Test Game of Thrones - jeux vidéo Xbox One

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Game of Thrones - Le Trône de Fer



Editeur
Atlus
Développeur
Cyanide Studio
Genre
Action Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  07.06.2012
  15.05.2012
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Thème
Heroic-fantasy

La licence A Song of Ice and Fire a été créée dans les années 90 par l'auteur George R. Martin. Bien connue des amateurs de fantasy, l’œuvre a été popularisée grâce à une adaptation en série télévisée par la chaîne américaine HBO en 2011. Cyanide Studio, modeste studio français, a coupé l'herbe sous le pied des gros éditeurs en acquérant les droits de la licence avant l'officialisation de son adaptation télévisuelle. Ayant déjà sorti un RTS exclusif au PC il y a peu de temps sur cet univers, les Français nous proposent aujourd'hui un RPG. Voyons de quoi il en retourne…

Quand on joue au jeu du trône, l'on gagne ou l'on meurt




L’une des originalités du jeu, c’est de vous faire incarner deux héros bien distincts au physique et au passé imposés. Ainsi vous incarnez Mors, membre de la garde de nuit (ordre qui a pour but de protéger le royaume de Westeros des menaces du grand Nord) et Alester, prêtre rouge revenu d'un exil de quinze ans qu'il s'était lui-même imposé. Qui dit deux héros, dit deux trames qui ont malgré tout des points communs et qui finissent par se mêler en une seule. Bien que les deux héros soient imposés, le studio français nous laisse le choix de la classe. Chaque héros propose trois classes différentes pour tout autant de styles différents. Cela fait relativement peu mais il faut savoir que l'univers créé par Martin ne laisse pas de place aux mages, sorciers ou autres classes magiques que l'on a l'habitude de voir dans les poncifs du genre (même si une part de fantastique existe dans cet univers mais aussi dans le jeu, nous y reviendrons plus loin). Une fois votre classe choisie, vous avez l'occasion de placer des points (que l'on gagne en passant des niveaux) dans diverses caractéristiques, telles que la force, l'intelligence, l'endurance, etc. Évidemment, selon la classe que vous avez choisie, il faut placer ses points plus vers une caractéristique que l'autre. Rapidement vous serez aussi amené à débloquer des talents. Présentés sous la forme d'un arbre (qui propose différentes choses selon la classe choisie encore une fois), ils peuvent être passifs ou actifs.

C'est à dire que les premiers influent de manière permanente sur votre personnage tandis que les autres sont à déclencher en plein combat (point sur lequel nous reviendrons aussi). Mors et Alester, en plus de cet arbre de talent, ont chacun un autre arbre spécial (qui est là quelle que soit la classe choisie). En effet, nos deux héros ne sont pas comme tous les autres personnages que l'aventure nous amènera à croiser. Chacun possède une particularité qu'on pourrait qualifier de surnaturelle. Mors est un change-peau, c'est à dire qu'il peut s'introduire dans les pensées d'un animal et le guider. En l’occurrence, notre membre de la Garde est toujours accompagné d'un fidèle chien. De ce fait Mors peut l'incarner et se mouvoir à sa place. Pratique pour s'infiltrer, égorger des ennemis pour réduire leur nombre dans un combat à venir, trouver des objets cachés ou encore être un allié lors des combats. Alester lui est un prêtre rouge qui sert le culte de R'hllor, dieu de la lumière… De ce fait, notre personnage manie à merveille le feu (ce qui permet aussi de trouver des objets cachés et d'être utile en combat). Ainsi chaque héros possède un arbre qui permet d'améliorer ses deux particularités très utiles en combat (le chien peut distraire un ennemi, voire l'éliminer au fil de la progression, et Alester peut joyeusement enflammer son épée pour se faire un petit brasier maison sur les ennemis en évitant de toucher les alliés). Ensuite des points sont disponibles pour augmenter les compétences des personnages. Concrètement vous pouvez les placer dans différentes catégories (armes tranchantes, contondantes, armures, etc.) qui sont elles-mêmes divisées (épée à une main, deux mains, haches, armures légères, lourdes, etc.).

