Test Shadows of the Damned - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connecté, 41 243 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 

Shadows of the Damned



Genre
Action
Statut
Disponible
Date de sortie
  23.06.2011
  21.06.2011
  2011
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Résolutions gérées
720p, 1080i, 1080p
Prix de lancement
59,00 €

Sorti en catimini malgré le fait d’être le produit de la collaboration entre Grasshopper Manufacture et Electronic Arts, lesquels ne semblent visiblement pas vraiment croire en des ventes fructueuses, Shadows of the Damned est le nouveau bébé complètement déjanté de Shinji Mikami et Suda 51. Restait alors à voir si sa sortie un poil précipitée n’allait pas porter préjudice au projet, déjà bien mal embarqué commercialement parlant…

Un jeu différent




Lorsqu’on retrouve Grasshopper Manufacture, Suda 51, Shinji Mikami et Electronic Arts dans la même phrase, on se dit forcément que si tous ces messieurs travaillent ensemble sur un projet d’envergure pour consoles HD, le titre en question ne peut être qu’une future bombe. Pourtant, force est de constater que le géant américain n’a pas beaucoup cru en ce Shadows of the Damned. Il faut dire que le jeu sort des sentiers battus, tentant à la fois de reprendre les bases de Resident Evil 5 pour ce qui est du gameplay et de les transposer dans un univers complètement barré. Le soft nous propose d’incarner Garcia Hotspur, un chasseur de démons d’origine latino dont on ignore tout et qui débarque comme un cheveu sur la soupe pour achever un démon qui lui promet la mort prochaine de sa tendre fiancée Paula. Tiraillé par les propos de l’affreux monstre, Garcia se précipite à la maison et constate que sa tendre et douce est morte, pendue au plafond. Après avoir déglingué une poignée de monstres, on se rend compte qu’en fait, Paula n’est pas encore morte. Un énorme démon l’a désormais entre ses mains et menace le héros de tuer sa tendre encore et encore, afin de le faire souffrir à tout jamais. Plutôt que d’accepter de sceller un pacte avec le démon, Garcia saute à la poursuite de Paula et de son ravisseur et se retrouve embarqué malgré lui dans le monde des ténèbres.

Rejoint par Johnson, son acolyte de toujours, un vieux démon qui a changé de bord et qui peut prendre n’importe quelle forme, Garcia s’engage dans une vengeance meurtrière dans un monde dont il ignore toutes les règles… Vu le passé des développeurs, il était évident que Shadows of the Damned ne serait pas un « jeu d’action commun ». Les développeurs ont pris le soin de nous concocter un univers bien à part, régi par des règles totalement différentes de celles de notre monde. Tout d’abord, il y a Johnson, avec qui dialogue tout le temps notre héros. Prenant tantôt la forme d’une moto, puis d’une torche, avant de reprendre sa forme de base, le crâne, Johnson est un peu comme la perruche du flibustier, avec un penchant certain pour l’humour. Il explique les règles au héros, qui se voit contraint de les suivre malgré le ridicule des situations. Ainsi, on découvre très vite que le monde dans lequel on vit est régulièrement arrosé par les ténèbres. Durant ces séquences de jeu, le joueur peut rentrer et sortir des ténèbres, qui prennent la forme d’un mur aspirant petit à petit le monde qui vous entoure. Hors ténèbres, le héros peut massacrer au loisir les différents monstres, mais une fois de l’autre côté, il perd de l’énergie et ne peut même pas blesser ces sales bestioles. Seule solution donc, très logique : utiliser le tir secondaire de votre arme sur une tête de bouc accrochée à l’un des murs.

Même logique en ce qui concerne l’ouverture des portes avec l’obligation de donner les fraises acquises à des gravures aux visages de nourrissons, en prenant soin de la lui fourrer en un seul coup et en supportant les cris de Johnson qui veut également sa part de fraises... Au premier abord, on se dit que tout cela sort d’un esprit malade. Puis, l’univers commence à prendre forme et on comprend que l’ensemble de ce monde a été très travaillé par les concepteurs du jeu, qui ont vraiment pris du temps à le rendre réaliste malgré ses traits déjantés. Son humour est d’ailleurs l’une de ses plus grandes qualités, aux côtés des personnages principaux, à la fois attachants, comiques et épiques. Puis il faut le dire, incarner un héros latino qui casse du démon avec son gros Johnson qui crie « OMG OMG OMG », ce n’est pas courant. Ce qu’on regrette en revanche, c’est que si cet univers est travaillé et regorge de petites anecdotes, si les personnages sont plaisants à suivre et agréablement mis en scène lors des cinématiques, le scénario, lui, se limite pratiquement aux quelques lignes de cette critique et ne progresse finalement pas beaucoup durant les sept heures de jeu que compte l’aventure. Certes, ce n’est pas bien grave puisqu’au final on prend tout de même un plaisir monstre, mais il aurait tout de même été appréciable de se fouler un peu plus…

