Test Shadow Tactics : Blades of the Shogun - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Shadow Tactics : Blades of the Shogun



Développeur
Mimimi Productions
Genre
Action Infiltration
Statut
Disponible
Date de sortie
  28.07.2017
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
49,99 €

Le studio allemand Mimimi Productions nous présente aujourd’hui son nouveau jeu sur console, Shadow Tactics : Blades of the Shogun, quelques mois après sa sortie sur PC et après un jeu d’un tout autre registre, The Last Ticker. Alors que les jeux à la Commando étaient peu présents (pour ne pas dire absents) depuis plusieurs années, le studio bavarois nous propose sa vision du genre avec une histoire se passant pendant l’ère Edo au Japon. La grande question va donc être de savoir si Mimimi Productions a simplement remis au goût du jour un Commando-like au temps des ninjas et samouraïs ou si le studio a cherché à se démarquer et à laisser son empreinte ? Dans notre cas, nous sommes clairement sur ce deuxième choix et c’est tout bénef’ pour nous, les joueurs !

Un contexte réel



Shadow Tactics vous plonge dans un contexte réel, celui du Japon au 17ème siècle durant lequel un nouveau Shogunat se met en place après des années de guerres incessantes, afin de rétablir et maintenir la paix sur tout l’archipel. Alors que le pays repart sur une prospérité qui s’annonçait durable, une conspiration se trame afin de renverser le Shogunat. Le nom du leader rebelle se murmure partout : Kage-Sama ! Afin de lutter contre cette rébellion, le Shogun monte une section, une équipe de combattants, que vous allez bien entendu diriger. Le jeu prendra place sur treize chapitres dans lesquels il faut mener à bien des missions, en toute furtivité de préférence, d’espionnage et collecte d’informations, de protection ou d’assassinat pour le compte du shogunat en place. Le background annonce directement la couleur : tout est bien travaillé et tout est mis en place afin que l’immersion soit la plus profonde possible, notamment avec la présence des voix japonaises, les musiques traditionnelles et des décors des plus fidèles.

Assassin du jour bonjour : une équipe à toute épreuve

Le titre se joue en vue isométrique, sur une map en 3D, comme tout bon jeu de stratégie. Temps réel oblige, vous devrez être à l’affut en permanence de votre environnement dans ce Commando-like teinté d’infiltration. Exit ici les assauts un peu bourrins en mode « ça va passer », ici la furtivité et la prudence sont de mise et vous verrez que la non-létalité pourra s’avérer régulièrement plus payante que d’être une véritable faucheuse. Le jeu vous offrira beaucoup de liberté de ce côté-là : tuer un adversaire dans l’ombre (en prenant le soin de cacher le corps sous peine de se faire repérer), passer par les toits sans faire de victime, sauter sur les chariots, contourner un camp en passant par une rivière en nageant, etc., il vous sera même possible de mettre fin à la vie d’un ennemi, en faisant passer cela pour un accident, en énervant un bœuf ou en faisant descendre d’une pente un chariot qui était sur calle. Vous comprendrez très vite que la tactique et la réflexion sont les points culminants du jeu, vous serez seul ou très peu contre une foule armée sur la map. Une hésitation, une seconde de retard ou un meurtre aux yeux de tous seront souvent synonymes de morts ! A la moindre alerte, vos ennemis seront sur leur garde et un chemin qui semblait accessible il y a 15 secondes ne le sera plus par la présence de 2-3 nouvelles patrouilles encadrées chacune par un samouraï.
    Il vous sera donné de jouer avec cinq protagonistes durant l’histoire, ayant chacun leur spécificité :
  • Hayato, le ninja est axé sur la furtivité et l’assassinat depuis les ombres, il peut par exemple assassiner à distance un ennemi via son shuriken ou détourner l’attention via un jet de pierre.
  • Mugen, le samouraï permet de se débarrasser de 2-3 ennemis rapidement via ses deux katanas et peut par exemple attirer les ennemis avec des bouteilles de saké.
  • Yuki, la voleuse est accès piège et assassinat rapide via son couteau. Elle peut également attirer un ennemi vers sa position en sifflant des chants d’oiseau.
  • Takuma, le vieux sage, peut pour sa part user d’armes à feu longue distance ou d’explosifs en tous genres. Il a également la faculté de distraire les cibles via son tanuki dansant !
  • Aiko est une maîtresse du déguisement, elle peut se transformer aussi bien en prêtresse qu’en geisha, elle peut également faire éternuer une cible via des potions ou les assassiner avec une épingle à cheveux.
A noter que les objets « utilisables » comme les pièges, shurikens ou autres bouteilles de saké sont uniques et doivent donc être récupérés si vous désirez les réutiliser dans la mission en cours ! Les différents personnages se débloqueront assez rapidement, il faudra s’adapter et appréhender leur gameplay à tour de rôle, au gré des missions. Il faudra également apprendre à combiner leurs forces et faiblesses car vos personnages seront complémentaires, pour combler leur non polyvalence. Par exemple, seul Mugen peut porter des barils d’explosifs, Takuma est quasi immobile du fait de son vieil âge, les personnages féminins ne peuvent porter le corps de leur victime mais seulement les traîner, Mugen ne peut nager dans l’eau contrairement à Hayato ou Yuki et Aiko. Mais seul Mugen peut tuer un samouraï, etc.

