Test Shape Up - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Shape Up



Editeur
Ubisoft
Genre
Sport
Statut
Disponible
Date de sortie
  13.11.2014
Nombre de joueurs
1 à 2
Prix de lancement
49,99 €

Sur Xbox 360, l’arrivée de Kinect a fait décoller l’intérêt d’une partie des joueurs pour les jeux de fitness et autres programmes de remise en forme. Sur Xbox One, cet engouement est bien moins prononcé malgré les évolutions apportées à Kinect, la V2.0 ayant gagné en précision. A vrai dire, pour l’heure, seul Xbox Fitness règne en maître incontesté sur la discipline, d’autant que le programme est gratuit pour les abonnés au Live Gold, avec un contenu satisfaisant, et que les intéressés sont en mesure de récupérer des entraînements payants pour aller plus loin. Ubisoft a tout de même tenu à proposer une alternative, du nom de Shape Up, qui mise principalement sur son aspect ludique pour aider les moins motivés à se (re)mettre au sport. Pari gagnant ?

La quête du corps parfait




Shape Up part d’un constat simple : en camouflant grossièrement les exercices physiques habituels avec une surcouche orientée jeu, cela motive les joueurs… Il faut bien reconnaître que cette idée est plutôt efficace puisqu’on se lance rapidement, seul ou à deux en local, dans les 13 défis qui sont proposés. Concrètement, il faut faire du step en se promenant sur un piano ou en faisant du surplace sur le cours d’une rivière, des abdos en chassant des aliens façon Space Invaders, des squats en tentant d’atteindre la Lune, des pompes en soulevant divers éléments insolites, etc. En prenant les activités comme des jeux, on s’y lance plus facilement et on exécute les exercices en levant la barrière psychologie liée à leur pénibilité. On regrette simplement que sur les treize défis, quatre soient dédiés au Piano Step, variant simplement la musique pour tenter de gonfler artificiellement le nombre. Reste que les défis sont présentés avec des niveaux d’intensité différents et qu’ils sollicitent en prime la mémoire, l’agilité, les réflexes, etc. A ce niveau-là, c’est du tout bon. En plus des défis, on retrouve des entraînements bien plus classiques qui demandent tout bêtement de reproduire les gestes d’un coach. Ils sont plusieurs, plus ou moins déjantés et doublés en français. Bien qu’ils soient plutôt encourageants et motivants, ils n’apportent pas la touche ludique que l’on apprécie justement dans les défis, même s’ils tentent de nous faire imaginer certaines situations pour nous pousser à exécuter les gestes désirés (exemple : on nous fait croire que l’on skie et que l’on rebondit sur des bosses pour nous pousser à faire des sauts successifs en extension).

Du coup, on se retrouve avec douze exercices de quatre minutes très classiques, dont l’intensité est une fois de plus soulignée, qui prennent simplement place dans des décors aux multiples références. Dommage en revanche que ces derniers soient très limités en nombre. Enfin, dans les deux cas, nous avons quelques passages bonus, pour casser la monotonie de l’exercice, qui permettent d’accumuler des Climax (nombre de réalisations qui sont prises en compte pour atteindre des objectifs prédéfinis) de diverses façons. Ces deux gros morceaux du jeu sont accessibles en Partie Rapide pour ceux qui souhaitent simplement se lancer dans l’une ou l’autre activité sans que rien ne leur soit imposé. Les plus motivés, quant à eux, sont invités à suivre des Quêtes d’entraînement. Concrètement, chaque quête est prévue pour s’étaler théoriquement (pratiquement, on peut tout enchaîner à sa guise) sur un mois, à raison de trois sessions de quinze minutes par semaine et d’un boss (le personnage principal de la quête) à affronter à la fin de chaque semaine. Un mini scénario met en situation le personnage, ce qui est plutôt appréciable, d’autant que l’on a droit à une cinématique après chaque affrontement. Quant aux sessions de quinze minutes, elles sont chacune composées de six exercices piochés dans les défis et entraînements déjà évoqués. Il n’y a donc rien de nouveau, mais on enchaîne des activités prédéfinies avec une orientation « cardio » pour la première quête et une orientation « muscle » pour la seconde (il n’y en a que deux disponibles de base). Le but est bien entendu de faire le meilleur score possible pour récupérer des éclairs (les points du jeu) à accumuler pour remplir ses objectifs hebdomadaires, tout en décrochant des médailles.

