Test Medal of Honor - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Medal of Honor



Développeur
Danger Close
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  14.10.2010
  12.10.2010
Nombre de joueurs
1 à 24
Online
- Jeu en ligne
- Contenus
- Classements
Classification PEGI

Thème
Guerre
Mémoire
1.25 Mo
Résolutions gérées
720p, 1080i, 1080p
Son
Dolby Digital
Prix de lancement
69,00 €

Débutée en 1999, la franchise Medal of Honor d’Electronic Arts a connu des hauts et des bas. En son temps, série phare des FPS sur le thème de la Seconde Guerre mondiale, la licence a eu tendance à s’essouffler avec les années. Environ deux ans après un opus peu convaincant sur consoles HD, l’éditeur a annoncé une nouvelle itération censée représenter un renouveau pour la série. Une histoire ancrée dans le contexte réel et actuel de la guerre en Afghanistan, un mode solo développé conjointement avec d’anciens soldats d’élite américains par souci d’authenticité et un multi pris en charge par Digital Illusions CE (les développeurs entre autres des Battlefield : Bad Company), le titre a fait rêver bien des joueurs. Une question se pose dès lors : s’agit-il bien du retour en force tant attendu de la franchise ou bien d’un énième pétard mouillé destiné à retomber bien vite dans l’oubli ?

La barbe ?




Tout comme ses homologues, Medal of Honor a abandonné le contexte des années 40 pour se tourner vers un conflit plus moderne. Toutefois, plutôt que de plonger le joueur dans une énième guerre américano-russe imaginaire, les petits gars de chez Danger Close ont choisi de s’ancrer plus profondément dans la réalité en représentant les affrontements du début des années 2000 en Afghanistan. L’idée est originale d’autant plus que les développeurs ont souhaité tabler sur le réalisme en s’inspirant de l’histoire de soldats d’élite ayant vécu ces événements de l’intérieur. Malgré tout, le background scénaristique de la campagne solo peine à assumer pleinement son rôle dans l’implication du joueur. Tout d’abord, l’histoire très convenue ne donne pas de réel moteur à la progression, le prétexte direct au « dézingage » de soldats tchétchènes et talibans étant d’ailleurs rarement explicité car très manichéen. En outre, si de nombreuses répliques et situations piochent allègrement dans d’autres jeux du genre, donnant lieu à quelques déplaisantes impressions de déjà-vu, le soft n’a de son côté ni la mise en scène spectaculaire d’un Modern Warfare ni le second degré d’un Bad Company et les dialogues ont tendance à manquer de saveur d’autant plus que les doublages français s’avèrent très moyens. Toutefois, les missions ont le mérite de s’enchaîner de manière cohérente et permettent d’alterner harmonieusement et sans temps mort entre les différents personnages incarnés (quatre au total) dont les récits sont adroitement liés. Mais le parti pris authentique et réaliste du titre se fait déjà plus fortement sentir du côté de la progression et du déroulement d'événements plus spécifiques en cours de partie.

Si l’I.A. ennemie se montre lente à réagir et pas toujours très lucide, le comportement de vos alliés est tout de même plus crédible. Chacun a ainsi un rôle précis à jouer lors des missions et les différents groupes que vous suivez paraissent vraiment avancer en s’entraidant et en suivant un programme bien défini, ce qui contribue largement à l'immersion. Cette dernière est par ailleurs renforcée par le fait qu’il est possible d’interagir avec ses alliés, en leur demandant des munitions lorsque vous êtes à sec ou encore par le biais de scripts en vous entraidant mutuellement avec vos camarades pour escalader des obstacles, enfoncer des portes par exemple. Même si certains de ces événements pourront ralentir le rythme de jeu de certains joueurs plus rapides, ils permettent de renforcer le sentiment de faire partie d'une escouade soudée dont les membres avancent ensemble ou n'avancent pas. De même, la progression est assez dirigiste et laisse peu de place à l’improvisation mais toujours dans le but de mettre en avant la mise en scène et de renforcer l’authenticité de l’expérience. Dans l’ensemble, le mode solo s’avère plutôt facile et court pour un habitué qui le terminera en environ quatre heures en difficile. Toutefois, les amateurs de challenge pourront désactiver l’aide à la visée à tout moment dans la partie ou encore se lancer dans le mode Tier 1, une fois cette campagne bouclée. En plus de sa limite de temps pouvant être déjouée en alignant les headshots ou les kills au corps à corps par exemple, ce mode chronométré présente une difficulté plutôt relevée puisqu’il supprime le réticule et l’aide à la visée, les checkpoints et les dons de munitions par vos coéquipiers, et que les ennemis, à défaut d’être plus intelligents, y sont plus résistants et leurs balles vous blessent plus gravement. Malgré cela, on regrette tout de même l’absence d'un mode coopération qui aurait pu ajouter de l’intérêt au titre et augmenter la durée de vie de cette campagne.

