Test Yakuza : Like a Dragon - jeux vidéo Xbox One

XBOX GAMER
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Editeur
Sega
Développeur
Sega
Genre
Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  13.11.2020
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
59,99 €

Sur nos Xbox, l’arrivée de la saga Yakuza a malheureusement été très tardive. Par chance, SEGA rattrape aujourd’hui son retard avec d’abord la mise à disposition de Yakuza 0 et des remasters de Yakuza 1 et 2 sur le Game Pass en début d’année 2020, puis plus récemment avec la sortie du petit dernier, Yakuza : Like a Dragon ! Si vous ne connaissez pas encore la franchise, Yakuza est un joyeux mélange d’action et de comédie, mettant en scène des personnages hauts en couleur et dressant une critique souvent satirique de la société japonaise et de ses travers. Bien plus qu’un jeu de gangsters, c’est une expérience à part entière, aujourd’hui parfaitement renouvelée grâce à d’excellents choix de gameplay. On vous dit tout !

Initiation



Si vous suivez un peu les actus Xbox Gamer, vous avez peut-être vu passer ma critique littéraire du livre « La Saga Yakuza : jeu vidéo japonais au présent » publié chez Third Editions, et vous l’aurez donc compris, je suis très attaché à cette licence unique dans le paysage vidéoludique. Avec Yakuza : Like a Dragon, le studio Ryu Ga Gotoku répond à la fatigue des joueurs face à une franchise annualisée et propose un sérieux twist en modifiant drastiquement le gameplay, en faisant le pari du combat au tour par tour ! Les fans de la première heure pouvaient être inquiets face à ce nouveau parti pris, mais aussi face à l’arrivée d’un nouveau protagoniste.

Yakuza : Like a Dragon se détache en effet de son personnage historique, Kiryu Kazuma, pour s’intéresser à Ichiban Kasuga, homme de main en bas de l’échelle d’une famille de Kamurocho. Ce dernier voue un véritable culte au patriarche du clan, qui l’a sorti d’un mauvais pas dans sa jeunesse, et c’est donc naturellement qu’il va purger une peine de 18 ans de prison pour le sortir d’une mauvaise passe. A sa sortie, personne n’est là pour l’attendre et c’est très rapidement qu’il constate que son ancienne famille l’a tout simplement abandonné. Pire encore, cette famille l’a trahi finissant par le laisser pour mort dans une décharge de Yokohama, à quelques kilomètres de Tokyo. C’est dans ce contexte que l’aventure commence, avec un Ichiban vieillissant, meurtri qui se réveille littéralement au milieu d’un camp de sans-abris. Avec 0 yen en poche, Ichiban va devoir survivre pour enfin entreprendre de remonter le fil des événements qui l’ont mené à cette situation. Après tout, c’est une question d’honneur.

Yakuza : Like a Dragon ? Plutôt Dragon Quest : Like a Dragon

Alors que les précédents opus de Yakuza se concentraient principalement sur le charismatique et vraisemblablement indestructible personnage central qu’est Kiryu (et ce bien que de nombreux autres personnages soient jouables dans la franchise), Yakuza : Like a Dragon, par l’introduction d’un personnage qui commence l’aventure seul, sans le sous et dans un environnement qui lui est inconnu, vient clairement changer la donne. Malgré ce petit côté « anti-héros », Ichiban est extrêmement attachant, lui qui n’a pour seul but que de répandre le bien dans son environnement, qu’il envisage comme un RPG à la Dragon Quest. Il le dit lui-même, il est le héros d’un jeu de rôle et ses adversaires ne sont que des monstres se dressant entre lui et son objectif de quête. Voilà comment le nouveau gameplay est introduit, pour Ichiban, un combat de rue n’est autre qu’un énième affrontement dans son RPG préféré. Ce n’est finalement pas un choix du studio, c’est simplement l’incarnation en jeu d’un délire de l’original qu’est Ichiban.

Qui dit RPG, dit aussi entourage bien rempli. Dans ce sens, Yakuza : Like a Dragon vient parfaitement cocher les cases du genre, apportant à son personnage principal un casting de personnages supports variés et tout aussi hauts en couleur. A la différence donc des opus précédents dans lesquels nous incarnions un personnage central souvent seul, ce nouveau titre nous invite à composer un groupe avec lequel nous évoluerons dans l’univers, mais aussi en combat. Parmi les membres clés accessibles en début d’histoire figurent Adachi, détective déchu qui était là pour Ichiban à sa sortie de prison, Nanba, un docteur sans abri qui a sauvé la vie d’Ichiban, ou encore Saeko, hôtesse de club impliquée un peu malgré elle dans une machination de yakuzas. Il vous sera bien entendu possible de recruter d’autres membres au fil de votre aventure, mais aussi de travailler sur vos relations avec vos compagnons au travers de dialogues et de quêtes spécifiques.

