Test Of Orcs and Men - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connecté, 41 245 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 

Of Orcs and Men



Développeur
Spiders Games
Genre
Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  11.10.2012
Nombre de joueurs
1

Cyanide Studio et Spiders Games ont collaboré pour offrir un tout nouveau jeu offrant un contexte un peu différent de ce que l’on a l’habitude de voir. Ainsi, dans leur Of Orcs and Men, les joueurs sont invités à incarner un duo, formé d’un Orc et d’un Gobelin, qui représente les gentils, tandis que les Hommes tiennent le mauvais rôle. Sur le papier, ce projet a quelques atouts non négligeables, surtout que Spiders Games a pour habitude de soigner les univers qu’il crée. Reste donc à voir si ce nouveau titre a de quoi satisfaire les fans du genre ou non…

Un univers envoûtant




Sans rentrer dans les détails de l’histoire, Of Orcs and Men met les humains dans la peau des méchants. Ces derniers prennent le contrôle des terres et ils ont même créé un Mur. Ils se servent des Orcs et des Gobelins comme de vulgaires esclaves et n’hésitent pas à supprimer les plus belliqueux. Toutefois, un groupe d’irréductibles Orcs, les Bloodjaws, met au point une opération périlleuse visant à franchir ledit Mur et à assassiner l’Empereur. Pour cela, notre héros Arkaïl a besoin de l’aide d’un passeur. C’est ainsi qu’il se retrouve associé à Styx, un survivant qui est bien plus intelligent que ceux de son espèce. Sans bousculer les codes, le scénario du jeu est plutôt bien ficelé et l’envie d’en connaître le dénouement est bien présente. De surcroît, les dialogues, certes crus, sont fichtrement bien écrits. Humour, piques et répliques qui prêtent à réflexion, l’auteur des dialogues doit être félicité comme il se doit. L’univers du jeu est mature et c’est extrêmement appréciable de le découvrir, surtout que les doublages français sont de bonne qualité. Les musiques, loin d’être exceptionnelles, accompagnent bien les situations même si certains thèmes semblent revenir fréquemment. En revanche, on regrette que la mise en scène soit si sommaire, entre des séquences de dialogues assez figées et quelques cinématiques simplement réalisées à base d’artworks enchaînés. Cela dit, il est certain que ce duo si spécial arrivera à charmer les joueurs, au point de créer un coup de cœur pour l’aventure.

Par contre, pour un RPG, même fermé, on ne peut que regretter la durée de vie, qui est de l’ordre des vingt heures (à moduler selon l’une des quatre difficultés et l’acceptation ou non de quelques missions secondaires) pour boucler les cinq chapitres. On passe rapidement sur les quelques choix possibles lors des dialogues, ceux-ci n’ayant qu’une influence à court terme bien trop légère pour justifier une quelconque rejouabilité. Si le duo fonctionne parfaitement au niveau de l’histoire, il ne faut pas oublier pour autant qu’il est là pour tenter d’assassiner l’Empereur. Bien sûr, cette tâche n’est pas aisée. Pour décimer les ennemis qui essaient de nous barrer la route, nous pouvons compter sur le profil de chacun de nos personnages. L’Orc, surnommé le Boucher par ses frères, est un bourrin de base, comme on peut s’en douter. Styx, quant à lui, est un spécialiste du combat à distance et de la furtivité, le tout avec un penchant naturel pour la fourberie. Au niveau du gameplay, Of Orcs and Men reprend le système de Game of Thrones. Pour ceux qui n’auraient pas fait ce dernier, précisons un peu. Le joueur ne contrôle pas à proprement parler les personnages lors des combats. En effet, on se contente d’actionner un système de roues d’ordres, qui ralentit fortement le temps pour nous permettre « d’empiler » jusqu’à quatre ordres par perso (avec possibilité d’affecter deux ordres aux gâchettes basses). Ainsi, on peut opter pour des actions offensives, défensives ou coopératives.

Les deux premiers types sont bien entendu liés au profil du personnage, Arkaïl faisant parler sa force physique et Styx sa ruse et ses poignards. Sur le papier, cela donne lieu à des affrontements stratégiques, demandant d’adapter les ordres à chaque cible, à sélectionner avec minutie grâce aux flèches directionnelles. Le but, c’est donc d’arriver à isoler certains adversaires, à enchaîner entre les coups rapides, puissants et ceux affectant une zone en fonction de la situation, et de se servir de Styx pour faciliter la tâche de notre Bloodjaw. Chaque roue est assez fournie en attaques différentes et les ordres coopératifs peuvent s’avérer salvateur, notamment pour remettre sur pied l’allié tombé au combat ou pour lancer le gobelin sur un ennemi lointain. Malgré tout, les idées, aussi bonnes soient-elles sont vite plombées par une gestion de la caméra à la limite du catastrophique, par des collisions extrêmement mal gérées et par une I.A. clairement stupide, la difficulté jouant surtout sur les caractéristiques des ennemis (plus résistants, ils frappent plus fort). Même si les développeurs ont essayé de prendre un minimum en compte l’arsenal des ennemis (lance, bouclier, armure, arc…) pour influer sur les distances, cela montre bien vite ses limites. Au final, les combats ressemblent plus à une baston des plus brouillonnes où l’on tente de donner au mieux les ordres en privilégiant à chaque fois la même attaque sur le même type d’ennemi.