Vous devrez donc composer avec ces différences et cette diversité pour mener à bien les missions confiées par le Shogun. Il vous sera d’ailleurs possible de « programmer » les prochaines actions via le mode « ombre », afin de coordonner les différentes approches de vos personnages vers l’objectif ! Tous ces ingrédients ajoutent du « peps » au jeu et une dimension stratégique agréable, accompagnée d’un gameplay maîtrisé, riche et varié, en forçant également l’immersion et la cohérence du groupe de mercenaires que nous dirigeons. Le jeu propose également à chaque mission sa panade d’objectifs facultatifs, ce qui ravira les joueurs avides de challenge (dont « finir la mission en moins de xx minutes », chose qui est particulièrement ardue au passage, « finir la mission sans tuer », « sans utiliser de cachette » etc.).

La technique



Tout comme le gameplay, la technique est maîtrisée et nous offre une DA aux petits oignons : chaque monde est vivant, fourmillant de petits détails et d’une expérience réelle au niveau de l’architecture ou des personnages. On sent que le studio a voulu que le jeu soit fidèle à la réalité de la période et on ne peut qu’approuver le résultat issu du travail sérieux de Mimimi Productions. Les environnements proposés sont vastes, variés et détaillés, le tout avec un style pouvant faire croire que cela a été dessiné et peint à l’encre à la main ou en cel-shadding. Manette dans les mains, le jeu s’apprivoise assez rapidement : joystick gauche pour déplacer notre héros sélectionné, joystick droit pour déplacer la caméra, A pour les actions de saut/grimper/ramasser, X pour tuer/assommer/utiliser nos items, RT + les joysticks pour la gestion de la caméra, RB pour changer de personnage, LB pour changer d’utilitaire (Hayato par exemple : shuriken, bandage, pierre à jeter). Au début, la gestion de la caméra peut paraitre un peu fastidieuse, celle-ci ne nous suit pas automatiquement, ni ne se centre sur le personnage contrôlé lors d’un changement mais après cela vient au bout d’un moment. Pas d’accroc technique constaté, la version console propose au passage un mode V-Sync bloqué à 30 fps ou illimité. La version console est propre et n’a pas à rougir de la comparaison avec la version PC, bien au contraire.

Difficulté, IA et level design

Dans un jeu d’infiltration/stratégie, l’IA fait partie des points importants du titre. Celle proposée par Shadow Tactics est de très bonne facture. Les ennemis montreront des signes d’intelligence lorsqu’ils s’apercevront qu’un coéquipier n’est plus là, à la découverte d’un corps. Lorsque les renforts arrivent, ils partiront en premier lieu vers l’endroit d’où l’alerte à été donnée, mais ne manqueront pas d’être vigilants sur le chemin, à fouiller et ensuite à partir faire des rondes. Lorsque vous tenterez de détourner l’attention d’un garde en jetant un caillou, ou avec une bouteille de saké, vous disposerez d’un court laps de temps avant que celui-ci ne se rende compte qu’il n’y a rien et ne revienne donc sur ses pas. L’IA n’hésitera pas à fouiller dans les buissons, monter aux échelles, etc. afin d’essayer de vous débusquer. Certains ennemis, comme les chapeaux de paille, seront par contre indélogeables de leur position et il faudra donc ruser pour leur tomber dessus avant qu’ils ne vous voient et ne sonnent l’alerte. Attention également au bruit que vous faites par exemple dans les flaques d’eau ou en sautant dans les rivières, ou encore aux traces laissées dans la neige. Le gameplay de jour sera différent de celui de nuit, attention aux lampes torches dans l’obscurité. Rien n’est vraiment laissé au hasard et chaque environnement et situation nécessite de s’adapter. La cohérence de l’IA et de l’univers qui l’entoure va jusqu’à réduire leur champ de vision la nuit.

Le champ de vision des ennemis est schématisé par un cône, à vous de ne pas entrer dans ce champ, et encore moins de laisser un corps à vue sous peine de voir la map remplie de PNJ en mode alerte ne cessant de vous chercher. Les maps, vastes, variées et offrant une grande verticalité, proposeront de nombreux cheminements. Les possibilités à votre disposition sont limite infinies : aucun chemin recommandé, ni même de couloir. Libre à vous d’utiliser vos outils à bon escient ! Cela permet donc une bonne rejouabilité (cumulée aux nombreux objectifs secondaires/défis que le jeu propose, et des haut-faits). Tout ceci nous amène à la difficulté du titre, qui va monter très rapidement. Le jeu pourra se montrer punitif et complexe, il est parfaitement « équilibré » dans son univers (un ninja avec une arme légère n’ira pas transpercer l’armure épaisse d’un samouraï par exemple). Il propose donc un monde intelligent, cohérent et varié où nos actions doivent être réfléchies et non faites à la va vite. Cette difficulté pourra peut-être se montrer un poil hardue, même en difficulté normal pour les joueurs « casual » pour qui les jeux trop hardcore ne sont pas appréciés. A noter que la mort d’un seul protagoniste est synonyme de game over, il faudra retourner à votre sauvegarde précédente ! Le jeu vous indique d’ailleurs clairement un chronomètre indiquant depuis combien de temps vous n’avez pas sauvegardé ! Il propose un système de sauvegarde rapide via une simple pression de la touche select. Vous ferez rapidement usage intensif de cette touche, on peut vous l’assurer.