Vous pourrez aussi les faire évoluer : comme dans tout bon RPG, vous composez une équipe de qualité en attribuant des rôles différents à vos compagnons. Dans cette optique, vous aurez la possibilité de faire incarner différents « jobs » à vos personnages, en passant par « Hello Work », l’équivalent japonais de notre Pole Emploi, puis de les faire évoluer dans leurs fonctions grâce à l’expérience gagnée en combat. Il faudra aussi s’intéresser à leur équipement, qu’il sera possible de crafter ou d’améliorer, dans l’optique d’infliger toujours plus de dégâts à des ennemis qui montent aussi en niveau. Bien entendu, chaque rôle implique aussi des attaques spéciales différentes, que vous pourrez utiliser moyennant un certain nombre de points d’action. Enfin, vous pouvez retrouver des « invocations » en combat, sous la forme de personnages rencontrés au fil du jeu, et qui sur un simple coup de fil et en échange de quelques milliers de yens, viendront donner une bonne rouste à vos adversaires. Pour finir de coller avec les codes des jeux de rôle, il vous arrivera régulièrement d’évoluer à travers les couloirs de « donjons » remplis d’ennemis et d’items à ramasser. Bien que ces derniers souffrent un peu d’une prestation graphique un peu plus pauvre et nettement moins détaillée que le reste de l’univers, ils peuvent apporter un bon challenge dans la mesure où ils vous forceront à bien manager les ressources de votre groupe. Une transposition de gameplay efficace donc, efficacement incarnée par cette petite bande d’adultes un peu perdus, voire a priori carrément inaptes à mener le combat qu’ils décident d’entreprendre. Ils sont particulièrement attachants et on a vraiment envie de découvrir les histoires des personnages ou de simplement passer du temps avec eux dans les rues de Yokohama.

Bienvenue à Isezaki-cho !

Comme souvent dans Yakuza, la deuxième star du jeu, c’est la ville. Yokohama, principalement le quartier rouge de Ijincho (Isezaki-cho dans la vraie vie), est aujourd’hui votre terrain de jeu principal. Reproduit avec un peu plus de liberté que le quartier historique de la franchise (Kamurocho, ou Kabukicho dans la vraie vie, le quartier « chaud » de Tokyo), le Yokohama que l’on découvre dans Yakuza : Like a Dragon est un condensé à taille réduite de son homologue réel. Un « petit » open world au niveau de détails toujours saisissants, dont vous mesurerez encore plus le côté réaliste si vous avez eu la chance de voyager, voire de vivre au Japon. Pour faire partie de cette dernière catégorie, c’est toujours avec émotion que je retrouve la petite vie quotidienne japonaise reproduite à merveille dans l’univers de Yakuza. Les activités sont nombreuses, qu’elles impliquent simplement un peu de shopping dans une supérette konbini ou dans la fameuse chaine de discount Don Quijote, l’engloutissement d’un bol de ramen ou d’un gyudon dans une échoppe minuscule, la visite d’un bar ou d’un club à hôtesses, ou la perte de quelques yens dans une salle d’arcade. Les objectifs de progression divers et les missions annexes sont toujours très nombreux, impliquant des scénarios variés allant de l’émotionnel très touchant au carrément loufoque, pour casser avec le côté souvent noir et sérieux de l’intrigue principale. J’ai rarement autant rigolé dans un jeu vidéo, et pourtant, l’intrigue peut être très sérieuse. Notre héros agit sur tous les tableaux, à très petite échelle dans sa communauté directe, et dans des sphères invisibles au commun des mortels quand il s’attaque à des organisations mafieuses entières. C’est là toute la force de Yakuza, un excellent équilibre entre sérieux et comique, entre rocambolesque et banal, entre vie quotidienne et univers de la pègre japonaise.