Il faut veiller à bien choisir pour permettre à votre personnage d'être plus destructeur avec l'arme qu'il porte et de porter une armure plus efficace. Bien que vous puissiez tout mettre sur un seul type d'arme, vous pouvez trouver à un moment donné une autre arme plus adaptée à votre personnage… Il serait alors dommage de perdre de précieux bonus car on a tout misé sur une autre. Globalement, Cyanide a proposé un système de personnalisation assez classique mais efficace. Tout au long de l'aventure on sent que son personnage monte en puissance. La dernière chose, que vous avez à choisir lors de la personnalisation initiale de vos personnages, ce sont les traits. Ce système rappellera au bon souvenir des fans de Vampire : The Masquerade. En effet, vous pouvez choisir (ce système est facultatif) des atouts et des faiblesses pour votre personnage. Évidemment, il faut équilibrer les deux (système de balance mise en place). Par exemple, si vous choisissez l'atout Buveur de sang (+15% en dégâts), qui vaut quatre points, vous allez devoir choisir une ou plusieurs faiblesses valant au total le même nombre de points (en sachant qu'une faiblesse à quatre points équivaut à de gros malus pour votre personnage alors que plusieurs faiblesses, valant un point, pourront être moins désavantageuses). Le choix des atouts et faiblesses est assez varié pour pouvoir trouver quelque chose à votre goût. De plus, selon vos décisions dans l'aventure, certains traits vous seront ajoutés. Par exemple, si vous évoquez le passé de votre personnage avec un certain PNJ, le trait Nostalgique sera ajouté à votre personnage. Un système original et bien pensé.

La nuit est sombre et pleine de terreurs




Une fois cela passé, vous pouvez gambader joyeusement dans le monde de Westeros. Enfin, pas complètement puisque le studio a fait le choix d'un RPG dirigiste et fermé. En effet, le jeu est découpé en chapitres (15 pour 30 à 40 heures de jeu selon votre rapidité et la difficulté choisie) et chaque chapitre est guidé par une mission de la quête principale. Certains proposent en plus quelques quêtes secondaires, mais ces dernières ne sont pas nombreuses. Un des points à souligner sur cette aventure est son écriture. Si les Français ont fait le choix d'une aventure dirigiste et ultra scénarisée, c'est au profit d'une histoire vraiment bien écrite et surtout parfaitement intégrée à l'univers créé par Martin (à noter que ce dernier a approuvé le scénario et l'équipe a dû écrire plusieurs versions pour en arriver là). Les fans (autant de la série que des romans) seront aux anges. Chaque personnage joue ses intérêts avant ceux des autres. Pas de manichéisme mais des trahisons, du sang et des larmes, voilà ce que nous propose le jeu. On prend plaisir à incarner Mors et Alester, deux héros fort en gueule et au caractère bien trempé. Si l'aventure est centrée sur le destin de ces derniers, cela n'empêche pas de se retrouver empêtrer dans une aventure qui aura des résonances par rapport aux romans. Dommage que les Français n'aient pas eu les moyens de leurs ambitions. En effet, si l'aspect narratif est plaisant, la technique ne met malheureusement pas cela en avant. Si le jeu n'est pas horrible à parcourir, on reste déçu par certains points.

Ainsi, les animations datant de la génération précédente peuvent en refroidir plus d'un. Cela rend les cinématiques un peu molles (la mise en scène, souvent du même acabit, n'aidant pas) et peu intéressantes à regarder, techniquement parlant bien entendu. Les dialogues rattrapent aisément la chose. Là où ça se gâte, c'est lors des phases de gameplay. Si les déplacements des personnages sont un peu lourds, on prend vite le coup. Par contre, les phases de combat souffrent de cela. Ces dernières deviennent assez vite répétitives et on ne prend pas de plaisir à les regarder. Les mouvements sont limités ainsi que très robotiques et l'absence de gestion de dégâts finit par rendre le tout très plat. De plus, les textures sont assez grossières, tout comme les effets de lumière. Globalement le constat technique entache le jeu, surtout qu’il faut aussi compter sur des modélisations un peu grossières des personnages secondaires. Si les principaux s'en sortent bien (nos deux héros en tête), d’autres ont tendance à avoir les mêmes tête et dégaine, à tel point qu’on a parfois du mal à en différencier certains. Notons aussi que le level design est décevant. L'impression d'avancer constamment dans un couloir est assez présente. De plus, le manque de vie est assez choquant après être passé par les autres mastodontes du genre. Que dire de Port-Réal, capitale du royaume où dix pelés palabrent dans les rues et où on passe de la partie pauvre à la partie riche en un seul escalier. Bien que des dialogues in-game aient été ajoutés pour essayer de gommer ce manque de vie, on retrouve là aussi la technique entachant l'écriture. On arrive parfois en plein milieu d'un dialogue entre PNJ car ce dernier s'est déclenché bien trop tôt. Du coup on attend que ce dernier se réenclenche pour pouvoir l'entendre en entier. Au final entre le balisage imposé par les niveaux et le manque de vie général, on ne prend pas vraiment de plaisir à se balader.