On « Tier » sur les méchants !




Si les différentes phases de jeu proposées sont très classiques, elles n’en sont pas moins agréablement variées et, en général, judicieusement dosées afin d’être ni trop courtes, ni trop longues. De plus, la nature de ces missions est souvent cohérente en regard des aptitudes et des assignations réelles des différentes unités de combat. On alternera donc entre des phases d’assaut pur et dur, d’infiltration, de tir au sniper à très longue distance ou encore de fuite et même de défense d’une position dans l'attente de renforts alors que vous êtes assailli de toutes parts et que vos possibilités de couverture s’amenuisent à vue d’œil. A cela, il faut encore ajouter une mission de rail-shooting en hélicoptère facile mais assez jouissive, quelques balades en quad mouvementées et plusieurs autres événements peu originaux mais divers et variés vous demandant par exemple de contourner une mitrailleuse lourde pour la neutraliser, de marquer des cibles pour qu’elles soient détruites par l’appui aérien ou encore de tuer des ennemis en bullet time après avoir défoncé une porte. Tout ceci est porté par un gameplay très plaisant qui nous réserve même quelques petites surprises telles que la possibilité, somme toute assez accessoire, de se pencher à gauche ou à droite pour observer les alentours alors même qu'on est à couvert mais aussi celle, pas toujours précise mais tout même utile, de glisser dans sa course avant de s’accroupir pour se mettre à couvert ; dommage que ces deux subtilités ne soient réalisables que dans la campagne solo, au même titre que la possibilité de se coucher et de ramper. Par ailleurs, le comportement de certaines armes ne se montre pas toujours très réaliste, et cela en solo comme en multi. En effet, le recul des armes automatiques a été quelque peu sous-évalué et les explosifs (grenades, roquettes, etc.) ont un champ d’action trop restreint et des trajectoires parfois pas faciles à suivre.

Mais si le gameplay est peu critiquable, le soft accuse tout de même un retard technique non négligeable sur certains points avec tout d’abord un bilan graphique en demi-teinte. D’une part, le soft est loin d’être visuellement hideux dans l’ensemble grâce à des modélisations plutôt réussies notamment du côté des personnages et des armes, à quelques textures travaillées, à des paysages très agréables à l’œil et offrant une profondeur de champ honorable et à des effets de couleur et de lumière réellement bluffants. Néanmoins, on constate tout de même un aliasing et un clipping très présents, pas mal de soucis de collisions, des retards d'affichage, certaines textures un peu grossières, des ennemis qui « pop » parfois littéralement hors des couvertures et quelques autres bugs graphiques mineurs. Le moteur physique basé sur l’Unreal Engine 3 semble lui aussi daté et cela se remarque surtout par le comportement surréaliste des ennemis abattus et de leurs armes mais aussi par les possibilités d'interaction avec les décors peu poussées. En outre, des chutes de frame-rate viennent témoigner, lorsque l’action devient un peu trop intense, de quelques problèmes d’optimisation. Enfin, les environnements ne s’avèrent pas très variés puisqu’ils se résument à des montagnes/villages/campements afghans enneigés ou non ; la seule exception prenant place dans un aérodrome devenu une zone de guerre. Toutefois, cela permet de donner une certaine cohérence à l'ensemble et de ne pas trop s'éloigner du contexte, ce qui n’est finalement pas plus mal. En plus de ce mode solo, Medal of Honor se devait de proposer un mode multijoueur en ligne compétitif pour séduire les très nombreux joueurs friands de ce genre d'expériences. Le développement de cette partie du jeu a donc été confié aux désormais célèbres suédois de chez DICE ayant notamment prouvé leur valeur en créant sur les consoles HD les Battlefield : Bad Company.

