Test South Park : L'Annale du Destin - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connecté, 41 152 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 

South Park : L'Annale du Destin



Editeur
Ubisoft
Genre
Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  17.10.2017
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
69,99 €

Il est peu dire que le développement de South Park L’Annale du Destin n’aura pas été un long fleuve tranquille. En même temps, son prédécesseur Le Bâton de la Vérité avait lui aussi dû traverser bien des épreuves, avant de finalement nous ébahir lors de sa sortie en 2013. Fort de ce constat, on attendait la suite de pied ferme, en espérant que le passage d’un monde d’heroic fantasy à l’univers des super-héros se fasse avec maestria et nous apporte encore plus de blagues scatos et de coups de tatanes dans la tronche de la bien-pensance. Restait à voir si Ubi San Francisco avait su prendre avec talent la relève d’Obsidian…

M’kaaayyyy



L’entrée en matière de l’Annale du Destin ne laissera pas les joueurs du premier opus en terrain inconnu puisqu’il s’agit tout bêtement de la fin du précédent volet. On attaque en débarquant dans la peau du « petit-nouveau du quartier » qui se retrouve embarqué dans une guerre opposant mages, voleurs ou encore juifs (South Park oblige !) dans une Terre du Milieu sauce sales gosses. C’était sans compter sur les facéties habituelles de Cartman qui décide qu’il est désormais temps de passer à un nouveau jeu : les super-héros ! Une grande réunion est alors organisée pour définir l’avenir des franchises de chaque super-héros. Chacun voulant sa propre série Netflix ou son film à lui tout seul, le conflit ne manque évidemment pas d’éclater avec pour détonateur notre trublion Eric Cartman, encore lui ! Du coup, le divorce des super-héros est prononcé et deux clans ennemis entrent en compétition : Les Amis du Coon et les Potes de la Liberté.

Le Coon (Cartman himself) a un plan bien rôdé qui consiste à retrouver un chat égaré afin d’obtenir les 100 dollars de récompense et de pouvoir ainsi financer les débuts de leur nouvelle franchise. La mission est lancée et le joueur se retrouve parachuté au milieu d’une histoire qui ne tarde pas à accoucher de situations plus débiles et barrées les unes que les autres et souvent bien éloignées de la trame initiale. De fait, on rigole beaucoup devant ce spectacle absurde et cradingue même si, contrairement au premier épisode, les sourires sont plus présents que les rires à gorge déployée. La faute à une écriture parfois poussive et surtout à une sorte d’étrange retenue de la part des développeurs. Attention, on a évidemment droit à l’attirail habituel de blagues sur la sexualité, de pets, de fan-service et de tacles au système de pensée de notre société « moderne », mais quelque chose sonne faux, quelque chose cloche et même s’il est difficile d’identifier clairement le chainon manquant, cette sorte de malaise est manifeste. Dans le même ordre d’idées, les scènes complètement folles sont nettement moins nombreuses que dans le précédent et les moments de grâce se font plus rares. On ne boude pas son plaisir, on regrette juste parfois qu’Ubi San Francisco n’aille pas « plus loin ».

I’ll kick you in the nuts!

Manette dans les mains, on retrouve peu ou prou notre bonne vieille ville du Colorado et ses habitants « déglingos » qu’on avait pu croiser dans le Bâton de la Vérité. Libre à nous de nous balader dans les rues et d’aller à la rencontre de ce large panel de personnages hauts en couleurs. Si des lieux sont inaccessibles, il faudra attendre de débloquer les pouvoirs adéquats et y revenir plus tard. De quoi gérer le rythme de progression du joueur et lui offrir une immense quantité de « cachettes » où trouver costumes ou objets divers pouvant faciliter plus tard son avancée. Super-héros oblige, on troque cette saleté de bâton pour du matos high-tech, le menu se transforme en tablette tactile avec gestion des équipements, carte, fiches de personnages et bien d’autres choses encore. Dès le recrutement du petit-nouveau surnommé affectueusement (ou pas) « connard » (douchebag en VO) par le Coon, le choix de la classe initiale du personnage se fait, sachant qu’il sera possible d’en cumuler au fur et à mesure de l’aventure. C’est un point important car les combats apportent leurs lots de nouveautés dans cet épisode.

