Prévu initialement sur Xbox première du nom, Battlestations : Midway est finalement sorti sur Xbox 360, accusant des années de retard technique et souffrant de quelques grosses faiblesses au niveau de son contenu et de sa mise en scène. Cela dit, le concept unique du jeu, qui mélange combats aériens, navals et stratégie en temps réel, offre une expérience totalement inédite à tous les amateurs du genre. Avec Pacific, Eidos Interactive souhaitait pousser à bout le concept et surtout corriger les nombreux défauts de son frère aîné… Est-ce réussi ?
Choisissez votre camp !
Comme son prédécesseur, Pacific nous immerge en pleine Seconde Guerre mondiale. Cependant, ce second volet délaisse sensiblement la bataille de Midway pour se concentrer sur l’intégralité de la bataille du Pacific, de l’attaque de Pearl Harbor jusqu’à la bataille décisive qui scella le destin des deux nations en guerre. Au programme : deux campagnes d’une quinzaine de missions, avec une solide durée de vie à la clé. Le jeu n’étant pas facile, il vous faudra compter sur plus de 20 heures, voire même 25 heures, pour terminer intégralement les campagnes américaine et japonaise. Là où le titre devient intéressant, c’est dans le fait qu’en plus de revivre les batailles, la campagne nous propose de pousser l’Histoire jusqu’au bout. En incarnant les japonais, vous réécrirez donc l’Histoire en gagnant la guerre contre les américains en les obligeant à capituler. Un concept rudement sympathique qui a le mérite de mettre en avant des missions plus originales que dans le premier opus, mais qui souffre toujours de cinématiques maladroitement mises en scène et complètement inintéressantes à suivre.
Pour le reste, Pacific n’apporte pratiquement aucune nouveauté par rapport à Midway. Le titre corrige en revanche de nombreux défauts et apporte non seulement un nouveau moteur graphique, beaucoup plus agréable à regarder mais loin de la claque graphique, mais aussi et surtout une durée de vie beaucoup plus solide. Les amateurs de dogfights seront donc ravis de découvrir des missions bien plus variées, incluant une phase d’infiltration en sous-marin, des combats aériens, des escortes de navires et avions ou encore des captures d’îles. Le concept n’a pas du tout évolué mais demeure cependant tout aussi jouissif. C’est non sans un certain plaisir qu’on dirige nos différents navires de guerre sur les eaux du Pacifique, qu’on fait plonger nos sous-marins dans les bas fonds et qu’on se lance avec une escadrille de bombardiers en piquer vers un destroyer ennemi. Bien plus qu’une simulation de guerre, Pacific est un véritable jeu de stratégie à part entière, le joueur dirigeant souvent plus d’une quinzaine, voire d’une vingtaine, d’unités. Et c’est sans doute la raison pour laquelle de nombreux débutants auront du mal à maîtriser intégralement le titre qui demande tout de même beaucoup d’attention et de précision. Car diriger un bateau n’est pas une mince affaire ! Il vous faudra en effet choisir la vitesse, sélectionner le cap, changer régulièrement les armes lors des combats (torpilles, canons, DCA…), faire décoller de nouveaux avions ou encore réparer les moteurs abîmés par les coups de vos opposants. Imaginez à présent cela avec 7 navires, une dizaine d’escadrilles d’avions, 2 ou 3 sous marins et plusieurs centres de DCA… Fort heureusement, le switch entre les différentes unités est très rapide à l’aide de la croix multidirectionnelle et le gameplay demeure relativement simple à prendre en main une fois les commandes mémorisées. Mais cela ne fait pas pour autant de Pacific un jeu simple à prendre en main...
De nombreux facteurs sont à prendre en compte lors des affrontements, qu’il s’agisse de la position de vos troupes, des unités à envoyer au casse-pipe ou des forces en duel. Il faut savoir juger l’adversaire, envoyer telle troupe pour contrer telle troupe à l’aide de la mini-carte et souvent prendre les commandes des avions ou bateaux pour détruire par soi-même ses adversaires. C’est bien simple : Pacific et Midway sont les deux seuls et uniques softs à proposer une expérience de jeu aussi variée et profonde. Ceux qui apprécient le concept seront d’ailleurs ravis d’apprendre que Pacific dispose d’un mode multijoueur très solide. Si on passera rapidement sur le duel, qui oppose 8 navires contrôlés par des joueurs, on ne peut que s’attarder sur les autres variantes qui se focalisent sur des aspects spécifiques des combats. On notera donc le mode Escorte, qui s’apparente à un mode VIP, très prenant et surtout très stratégique, le mode Siège où une équipe défend une zone alors que l’équipe adverse doit l’assaillir et le mode Compétition, qui vous fait enchaîner à tour de rôle des objectifs spécifiques contre l’I.A., lesquels vous rapporteront ensuite des points. Enfin, le mode Capture d’îles est sans doute le plus complet et le plus long. Il vous faudra en effet souvent plus de deux heures pour boucler une partie de ce type. Le mode Capture d’îles vous permet en effet de vous affronter par équipes de quatre dans un vaste océan. La particularité vient du fait que chaque joueur devra capturer certaines îles pour obtenir des renforts, des améliorations et des points stratégiques. On regrettera en revanche que malgré ces nombreuses améliorations et des cartes globalement beaucoup plus grandes que dans le premier volet, Pacific manque de réelles nouveautés.
Point complet17/20
Si Battlestations : Midway laissait présager de très bonnes choses pour la série d’Eidos, Pacific les exploite désormais pleinement et nous propose un jeu d’une qualité exceptionnelle. Si on regrettera l’absence de réelles nouveautés dans cet opus, il faut bien reconnaître que la quasi-intégralité des défauts de son prédécesseur sont passés à la trappe pour un titre beaucoup plus long, bien mieux garni, beaucoup plus joli et surtout bien mieux rythmé. Celui-ci offre donc une expérience de jeu unique en son genre, à mi-chemin entre le RTS et le dogfight.
On a adoré :
+ Une excellente durée de vie
+ Un bon mode multijoueur
+ Des missions variées
+ Des cartes immenses
+ Un mélange efficace |
On n'a pas aimé :
- Les cut-scenes
- Peu de réelles nouveautés |