On 'passe en ligne' ?




La première chose que l’on remarquera dans ce mode, c’est que les parties se déroulent à un rythme effréné. Avec 24 joueurs par map, des espaces assez condensés, des réapparitions quasi-instantanées et des parties s’enchaînant presque sans temps mort, il est d’ores et déjà difficile de s’ennuyer. Si certains apprécieront la frénésie et la nervosité de ce mode, d’autres pesteront contre les cartes trop petites, un moteur Frostbite 2.0 sous-exploité (pas de destruction des bâtiments possible) et un spawnkill rendu parfois un peu trop aisé par certaines maps. Par ailleurs, l’absence de killcam permet d’augmenter le réalisme tout en conservant un rythme soutenu mais frustrera sans doute certains joueurs. En termes de contenu, le titre propose seulement huit maps plutôt jolies et bien réalisées dans l'ensemble mais pas toujours très vastes. A côté de cela, le joueur a le choix entre quatre modes de jeu classiques mais efficaces et très proches de ceux de Bad Company 2. Outre le basique match à mort par équipe, on retrouve ainsi les modes Contrôle de Secteur où il s’agit de prendre des points stratégiques symbolisés par des drapeaux pour faire monter son score d’équipe plus rapidement, Objectif Raid consistant à détruire ou protéger deux relais de communication pendant une limite de temps de cinq minutes… Dont le dernier mode, Mission de Combat, est une version plus longue avec cinq objectifs successifs à détruire/protéger dans des maps évoluant au fil de la partie, rendant ainsi possible l’utilisation d'un char d’assaut. En général, le bon calibrage de ces modes propose un équilibre agréable entre une action au rythme soutenu et la dimension stratégique typique des modes à objectifs. Une fois le rythme et les différents outils maîtrisés, l'expérience de jeu gagne en intensité et s'avère prenante et plutôt rafraîchissante. En outre, s'il est tout à fait possible de réussir en progressant seul, une bonne coordination entre les joueurs rendra tout de même le tout plus efficace et, bien entendu, plus amusant. Petit bémol à ce propos toutefois : ceux qui aiment jouer entre amis ou organiser des tournois regretteront l’impossibilité de créer des parties privées ou personnalisées.

Pour en revenir au contenu, ajoutons qu’il existe une entrée de menu séparée pour jouer avec des réglages hardcore. Malheureusement, en plus de ne pas vous laisser choisir votre mode de jeu (vous êtes placé aléatoirement dans une partie), ces paramètres « fous furieux » ne désactivent pas l’aide à la visée par défaut, la chose n’étant possible qu’en changeant les options générales du multijoueur. Ceci dit, ce mode apporte tout de même son lot de réalisme et de challenge aux intéressés grâce à l’activation du tir allié, à l’augmentation des dégâts subis et à la suppression de la plupart des éléments du HUD et de la régénération de santé. Concrètement, le soft vous propose d’incarner trois différentes classes tout ce qu’il y a de plus classiques. Un fusilier armé de fusils d’assauts ou de mitrailleuses lourdes et disposant d’un lance-grenades et de fumigènes, un artilleur des opérations spéciales pouvant manier la mitraillette, le fusil à pompe et le lance-roquettes et un sniper taillé pour le combat à longue distance mais également équipé d’explosifs de proximité. Au fil des parties, vous engrangez des points d’expérience et augmentez votre niveau indépendamment pour chacun de ces types de soldats tout en gagnant un bonus à chaque palier jusqu’à l’ultime niveau 15. Au vu du peu d’échelons dans cette progression, les éléments déblocables ne sont malheureusement pas très nombreux d’autant plus que la plupart d’entre eux se composent d’améliorations assez secondaires plutôt que de nouvelles armes. En sus, la customisation proposée n’est pas très poussée : les armes secondaires (grenades, pistolet, explosifs) sont fixes et immuables et seuls, l’arme principale et les améliorations pour ses munitions, son canon ou ses chargeurs peuvent être choisis parmi des listes assez courtes.

