Test Teenage Mutant Ninja Turtles : Des mutants à Manhattan - jeux vidéo Xbox One

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Teenage Mutant Ninja Turtles : Des mutants à Manhattan



Editeur
Activision
Développeur
PlatinumGames
Genre
Action Beat'em All
Statut
Disponible
Date de sortie
  24.05.2016
Nombre de joueurs
1 à 4
Classification PEGI
Thème
Ninja / Samouraï
Prix de lancement
49,99 €

Des adaptations vidéoludiques des Tortues Ninja, il y en a déjà eu pas mal par le passé… En revanche, celles qui ont été réussies se font déjà bien plus rares. Fort heureusement, les moins jeunes avaient eu la chance de goûter à la version NES il y a quelques années (ou à son adaptation XLA en 2007)… En revanche, ces derniers temps, il a fallu entre autres composer avec Nickelodeon - Teenage Mutant Ninja Turtles, immondice signé Magic Pockets, et Teenage Mutant Ninja Turtles : Attention au Mutagène, un MetroidVania signé WayForward relativement correct mais avec trop de tares pour vraiment convaincre. Du coup, l’annonce d’un jeu Tortues Ninja développé par PlatinumGames avait de quoi séduire… Sauf qu’il y a plusieurs équipes au sein du studio et que le budget alloué a dû être sensiblement équivalent à un Mars et deux cacahuètes… Voyons donc comme Teenage Mutant Ninja Turtles : Des mutants à Manhattan s’en sort…

Soupe à la tortue low-cost



Pour le grand retour des Tortues Ninja, PlatinumGames a opté pour l’adaptation de l’univers des comics d’IDW, laissant ainsi de côté l’univers plus enfantin de Nickelodeon. Niveau modélisation, même si ça ne vaut pas le design des Tortues de 1987 (année de la série télé qui a bercé notre enfance, les personnages ayant été créés en 1983), il faut bien reconnaître que le rendu est tout à fait agréable. En plus, que ce soit pour nos quatre chevaliers d’écailles ou pour les méchants, les développeurs se sont appliqués. En revanche, en ce qui concerne tout le reste, c’est la douche froide. Les textures manquent clairement de finesse, les éléments sont copiés/collés à outrance, avec quelques skins appliqués pour tenter de tromper le consommateur, et le cel-shading est affreusement pauvre, sans parler d’un frame-rate qui aurait mérité d’être boosté pour accentuer le punch des combats. Hélas, niveau sonore, le constat est assez similaire avec, certes des doublages français qui font le job, mais des musiques et bruitages génériques ultra répétitifs. La seule consolation vient des cinématiques, plutôt sympathiques, qui servent une histoire basique et, il faut bien l’avouer, sans réel intérêt. Heureusement que Michelangelo est là pour apporter une touche d’humour rafraichissante. En l’absence de coopération en local, on se lance dans le mode Histoire en solo, enchaînant les deux premiers niveaux, avant de débloquer les quatre suivants à faire dans l’ordre que l’on souhaite, pour terminer les trois derniers dans l’ordre imposé.

Malheureusement, la majeure partie du temps, on suit une structure identique, avec une poignée d’objectifs (appliqués aléatoirement à la volée et à dénicher grâce aux lunettes spéciales) inintéressants et répétitifs à accomplir (récupérer X objets, battre tous les ennemis d’une zone, les éliminer furtivement parfois, protéger un élément, désamorcer des bombes ou encore amener un objet d’un point A à un point B – soit en montant dessus et en le faisant rouler, soit en le transportant à deux avec une sorte de champ magnétique), avant d’affronter le boss. Le niveau 7 (sur les 9 disponibles) change un peu la donne en demandant d’enchaîner une salle avec des ennemis lambdas avant d’affronter un boss déjà vaincu, demandant ainsi de tous les repasser en revue (Bebop, Rocksteady, Armaggon, Karai, Slash ou encore Wingnut) avant d’affronter Krang. À ce sujet, notons que les boss sont simplement de gros sacs à points avec neuf barres de vie, avec des patterns assez basiques qui évoluent vers la fin du combat, lorsqu’on entame les deux dernières barres de vie. Cela reste déjà plus évolué que les patterns ultra basiques et répétitifs des ennemis génériques copiés/collés ad nauseam. Bref, pour en revenir aux boss, précisons que la difficulté de ces derniers n’est pas toujours cohérente, Wingnut demandant plus de doigté (que ce soit lors de son niveau, avec deux affrontements successifs, ou lors du niveau 7) qu’un Krang par exemple.

