Test Mafia II - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Mafia II



Editeur
2K Games
Développeur
2K Czech
Genre
Action Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  27.08.2010
  24.08.2010
Nombre de joueurs
1
Online
- Contenus
Classification PEGI
Mémoire
39 Mo par sauv.
Résolutions gérées
720p, 1080i, 1080p

Les joueurs PC ont pu découvrir en 2002 un très bon jeu nommé Mafia, qui a surtout marqué les esprits par son univers et son ambiance. Huit ans plus tard, nous ne pouvions donc qu’être impatients de découvrir le Mafia II de 2K Czech sur notre console de nouvelle génération. Celui-ci étant enfin sorti, il est l’heure de voir si la qualité est au rendez-vous et si le titre a suffisamment été travaillé pour séduire les amateurs d’univers mafieux.

La famille vous accueille à bras ouverts…




Après un premier passage en Europe qui sert de tutorial, Mafia II nous emmène à Empire Bay, une ville américaine créée pour l’occasion. On y retrouve Vito Scaletta, le personnage principal que l’on incarne depuis le début, qui est rapidement pris sous l’aile protectrice de son ami Joe. Ce dernier tente donc de l’aider à gagner rapidement beaucoup d’argent sans qu’il ne se tue à la tâche comme l’eut fait son feu père. Le joueur rentre alors dans le milieu de la Mafia pour découvrir celui-ci de l’intérieur. Nous n’en dirons pas plus pour éviter tout spoiler, mais sachez que le scénario, d’apparence classique, est bien écrit, bien amené et surtout très bien mis en scène. Les cinématiques sont nombreuses, parfois relativement longues, et permettent de construire la progression tout en amenant à peu près tout ce que l’on peut voir dans le milieu, allant du code de l’honneur aux rites d’initiation en passant par la famille, quelques rebondissements, trahisons, doutes, amitiés, etc. Certaines ficelles sont assez visibles, d’autres beaucoup moins, mais en règle générale, on se plonge dans l’histoire et on la vit d’un bout à l’autre avec grand plaisir. On pourrait d’ailleurs se croire dans un bon film du genre passionnant à souhait. En revanche, la fin divisera les joueurs. Une partie la trouvera dans la logique des événements qui précèdent, avec un léger côté implicite appréciable, tandis que d’autres la trouveront un poil bâclée et laissant entendre qu’il y aura un nouvel opus, voire un DLC avec une « fin de fin ».

Ceci dit, les quinze chapitres qui composent l’histoire s’expédient vite, trop vite même. Huit à dix heures suffisent pour boucler l’aventure en allant à l’essentiel, ce qui est relativement décevant pour un jeu d’action et d’aventure uniquement solo en monde ouvert (différent d’un GTA-like pour les amateurs qui ne sauraient pas faire la différence). Toutefois, la durée de vie augmente quelque peu dès lors que l’on se met à chercher les avis de recherche placarder un peu partout dans la ville ou encore les cinquante magazines Playboy disséminés ci et là. Les joueurs qui se disent qu’ils vont parcourir l’aventure et profiter à la fin de celle-ci du monde ouvert pour partir à la chasse aux célèbres magazines seront véritablement frustrés de voir que cela est tout bonnement impossible. En effet, le monde ouvert, plutôt petit d’ailleurs, n’apporte qu’un semblant de liberté au soft puisqu’il est totalement sous exploité. Inaccessible à la fin du jeu, il n’offre que quelques boutiques (vêtements, armureries, stations-service pour faire le plein d’essence – utilisation rare –, lieux de restauration peu utiles – la nourriture permettant de recouvrer la vie étant facilement trouvable gratuitement en début et fin de mission –, garages automobiles et une casse) et des routes imposant de longs trajets en véhicules.

Puis vous tire une balle dans le dos




C’est d’ailleurs la rallonge principale de la durée de vie utilisée par les développeurs. En effet, le joueur passe une bonne partie du jeu à aller d’un point A à un point B de la ville pour effectuer une partie de mission, avant d’être amené à se rendre à un autre endroit, souvent suffisamment éloigné. Si dans l’absolu, cela peut paraître crédible, il faut bien avouer que certains seront déçus de constater qu’ils passent une bonne poignée d’heures à conduire. Le pire, c’est que le schéma des missions est assez similaire d’une mission à l’autre, à quelques exceptions près, et que les développeurs imposent régulièrement de revenir chez soi (et donc de parcourir une bonne partie de la ville encore) pour mettre un terme au chapitre en cours, quant il ne faut pas ramener Joe au préalable. Il aurait été bien plus appréciable de nous proposer à la place quelques missions secondaires pour varier les plaisirs, ce qu’il manque cruellement au titre de base. Ceci dit, la conduite des véhicules devrait diviser les joueurs. D’un côté, certains trouveront la prise en main pas très agréable, remarqueront des lourdeurs, des véhicules qui glissent et/ou se dandinent au moindre coup de volant, sans compter le comportement des automobilistes dirigés par l’I.A. parfois étrange, comme lorsqu’ils changent de trajectoire sans aucune raison apparente.

