le mérite de nous faire rire. Ce qui nous fait moins rire en revanche c’est la tête que se paye le jeu en multijoueur. Si les niveaux solo s’en tirent relativement bien graphiquement, le jeu en multi est plutôt laid. Les maps, au nombre de huit, sont bourrées d’aliasing, avec des textures s’affichant très en retard, voire pas du tout. Globalement, et malgré quelques bonnes idées, comme celle de constituer un binôme en deathmatch et de pouvoir réapparaître juste derrière votre partenaire en cas de mort (ou de choisir de réapparaître à l’écart), le multi est trop générique. A vous au départ de personnaliser votre personnage, parmi cinq classes, dont le sniper, l’artilleur, ou encore l’assaillant. Chaque classe dispose de ses caractéristiques, comme le fait qu’un homme de pointe disposera de munitions plus puissantes tandis que le sniper bénéficiera d’une mini carte directionnelle pour le guider vers ses cibles. Il est aussi possible de choisir sa nationalité, mais le tout est très classique. Côté modes de jeu, en plus des modes deathmatch, capture de drapeau, travail en équipe, on retrouve des missions à objectifs, à base de démolition, et la zone de tension, sorte d’attaque/défense déplaçant l’action aux quatre coins de la carte… Mais il n’y a franchement rien de bien palpitant. On peut également monter en grade, suivant nos performances, puis customiser ses armes avec les points acquis : canon, crosse, chargeur et motif. Nous n’avons pas rencontré de souci particulier pour nous connecter, mais le nombre de joueurs chute dangereusement, et ce ne sont pas les deux petites miettes de cartes supplémentaires (payantes) qui relanceront l’intérêt du jeu, déjà mis de côté par son développeur.

Point complet
Malgré un moteur graphique tout nouveau, tout beau, les développeurs de Danger Close nous déçoivent. Si le mode solo de ce Medal of Honor est composé de quelques passages réussis et qu’il est plutôt joli visuellement parlant, il n’en reste pas moins très générique, avec une forte impression de déjà-vu. Mais ce n’est pas tout puisqu’il est vraiment mal fini et rempli de bugs plus ou moins handicapants. La durée de vie est très courte et le jeu ne dispose de quasiment aucune rejouabilité. Et ce n’est malheureusement pas le multijoueur qui va vous scotcher derrière votre écran, tant celui-ci est banal, peu peuplé et archi moche. Ce ne sont pas les quelques bonnes idées qui nous motiveront à faire évoluer notre soldat, que nous abandonnerons rapidement, un peu à l’image du sort que semble réserver Electronic Arts au titre. Dommage car le solo est loin d’être mauvais, malgré la surabondance de patriotisme, et aurait mérité plus d’attention et surtout une bien meilleure finition.

On a adoré :
+ Plutôt joli en solo
+ L’ambiance sonore
+ L’identité des environnements
+ Les binômes en multi
+ Les phases en véhicules
+ Quelques niveaux solo très réussis…
On n'a pas aimé :
- Et d’autres très ennuyeux
- Fort air de déjà-vu
- Très court en solo
- Bugs à outrance
- Affichage tardif des textures
- Animations un peu raides
- Plusieurs soucis de scripts
- Multijoueur ultra générique…
- Et très laid (aliasing, textures)
- Répliques parfois lourdingues


Consulter les commentaires Article publié le 27/01/2013 par Lionel B.



 
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