A la fin de la session, le joueur reçoit une note d’une, deux ou trois étoiles (quarante sont à collecter par quête) et est invité à passer à la deuxième session ou à revenir au menu principal pour s’attaquer plus tard à cette dernière. Les quêtes sont un bon moyen pour s’assurer que le joueur fera au moins quinze minutes de sport dans la journée, et ce trois fois par semaine, du moins comme cela est espéré par les développeurs. C’est plutôt motivant, sans compter que les éclairs engrangés et les Climax cumulés (au fil des répétitions d’une même activité) donnent un sentiment de gain non négligeable, même si au final on ne ressort qu’avec une statuette virtuelle. En revanche, malgré des bonnes intentions, quelques points noirs sont à noter. Le premier, c’est que les développeurs n’ont absolument pas pensé à intégrer des exercices spécifiques pour l’échauffement et les étirements (même si certains cours avec les coaches y font brièvement allusion). Ceci est très regrettable puisque, malgré son aspect ludique, Shape Up reste un jeu de sport qui fait transpirer et réellement travailler les muscles. Le deuxième, c’est qu’il n’y a aucun système de correction pour vous dire si le mouvement est correct ou non. Vous pouvez simplement déterminer si vous l’avez bien exécuté (en sachant que le tempo est aussi une donnée importante) dans le bon rythme ou non. Le troisième, c’est que les joueurs n’ont pas, de base, de marge de manœuvre. A l’inverse d’un Xbox Fitness qui multiplie les exercices différents avec des durées variées, et des gestes alternatifs pour s’adapter aux débutants comme aux aficionados, le titre d’Ubisoft impose tout.

Un jeu qui fait maigrir le portefeuille




La seule possibilité pour charger de nouvelles quêtes, en créer, suivre son activité (au niveau des calories brûlées, etc.), c’est de passer par l’application ShapeUpCoach… Or, malgré trente jours offerts, il faut passer à la caisse, à raison de 30 euros pour 3 mois, 50 euros pour 6 mois ou 75 euros pour un an. Ajoutez-y les 50 euros du jeu, voire les 25 euros du Season Pass, et cela devient très cher, bien plus que de profiter gratuitement de Xbox Fitness ou d’aller dans une salle de sport… Au final, le contenu reste une déception puisqu’on en fait vite le tour et qu’il faut passer à la caisse pour apporter un peu de nouveauté. Reste tout de même l’application Shape Up Battle Run, pour Smartphone, qui est gratuite et permet entre autres d’ajouter quelques éclairs à son profil. Pour en finir avec le contenu, il est également bon de noter qu’un mode multijoueur en ligne a été intégré. Attention, celui-ci reste relativement décevant puisqu’il se contente de charger les replays (chaque session de jeu est enregistrée si elle n’est pas coupée) et de permettre de les envoyer à ses amis… et seulement ses amis, ce qui limite beaucoup les interactions, surtout si personne de son entourage n’a le jeu. Heureusement, le multijoueur à deux en local est quant à lui satisfaisant, Kinect reconnaissant bien les joueurs, malgré un ou deux raté(s). De manière générale, l’accessoire à détection de mouvements fait bien son travail. Tout n’est pas parfait, puisque le détourage (le joueur est en effet directement intégré au jeu, ce qui est très appréciable) est assez approximatif et que les exercices de step demandent une certaine anticipation pour compenser une latence, certes très légère, mais notable sur ces exercices là spécifiquement.

Pour le reste, les gestes sont plutôt bien analysés, le joueur est intégré sans problème et l’accessoire ne décroche que très rarement. A vrai dire cela nous est arrivé à deux reprises sur des exercices au sol. Le constat global est malgré tout positif. Dommage en revanche que la reconnaissance vocale ne soit pas utilisée pour les menus, plutôt lourdingues avec les gestes. Mieux vaut utiliser alors la manette, même si son utilisation semble faire quelque peu ramer le menu. Parmi les autres points positifs, il y a les replays évoqués précédemment. Lorsqu’on découvre une activité pour la première fois, on se confronte à un coach ou à un ami. Si on réalise un bon score, on peut enregistrer un replay (soit sauvegarder l’enregistrement de sa prestation), en terminant sur un mouvement libre à exécuter, pour ensuite l’utiliser contre soi-même. En d’autres mots, on peut jouer contre soi-même pour tenter d’améliorer ses prestations, ce qui peut alors donner lieu à un nouveau replay. Aucune difficulté n’est réellement intégrée, celle-ci étant simplement définie par ses propres performances (et la difficulté Spécialiste s’obtient très rapidement). Les scores permettent également de participer au classement mondial, les meilleurs étant présentés en début d’épreuve.

