Test The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition - jeux vidéo Xbox One

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The Witcher 2 : Assassins of Kings - Enhanced Edition



Editeur
Atari
Développeur
CD Projekt
Genre
Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  17.04.2012
  17.04.2012
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
59,00 €

The Witcher 2, lors de sa sortie sur PC en 2011, avait su prendre ses galons d'honneur malgré la concurrence. Fort du succès du titre à cette époque, les développeurs de CD Projekt ont décidé de s'atteler eux-mêmes au portage sur Xbox 360, après le douloureux échec de la tentative déléguée sur The Witcher premier du nom. Plus d'un an après, le voilà qui arrive dans une édition Enhanced. Reste à voir si les développeurs polonais ont réussi à relever le défi...

La plume...




The Witcher 2 est l'adaptation vidéoludique de l'univers imaginé par Andrzej Sapkowski. Vous y incarnez Géralt de Riv, sorceleur de grand chemin, qui se retrouve empêtré dans une intrigue politique tentaculaire passionnante. Abordons d'ores et déjà l'un des points forts, si ce n'est LE point fort du titre : l’écriture de l’histoire. Il serait criminel d'en dire plus sur la trame principale tant cette dernière réserve son lot de surprises, de personnages intéressants et de relations complexes. Mais sachez que rien n'est blanc ou noir, tout est une question de nuances de gris. ‘L'enfer est pavé de bonnes intentions’ serait un dicton s'appliquant parfaitement aux idéaux des différents personnages qui parsèment l'aventure. Le revers de la médaille de cette trame principale passionnante, c’est son dirigisme. Ici, les environnements différents à parcourir ne sont pas légion (un par acte, soit trois, sans compter celui du prologue) et ces derniers, bien que plutôt vastes à première vue, restent assez étriqués. Le nombre de quêtes secondaires en souffre aussi. Plus on avance dans le jeu, plus ces dernières deviennent de plus en plus rares, notamment durant l'acte 3. Précisons que le jeu en contient environ une trentaine. Seulement, selon vos choix, elles ne sont pas toutes accessibles (on y reviendra dans les lignes qui suivent). Heureusement, l'écriture de ces dernières rattrape cette déception (hormis les contrats sur les monstres). Les quêtes Fedex (à une près où un PNJ vous demande de récupérer des plumes) n'ont pas lieu dans ce jeu. Chaque quête secondaire vous fait rencontrer des personnages et vous demande souvent de faire des choix. Plaisant !

Pour compenser ce sentiment de dirigisme qui pourrait en gêner certains, les développeurs ont travaillé un point que beaucoup de jeux modernes du genre revendiquent : les choix et leurs conséquences. Dans The Witcher, le joueur est amené à faire des choix qui ont des répercussions plus ou moins importantes et immédiates. Si certains jeux exagèrent cet aspect, ce n'est pas le cas ici. Ne vous attendez tout de même pas à une liberté de choix comme peut le proposer un New Vegas mais plus à quelque chose de l'ordre d'un Alpha Protocol. Le jeu propose des choix (parfois cruciaux) qui ont de réelles conséquences sur la trame (un acte peut complètement changer et proposer un autre contenu selon une de vos décisions), le monde et le destin des personnages, parfois quelques heures après avoir pris sa décision. Il faut donc faire attention à ne pas les prendre à la légère, surtout que le manichéisme qu'on peut retrouver dans certains jeux n’est pas de mise ici. Chaque choix a ses côtés positifs et négatifs. Ils s'effectuent de manière classique, via un système de dialogues. Il faut donc faire attention à ce que l'on choisit de faire dire à Géralt. Parfois, certaines décisions sont accompagnées d'un petit chronomètre vous donnant X secondes pour faire votre choix. Rassurez-vous tout de même, ce procédé n’arrive que rarement. Le système ne révolutionne pas le genre, mais il s’appuie sur des dialogues des plus plaisants.

