Test Far Cry 6 - jeux vidéo Xbox One

XBOX GAMER
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Editeur
Ubisoft
Développeur
Ubisoft
Genre
Jeu de tir à la premième personne (FPS)
Statut
Disponible
Date de sortie
  07.10.2021
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
69,99 €

Neuf ans déjà depuis la sortie de Far Cry 3, le jeu qui marqua le renouveau de la franchise et l’apparition d’un concept de base qui sera utilisé pour les années et opus suivants… Utilisé voire abusé au point qu’en 2021, Far Cry 6 fait son apparition en proposant de prendre part à une révolution… visible sur le papier seulement. Mais la formule arrive-t-elle toujours à fonctionner ?

Aussi révolutionnaire qu’un collégien anarchiste



Vous incarnez Dani Rojas, le héros (ou l’héroïne selon votre choix) de Far Cry 6. Orphelin, il quitte l’armée après plusieurs années pour poursuivre son vrai objectif : quitter son île de Yara pour rejoindre en bateau la Floride et vivre son rêve américain. A sa place, nul doute que nous aussi nous aimerions quitter cette île. Gérée d’une main de fer par un pur dictateur made in Caraïbes, Antón Castillo (incarné en jeu par l’acteur Giancarlo Esposito qui a notamment joué Gus dans Breaking Bad), l’île, qui s’inspire assez librement de l’histoire de Cuba, est mondialement connue pour sa production de tabac. Mais pas n’importe quel tabac, une version génétiquement modifiée dont les plants sont traités avec le Viviro, une substance toxique qui transforme la plante en médicament contre le cancer, en faisant au passage mourir les paysans qui la cultivent. Sans candidat pour s’en occuper, ce très cher chef d’état décide qu’une partie de la population, les parias, serait « volontaire » pour s’en occuper… Un sacrifice nécessaire pour faire de Yara le « paradis » qu’il imagine.

Face à ce dictateur et à ses forces armées et politiques, un groupe de révolutionnaires au nom hors du commun et très inspiré de « Libertad » s’organise pour éliminer un par un les piliers qui soutiennent Antón Castillo, avec pour espoir de le faire suffisamment vaciller pour pouvoir enfin le faire tomber et instaurer petit à petit un semblant de démocratie. Ubisoft oblige, n’espérez pas une aventure politique avec un message fort. On survole toutes les idées en incluant le plus de concepts bien-pensants possible, et surtout, on ne rentre jamais dans le vif du sujet et on ne prend jamais position pour éviter de froisser qui ou quoi que ce soit… Dans ce contexte, Dani Rojas, notre héros, se retrouve bien malgré lui au cœur de Libertad, échoué sur une île de l’archipel à la suite de la destruction du bateau avec lequel il pensait s’enfuir. C’est sur cette dernière que vous ferez vos premiers pas en tant que guérillero et c’est aussi là que vous découvrirez le gameplay de ce Far Cry 6 qui, contrairement au thème de son scénario, n’a strictement rien de révolutionnaire.

Vous retrouverez exactement le même mélange entre chaos et infiltration que d’habitude. Armé d’un lance-roquettes ou d’un fusil à silencieux, avec une poignée de grenades ou quelques couteaux de lancer, vous allez nettoyer bases et avant-postes militaires, récupérer des matériaux de construction pour améliorer votre équipement, recruter des compagnons et implanter des bases, avant de faire tomber un par un les chefs pour enfin s’attaquer au grand méchant et à ses penchants psychopathes. Un gameplay que l’on retrouve depuis Far Cry 3 et qui se répète finalement tellement que le jeu lui-même en rigole : l’une des missions d’introduction consiste à brûler au lance-flammes un champ de tabac (une mission que l’on retrouve dans tous les derniers opus) au son du Bella Ciao (à l’opposé d’original au passage), pour se terminer par une réflexion du personnage qui trouve que brûler des trucs avec un lance-flammes lui semble familier. À nous aussi…

La recette classique est donc parfaitement respectée, voire abusée : le grand méchant charismatique, les personnages supports plus ou moins dingues et pas toujours très intéressants et vous, le héros. Pour une fois, ce dernier aurait presque un semblant de légitimité à affronter une armée entière à lui seul. Formé et expert dans le maniement des armes, il avoue lui-même s’amuser et prendre plaisir à décimer des garnisons entières, une bonne source d’adrénaline. Sa présence comme un acteur majeur de Libertad est donc plutôt cohérente, même si la première fin, atteignable après quelques heures de jeu, est finalement la plus logique. Attention spoiler : après avoir terminé l’introduction, vous pouvez simplement quitter l’île en bateau comme votre personnage espérait pouvoir le faire depuis le début. Fin du spoiler

Au moins, l’environnement est dépaysant !