Enfin, comme pour tout jeu du genre qui se respecte, le joueur peut accéder à ses statistiques, automatiquement données à chaque lancement de partie. On peut ainsi suivre le nombre de calories brûlées, le nombre d’éclairs accumulés ou encore se situer sur un graphique par rapport à l’objectif hebdomadaire. Pour affiner le résultat, on peut d’ailleurs définir sa date de naissance, sa taille et son poids. Enfin, pour justement se démarquer des autres titres du genre, Shape Up adopte une direction artistique rétro avec des références aux années 80-90. Les pixels sont grossiers, les couleurs criardes, les coaches ont des looks spéciaux et quelques sympathiques trouvailles sont même à noter. Pour autant, si la direction artistique est réussie, il faut bien avouer que visuellement, la One est capable de mille fois mieux. L’aliasing est prononcé, certains éléments scintillent, pas mal de textures sont baveuses, bref, même avec l’hommage à l’aspect visuel d’antan, le résultat est clairement en deçà de ce que l’on peut espérer sur cette console, surtout pour un titre vendu à ce prix. En revanche, la bande sonore est pour sa part satisfaisante, accompagnant bien les activités et certains classiques nous poussant clairement à nous bouger sur Piano Step… De quoi se prendre pour un Rocky Balboa du dimanche.

Point complet
Il faut le reconnaître, le pari d’Ubisoft s’avère en partie gagnant, Shape Up arrivant très clairement à pousser les joueurs à faire du sport grâce à sa surcouche ludique… Du moins, cela vaut surtout pour les défis, plus orientés en ce sens et pour la mini scénarisation des quêtes. Les entraînements, en eux-mêmes, sont tout ce qu’il y a de plus classique et ils sont tellement formatés de base que l’on ne peut rien en tirer de plus. Du coup, à ce niveau, à part pour l’enrobage visuel à la direction artistique assumée, on y préfère très clairement un Xbox Fitness plus souple, plus fourni et plus paramétrable, d’autant qu’il est gratuit pour ceux qui sont abonnés au Gold. Or, c’est bien là que le bât blesse pour Shape Up puisque, s’il vise à vous faire maigrir, il essaye également d’appliquer le même régime à votre portefeuille, entre le jeu à 50 euros, le Season Pass à 25 et l’abonnement à 75 pour l’année… L’accumulation donne une note très salée, bien trop pour un titre de cette trempe qui aurait dû sortir à une dizaine d’euros sur le marché en ligne avec ces éléments optionnels, à défaut de tout intégrer pour le prix fort. Pour le reste, à part deux ou trois ratés et un détourage approximatif, il faut reconnaître que Kinect fait du très bon travail. En plus, les replays ou la présence d’un ami poussent à toujours se surpasser, voire à revenir sur certaines épreuves pour continuer à travailler. Soyez tout de même prudents, le titre est un vrai jeu de sport et ni l’échauffement, ni les étirements ne sont réellement effectués, ce qui est clairement dommage, même Xbox Fitness prenant le soin de les intégrer. Au final, on est à la fois satisfait, l’idée de base étant bien concrétisée, et déçu, car au fond les développeurs ont juste fait le minimum syndical, les efforts ayant été fournis sur les éléments payants supplémentaires…

On a adoré :
+ Direction artistique assumée
+ Ca fait réellement travailler
+ Etre totalement intégré au jeu
+ Bande-son efficace
+ Défis assez funs
+ Les coaches
+ Les statistiques et le suivi
+ L’idée des quêtes, bien trouvée
+ A deux, c’est encore mieux
+ Les replays à affronter
+ Pousse à faire toujours mieux
+ Kinect s’en sort très bien…
On n'a pas aimé :
- A deux/trois exceptions près
- Le détourage, approximatif
- Les entraînements, classiques
- Ni échauffement, ni étirement
- Tout est pré-formaté
- Season Pass et appli Coach payants
- Aliasing, textures baveuses…
- Multi en ligne ultra limité
- Aucun vrai élément de correction
- Le rapport contenu/prix


Consulter les commentaires Article publié le 10/12/2014 par Vincent P.



 
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