…et l'épée




Palabrer est une chose, mais que se passe-t-il quand est venu le moment de faire parler le fer (ou l'argent) ? The Witcher 2 n'a pas une approche follement originale du combat en temps réel mais il l'effectue avec maîtrise. Géralt peut se battre au choix avec son épée en fer (contre les humains) ou celle en argent (efficace contre les monstres). On regrette d’ailleurs que le bestiaire ne soit pas plus varié puisque vous ne rencontrez qu'une poignée de monstres différents, certains adoptant le même comportement, notamment les gros qui ont tendance à charger et s'assommer pour que vous puissiez en profiter pour les assaillir. Ceci dit, vous avez le choix entre le coup rapide et le fort, le dernier étant évidemment plus long et lourd que le premier. Un bon enchaînement des deux est vivement recommandé pour venir rapidement à bout de ses ennemis. Géralt est très maniable manette en mains : on sent la lourdeur des coups, tout en étant suffisamment agile pour ne pas pester contre un héros trop lent. L'équilibre est conservé contre les humains, qui usent de coups rapides et forts. A vous alors d’utiliser leur faille au bon moment.

Les monstres adeptes des corps à corps purs, quant à eux, ont tendance à être agiles et rapides. De plus, l'I.A. est de bonne facture et elle n'hésite pas à envoyer tous les ennemis vous attaquer simultanément, sans les mettre en file indienne pour vous asséner un coup. Les ennemis n'hésitent pas non plus à vous encercler et à se déployer. On apprécie alors le système d'esquive à base de roulades pour éviter les coups adverses. Ce dernier est efficace, grâce notamment à des animations souples de notre héros. A noter qu'effectuer une roulade ne vous empêche pas de vous prendre des dégâts, histoire de ne pas en abuser afin de faciliter le combat. Géralt peut aussi parer les coups de ses adversaires, mais cette action est liée à une barre d'endurance, initialement à deux crans, que vous pouvez augmenter au fil du jeu. Quand vous parez un coup ennemi, votre barre d'endurance perd un cran et votre vie n'est pas entamée. Si vous parez une attaque quand cette dernière est vide, votre vie est atteinte tout en minimisant les dégâts par rapport à la même attaque prise de plein fouet. C’est un système malin qui évite d'exploiter la parade quand on se retrouve en mauvaise posture, rendant les combats bien plus plaisants et stressants par la même occasion. Cette barre d'endurance fait aussi office de barre de mana. Géralt est un sorceleur et, de ce fait, il peut utiliser des signes, sortes de pouvoirs magiques. Dès le début du jeu vous avez accès à tous vos signes, soit cinq. De la boule de feu, au bouclier en passant par un champ de force, chacun a son utilité.

Chaque utilisation de signe consomme un cran de votre barre d'endurance. Afin d’accéder à ces signes, il vous faut ouvrir une roulette ralentissant considérablement le temps, sans pour autant l'interrompre, ce qui vous permet de réfléchir à la suite du combat. Ensuite, vous pouvez attribuer le signe que vous souhaitez à la touche Y afin de l’utiliser en combat. Le tout est franchement agréable, mais cela nécessite un petit temps d'adaptation pour pouvoir maîtriser correctement les différents aspects des combats. Cette roulette permet aussi de choisir vos objets secondaires (bombes, pièges ou dagues) que vous pouvez lancer ou poser selon leur nature. Tout cela fait que les combats s'avèrent plus tactiques que l’on peut l’imaginer et forcément plus passionnants à jouer. En sus, vous avez plusieurs manières d'aborder un combat et vous devez alterner entre plusieurs de ces caractéristiques pour vous en sortir sans trop de dommages. Chaque combat demande un minimum de réflexion, empêchant ainsi tout effet de lassitude. Notez simplement qu’une fois votre combat terminé, il vous faudra attendre quelques secondes avant de pouvoir fouiller vos adversaires. De plus, le loot ne propose aucun choix aux joueurs. Si vous voulez prendre les pièces d’or, mais que vous ne voulez pas de cette épée inutile de base prenant de la place dans votre inventaire, vous n’aurez pas le choix… Vous devez tout prendre et passer par l'inventaire pour vous en débarrasser. Cela est bien embêtant surtout que Géralt, une fois sa limite de poids dépassée, ne peut qu’avancer lentement. Là encore, il est nécessaire de réfléchir puisque tous les objets (hormis ceux issus de quêtes) ont un poids variable selon leur nature.

