Test Remember Me - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Remember Me



Editeur
Capcom
Genre
Action Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  07.06.2013
  04.06.2013
Nombre de joueurs
1
Thème
Futuriste

Remember Me est un jeu d’action et d’aventure qui est réalisé par DONTNOD Entertainment, un studio français. Le projet a été lancé en 2008 sous le nom d’ADrift. Suite à quelques aléas, il a terminé chez Capcom avec le nom qu’on lui connaît désormais. Le soft a une symbolique un peu particulière en France puisqu’il nous plonge en 2084 dans une version futuriste de Paris. Reste tout de même à voir si le jeu est plaisant ou non.

R pour Remember




Uniquement jouable en solo, Remember Me nous projette en 2084 dans la peau de Nilin. Il s’agit d’une chasseuse de souvenirs dont la mémoire a été spoliée. A vrai dire, elle ne se souvient que de son nom lorsqu’elle se réveille à la prison de la Bastille. Nouant rapidement un contact avec un certain Edge, la jeune demoiselle va partir à la recherche de ses souvenirs, tout en menant une lutte contre Memorize. Il s’agit d’une grosse société qui permet entre autres de stocker les souvenirs, permettant ainsi à certains de faire le tri entre les bons et les mauvais. Sans en dire plus pour éviter de vous gâcher le plaisir de la découverte, disons que le travail artistique réalisé sur le titre est simplement formidable. Le Néo Paris dévoilé est magnifique, offrant en prime des diaporamas de toute beauté. La technologie, ainsi que la désolation et toutes les conséquences d’une société à la dérive, s’intègrent parfaitement à la capitale que nous connaissons. Les parisiens et ceux qui ont déjà visité la capitale reconnaîtront aisément le Sacré Cœur, Saint Michel ou encore la Tour Eiffel pour ne citer que cela. Les panneaux publicitaires, l’agencement des quartiers, les détails qui fourmillent partout, tout a été parfaitement étudié. L’univers du jeu a profité d’un soin tout particulier et cela se ressent fortement.

L’inconvénient pour beaucoup, c’est que pour nous permettre de profiter de tous les efforts faits, les développeurs nous ont privés de liberté au niveau de la progression. Nous y reviendrons plus tard. Avec le thème de la mémoire, de sa digitalisation, de son commerce et de sa manipulation, Alain Damasio (auteur) avait de quoi fournir un scénario de haute volée. Hélas, même si l’histoire n’est pas désagréable, loin de là même, elle reste bien trop basique et quelconque pour pleinement satisfaire. Plutôt que de s’appuyer sur le background mis en place pour réellement enfoncer le clou au niveau des réflexions et de la complexité de la situation, le scénariste a préféré opter pour une histoire centrée sur Nilin, survolant simplement les enjeux qui la dépasse. Pour ne jamais perdre le joueur, celui-ci est en permanence pris par la main, notamment avec des cut-scenes durant lesquelles notre héroïne fait des sortes d’introspection. Elle met ainsi en avant les points principaux de ce qui s’est passé. Quelques rebondissements sont de la partie et le final s’intègre logiquement dans l’histoire, mais le scénario fera assurément débat, d’autant que certains comportements de Nilin paraissent bien peu naturels (cela vaut sur le plan intellectuel et physique, certaines animations étant un peu raides). Il reste en tout cas trop simpliste pour beaucoup d’amateurs de science-fiction et autres récits d’anticipation.

Combinaisons expérimentales




Cela n’enlève tout de même rien à la qualité de la direction artistique, à tomber, ou encore à l’ambiance qui se dégage de l’aventure. Pour parfaire cette dernière, on peut compter sur une bande-son envoûtante signée Olivier Deriviere, célèbre compositeur à l’origine des OST d’Alone in the Dark, d’Of Orcs and Men ou encore d’Obscure. Les doublages français restent des plus acceptables dans leur ensemble (y a du bon et du moins bon) malgré une synchronisation labiale à revoir. Nous l’avons évoqué plus haut dans la critique, la progression n’offre quasiment aucune liberté. En effet, si on excepte quelques recoins pour trouver des éléments à récolter, on se retrouve simplement avec un chemin à suivre. Couloirs ultra étroits, en intérieur comme en extérieur, sessions d’escalade ultra dirigistes (avec des flèches orange pour indiquer où aller) et arènes dédiées aux combats composent principalement la formule. Les phases de plateforme ne sont pas désagréables, mais elles sont tellement balisées qu’il est impossible de se tromper ou même de se perdre. Il y a bien une course-poursuite avec un hélicoptère qui tente d’apporter un peu de dynamisme, mais il n’y a généralement aucune pression sur les épaules du joueur, celui-ci avançant sans encombre avec des angles de caméra souvent bien étudiés.

