Test Ikaruga
Noir et blanc. Le contraste ultime. Pour beaucoup, cela évoque la bonne vieille époque des premiers téléviseurs. Mais pour une poignée de joueurs acharnés, noir et blanc sont surtout les deux couleurs à la base du concept d’Ikaruga. Après avoir fait les beaux jours de la Dreamcast en 2002 puis de la GameCube en 2003, la suite du mythique Radiant Silvergun débarque sur le Xbox Live Arcade avec quelques bonus en prime !
Ikaruga-ga
Ikaruga est donc avant tout basé sur une trouvaille de gameplay exploitée à la perfection. Vos ennemis sont soit blancs, soit noirs, et votre vaisseau peut changer de couleur instantanément et à volonté via une pression sur la touche B. Ce qui donne lieu à une multitude de situations (alors que trois touches suffisent pour jouer). Les tirs ennemis de la même couleur que votre vaisseau sont absorbés et remplissent le stock d’énergie permettant par la suite de réaliser des attaques spéciales et massives. Par ailleurs, vos tirs sur l’ennemi infligent deux fois plus de dégâts s’ils sont de la couleur opposée à celui-ci. Pour être clair, tirer des blasts noirs sur des ennemis blancs les détruit deux fois plus rapidement. Et c’est là que le concept du titre prend tout son sens puisqu’il faut en permanence penser à la couleur de son vaisseau tout en évitant les projectiles qui fusent par dizaines (centaines) à l’écran.
Pour faire le meilleur score possible, il sera nécessaire de réaliser des « chaînes ». Celles-ci consistent à détruire trois vaisseaux d’une même couleur à la suite pour gagner un « Chain Point ». A chaque point obtenu, le score double. Sachant qu’il est possible de faire une chaîne de huit points maximum, on peut obtenir un score trente fois plus élevé pour le même nombre d’ennemis abattus en maîtrisant ce système.
Pour ce qui est de son fonctionnement, Ikaruga emprunte la trame classique de n'importe quel shoot them up. A savoir, des niveaux relativement longs avec un boss à la fin, un timing qui s'enclenche lorsqu'on les affronte, et des décors relativement variés. Mais le soft de Treasure dispose d'une caractéristique unique qui le différencie de la concurrence. Ikaruga donne en effet le choix au joueur de parcourir le niveau en éliminant tous les ennemis, ou au contraire, de finir le niveau sans tirer le moindre coup de blaster. Une approche particulièrement originale qui offre au soft un réel challenge. Notons d'ailleurs que les divers succès du jeu sont particulièrement bien conçus et devraient tenir scotchés au pad les joueurs les plus acharnés.
Les zinzins de l’espace
Avec son concept terriblement prenant, le titre de Treasure avait déjà un sérieux atout en poche mais le talent des développeurs va bien au-delà d’un gameplay maîtrisé. Le level-design relève aussi du génie. Jouant sur le déplacement de plates-formes ou sur l’alternance de la couleur de tirs de canons figés (ou tournant sur eux-mêmes), Ikaruga intègre une part de réflexion plus importante que dans n’importe quel autre shoot’em up. On assiste en tous cas à une véritable démonstration au fil des cinq niveaux composant le titre. Un chiffre ridicule sur le papier mais qui assure pourtant une durée de vie plus que correcte au soft en raison de sa grande difficulté. Car Ikaruga n’a pas seulement la réputation d’être un jeu extrêmement rare à trouver dans le commerce, il a aussi celle d’être un jeu pour hardcore gamer. Et à l’époque où les titres orientés casual fusent comme des lettres à La Poste, l’apparition d’un tel soft sur le Xbox Live Arcade (et pour seulement 800 MS points) est à applaudir des deux mains. D’autant plus que quelques nouveautés se sont glissées dans cette version, en faisant sans doute l’ultime version du jeu.
Visuellement, le titre se pare d’une robe 720p qui flatte la rétine. L’image est lissée et très fluide puisque le frame-rate affiche fièrement 60 images par seconde au compteur. Et pourtant ce ne sont pas les éléments graphiques qui manquent, Ikaruga étant un véritable et permanent feu d’artifice. Les lasers bleus et rouges fusent à l’écran et recouvrent un background (décor) souvent détaillé et immersif. En effet, dans un souci de visibilité, les projectiles noirs et blancs disposent de larges contours respectivement de couleur rouge et bleue. De même une bulle de couleur entoure votre vaisseau. Pas seulement beau, ce shoot’em up à scrolling vertical offre aussi une bande-son de qualité, avec des thèmes épiques et plutôt entraînants, sans oublier des bruitages de bonne facture.
Jeu Xbox 360 oblige, le live fait son apparition et propose de la coopération à deux joueurs en sus du coop sur le même écran. La communication par micro-casque est aussi au rendez-vous dans ce mode parfaitement intégré. Comme on pouvait s’y attendre, un classement international des scores est également de la partie. Inutile de rêver pour autant, les premières places sont squattées par une poignée de joueurs totalement fous connaissant le titre sur le bout des doigts. Savoir maîtriser ses nerfs et pouvoir prendre deux mois de congé sera donc nécessaire pour les détrôner. Enfin cette édition intègre un mode Replay permettant d’enregistrer vos parties et de les mettre en ligne. De quoi impressionner vos amis… ou pas !