Le maître des potions




Géralt, en plus d'être un bon épéiste, maîtrise aussi l'art de la potion. En ouvrant la roulette permettant de choisir vos signes, vous avez aussi accès à un menu appelé méditation. Via ce dernier, vous avez la possibilité de confectionner vos potions, ingérer celles-ci et méditer (ce qui équivaut à faire passer le temps dans le jeu). La préparation des potions a son importance car ces dernières, une fois ingérées, vous apportent des bonus de compétence non négligeables. Toutefois, vous ne pouvez pas boire autant de potions que vous le souhaitez. En effet, celles-ci sont toxiques et il faut veiller à ne pas dépasser le seuil de tolérance de notre héros. En prime, il faut anticiper les affrontements puisque le système est indisponible une fois le combat lancé. Pour confectionner ces potions, vous avez à votre disposition diverses recettes dont les ingrédients doivent être trouvés en fouillant les décors (votre médaillon possède un mode détection fort utile pour cela) ou achetés chez un marchand, pouvant aussi fournir des armes, pièges, potions, huiles à appliquer sur vos armes, améliorations d'armure, etc. Il faut noter que le choix des armes est assez limité. Les armes autres que l’épée, comme la hache ou la masse, sont assez peu puissantes et finalement très basiques. Cela reste toutefois compréhensible quand on connaît l’univers, un sorceleur combattant avec une épée.

Tuer des monstres et accomplir des quêtes vous font gagner de l'expérience pour monter en niveau. Trente niveaux sont ainsi disponibles et chaque palier vous octroie un point de compétence à dépenser. Aucune classe n’étant de la partie, tout se déroule autour d'un arbre de compétence. Ce dernier se divise en trois grosses branches, en plus de celle dédiée à l’entraînement qu’il est nécessaire d'améliorer pour pouvoir accéder aux trois premières. Les autres sont consacrées respectivement au combat à l’épée, aux signes et à l’alchimie. De ce fait, vous pouvez très bien améliorer Géralt sur un seul aspect, même s’il est plutôt conseillé de garder un certain équilibre, certains ennemis étant plus sensibles aux sorts qu'à l'épée et inversement. Le tout est assez bien développé et laisse une certaine marge de manœuvre quant à l’évolution du personnage. Dommage en revanche que la difficulté soit un peu mal gérée. En effet, si le premier acte donne quelques sueurs froides (et ce dès le mode normal), la difficulté a tendance à diminuer au fur et à mesure que vous avancez dans le jeu. Du côté de la durée de vie, il vous faut une trentaine d’heures pour boucler l’aventure et ses quêtes annexes. C’est honnête pour un jeu actuel, bien que cela reste un poil court pour le genre, surtout que l’aventure est très rythmée et que l’on ne voit pas le temps passer. Cela dit, gâce à l’histoire des actes modifiés selon les choix, on garde une bonne rejouabilité permettant facilement de doubler la durée de vie pour les plus intéressés.

T'as de beaux yeux tu sais ?




L’un des points les plus attendus de cette version 360 était sans nul doute le portage au sens technique. En effet, The Witcher 2 fait partie des plus beaux jeux PC. Autant techniquement qu’artistiquement, le jeu en a mis plus d’un sur son séant lors de sa sortie. L’annonce de la version console a provoqué quelques ressentis, les joueurs ayant peur que CD Projekt soit contraint de faire d’énormes concessions sur les deux plans pour que la machine puisse accueillir le soft sans imploser. Au final, le constat est plus que satisfaisant. Le studio a beaucoup travaillé sur ce portage et n’a pas bêtement transposé le jeu en enlevant un maximum de détails graphiques. Si on perd évidemment en qualité par rapport au PC, il ne faut pas bouder son plaisir en tant que joueur console. Le jeu est beau. Dès le prologue on s’en rend compte : le champ de bataille, qui affiche moult détails, impressionne. On prend plaisir à lambiner dans le jeu, observer les décors, les habitants, la flore, etc. Les effets de lumière (avec un cycle jour/nuit en temps réel) sont superbes, que ce soit ceux du soleil ou ceux d’une lampe à huile dans un donjon. Autre fait très important, le jeu ne rame jamais. Que ce soit durant les combats ou pendant les cut-scenes, le titre tient une fluidité impressionnante (surtout sur certaines scènes très chargées en éléments). La seule ombre au tableau, c’est un clipping assez présent et gênant lors de certaines cut-scenes où il faut une poignée de secondes pour que le jeu charge correctement les textures sur les personnages. L'immersion en prend un petit coup. Heureusement les visages sont très bien modélisés et animés, ce qui compense un peu ce problème technique. De plus les doubleurs sont convaincants, que ce soit en français ou en anglais. A noter que le jeu propose beaucoup de langues pour les voix et sous-titres et que le choix est laissé au joueur pour la configuration (anglais sous-titré allemand si vous êtes partant). La bande sonore du titre est de très bonne facture, que ce soit les musiques ou les sons, les Polonais ont fait de l’excellent travail pour rendre le tout crédible. Ainsi, lors de la traversée du camp dans le prologue, une multitude de sons (cris de guerre, fracas, machines de guerre, etc.) participent immédiatement à l’immersion.