Et qui êtes vous, dit le fier prince...




Le jeu est divisé en deux grands axes, l'aspect combat et l'aspect dialogue. Le système de dialogue reprend le système de Mass Effect où ce n'est pas le dialogue que vous choisissez mais l'intention. De ce fait, si vous voulez que votre personnage envoie bouler un PNJ, selon qu'il soit noble ou roturier, son dialogue n'aura pas la même teneur. Un système intéressant, qui permet d'être attentif aux dialogues. Comme précisé plus haut, la qualité d'écriture est très bonne. Comme tout bon RPG actuel qui se veut un peu ambitieux, un système d'influence sur la trame a été mis en place. Ce dernier n'est pas bien impressionnant et est présent de manière très ponctuelle. Bien que quelques choix aient une influence quelques chapitres plus tard, cela n'a pas un impact majeur sur la trame mais plutôt une influence directe (on nous propose bien souvent si l'on veut épargner ou non tel personnage même si cela n'a que peu d'importance par la suite). A noter que le jeu nous propose quatre fins (qui sont définies par deux choix, dont un pas très subtil dans sa proposition) qui sont toutes de bonnes factures et satisfaisantes. Le système de combat est à mi-chemin entre le temps réel et le tour par tour, à la manière d'un KOTOR. En effet, comme dit dans le premier paragraphe, des talents sont à votre disposition pour que vous puissiez jouter comme il se doit.

Concrètement quand un combat s'enclenche, vous devez ouvrir une roulette avec une gâchette pour pouvoir accéder à vos talents. Vous pouvez donner trois ordres à la fois à vos personnages pour qu'ils les exécutent. Ouvrir cette roulette ne mettra pas le jeu en pause mais ralentira considérablement le temps pour que vous puissiez tout de même réfléchir un minimum. Chaque utilisation de talent consomme une barre d'énergie, assez tenue, qui vous limite dans l'utilisation abusive de talents trop efficaces. Cette barre remonte progressivement au cours du combat et vous avez la possibilité d'utiliser une action qui vous permet de remonter rapidement celle-ci (mais il faut alors 20 secondes pour l'utiliser à nouveau) ce qui vous laisse par contre exposé aux coups ennemis le temps qu'elle s'accomplisse. C'est bien dans cette partie que la progression de nos deux personnages se perçoit. En effet, au fil du jeu, nous pouvons esquiver, parer, toucher une cible, etc., bien plus facilement. C'est sur ce point que l'aspect tour par tour se ressent, puisque toutes ces actions ne s'effectuent pas en temps réel mais sont déterminées par un pourcentage de réussite (15% de chance d'esquiver ou de faire un coup critique par exemples). En gros, il s’agit d’un aspect aléatoire.

Des coéquipiers (ponctuels et imposés par le scénario - un seul contrôlable quand ces derniers sont plusieurs -) peuvent venir vous donner un coup de main. Vous pouvez alors switcher entre les deux pour programmer vos ordres. Globalement, le système de combat est bien pensé et intéressant à jouer. Il vous demande de planifier votre combat et d'établir des stratégies. De plus un système d'armures et d'armes qui s'influencent entre elles a été intégré. Selon le type d'armure (cuir, maille, plaque, etc.), le type d'arme que vous choisissez sera plus ou moins efficace. Par exemple, une arme contondante est efficace contre une armure en plaque alors qu'elle l'est moins contre une armure en maille qui, elle, est sensible aux armes perforantes. Bref, cela se traduit en plein combat par un icône au-dessus de vos ennemis qui vous indique le type d'armure. Pour contrer cela vous avez le droit de définir, hors des combats, deux sets d'armes à intervertir à volonté pendant le combat. Sur le papier, ceci est une idée intéressante mais, concrètement, vous pouvez faire le jeu complet avec un seul type d'arme en mode normal. Ce mode apporte d'ailleurs une difficulté satisfaisante pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête avec les combats sans pour autant traverser le jeu une main dans le dos, bien que l'I.A. ennemie soit prévisible et pas très maligne. Ceux recherchant un challenge adopteront le mode difficile.

