Test Jumper
Après toute la publicité faite autour du film, il était clair qu’un éditeur ne tarderait pas à racheter les droits d’adaptation de Jumper et c’est Red Tribe qui s’y est collé. Déjà responsable de l’exécrable Looney Tunes : Acme Arsenal, le studio nous revient plus en forme que jamais avec de très bonnes idées et un univers au charisme évident. Mais cela sera-t-il suffisant pour nous faire « jumper » de joie ?
Jumper, c’est dur
Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, Red Tribe a choisi d’éviter la facilité en n’adaptant pas directement l’histoire du héros du film, mais bien de Griffin. Le jeu est donc un complément du film, dans le sens où l’histoire est inédite et permet de découvrir quelques brefs éléments scénaristiques à travers des pages de comics. Seulement voilà, en pratique on ne comprend pas pourquoi on voyage d’un endroit à un autre et pourquoi on frappe ces pauvres messieurs que l’on croise. Du point de vue scénaristique, le jeu est extrêmement mal conçu puisque l’on ne comprend pas le but de cette quête ni le lien qui lie les différents niveaux entre eux.
L’idée de faire un jeu où le héros peut se téléporter était pourtant intéressante vu les possibilités que le titre aurait pu mettre en avant, mais encore une fois, la pratique est radicalement différente de la théorie. Jumper n’est en fait qu’un simple beat them all disposant d’un gameplay plutôt mal pensé. En fait, il s’agit de toucher l’un des quatre boutons de la manette qui correspondent à un angle d’attaque vis-à-vis de l’ennemi. En appuyant sur Y vous vous téléporterez et attaquerez par derrière, avec le bouton A ce sera par devant, le B sur la gauche et le X sur la droite. Une combinaison assez simple à retenir mais assez stupide dans l’ensemble puisque les déplacements perdent toute leur importance. En plus de ces coups normaux, vous pourrez effectuer des supers coups, des glissades et des téléportations à distance. Mais dans l’ensemble, le soft demeure extrêmement classique et ne propose rien de révolutionnaire. Pour compliquer un peu les choses, les ennemis disposent de côtés mieux protégés qui sont symbolisés par des barres rouges dans l’angle qu’il vaut mieux ne pas attaquer. Dès lors, il faut agir vite et efficacement pour éviter de louper son coup et d’être assailli simultanément par plusieurs ennemis.
Jumpé dans le mur
Pour le reste, Jumper nous propose ce schéma de progression sans la moindre alternative pendant près de trois heures de jeu. Passé ce délai, vous découvrirez que vous aurez entièrement terminé le titre et vous lâcherez le pad complètement désorienté… Alors bien entendu, les beat them all n’ont pas la réputation d’être des jeux très longs, mais il y a généralement un minimum de six heures à respecter. Dans le cas de Jumper, non seulement c’est mou et fade, mais en plus c’est clairement en dessous de la moyenne… Reste que les aficionados des Points seront ravis de débloquer 1000G en une toute petite après-midi pour gonfler leur Gamerscore…
En plus d’être relativement inintéressant à jouer, Jumper : Griffin’s Story souffre d’une réalisation technique tout bonnement catastrophique. Si la bande sonore s’avère finalement assez correcte, avec des bruitages relativement réalistes et les voix officielles françaises, la réalisation graphique, elle, est tout bonnement catastrophique. Non seulement c’est moche à être damné, mais en plus c’est bourré de bugs en tous genres, l’animation est tout bonnement ridicule (Griffin se promenant avec un balais mal placé…), la caméra n’en finit plus de se coincer dans les coins et la difficulté est relativement mal dosée tout au long de l’aventure. Il n’aurait plus manqué que quelques jolis freezes et le tableau aurait été des plus noirs. Heureusement pour Red Tribe, d’autres développeurs ont déjà fait bien pire…