Bien entendu, ce n’est pas un spoiler, mais les fans des Tortues ont également le droit à la présence de Shredder. Niveau gameplay, ce TMNT est certainement le jeu le plus faible de PlatinumGames, avec des coups plus limités qu’à l’accoutumée. Certes, chaque tortue a son propre style et les animations sont même appréciables, mais on se retrouve à sortir les mêmes combos encore et encore, quand on n’alterne pas avec du lancer de shuriken, l’utilisation de quelques objets ou celle d’une tourelle défensive. Si les coups sont plutôt nerveux, le rendu est hélas assez brouillon, moult effets visuels s’ajoutant à l’ensemble et gâchant complètement la lisibilité de l’action, sans parler d’une caméra souvent trop proche ou qui perd le Nord. Résultat, cela annihile l’utilité du système de contre, rudimentaire mais bien intégré, dès lors qu’il y a plusieurs ennemis à l’écran. On se retrouve donc le plus souvent à esquiver, sans en abuser sous peine d’étourdissement après quelques galipettes, déclenchant parfois un contre impromptu à exploiter. Quelques bonnes idées viennent tout de même relever l’ensemble, comme l’attribution de quatre compétences à chaque tortue et celle de charmes (un à trois selon le niveau de difficulté) pour apporter une mini touche de préparation lors des affrontements.

Un brouillon qui reste en l’état, faute de budget…



Les compétences sont plutôt bien pensées, offrant quelques effets appréciables et, bien utilisées, permettent de venir plus rapidement à bout des ennemis. Les combinaisons d’attaques entre les tortues sont même un régal. Pour éviter une montée en puissance trop rapide, les développeurs ont ajouté un système d’XP basique, mais fonctionnel, pour acheter de nouvelles compétences ou les améliore, avec un système de cap et de paiements avec des orbes pour limiter la progression. En jeu, pour compenser l’absence de coop en local, le joueur solitaire peut switcher entre les quatre tortues à chaque instant. Cela est vraiment important puisque ça permet de combler une I.A. alliée pas folichonne (l’I.A. adverse est mauvaise également, mais elle compense avec des barres de vie plus importantes) et, en gérant bien le système de cooldown (l’attente pour recharger une compétence), de combiner les compétences pour augmenter les dégâts. Par exemple, on peut utiliser le momentum pour ralentir le temps et, avec les autres tortues, déclencher les attaques combinées. Au final, le gameplay est un peu plus intéressant qu’il n’y parait mais l’aspect brouillon et ultra répétitif des affrontements gâche le ressenti général, d’autant que les ennemis encaissent sans réellement broncher (sauf lors d’un contre) et que leurs coups sont abusés, la gestion des hitboxes étant à revoir.

Du coup, on est parfois frustré de recevoir un coup alors qu’on n’était pas dans le champ d’impact indiqué, mais juste à côté. De même, il est parfois pénible de voir toutes les tortues gérées par l’IA fondre sur l’ennemi et se faire éliminer en un coup, faisant de nous la dernière tortue en jeu. Si on n’a pas le temps de les ranimer dans les secondes qui viennent, il faut tout faire pour rester en vie jusqu’à leur retour. Si cela n’est pas vraiment dérangeant en mode Normal, c’est déjà plus compliqué en mode Difficile, surtout quand on se fait éliminer au boss et que, faute de continue, on se retrouve à refaire entièrement le niveau. Cela étant, si le mode Normal est archi facile, à un ou deux moments près, le mode Difficile n’est pas bien dur non plus. Il faut simplement faire attention à certains pics de difficulté, quand il y a des explosions de partout, la foudre qui frappe (lors d’un niveau sous la pluie), des altérations d’état et/ou un boss qui rentre en mode furie parce qu’il ne lui reste pas beaucoup de vie. Dans tous les cas, le jeu reste court, un poil plus de 3H en Normal et presque 4H30 en Difficile (sur un premier run en découvrant le jeu, un petit moins si vous bouclez le mode Normal avant). En terminant ce dernier, vous débloquez le mode Très Difficile.