… Pour que je doive m'incliner si bas ?




Malheureusement, on se rend compte qu'on utilise bien souvent les mêmes actions en en délaissant d'autres, ce qui installe une certaine lassitude au niveau des combats. De plus, les ennemis ne sont pas très variés, bien que ce soit l'univers qui impose cela (on n’affronte que des humains). Les combats, sans être un calvaire à jouer, deviennent très vite une formalité. En sus, les animations et l'absence de réactivité des coups ne rendent pas le tout très agréable à regarder et donnent un côté statique peu valorisant aux échauffourées. Vient s'ajouter à cela un côté brouillon dès que le combat commence à contenir plus de cinq personnages. En effet, la sélection des ennemis s'emballe et la caméra, dans les endroits trop étroits, perd le Nord. Comme tout bon RPG qui se respecte, Game of Thrones vous propose de récolter diverses armes, pièces d'armures dans les décors ou de les acheter chez d'honnêtes marchands. Certains objets sont intéressants à avoir pour le fan de l'univers. Ainsi on peut se balader avec la cape Tyrell, un heaume Lannister ou bien carrément voler une armure sauvageonne pour pouvoir se la raconter avec des têtes, fraîchement découpées, accrochées à la ceinture. Les divers clins d’œils feront plaisir aux amateurs. A noter que le jeu ne propose pas de système de craft vous permettant de créer vos armures ou concocter vos potions. Des potions sont bien disponibles (et assez diverses : potion de vie, poisons pour vos armes ou huiles pour enflammer vos épées) mais elles sont à acheter chez les divers apothicaires que vous pouvez rencontrer.

Si vous n'êtes pas familier de l'univers de la licence A Song of Ice and Fire, les développeurs ont intégré un codex fort utile. Ce dernier est à remplir au fil de l’aventure en fouillant les niveaux ou simplement en progressant. Il contient diverses informations (religions, grandes familles du royaume, régions et coutumes, etc.). Même les fans trouveront un certain intérêt à le lire pour avoir un petit résumé de l'univers, très dense, de Martin. Notons que si le studio français a eu les droits de la licence avant l'officialisation de la série par HBO, ça ne l’a pas empêché de passer un partenariat avec eux. C'est pourquoi nous retrouvons quelques musiques de la bande originale de la série ainsi que trois acteurs ayant prêté leurs traits et leur voix au jeu. Ainsi, nous retrouvons Lena Headey (Cersei Lannister), James Cosmo (Jeor Mormont) et Conleth Hill (Varys) au cours de nos aventures. A noter que le doublage en anglais va du bon (encore une fois nos deux héros) au catastrophique (des personnages secondaires qui lisent de manière monotone les dialogues ou qui jouent tout simplement faux). La version française est quant à elle du même acabit. Dommage, car l'émotion que tente d'apporter le scénario est souvent désamorcée par ces soucis de doublages couplés à la technique.

Point complet
Si l'écriture brille incontestablement tout au long de l'aventure, le jeu de Cyanide souffre de quelques problèmes assez gênants. Même si la firme n'a pas les moyens de certains gros autres studios, on regrette tout de même ces animations vieillottes, une mise en scène mollassonne et un level-design paresseux et sans imagination. L'aspect RPG est présent et plutôt satisfaisant, bien que les combats deviennent vite une formalité et que certains points viennent carrément les plomber par moment. Au final, Cyanide Studio accouche d'un jeu qui ravira les fans, qui auraient pu avoir bien pire, qui passeront un bon moment en compagnie de Mors et Alester. Quant aux autres, ils peuvent tout de même sauter le pas si pour eux l'histoire prime sur le reste… Dans le cas contraire, mieux vaut qu'ils passent leur chemin.

On a adoré :
+ Mors et Alester
+ Histoire prenante…
+ Bien intégrée à l’univers
+ Les fins
+ Le système de trait
+ Codex, idéal pour les novices
+ Combats tactiques...
On n'a pas aimé :
- Mais statiques et lassants
- Les animations
- Mise en scène peu inspirée
- Les doublages
- Le level-design
- Manque de vie
- Quelques bugs gênants


Consulter les commentaires Article publié le 25/08/2012 par Michael M.



 
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