Test Voodoo Vince : Remastered - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Voodoo Vince : Remastered



Statut
Disponible
Date de sortie
  18.04.2017
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
14,99 €

Alors que l'E3 2017 vient de fermer ses portes, me voilà en train de jouer pour la première fois de ma vie de gamer à Voodoo Vince, qui date tout de même de 2003. Étrange politique commerciale que celle de Microsoft, qui propose depuis avril un remaster d'une licence ayant laissé sa marque sur la première Xbox juste quelques semaines avant d'annoncer l'arrivée de la rétrocompatibilité de cette même console sur Xbox One. Après tout, bon nombre d'éditeurs ne s’embarrassent pas de ce type de logique et continuent à abreuver la console de remasters malgré la présence de la rétrocompatibilité 360. Comme on dit outre-Atlantique « money is money ». Mais du coup, on peut s’interroger. Ce remaster est-il légitimé par des ajouts et surtout Voodoo Vince répond-il encore aujourd'hui aux attentes des amateurs de plateformer 3D ? Prenons ensemble la direction de Crypt City pour trouver des réponses !

Black Magic Woman



Dans une petite ruelle sombre au sol revêtu de pavés se situe la boutique vaudou de Madame Charmaine. Potions d’envoûtement, pattes de poulets et autres bizarreries, ici, les achats les plus farfelus sont possibles mais le plus précieux artefact de la propriétaire n'est autre que la poudre zombie. L'objet magique a d'ailleurs tant de pouvoir qu'il est convoité par l’égocentrique Kosmo l'Impénétrable et sa bande de bras cassés (au sens propre comme au figuré !). Les larrons sont si bêtes qu'ils font d'un simple cambriolage, un véritable désastre. Résultat, la poudre se retrouve à l'air libre entraînant la prise de pouvoir de Kosmo et la destruction d'une bonne partie de la ville. Comme si ça ne suffisait pas, les affreux gros bras ont également kidnappé la prêtresse et tenancière du magasin... Par chance pour elle, la poudre n'aura pas eu que des effets négatifs, en réveillant par la même occasion une petite poupée vaudou au caractère bien trempé : Vince. Du haut de ses quelques centimètres, l'icône de chiffon rafistolée de partout n'est guère impressionnante, même avec les aiguilles qui lui traversent la tête de part en part. Jugé de son physique serait toutefois une grossière erreur, le locataire de Madame Charmaine a plus d'un tour dans son sac et est prêt à partir à l'aventure pour libérer sa proprio !

Entre originalité et tradition

Les maisons tarabiscotées aux arrêtes saillantes, les personnages comico-glauques attachants, les rues de traviole aux escaliers irréguliers... tellement d’éléments ramenant invariablement au cinéma d'animation de Tim Burton. L'univers de Voodoo Vince prend à contre pied une bonne majorité de ses concurrents en offrant un univers original, à la fois farfelu et morbide. Quoi de plus naturel finalement pour un jeu se déroulant dans une sorte de Louisiane fantasmagorique et se servant d'un fétiche pour personnage principal ! Loin de s'arrêter à ses aspects sombres, les équipes de Beep Games insufflent à leur bébé suffisamment d'humour pour qu'il soit captivant, s'adressant à tout le monde. On peut d'ailleurs compter sur Vince pour venir balancer quelques répliques cinglantes et casser allégrement le quatrième mur en commentant les vilaines habitudes des jeux vidéo. A côté de cela, la panoplie de mouvements mise à disposition semble déjà plus convenue. Saut, double saut et vole plané sont de la partie. Attaque simple, attaque aérienne et attaque toupie rappellent, quant à elles, un célèbre marsupial de la concurrence.

Niveau originalité, on ira plutôt chercher dans les mécaniques de jeu puisque, poupée vaudou oblige, Vince peut infliger la mort en se maltraitant lui-même. Conditionné par une jauge se remplissant en tuant des ennemis, ce coup spécial se décline en une foule d'animations toutes plus drôles les unes que les autres, de quoi renvoyer aux plus belles cascades de Vil Coyote. L'idée séduisante au départ semble parfois mal exploitée, d'une part, certaines choses blessent le petit bonhomme sans effet pour ses adversaires, d'autre part, des éléments de décor peuvent parfois servir de déclencheur mais ils sont très peu présents et souvent implémentés de façon maladroite. On se retrouve dans une première moitié du jeu à frapper les adversaires à la chaîne sans vraiment avoir de sensation ou de retour manette en main, puis dans une deuxième, à user et abuser du pouvoir de Vince face à des ennemis devenus un peu trop résistants. Reste alors le plaisir malsain de voir notre boule de tissus passer au mixeur ou se faire transpercer par un sarcophage clouté et attendre la cruelle répercussion sur les ennemis.