La difficulté du titre repose uniquement sur les combats, qui adoptent un système assez particulier. Si vous vous attendez à un beat them all au niveau de l’approche, vous serez déçu. Nilin ne pare pas, elle ne contre-attaque pas, elle se contente d’esquiver et d’enchaîner les coups… Mais pas n’importe comment. La singularité des combats réside dans un système de combos à personnaliser. Concrètement, notre héroïne a des pressens à sa disposition. Il y en a quatre catégories : ceux qui infligent des dommages, ceux qui permettent de recouvrir de la santé, ceux qui diminuent le temps de charge des s-pressens (sortes de coups spéciaux) et ceux qui dupliquent l’effet du pressens précédent en accentuant son efficacité (ou pressens d’enchaînement). Ainsi donc, via le Combo Lab, on peut personnaliser les combinaisons de touches qui sont (hélas) prédéfinies au niveau de l’effet de chaque touche (à base de X et Y uniquement). Bien entendu, on débute avec un combo à trois coups et on arrive à en avoir une poignée, avec notamment du combo à six et huit coups. Plus un effet est « loin » dans la combinaison, plus il est efficace. La technique des combats repose donc sur les enchaînements que l’on programme à la volée (à tout moment) pour profiter des divers effets selon la situation. En plus, les trois types d’ennemis principaux, à savoir les Leapers (d’anciens humains devenus des monstruosités écervelées), les agents de sécurité SABRE et les robots ont plusieurs variantes.

Chez les Leapers, on a notamment des créatures qui évoluent sur les murs, des monstres plus costauds qui demandent qu’on se débarrasse au préalable des plus faibles ou encore des atrocités qui deviennent invisibles lorsqu’elles sont hors de portée de la lumière. Du côté des agents, certains ont des boucliers et d’autres des combinaisons électrifiées qui nous infligent des dégâts à chaque coup que l’on porte. Niveau robots, il y a celui qui vole et tire régulièrement à distance et celui qui se plante à un endroit et crée une sorte d’explosion. La variété est donc bien présente d’une certaine façon, d’autant plus que certains coups n’ont pas d’effet sur certains ennemis. Sur le papier, le concept est vraiment intéressant. En pratique, il s’avère agréable, pour peu que l’on tienne bien le rythme imposé pour poursuivre les combinaisons, et ce même lorsqu’on place une esquive entre deux coups… Mais il ne fera pas l’unanimité ! En effet, si certains vont s’amuser à modifier les combos à la volée, d’autres en programmeront deux principaux (un pour les dégâts, un pour la vie et le temps) et les appliqueront ad nauseam, d’autant que quels que soient les effets, ce sont toujours les mêmes combinaisons à répéter. Il y a bien une certaine évolution au fil de l’aventure, avec une Nilin qui gagne en puissance, mais les combats gardent tout de même les mêmes mécaniques.

Manipuler les mémoires avec précaution




Reste que quelques éléments apportent un peu de variété, comme le bras de Nilin, capable d’envoyer des décharges de données pouvant déstabiliser un ennemi, voire l’anéantir sur place, la faculté d’overload (un finishing move assez sympa) ou encore les s-pressens (une demi-dizaine) à utiliser avec minutie. Malgré tout, les combats diviseront, même si tout le monde s’accordera à dire que la caméra n’est pas toujours optimale et que les amateurs de challenge regretteront que chaque ennemi n’ait qu’une ou deux attaque(s) à sa disposition. Lesdites offensives sont en prime indiquées au joueur par un point d’exclamation rouge lorsque l’ennemi en question passe à l’attaque. Résultat des courses, ces derniers éprouveront un manque de challenge, même en difficile. Par contre, les combats de boss relèvent un peu le niveau. Coriaces, ils sont à exécuter en deux ou trois parties, chacune d’elles demandant d’appliquer une méthode différente pour en venir à bout. Les affrontements sont en tout cas fort réussis et quelques QTE viennent conclure le tout pour assurer le spectacle. Vu la structure très linéaire du jeu, les développeurs ont intégré d’autres éléments pour apporter de la variété. Ainsi, en plus des combats et des phases de plateforme déjà détaillés, nous avons le droit à des passages typés infiltration des plus simplistes (les champs de détection des robots sont indiqués, difficile de se faire prendre…), des énigmes vraiment faciles ou encore des phases qui demandent de suivre une réminiscence pour savoir quoi faire.