Ce à quoi aurait dû ressembler Resident Evil 5




Alors que beaucoup de joueurs avaient peur de découvrir avec ce Shadows of the Damned un survival horror archi classique dans sa progression et dans la veine de Resident Evil 5 pour son gameplay, on se rend finalement compte que le soft de Suda 51 n’a fait que peaufiner le gameplay de son modèle. Ainsi, on dirige toujours le héros en vue à la troisième personne, mais les déplacements sont beaucoup moins lourds que dans RE5, qui avait été partiellement produit par la même équipe. Le gameplay est nettement plus travaillé et mieux intégré au jeu grâce à une alternance des objectifs assez bonne. Les combats de boss laissent leur place à des énigmes, puis à des combats de groupe et à l’upgrade des caractéristiques de notre héros avec les points acquis. Le rythme n’est jamais cassé et les développeurs ont clairement fait preuve d’un certain talent de ce côté. Par rapport à RE5 également, il est important de noter que l’on peut se déplacer en tirant. Ca peut paraître débile comme ça, mais c’est l’une des caractéristiques qui rend le gameplay nettement plus jouissif que dans le shooter (n’allons pas dire survival) de Capcom.

En revanche, les problèmes de caméra sont toujours là, celle-ci étant un peu plus éloignée que dans le précédent soft de l’équipe, mais avec une orientation parfois mal gérée. Pour le reste, on nage dans le grand classique, avec des bouteilles d’alcool qui permettent de récupérer de la santé, des upgrades des armes et caractéristiques qui permettent de booster notre puissance avec les points acquis, trois flingues uniquement (revolver, shotgun, mitrailleuse) entièrement customisables et offrant finalement pas mal de diversité et, en bonus, des séquences surprises pour vous apporter un peu de divertissement. Pour du Suda en tout cas, c’est du grand classique, mais l’idée des ténèbres couplée à cet univers rend finalement le jeu frais, original et incroyablement jouissif à parcourir. En revanche, il est dommage de constater que la replay value soit proche de zéro en raison du level design très dirigiste et des énigmes, qu’on connaît forcément après un premier passage. Cela dit, en comptant sept heures en facile et un peu plus en difficile, on se dit que ce n’est déjà pas aussi mal que ça, et surtout ce sont sept très bonnes heures.

L’ensemble du titre est en outre magnifié par la bande sonore d’Akira Yamaoka, qui avait œuvré sur la franchise Silent Hill et se laisse davantage aller avec cette production. Les bruitages et doublages ne sont pas en reste, avec encore une fois un goût certain pour le complètement barré. Techniquement en revanche, si les graphismes ne sont pas laids, ni très jolis, on constate pas mal de petits problèmes, comme des textures ratées ou qui s’affichent en retard, des petits bugs graphiques ou tout simplement des modélisations qui font piètre figure face à celles de la concurrence. Certes, ce n’est pas mortel, mais on se dit qu’il était possible de faire mieux, peut-être avec un moteur différent de l’Unreal Engine, qui ne fait pas forcément grosse impression ici. Au final, l’expérience qui en ressort reste tout de même très positive, avec un trip glauco-déjanté qui nous emmène dans les profondeurs de l’enfer pour massacrer du démon. Ca manque un peu de finition et quelques défauts gâchent le constat, mais le titre fait relativement bien son office dans l’ensemble.

Point complet
Avec un peu plus de travail et d’ambition, Shadows of the Damned aurait sans doute été un grand jeu. En l’état, il s’agit incontestablement d’un bon survival délirant, avec un univers vraiment travaillé, des personnages attachants et drôles, de très bonnes idées de gameplay et une mise en scène soignée. Le hic, c’est qu’au final, on sent que le jeu a été fini vite fait bien fait pour coller avec les délais, ce qui se traduit par une gestion de la caméra moyenne, des graphismes plutôt jolis mais qui ont tendance à nous décevoir assez régulièrement, que ce soit avec des textures ratées ou des modélisations approximatives, sans compter le scénario nanardesque du jeu et sa rejouabilité, proche de zéro en raison des énigmes et placements des objets qu’on connaît déjà. Bref, si vous voulez goûter à quelque chose de différent, n’hésitez pas car les défauts ne sont pas énormes et le jeu mérite son pesant de cacahuètes malgré ses imperfections. Il serait vraiment dommage de passer à côté d’un titre qui innove tout de même…

On a adoré :
+ L’univers travaillé
+ L’ambiance déjantée
+ La bande sonore
+ L’humour particulier
+ Le héros, les personnages
+ D’excellentes idées
+ Gameplay maîtrisé
+ La mise en scène
On n'a pas aimé :
- Graphiquement décevant parfois
- Scénario moyen
- Caméra moyennement gérée
- Peu de rejouabilité


Consulter les commentaires Article publié le 11/09/2011 par Etienne F.



 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2019