La version 360 sortant avec une année de retard, les développeurs ont décidé d’offrir un contenu digne de ce nom pour justifier le prix fort du soft. Du coup, pour une soixantaine d’euros, vous avez une version de base pouvant être confondue avec un collector : bande originale complète, livre de quête, boite cartonnée et carte du monde. On reste étonné devant tant de générosité. De plus, cette version s'accompagne d'un sous-titre : Enhanced Edition. Concrètement, cela ajoute du contenu supplémentaire tels que des quêtes ou des objets. Ainsi, certaines sont rajoutées à l'aventure pour la rallonger d'une heure et demie à peu près. L’une d’elles est particulièrement intéressante, avec une référence amusante au Seigneur des Anneaux et la possibilité de finir la quête de manière pacifique si vous usez de votre côté philosophe. En sus, les développeurs ont décidé d'ajouter des cinématiques pour renforcer l’univers du jeu. Ainsi les transitions sont plus intéressantes, fort bien réalisées et la fin gagne une prolongation bienvenue. On peut notamment compter sur un résumé de votre influence sur le monde et sur une cinématique ouvrant sur le prochain épisode… Il faut noter que les Polonais en ont profité pour régler tous les petits problèmes et bugs que pouvait contenir la version sortie l'année dernière sur PC. En somme, c’est plus qu’appréciable, surtout quand on voit des studios porter des jeux à la va-vite.

Point complet
The Witcher 2 fera fuir les fans de mondes ouverts, mais il faut reconnaître qu'il convaincra tout ceux qui sont prêts à accepter un certain dirigisme au profit d'une histoire passionnante et écrite avec soin. Mature, le jeu l'est assurément avec ses thèmes tels que le pouvoir ou le racisme qui imprègnent tout du long l'aventure de Géralt. Mais le titre va plus loin, que ça, il s’impose aussi comme un excellent jeu. Combats tactiques au poil, influence du joueur sur l'aventure, personnage à développer et un monde crédible à parcourir... The Witcher 2 est aussi bon qu'il est beau. On regrette la présence de certaines limites (environnement, bestiaire ou arme), même si certaines se comprennent aisément par rapport à l'univers adapté. Les petits gars de CD Projekt ont donc relevé leur défi avec brio en nous offrant une version 360 adaptée au support et riche en bonus, sans compter les cadeaux ajoutés à la version de base.

On a adoré :
+ Trame principale captivante
+ Pas manichéen pour un sou
+ Quêtes secondaires bien écrites
+ Des personnages développés
+ Les combats
+ Un véritable portage
+ Un plaisir pour les yeux
+ Techniquement solide
+ Géralt de Riv
+ Les dialogues
+ Les choix et leurs influences
+ La rejouabilité
+ Le contenu physique
+ La bande-son
On n'a pas aimé :
- Assez dirigiste
- Peu d’environnements
- Pas contre plus de quêtes annexes
- Bestiaire un peu décevant
- Arsenal limité
- Le loot contraignant
- Difficulté un peu mal gérée
- Clipping assez présent


Consulter les commentaires Article publié le 18/06/2012 par Michael M.



 
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