Vous allez bien sûr opter pour la poursuite de l’aventure et vous aurez raison. Malgré le manque très flagrant d’évolution, le titre reste très riche et a beaucoup de choses à proposer. À commencer par un open-world gigantesque et graphiquement somptueux. Sur Xbox Series X, on atteint vraiment ce qui se fait de mieux dans le genre, avec de belles lumières, de la végétation très abondante et des textures réussies. Il a en plus le mérite d’être varié, entre villes, montagnes, plages, marécages… On s’y croirait carrément et ça donne envie de retrouver plus d’environnements aussi travaillés dans d’autres jeux. Qui dit open-world dit aussi pléthore de choses à faire. Tout d’abord, suivre les missions principales et annexes ainsi que les différentes « Histoires de Yara », vous permettant d’en apprendre plus sur les personnages secondaires, leurs relations et leur influence sur l’île. Les différents objectifs de contrôle de l’île, visant à libérer un checkpoint, reprendre une base, récupérer du matériel ou encore détruire un site anti-aérien sont toujours présents eux aussi, exactement comme dans les opus précédents. Au niveau du scénario et de l’écriture, on ne décroche pas le sommet, les ficelles sont toujours très grosses et ne parviennent jamais à surprendre. Pire, certaines situations apparaissent comme parfaitement aberrantes et absurdes… En ce qui concerne les missions, on prend globalement plaisir à les parcourir. Il y a bien sûr du très classique un peu vu et revu, comme des missions beaucoup plus prenantes et intéressantes, notamment dans les quêtes annexes. Vous nous direz des nouvelles de cette mission complètement flippante qui termine en survival horror contre des coqs… nous en avons encore des frissons !

Les personnages bien que sympathiques ne sont pas particulièrement attachants. Le grand méchant Antón et son fils Diego sont eux bien plus convaincants, dans la typique veine de Far Cry qui met bien plus de cœur dans l’antagoniste principal que dans le reste. Leurs cinématiques permettent de découvrir le développement de leur relation et sont très sympathiques à regarder. Pour le doublage, oubliez le Français catastrophique pour préférer un anglais à l’accent chantant ou encore l’espagnol si vous souhaitez une immersion totale en territoire de Yara !

En dehors des missions principales et annexes, Far Cry 6 propose largement de quoi s’occuper entre deux tueries. Les désormais traditionnelles chasses au trésor, activités de chasse ou de pêche, et autres courses sont rejointes par un nouveau système de gestion des camps. Assez simple, vous pourrez choisir quel type d’installations y implanter, en fonction de vos besoins. Vous débloquerez ainsi des indices sur les coins de chasse ou de pêche aux environs, de nouveaux points de réapparition rapide, l’opportunité de confectionner des boosters à consommer ou encore de nouvelles recrues. Vous retrouverez aussi dans les camps les « Opérations des bandidos », un moyen d’envoyer des guérilleros remplir des missions pour rapporter de précieuses ressources. Pas de gameplay à proprement parler dans ces opérations, simplement une sorte de mini-jeu de gestion des troupes et des choix lors de l’opération. Une nouvelle activité est aussi disponible, les combats de coqs ! Cette fois-ci, il s’agit d’une activité avec un véritable gameplay, digne d’un jeu de combat. Esquives, différentes attaques et de nombreux coqs avec lesquels combattre sont au programme. La barre de vie et les indicateurs de rounds sont présents, on se croirait presque dans Tekken. Une vraie bonne surprise bien loufoque, finalement parfaitement adaptée au titre. Le crafting et les améliorations de l’équipement, des bases et des véhicules sont toujours présents, dans une version un peu moins lourde que précédemment. On récupère un peu partout des matériaux, du carburant, des médicaments, qu’on livre à une base pour l’améliorer ou qu’on utilise dans les menus ou sur un établi pour améliorer véhicules et armements.