Le supplément d’Hervé / Aeons



En jouant à Shadow Tactics, j’ai l’impression de retomber 15 ans en arrière sur un Commando-like old school, à la formule vraiment rafraichie, combiné à un système d’infiltration à la Tenchu. Je dois avouer que cela fait du bien de retrouver ce genre de jeux ! Mimimi productions nous propose (son deuxième jeu, il faut le préciser) de prendre part à un contexte réel via un jeu propre sous tous les aspects ! La direction artistique est réellement au point, on sent que le studio a voulu mettre les petits plats dans les grands pour nous proposer la meilleure expérience qui soit. On comprend que le studio a dû passer un temps important à placer minutieusement chaque sentinelle, chaque ennemi, à scripter chacune des rondes et chaque déplacement des ennemis afin de ne laisser qu’un petit timing disponible pour vous laisser passer, sans laisser entrevoir cela comme une faille. Mieux, il nous offre une IA de très bonne qualité. L’expérience proposée nous tiendra sans mal en haleine grâce à la variété du gameplay et des environnements.

Il est particulièrement jouissif d’élaborer un plan de malade pour arriver à son terme et de voir celui-ci se finir par la réussite de votre mission. Il existe tellement de possibilités qu’à peine arrivé sur la map on s’entend déjà marmonner nos plans futurs. Il faudra savoir faire preuve de patience pour arriver à mener à bien vos missions. Le jeu n’est clairement pas nerveux comme un jeu d’action ou autre, mais on tombe vite dedans et le rythme ne nous choque pas du tout, tellement la mort est présente à chaque recoin. Chaque personnage a sa propre histoire et chacun commentera par-ci par-là les actions des autres protagonistes selon la situation, ce qui créera votre propre histoire selon les faits que vous allez accomplir et la façon dont vous allez le faire. Cela reste assez classique mais l’histoire globale du titre et les relations que vous allez créer entre vos héros apportent une certaine fraicheur. La durée de vie se situe dans les 20-25h minimum en normal, bien plus selon votre niveau de jeu. Si nous devions lister des « points noirs », qui pour la plupart ne sont pas des plus pénalisants, nous pourrions évoquer la disponibilité un poil rapide et rapprochée de l’intégralité des personnages, ce qui implique de vite jongler entre plusieurs gameplay. Le chargement initial de chaque niveau pourra paraitre un peu long également, mais vite excusable quand on voit la densité de ces niveaux, la vie qui y est présente et la durée de chaque mission. On pourra reparler de la caméra, pas évidente pour tout le monde au début du jeu. Pour finir, on évoquera la difficulté globale du titre, l’erreur étant vite sanctionnée, avec une montée en puissance assez rapide.

Point complet
Le studio bavarois nous offre donc une expérience plus qu’agréable et intéressante, proche des Commandos, aussi bien au niveau de la difficulté que de l’approche générale, tout en y ayant apporté son lot de nouveautés et d’améliorations via la partie infiltration qui prédomine. Mieux, le tout est servi dans un jeu propre techniquement parlant. Shadow Tactics n’est que le deuxième jeu du studio allemand et, vu la qualité de celui-ci et l’expertise dont il fait preuve, il nous tarde déjà de voir leurs prochains travaux ! Pour faire simple : c’est un must have pour les fans de stratégie et un excellent titre pour découvrir ce genre. Quoi qu’il en soit, sur nos consoles, c’est une des très bonnes surprises de 2017 (et un bel exploit après avoir réussi leur coup avec la sortie PC fin 2015) !

On a adoré :
Des faits réels au Japon pendant l’ère Edo
Gameplay au poil
La complémentarité de l’équipe
Le panel des compétences
Le mode « ombre »
Technique et DA aux petits oignons
Gros travail sur le level design
Une IA vraiment bien foutue
Doublage japonais au top, (EN en audio également) et ST très bons
Durée de vie importante
Bonne rejouabilité
De nombreux défis à relever
On n'a pas aimé :
Chargement initial des niveaux un peu long
Gestion de la caméra particulière
Disponibilité des persos assez rapprochée
La difficulté monte rapidement de manière exponentielle


Consulter les commentaires Article publié le 07/08/2017 par Vincent P.


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