Bon, aider le petit peuple dans les missions annexes apporte son lot de récompenses, mais il va aussi falloir penser à gagner un peu d’argent. C’est là que les mini-jeux annexes prennent de nouveau tout leur sens. Désormais de véritables marques de fabrique pour Yakuza, tant ils peuvent représenter de véritables « jeux dans le jeu ». Cette fois-ci, vous pourrez notamment vous investir dans le recyclage de canettes à vélo, bon moyen de gagner quelques yens en début d’aventure, mais aussi prendre part à d’intenses courses de « Dragon Kart » dans les rues de la ville, ou gérer une société familiale de Senbei (crackers de riz japonais) qui a bien besoin d’un nouveau manager. Plus que de simples mini-jeux, on parle ici de nombreuses heures de jeu si vous souhaitez aller au bout des différents modes. La gestion d’entreprise, comme souvent dans Yakuza, pourra notamment vous occuper un bon moment, en plus d’être un excellent moyen de commencer à accumuler une petite fortune (et de vous permettre de travailler de pair avec un poulet capable de remettre à leur place les actionnaires les plus véhéments).

Le cœur du dragon

Malgré son changement plutôt drastique d’approche, Yakuza parvient à garder l’identité qui lui est propre. Mieux encore, il parvient à renouveler efficacement le gameplay d’un genre qu’il expérimente pour la première fois. En effet, les combats au tour par tour n’ont jamais été aussi dynamiques que dans Yakuza : Like a Dragon. On est loin ici du cliché du genre, avec vos quatre bonhommes bien alignés sur un fil invisible duquel ils ne bougeront que pour porter une attaque un peu pataude. Les combats sont très dynamiques, avec des personnages qui se déplacent à l’écran, peuvent interagir avec l’environnement ou encore se faire contrer lors d’un déplacement vers un adversaire. Il est aussi possible d’appuyer une attaque avec le martèlement d’un bouton au bon moment (et on revient ici au côté beat’em up des opus précédents où le button mashing était une stratégie comme une autre), ou encore de contrer une attaque adverse en défendant avec un bon timing.

Au-delà de ce nouveau parti pris réussi avec brio, on retrouve tout ce qui fait le cœur de la franchise. Les combats contre les boss, souvent accompagnés du décorum très particulier de Yakuza (on arrache d’un geste unique l’ensemble de sa chemise, pour révéler le vrai costume du guerrier, l’irezumi, le tatouage traditionnel japonais), sont toujours là. On retrouve l’intrigue qui tient en haleine tout du long, malgré des éléments scénaristiques parfois un peu gros. On a le cœur brisé par une trahison, puis des espoirs retrouvés après une rencontre unique. C’est la recette typique du soap drama à la Japonaise, souvent un peu grossière pour nous autres européens, mais pourtant diablement efficace. Un nouveau début pour le studio Ryu Ga Gotoku qui livre aujourd’hui bien plus qu’un nouvel opus de Yakuza !

Point complet
Yakuza : Like a Dragon reprend les ficelles de la franchise à succès mais introduit avec beaucoup de succès un nouveau gameplay, frais et innovant. Les codes du RPG classique sont bien présents mais le titre arrive néanmoins à se démarquer via un système de combat au tour par tour extrêmement dynamique dans sa présentation, au point qu’on arriverait presque à en oublier son côté alterné. On retrouve aussi des aspects de développement des relations avec les personnages supports, qui ne seront pas sans rappeler ce que peut proposer la franchise Persona, dans un registre un peu différent. La ville de Yokohama est saisissante dans ses détails et dans sa reproduction d’un quotidien typiquement japonais et l’intrigue offerte par le jeu est le mélange parfait entre action sérieuse et divertissement humoristique léger. On y retourne avec plaisir et les heures passées aux côtés d’Ichiban Kasuga et de son équipe semblent s’enchainer en quelques instants. Un titre que je recommande chaudement, autant aux fans de la franchise qu’aux nouveaux entrants. Mon GOTY 2020 !

On a adoré :
Passage au RPG au tour par tour très réussi
Affrontements dynamiques
Ichiban, nouveau perso charmant
Casting support efficace, attachant
Yokohama dans tous ses détails
Le quotidien japonais dans sa plus grande simplicité
Scénario dans le pur style Yakuza
Plein de quêtes annexes et d’activités
On n'a pas aimé :
Des donjons un peu vides
Combats au niveau variable d’un quartier à l’autre


Consulter les commentaires Article publié le 18/12/2020 par Arnaud D.



 
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