Désormais, lors d’une opposition, le terrain se décompose en damiers et il faut non seulement gérer correctement le choix de son action parmi trois possibles, plus une « Ultime » déblocable en remplissant une jauge, mais également estimer le déplacement de ses adversaires et savoir un minimum anticiper nos actions en fonction de la zone que couvrent nos attaques. Pour faire simple, un coup de poing classique va se faire à côté de l’ennemi, soit case contre case, mais impossible de lancer cette même action en étant en diagonal ou à une case d’écart. Bien évidemment, le choix devient vite exhaustif et les personnages dirigés en combat pouvant aller de 2 à 6, les possibilités et les tactiques à mettre en place sont nombreuses. A cela s’ajoute une autre nouveauté qui découle de ce système, le repoussement. Il est possible de réaliser certaines attaques en repoussant les ennemis sur une, deux, voire trois cases devant, derrière lui ou latéralement. Cela offre la possibilité de le faire valser contre l’un de nos alliés, qui ne se privera pas de lui remettre une mandale pour la route ou bien de le propulser contre un objet présent sur le champ de bataille qui pourra potentiellement le blesser.

Bref, lorsque l’on cumule le nombre de classes, d’actions, d’objets, d’effets applicables, etc., on se retrouve devant une mécanique de combat bien fichue sans être pour autant trop prise de tête. L’évolution du personnage permet aussi de laisser libre cours à ses envies, que ce soit pour le fond, avec l’application d’artefacts influençant la puissance générale de notre avatar et ses bonus/malus, ou pour la forme, avec un nombre considérable de costumes et autres possibilités cosmétiques permettant de passer de la classe ultime au ridicule absolu en quelques secondes. Au-delà de ces considérations guerrières, le jeu propose toujours une multitude de « mini-jeux », avec des séquences sur le trône ou de manière plus utile lorsqu’on peut faire appel à ses acolytes pour débloquer des chemins à force de pets surpuissants. Cerise sur le caca, Morgan Freeman en personne nous offre des pouvoirs temporels au cours de l’histoire, de quoi donner un peu de renouveau à des situations parfois routinières. Oui, on n’évitera malheureusement pas les allers-retours d’une maison à l’autre et le côté toujours très dirigiste dans le déroulement du jeu où l’on se sent parfois un peu trop spectateur.

I’m not fat, I’m big-boned

Côté forme, le jeu est aussi beau, voire plus que son prédécesseur. La mise en scène est soignée et c’est toujours aussi incroyable de se retrouver devant un épisode interactif de la série culte. Chaque lieu regorge de petits clins d’œil à l’univers de South Park et ce souci du détail va jusqu’aux noms des différents éléments collectables qui ramènent très souvent à des passages plus ou moins cultes du bébé de ces deux allumés que sont Parker et Stone. Il est bon de noter que la fluidité est un cran au-dessus et que la musique fait toujours aussi bien le boulot, même s’il s’agit ici évidemment d’un style beaucoup plus proche des films Marvel que du Seigneur des Anneaux. Pour la partie sonore, on ne peut pas omettre l’absence du doublage français officiel. Pourtant annoncé de longue date par Ubisoft, il aura fallu attendre les derniers jours avant le lancement du jeu pour apprendre que les négociations françaises n’avaient pu aboutir et qu’Ubi s’était tourné vers d’autres doubleurs : une exception française dont on aurait préféré se passer. Le doublage reste convaincant pour les non-initiés mais sera sans doute impardonnable pour les fans de la première heure. Reste alors la possibilité de passer par une VO officielle de haut-vol qui saura flatter nos oreilles entre deux bruits de flatulences temporelles. A pointer également quelques bugs mineurs de ci de là, rien de dramatique, même s’il aura fallu à votre serviteur refaire trois fois le même combat contre un boss en fin de jeu suite à des « freeze » intempestifs.

Point complet
South Park Le Bâton de la Vérité avait su nous amener un vent de fraîcheur, son successeur avait donc de bonnes bases mais il souffre de la comparaison avec son aîné. Trois ans plus tard, l’ossature de cette suite reste très proche du premier volet tout comme son enveloppe et les petites nouveautés qu’il apporte ne semblent pas forcément faire une énorme différence. Reste alors la satisfaction de parcourir un jeu bien ficelé et surtout le bonheur de « jouer » un épisode de la série culte de Trey Parker et Matt Stone avec tout ce que cela implique de lourdeurs amusantes et de finesses inattendues. Les fans seront sans aucun doute aux anges tandis que les autres ne devraient pas bouder leur plaisir pourvu qu’ils ne soient pas réfractaires à l’univers de la série.

On a adoré :
L’univers, vivre un épisode de South Park avec une manette
Beaucoup de choses à faire, à voir et trouver
Nouveau système de combat malin
Du choix dans la fabrication de son perso (forme et fond)
L’humour trash et bas du front
L’humour trash et fin à la fois
La VO au top
Le fan-service
Durée de vie correcte (15h à 20h)
On n'a pas aimé :
L’absence de VF officielle
Moins fou que Le Bâton de la Vérité
Quelques bugs
Aventure se traînant un peu
Manque de moments forts
Sentiment d’un South Park 1.5


Consulter les commentaires Article publié le 01/11/2017 par Cédric B.


PUBLICITE
DERNIERES NEWS
LES FORUMS BOUGENT

 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2017