Lorsque vous réalisez des chaînes de score, vous aurez également droit à quelques bonus contextuels. Ceux-ci peuvent être offensifs ou défensifs selon le choix du joueur directement dans la partie. Les avantages offensifs permettent de bombarder une zone choisie avec de l’artillerie lourde dont l’efficacité augmente avec le nombre de points que vous aurez obtenu sans mourir et les défensifs octroient des avantages tactiques à toute votre équipe (drones, munitions, protection accrue, balles chemisées, etc.) tout en vous rapportant des points. Par ailleurs, outre un système assez banal de récompenses symbolisées par des médailles et des rubans et vous offrant de l’expérience pour des réalisations spécifiques, quelques détails plutôt originaux ressortent de ce mode multijoueur. En effet, l’aspect de l’arsenal n’est pas le même selon l’équipe que vous incarnez et l’apparence de votre soldat diffère non seulement selon son équipe et sa classe mais change également lorsqu'il atteint un certain palier dans la progression des niveaux. Idée moins anecdotique, le système d’aptitude peut se montrer fort intéressant. En effet, après chaque partie des points d’aptitude vous sont accordés ou retirés selon votre prestation, bonne ou mauvaise. Ce score parfaitement indépendant de votre avancement dans les niveaux, qui peut théoriquement se situer entre zéro et 3000 (voire beaucoup plus), permet non seulement d’avoir un aperçu plus concret de vos capacités en tant que joueur mais également de créer des parties plus ou moins équilibrées selon l’aptitude des joueurs. Ceci dit, il est regrettable que le contenu général ne soit pas un peu plus consistant, d’autant plus que des DLC payants (même pour les possesseurs d’un Online Pass) ont d’ores et déjà été annoncés.

Point complet
Si Medal of Honor réserve peu de surprises aux habitués du genre, le soft n’en est pas moins agréable à parcourir. Son mode solo, bien que court et plutôt facile, se place sous le signe de l’authenticité et du réalisme et propose une palette de situations variées et prenantes dans un contexte assez original malgré un scénario un peu basique. Mis à part quelques soucis techniques et graphiques, l’aspect visuel du soft est plutôt joli, son ambiance sonore est très bien retranscrite et son gameplay n’a pas grand-chose à se reprocher. De plus son mode multijoueur offre un équilibre intéressant entre le rythme rapide et la dimension stratégique des parties, ce qui permet de compenser son contenu un peu léger. Ajoutez à cela quelques bonnes idées disséminées ci et là et vous obtenez un FPS qui, bien qu’assez classique et peu innovant dans sa conception, a tout de même plusieurs arguments à faire valoir dans sa catégorie.

On a adoré :
+ Contexte original
+ De l’authenticité
+ Gameplay agréable
+ Bon enchaînement des missions
+ Phases de jeu variées
+ Aspect visuel général appréciable
+ Ambiance sonore crédible
+ Plusieurs bonnes idées
+ Multijoueur rythmé et plaisant…
On n'a pas aimé :
- Mais pauvre en contenu
- Nombreux soucis graphiques et techniques
- Campagne solo facile et courte
- Pas de coop
- Scénario peu marquant
- Beaucoup de réchauffé
- Politique du Online Pass


Consulter les commentaires Article publié le 05/12/2010 par Pascal R.



 
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