Le RPG pour les Nuls




Le rendu final est assez mou, les placements sont laborieux et le système peine à vraiment convaincre. De plus, l’aspect RPG est extrêmement pauvre, puisque les gains de niveau permettent simplement de récupérer ou améliorer des compétences (bon point, on ne peut améliorer qu’une fois une compétence, la deuxième amélioration proposée passant alors à la trappe), d’équiper quelques rares équipements glanés ci ou là et de faire monter les quatre pauvres caractéristiques de chaque personnage. Le souci, c’est que les profils sont tellement typés qu’il ne faut même pas être un habitué du genre pour comprendre qu’il vaut mieux tout miser sur l’agilité et l’esprit de Styx, ainsi que sur l’endurance et la force d’Arkaïl. Le bon point, c’est qu’il faut faire attention à la barre de concentration du Gobelin pour donner les ordres, tout en évitant que notre Orc, à force de donner et recevoir des coups, passe en mode Berserk. Cette sorte de furie rend le Bloodjaw plus combatif, mais aussi incontrôlable. Il fait donc le ménage, sans se soucier de savoir s’il tape sur un ennemi ou sur son allié. Fort utile pour terminer un combat, ce mode Berserk peut devenir un handicap au beau milieu d’une joute puisque Arkaïl, une fois sa rage passée, subit un contrecoup et reste sonné quelques secondes. Il est alors à la merci des adversaires.

Autre bonne idée, on peut switcher entre les deux personnages en pressant un seul bouton, ce qui permet malgré tout de mettre en place une certaine tactique au niveau des ordres, surtout dans les modes difficile et extrême, assez retords pour les non initiés. Les habitués, quant à eux, auront un certain challenge en extrême, mais c’est surtout la faute aux imprécisions et à la gestion des collisions. L’intelligence artificielle porte bien mal son nom. Styx a une faculté particulière, il peut devenir invisible pour assassiner certains ennemis par derrière. En optant pour des cibles un peu plus isolées que les autres, on peut se débarrasser de quelques gêneurs avant de partir à l’assaut. Seuls les chiens et les gobelins ne sont pas dupes. Le souci, c’est que l’on peut assassiner un garde à environ trois mètres des autres, sans que le groupe qui nous voit ne réagisse. Pareil, les gardes qui patrouillent ne sont nullement inquiétés par les corps de ceux qui ont été assassinés, même s’ils passent à dix centimètres… C’est vraiment risible. Au passage, même si le titre est un RPG, il faut bien avouer que la gestion du duo aurait permis d’ajouter un mode coopératif afin de se jeter dans l’aventure avec un ami. Or là, ce n’est pas le cas, on est seul devant son écran. Le souci, c’est que l’on peut vite s’ennuyer à cause de la structure même des missions.

Très répétitives, elles se limitent à aller d’un point à un autre, en éliminant tout ce qui tente de nous barrer la route. Les missions secondaires sont même sur le chemin, avec un très léger écart à faire, histoire de simplifier encore l’avancée. Pire, les cartes traversées ne sont que de longs couloirs avec une poignée d’embranchements qui mènent au même endroit. C’est clairement dommage, parce les défauts et autres maladresses s’accumulent. Pour couronner le tout, la technique dessert le jeu. Outre les bugs de collisions déjà mentionnés, on note un frame-rate vacillant, des animations à clairement retravailler, des retards d’affichage au niveau des ombres, un certain aliasing et des chargements en pleine progression qui cassent quelque peu le rythme. Les enchaînements lors des dialogues ne sont pas épargnés, certains donnant un aspect saccadé au niveau du temps de réponse entre les personnages. C’est d’autant plus dommage que les développeurs ont fait un effort sur l’aspect graphique. Styx et Arkaïl ont été soignés, certaines textures sont très correctes, les jeux de lumière sont dans l’ensemble assez réussis et les environnements sont satisfaisants. Certes, on est loin des cadors du genre, mais l’ensemble est visuellement correct.

Point complet
Aussi étrange que cela puisse paraître, Of Orcs and Men arrivera à devenir un véritable coup de cœur pour certains joueurs. En effet, ceux qui privilégient l’expérience au gameplay découvriront un univers mature porté par un scénario bien ficelé et servi par des dialogues savoureux. Rajoutez à cela un aspect visuel somme toute assez correct, des musiques dans le ton et des doublages de très bonne facture, et vous obtenez une histoire dont on veut découvrir la fin. On prend clairement du plaisir sur cet aspect là. Malgré tout, en tant que jeu, le titre de Spiders Games déçoit sur de nombreux points. Les idées sont bien là, il y a des subtilités très appréciables, le système de combat issu de Game of Thrones est intéressant sur le papier, mais le tout est plombé par un manque flagrant de finition. Caméra trop proche des plus pénibles, collisions qui ont des années de retard, soucis techniques à la pelle… Mais ce n’est pas tout puisque les développeurs ont commis trois grosses erreurs : miser sur une progression uniquement en couloirs (sans surprise, ni exploration, ni rien), reproduire sans cesse les mêmes schémas pour avancer et réduire à son strict minimum l’aspect RPG. Si on y ajoute des choix sans grande conséquence et une durée de vie assez courte pour le genre (une vingtaine d’heures), on ne peut qu’être déçu. C’est clairement dommage, car le soft a un gros potentiel qui, bien exploité, aurait pu en faire un très bon jeu, surtout avec un duo aussi appréciable et un univers accrocheur.

On a adoré :
+ Les dialogues, délicieux !
+ Doublages de qualité
+ Univers mature
+ Scénario bien ficelé
+ Visuellement correct
+ Affectation de deux raccourcis
+ Compétences sympathiques
+ Quelques subtilités tactiques
+ Deux profils bien différents
+ L’infiltration avec Styx
+ Le système de combat…
On n'a pas aimé :
- Plombé par la caméra…
- Et la gestion des collisions
- Des soucis techniques
- I.A. stupide
- Uniquement du couloir
- Assez court pour le genre
- Aspect RPG trop léger
- Très répétitif
- Mise en scène sommaire
- Choix sans grande conséquence


Consulter les commentaires Article publié le 20/10/2012 par Vincent P.



 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2019