Test Virginia - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Virginia



Editeur
505 Games
Développeur
Variable State
Genre
Action FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  22.09.2016
Nombre de joueurs
1
Thème
Enquête
Prix de lancement
9,99 €

Avec l’avènement des expériences vidéoludiques de David Cage puis le succès d’un certain The Walking Dead par Telltale, nombre de studios tentent avec plus ou moins de réussite une percée dans le milieu désormais chargé du film interactif. C’est dans ce contexte que depuis quelques semaines nous avons pu suivre l’annonce puis la communication autour de Virginia. Le jeu a été développé par le studio 505 Games qui parle ouvertement de Twin Peaks et X-Files comme sources d’inspiration principales pour leur "First-Person Thriller". Alors que reste-t-il de ces belles promesses une fois la manette dans les mains ?

Quand on devient trop spectateur…



Premier contact avec le jeu après l’habituel « press start », on sent de suite la volonté de nous plonger dans une série télévisée. Format cinémascope pour l’image, orchestre philharmonique de Prague pour la musique, générique prenant le temps de lister l’équipe du jeu, tout y est. Pour l’hommage à la série culte de David Lynch, pas de demi-mesure, on incarne ici Anne Tarver, jeune agent du FBI qui va devoir se rendre dans une petite ville des Etats-Unis afin de résoudre une affaire de disparition d’enfant. Graphiquement, le parti pris est sans concession, le style low-poly apporte une touche originale avec une palette de couleurs chatoyantes des plus agréables, surtout lorsqu’il s’agit des décors. A contrario, l’effet semble beaucoup moins convenir à la caractérisation des personnages, mais nous y reviendrons. Pour les mélomanes, soyez prêts à sortir votre meilleur casque car l’accompagnement musical est tout simplement sublime. Si le sound design n’est pas en reste avec des bruitages et sons d’ambiance de bonne facture, il faut accorder une mention spéciale au travail de composition et à celui de l’orchestre qui délivre ici un pur moment de plaisir. Les bases sont donc posées et semblent plutôt alléchantes jusque-là… et patatra les développeurs se prennent les pieds dans le tapis. La mise en scène fait mouche pendant les premières minutes et fait même des merveilles sur quelques éclairs durant l’heure et demie pendant laquelle nous accompagnons notre enquêtrice.

Seulement, le jeu abuse rapidement des mêmes effets de style sans se soucier réellement du joueur. Concrètement, les transitions d’une scène à l’autre se font de manière extrêmement tranchée et par ellipses de façon répétée. Car oui, Virginia est à l’ellipse ce que JJ Abrams est au lense flare. Notre personnage est par exemple en voiture, regardant la route en pleine journée et boum, toujours la même voiture mais désormais il fait nuit. Là où le bât blesse, c’est que nous sommes ici dans un jeu vidéo et non dans une série télé. Par habitude de joueur, on cherche donc via le stick à scruter les environs à la recherche du moindre objet à collecter et on se retrouve à être rappelé à l’ordre par la patrouille et balancé manu militari au plan suivant. Puisque nous en sommes à parler du stick, sachez que le jeu limite son gameplay à sa plus simple expression, il s’agit ici uniquement d’avancer dans des zones balisées de taille réduite et à cliquer par ci par là pour ramasser des objets. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a ici ni gestion d’inventaire, ni utilisation des objets de l’environnement à proprement parler. Les interactions sont plus que limitées, il s’agit simplement de ramasser quelques feuilles étayant un peu le background via du texte (en anglais). Le jeu en deviendrait presque un plaidoyer pro David Cage pour celles et ceux qui cherchent encore à définir la limite entre film interactif et jeu vidéo.

Si l’on ne rencontre aucune difficulté à avancer dans l’histoire, il n’en est pas de même quant à la compréhension de cette dernière. Le scénario mélange rêve et réalité à plusieurs niveaux sans avoir forcément de repère précis ou de fil conducteur. Au-delà de cet état de fait et sans trop dévoiler le scénario, on se retrouve à basculer sans cesse dans l’espace et le temps en ajoutant à cela une multitude de bribes d’informations sans que l’intrigue ne prenne vraiment forme. On se retrouve alors rapidement dans l’incompréhension la plus totale. Comme indiqué plus haut, le choix graphique implique également une certaine difficulté à s’attacher à ces personnages, plus proches de marionnettes que de Charlot numériques. Car oui, Virginia est un jeu muet et lesdits personnages ne font donc que vous surjouer leurs actions et, plus encore, leurs émotions à la manière d’un Dujardin passé à la 8 bits. Difficile dans ce contexte de ménager histoire et graphisme. Qu’importe, si au moins la fin nous révèle tout ou partie de ses secrets… Mais là encore, le choix des développeurs semble assez inopportun avec un final où l’on pose sa manette pendant plusieurs minutes, plongé dans l’abîme qu’a créé le jeu dans notre psyché, pour ne jamais vraiment en ressortir jusqu’à l’apparition des crédits. Certains y verront peut-être une fin ouverte à interprétations, les autres se demanderont sûrement s’ils ne viennent pas de gâcher une heure et demie de leur vie et quelques euros.
Critique rédigée par ZeNcy - Membre XG+


Point complet
Virginia avait tout de la bonne surprise mais le jeu est finalement bien loin de ce qu’il laissait entrevoir dans sa communication. Là où Life Is Strange a réussi à ménager volonté scénaristique, jeu et cohérence avec un magnifique tour de force, Virginia se vautre dans un gloubi-boulga d’influences sans réel maîtrise, préférant le pompeux à l’efficacité. Un jeu que l’on a profondément envie d’aimer mais qui finit par décevoir à trop de niveaux pour lui être pardonnable. A réserver aux curieux et aux amoureux de jeux narratifs à la Gone Home ou Firewatch…

On a adoré :
Ambiance travaillée
Bel hommage aux sources d’inspiration (Twin Peaks, X-Files, Hannibal)
1000 points de succès en 3h
Musique orchestrale somptueuse
Choix graphiques audacieux…
On n'a pas aimé :
Mais pas totalement maîtrisés
Scénario qui peine à se faire comprendre
Choix du muet coupant toute empathie avec les persos
Durée de vie (1h30 environ)
Est-ce vraiment un jeu vidéo ?


Consulter les commentaires Article publié le 02/10/2016 par Cédric B.



 
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