C’est qui qui a la plus grosse ?

L’armement est bien entendu un élément central du jeu. Vous retrouverez tous les classiques : pistolets, fusils, mitrailleuses, snipers, fusils à pompe, lanceurs ou encore ce bon vieil arc, ainsi que de nombreuses armes bricolées par les guérilleros. Il est possible de tout améliorer avec différentes munitions, des optiques, des silencieux ou encore des capacités spéciales permettant de recharger plus vite, d’avoir plus de balles, de faire plus de dégâts, etc. En plus de cet équipement désormais bien connu, Far Cry 6 ajoute un système appelé « Supremo ». Venant remplacer le système de progression via un arbre de compétences, cette sorte d’ultimate, à activer avec les deux gâchettes supérieures, se recharge en abattant des ennemis. Porté comme un sac-à-dos, il en existe différents modèles, mais vous ne pourrez en équiper qu’un seul à la fois. Lance-roquettes, attaque IEM, gaz toxique ou encore module de soin, à vous de décider lequel est le plus adapté à votre style de jeu et à la mission en cours. Car oui, s’il y a bien une chose que Far Cry 6 aime vous répéter, c’est qu’il faut utiliser « The right tool for the job », le bon outil pour le travail à accomplir. Mais ça, c’est en théorie seulement… L’un des aspects les plus décevants de ce Far Cry 6 réside très probablement dans l’absence totale d’un quelconque réel besoin d’adapter son équipement. En effet, l’un des tout premiers fusils que vous obtiendrez, une carabine avec des balles perforantes, un silencieux et une lunette sera largement adapté pour l’ensemble du jeu, si bien qu’on ne ressent jamais le besoin de changer d’arme, d’en acheter de nouvelles ou même d’essayer de trouver les différentes armes uniques. Une balle dans la tête suffit presque à éliminer tout le monde, sans faire de bruit et sans jamais se faire repérer…

Car oui, s’il y a bien quelque chose à reprocher à ce Far Cry 6, c’est son IA ennemie absolument catastrophique. Elle fait très probablement partie des plus stupides et des plus mauvaises IA que nous ayons pu voir dans un jeu vidéo. En combat, au mieux, les ennemis s’agitent de manière chaotique à droite et à gauche, grimpent une échelle sans aucun but, ou se mettent à couvert sans bouger en attendant la mort. Au pire, ils restent là sans se déplacer au milieu du passage, en essayant d’envoyer des balles dans votre direction tant bien que mal. Encore mieux, leur champ de vision est apparemment particulièrement réduit par le soleil écrasant de Yara, beaucoup ne réalisant jamais que la moitié de leurs camarades pourtant présents à quelques mètres d’eux a maintenant un gros morceau de crâne en moins. Une vraie catastrophe qui vient complètement supprimer tout challenge qu’il pouvait y avoir à libérer toute une base sans se faire prendre, et une grande partie du fun qu’il y a à courir dans le tas, glisser, sauter et esquiver les attaques ennemies si vous jouez en mode bourrin… Nous avons pourtant testé le jeu en mode « Action », dur d’imaginer le ridicule des « combats » dans le mode « Histoire », dédié aux joueurs qui souhaitent placer les affrontements au second plan… Alors merci Ubisoft de penser aux joueurs occasionnels qui ne finiront peut-être jamais le jeu et qui cherchent une expérience détente et sans prise de tête, mais il faut aussi veiller à ne pas oublier ceux qui cherchent une aventure avec des combats dignes de ce nom, beaucoup ayant joué à l’ensemble des épisodes et étant parfaitement capables de révéler un défi…