Mais ce n’est pas tout puisque nous pouvons aussi découvrir une poignée de Remix Mémoriels. Concrètement, le joueur découvre un souvenir avant de pouvoir le manipuler. Avec le stick et une gâchette, il peut ainsi rembobiner ou avancer le souvenir pour trouver des points d’interaction. Chaque point modifie le souvenir. Le but, c’est de trouver ceux qui permettent d’appliquer le résultat attendu. Pour ceux qui ont du mal avec le concept, disons que ça reprend d’une certaine manière le principe d’Inception. Ces moments-là sont très scriptés, mais ils sont vraiment plaisants. Certains se plaindront de ne pas en avoir assez, mais concrètement, vu que l’on reste assez contemplatifs durant ces passages, s’il y en avait eu plus, ça aurait perdu de son charme. Mine de rien, au final, la progression est assez variée, d’autant que tout est bien agencé pour garder un rythme soutenu (malgré des chargements longuets) durant les 8h30 nécessaires pour en voir le bout en difficile (à moduler à une heure près et des poussières selon la difficulté et ses facultés). Par contre, ne vous attendez à aucune replay-value. Il est bien possible de relancer une partie, mais cela n’apporte pour ainsi dire rien. Mieux vaut juste refaire les chapitres (au nombre de huit, sans compter l’introduction) pour les fans de 100%. Pour finir sur une note positive, notons la présence de 50 modèles 3D à débloquer, mais aussi et surtout sur l’ajout de 80 artworks simplement sublimes à contempler via la galerie du jeu.

Point complet
Remember Me c’est avant tout un univers soigné, un background incroyable, bref une véritable performance artistique qui n’est pas sans conséquence. Les plans maîtrisés, ces panoramas d’un Neo Paris sublime et tous ces détails qui fourmillent à tout moment impliquent une absence de liberté traduite par une linéarité et un dirigisme sans faille. L’aventure est à faire au moins une fois, que ce soit pour l’ambiance et tout le travail qu’il y a eu pour composer cet univers d’une société qui s’est laissée prendre à la manipulation des mémoires. Hélas, si le scénario, loin d’être désagréable, se suit sans mal, offrant même quelques rebondissements, il n’en reste pas moins trop basique pour satisfaire les amateurs de science-fiction et autres récits d’anticipation… La faute à des enjeux à peine égratignés pour éviter de perdre la masse des joueurs. Les réflexions sont là, certaines répliquent sont même sensées, mais le tout aurait mérité un travail d’écriture et de réflexion supplémentaire. Quant aux combats, ils diviseront assurément les joueurs, certains n’allant voir que le fait de devoir inlassablement répéter deux, trois ou quatre combinaisons, là ou d’autres se prendront au jeu de la personnalisation des pressens associés aux coups portés, en fonction des ennemis, avant de profiter des s-pressens ou de cette faculté à envoyer des décharges de données. On ressort de l’expérience avec des regrets mélangés à de véritables coups de cœur. Rien n’est vraiment loupé, mais tout n’est pas réussi et les amateurs de challenge regretteront les choix imposés par le studio pour s’assurer de séduire le grand public.

On a adoré :
+ Direction artistique sublime
+ Background ultra soigné
+ Bande-son envoûtante
+ Un Neo Paris incroyable
+ Le rythme de l’aventure
+ Remix Mémoriels intéressants
+ Combats contre les boss réussis
+ Overloads sympathiques
+ Les artworks à débloquer
+ Pressens à adapter à la volée
+ S-Pressens bien trouvés
+ Les combos personnalisables…
On n'a pas aimé :
- Mais toujours les mêmes boutons
- Ni contre-attaque, ni parade
- Scénario assez basique…
- Et introspections pataudes
- Pas vraiment de rejouabilité
- Assez facile, même en difficile
- Indications imposées
- 1 à 2 coups max par ennemi
- La caméra parfois en combats
- Chargements longuets
- Archi linéaire et dirigiste


Consulter les commentaires Article publié le 26/06/2013 par Vincent P.



 
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