L’intention est louable mais l’envie de le terminer n’y est pas, l’I.A. n’étant pas plus futée, juste plus résistante et nos tortues plus fragiles. Autant dire qu’à 49,99€ le jeu, mieux vaut passer son chemin, d’autant que les niveaux sont ultra répétitifs, que le level design est nullissime et que la coopération en ligne souffre d’un manque flagrant de joueurs et de quelques soucis de connexion, sans parler de certains chargements qui cassent le rythme des parties, au même titre que l’introduction de chaque objectif qui marque une pause avant son lancement. Dommage, car la coopération en ligne partait d’une bonne intention, avec une recherche rapide des parties, la possibilité d’ajouter des filtres (niveau, tortues, difficulté…) ou celle d’en créer une. Pour finir sur des notes positives, notons qu’il y a cinquante couvertures des comics TMNT d’IDW à collecter et que les développeurs ont bien bossé sur le système de déplacement des tortues. Parachute, avec gestion du vent lors d’un niveau sous la pluie, glissade dans la ville, glissade en fonction du courant dans les égouts, sauts géants avec des plaques prévues à cet effet et ride à dos de robot Krang sont tout autant de moyens appréciables d’avancer.

L’avis perso de Vincent // Tortues maltraitées, on évite le pire...

Je suis fan des Tortues Ninja, je suis fan de beat them all, j’apprécie en général les productions de PlatinumGames, mais ce Teenage Mutant Ninja Turtles : Des mutants à Manhattan ne passe pas vraiment. À chaque fois que je lui trouve un point positif, il y a un point négatif, encore plus fort, qui me saute au visage. Je voulais l’aimer, tout étant réuni pour me faire passer un bon moment, mais au final je suis le premier à le déconseiller. Si vous voulez un jeu à licence signé PlatinumGames, optez pour La Légende de Korra, presque similaire sur les points positifs et négatifs, mais tout de même meilleur et proposé à un tarif honnête (14,99€)… Ou carrément optez pour le très sympathique Transformers : Devastation, clairement meilleur, qui est en plus vendu une dizaine d’euros de moins (39,99€) que ce TMNT. Je trouve vraiment dommage qu’Activision n’ait pas donné plus de temps et de budget au studio pour pondre un TMNT de la qualité du Transformers, ça aurait clairement changé la donne, même si je reconnais avoir eu quelques bons (très courts) moments avec ce TMNT.


Point complet
Au final, la déception est de mise pour ce Teenage Mutant Ninja Turtles : Des mutants à Manhattan. PlatinumGames accepte un peu tout et n’importe quoi, adaptant des licences sans trop se soucier du budget. Du coup, plusieurs équipes sont à l’œuvre et c’est clairement la plus faible qui a pris en charge cette adaptation des Tortues. Résultat, on est bien loin de la catastrophe (les bases sont même à peu près correctes vu le délai et le budget alloués) mais tout aussi loin du jeu réussi. Il y a quelques bonnes idées, un gameplay relativement travaillé, mais l’ensemble est mis à mal par une répétitivité sans nom, un manque de soin global, une histoire délaissée, des soucis de caméra et de hitboxes, une I.A. à oublier, etc. Le souci principal de cet opus, c’est surtout qu’il est vendu bien trop cher (49,99€) pour ce qu’il propose. Du coup, mieux vaut le réserver aux fans invétérés des Tortues Ninja, à condition de le trouver à tout petit prix et de l’attaquer directement en Difficile, le mieux étant d’avoir trois amis en ligne pour partager l’aventure. En revanche, tous les autres, soit la majorité des joueurs, sont invités à passer leur chemin, sous peine de le regretter amèrement.

On a adoré :
L’humour de Michelangelo
Les différents déplacements
Mode Très Difficile à débloquer
Quelques moments sympas
Switcher entre les tortues
Les attaques combinées
Réanimer ses coéquipiers
Compétences à débloquer/améliorer
L’utilisation des charmes
Les couvertures du comics IDW
Modélisation des tortues réussie
Multi en ligne appréciable…
On n'a pas aimé :
Sauf quand il n’y a personne ou des ratés
Cel-shading du pauvre
I.A. alliée et ennemie
Combats très brouillons
Caméra à revoir
Hitboxes à revoir
Ultra répétitif…
3H (Normal) à 4H30 (Difficile)
Recyclage incessant
Rythme souvent cassé
Bande-son générique
Scénario peu intéressant
Objectifs aléatoires inintéressants
Plutôt facile (même en Difficile)
Trop cher (49,99€)


Consulter les commentaires Article publié le 17/06/2016 par Vincent P.



 
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