Ce gros problème vient aussi complètement gommer une partie du gameplay proposé par les « Amigos », vos compagnons du règne animal prêts à venir vous prêter main forte en combat. Depuis Guapo l’alligator, à Chorizo le chien à roulettes hyper mignon, en passant par un coq de combat… vous êtes censé utiliser leurs différents talents pour semer le chaos ou encore faire diversion et ainsi vous faciliter la tâche. Une tâche souvent tellement simple qu’on en oublie complètement les amigos, que l’on préfèrera simplement ne pas utiliser pour ne pas les avoirs dans les jambes lors de nos déplacements… Même chose pour toutes ces panoplies d’armes, d’équipements, de Supremos, de véhicules armés… que l’on n’utilisera jamais car le jeu ne nous en fait jamais vraiment ressentir le besoin. Quel dommage ! Ce problème s’étend finalement jusqu’à la coop, qui aurait un peu plus d’intérêt face à un véritable challenge. Elle a le mérite d’exister, un point qui reste très positif ! Finalement, il faudra se tourner vers les opérations spéciales, disponibles depuis les planques pour commencer à trouver des missions sous forme de raids avec un niveau de difficulté croissant. Seulement deux sont disponibles pour le moment, elles viennent un peu étancher notre soif de défi mais reprennent malheureusement toutes les deux un objectif et une mise en scène similaires, seulement l’environnement change… un peu feignant.

La lumière au bout du tunnel

Alors attention, il y a évidemment beaucoup de positif dans ce Far Cry 6. La recette est maintenant parfaitement rodée et cet opus est très probablement le plus abouti depuis la référence qu’est Far Cry 3. L’abondance d’armes, de gadgets et de véhicules et le chaos que tous ces outils permettent d’infliger est toujours aussi présent et aussi jouissif. Mettre le feu à un champ, qui lentement viendra se consumer, faisant exploser au passage une citerne d’essence, envoyant voler plusieurs ennemis pendant que vous éviscérez un chef avec votre machette en regardant votre alligator dévorer un pauvre soldat fera toujours son effet, c’est indiscutable. Grimper une montagne, y explorer une grotte, découvrir une légende ancienne et une arme unique, avant de ressortir au sommet et de se jeter dans le vide en wingsuit et de planer jusqu’à la plage paradisiaque la plus proche sur laquelle vous enfourcherez un jetski afin de partir en chasse d’un groupe de requins… Qui d’autre que Far Cry peut proposer un tel enchainement de situations, le tout dans un décor absolument grandiose ? Quand le jeu tire sur ces cordes-là, impossible de ne pas prendre beaucoup de plaisir et difficile de reposer la manette. Encore un dernier camp, encore une petite quête annexe... allez juste une dernière, promis ! Et il y a tellement de choses à faire dans ce Far Cry 6 que ces situations pourront vous occuper un long moment !

Point complet
Far Cry 6 c’est un peu comme cette pizza du mardi soir, toujours la même, ou ce menu au fast food, toujours le même, mais finalement toujours aussi bon. Une sorte de plaisir un peu coupable. Un jeu toujours aussi fun, avec tellement de contenus, de choses à faire, à collectionner, à détruire, que vous ne saurez probablement pas où donner de la tête. Et pourtant, Far Cry 6 c’est aussi des soucis majeurs dans le fondement du gameplay, avec une IA absolument catastrophique qui offre tellement peu de challenge que l’on en oublie complètement une grande partie de l’arsenal à notre disposition. Malgré ça, quand Far Cry 6 brille, il brille fort, à l’image du soleil au-dessus de la magnifique île de Yara, que nous prenons finalement beaucoup de plaisir à explorer. Une recette sans aucune révolution, sans prise de risque, qui ravira pourtant les fans et émerveillera très sûrement les nouveaux venus sur la franchise ou ceux qui n’ont pas forcément fait tous les opus depuis le 3.

On a adoré :
Open world somptueux
Infinité de choses à faire
La variété (équipements, armes, etc.)
Le piment offert par les Amigos
Certaines missions mémorables
L’antagoniste à la sauce Far Cry
Chaos ou infiltration, à vous de voir !
Recette rodée qui fonctionne toujours bien…
On n'a pas aimé :
Avec un gros goût de déjà-vu
IA absolument catastrophique
Challenge quasi inexistant
Nul besoin d’améliorer l’équipement
Scénario parfaitement banal
Persos globalement oubliables


Consulter les commentaires Article publié le 15/10/2021 par Arnaud D.



 
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