Entre plateforme et exploration



Chronologiquement, Voodoo Vince se situe dans la mouvance des Banjo-Tooie, Rayman 3 et autres Jak & Daxter. Loin d'un pur jeu de plateforme en 3D, le déplacement sert ici majoritairement à l'exploration pure et à la résolution de petites énigmes. Activer tel ou tel mécanisme, rapporter le bon objet au personnage adéquat, rien de révolutionnaire et une formule qui montre rapidement ses limites entre redondance et aller-retour forcé. On pestera également sur la gestion des phases de plateforme et leurs sauts difficiles à lire, une caméra parfois un peu folle et des collisions bizarres n'aidant guère. Il est très agaçant de voir Vince passer par exemple contre un rebord et ne pas le saisir de façon arbitraire. Il faudra un peu de patience et d'abnégation pour traverser la ville qui est découpée en plusieurs niveaux sous la forme de vases communicants. Crypt City étant un véritable gruyère, tomber dans un trou mortel devient vite lassant et la gestion old-school de la barre de vie n'y est pas étrangère.

Notre poupée de chiffon peut encaisser quelques coups avant de rendre l'âme mais une fois qu'elle a utilisé un nombre de vie limité, c'est retour à l'écran principal et redémarrage du niveau. Malgré le plaisir d'avancer dans un level design de grande qualité regorgeant de surprises et de lieux cachés, il faudra aussi faire avec la frustration provoquée par certaines phases de jeu. Voodoo Vince se bat bec et ongle contre l'ennui en proposant une grande variété de situations et en renouvelant souvent son gameplay au détour du pilotage d'un avion, d'une chevauchée à dos de rat ou autres surprises appréciables… mais pas toujours très bien calibrées. Il efface de la même manière le manque de diversité des monstres rencontrés en proposant des boss extravagants. Si ça ne suffit pas à masquer une certaine répétitivité, la proposition donne un peu d'air frais au joueur, c'est toujours bon à prendre.

Entre flemme technique et plaisir acoustique

L'époque est au benchmark et, d'un point de vue technique, Voodoo Vince parade fièrement avec son 1080P/60fps. Dans la réalité, ce « remaster » semble bien pauvre en nouveautés, si ce n'est un lissage de textures propre et visible. Un traitement qui paraît bien dérisoire, avec ou sans l'annonce de la rétrocompatibilité Xbox à venir. Qu'on ne s'y trompe pas, le jeu reste tout à fait agréable visuellement et rien ne dénature la version originale. On était toutefois en droit d'attendre plus du retour d'une licence forte des débuts de Microsoft dans le domaine du jeu vidéo. Il reste une bande-son qui, elle, n'a pas pris une ride et qui offre de véritables morceaux d'anthologie. Hommage jazzy à la Nouvelle-Orléans, la guitare manouche et les cuivres font des merveilles et viennent caresser les tympans du joueur durant les 7 à 8 heures de jeu. Pour les plus courageux, les objets à collecter sont nombreux et permettent notamment de gagner un peu de vie supplémentaire ou plus de mises à mort. Bien cachés, il sera plus aisé de partir à leur chasse à la moitié du jeu, une fois équipé d'un bonus permettant leur détection. A cet effet, des arrêts de tram disséminés dans les niveaux permettent aisément de passer d'un niveau à l'autre. La mise en scène ne souffre pas trop des années et les scénettes opposant la tête fantomatique de Kosmo l'Impénétrable et notre vaillant Vince sont assez marrantes. La prêtresse Madame Charmaine guide de sa voix de narratrice notre chemin et distille de précieuses informations quant à la marche à suivre, que ce soit dans les niveaux ou face aux boss. Le dosage de la narration semble parfait pour le genre, bien présente pour faire avancer l'intrigue mais jamais soûlante au point de vouloir la zapper.

Point complet
En étant un peu méchant, on irait presque jusqu'à dire qu'on ne fait pas d'un âne, un cheval de course. Voodoo Vince n'était pas un cador en 2003, même s'il a su marquer les esprits, il n'en devient pas un en 2017. Ses mécaniques de jeu sont difficiles à accepter aujourd'hui et ses errances n'ont subi aucune correction dans ce « remaster » dont la fainéantise est manifeste. Reste pour lui un personnage principal et un univers extrêmement attachants, certainement la raison de sa côte d'amour du début des années 2000. Suffisant pour se relancer dans l'aventure aujourd'hui ? A moins d'être fan ou d'être en manque de platformer 3D, la réponse est non.

On a adoré :
Univers loufoque et attachant
Vince, ses blagues
L'humour général du jeu
Une OST jazzy au top
Beaucoup de diversité
Une durée de vie honnête pour son prix (une dizaine d'heures pour 15€)
On n'a pas aimé :
Des mécaniques vieillottes
Des phases de plateforme imprécises
Une caméra parfois aux fraises
« Remaster » proposant le minimum syndical…
Avec aucune correction des défauts initiaux du jeu


Consulter les commentaires Article publié le 23/06/2017 par Cédric B.


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