D’un autre côté, certains souligneront le fait que ce sont des véhicules d’époque et qu’il suffit d’un peu de doigté pour les prendre en main. Leur comportement diffère en plus selon le modèle et certaines (décapotables et hot road notamment) sont très agréables à conduire, même si leur vitesse de pointe demande un pilotage attentif pour ne pas mourir dans un accident de la route. Lancés à pleine vitesse, ils offrent quelques bonnes sensations, contrairement aux plus lents qui donnent l’impression d’avoir un trajet interminable. Le petit plus, c’est qu’il est possible de choisir entre une conduite normale assez assistée et une typée simulation plus exigeante. Cette dernière apporte une petite touche de challenge puisqu’il faut à tout moment doser ses freinages et accélérations en plus des changements de direction au stick. Dans tous les cas, il faut remarquer que la gestion des dégâts est assez réaliste, tout comme l’est celle des impacts de balles dans le jeu. Plus généralement, à quelques bugs près, il faut bien reconnaître que le moteur physique est très efficace. En revanche, l’intelligence artificielle l’est beaucoup moins, surtout au niveau des forces de l’ordre.

Corruptions, bagarres, coups de feu et mafieux




En effet, les policiers sont intransigeants sur les excès de vitesse (évitables en activant le limiteur de vitesse du bolide) ou sur certains accidents importants, alors qu’ils ferment totalement les yeux sur des conduites dangereuses en contresens ou encore sur les feux rouges que l’on grille sous leurs yeux. Quand bien même ils se mettent à notre poursuite, on regrette qu’il soit si facile de les semer. Parfois, il suffit même de faire le tour d’un pâté de maisons et d’attendre qu’ils s’en aillent plus loin pour être tranquille. Notre véhicule et/ou notre personnage (par sa tenue) restent recherchés quelques temps mais il suffit de changer de voiture et/ou de vêtements pour passer incognito. Quand bien même cela n’est pas possible, il reste toujours la possibilité de s’arrêter à une cabine téléphonique pour donner un pot de vin en échange d’un arrêt immédiat des recherches. Dans la même optique, pour peu que l’on se fasse arrêter pour une infraction, il est toujours possible de donner quelques billets au policier pour qu’il ferme les yeux. Ces aspects corruptions sont crédibles et bien intégrés, mais les forces de l’ordre ne posent généralement que peu de problèmes, et ce quelque soit la difficulté. D’ailleurs, l’aventure en elle-même reste assez facile pour peu l’on ne joue pas les bourrins de base, quelques balles suffisant à venir à bout de Vito.

Le seul élément un poil frustrant vient surtout des checkpoints assez éloignés qui imposent de refaire une grosse partie de la mission à la moindre mort, souvent accidentelle (balle perdue, mauvais virage ou autre). Quelques uns rechigneront sur ce point, mais admettons que cela apporte un minimum de piment aux parties demandant de faire attention à soi, ce qui n’est pas plus mal. Bien entendu, outre les cinématiques et les phases en véhicules, Mafia II propose d’autres activités pour varier les plaisirs. Ainsi, les missions à base de livraisons, extorsions, vols, trafics, etc., impliquent parfois des courses-poursuites, des filatures, des éliminations silencieuses, de l’infiltration, des bagarres et des gunfights. Le gameplay est assez classique dans le fond mais relativement varié pour satisfaire. Toutefois, on apprécie les efforts faits par les développeurs pour nous offrir des combats au corps à corps musclés (avec esquives, coups rapides, coups puissants, combos simplistes et finishing moves) et des gunfights dynamiques à la visée manuelle des plus appréciables. La prise en main est agréable et le tout fonctionne à merveille. En sus, on peut utiliser quelques grenades et autres cocktails Molotov ainsi qu’un système de couverture archi classique à notre époque mais tout autant efficace.

Ca manque de Polish




On regrette simplement que les petits gars de 2K Czech n’aient pas achevé le travail puisqu’il est impossible de tirer à l’aveuglette depuis sa cachette. Autre petit point qui en gênera certains, la caméra est assez proche du personnage et, malgré la possibilité de la recadrer manuellement ou automatiquement, elle a tendance à perdre la tête dans les endroits exigus. Graphiquement parlant, le titre tient la route. Il est plutôt agréable à l’œil, les effets de lumière sont bien intégrés, les animations faciales sont de très bonne facture malgré des soucis de synchronisations labiales, les animations (au sens large) sont réussies et plutôt crédibles en dépit de quelques scripts visibles à des kilomètres et de manques (téléportation de personnages dans les voitures, portes qui s’ouvrent par miracle, etc.), Empire Bay est bien modélisée et fourmille de détails crédibles… Malgré tout, cette version Xbox 360 souffre de quelques tares à commencer par de l’aliasing ci et là ou encore des baisses de frame rate. Ce n’est pas parfait, loin d’égaler la version PC (avec une bonne machine) mais cela reste convenable malgré tout. Pour compenser, on peut quand même souligner le fait que l’environnement est très vivant et que les PNJ n’hésitent pas à intervenir avec quelques remarques bienvenues, comme lorsqu’on les frôle, qu’on grille une priorité, etc.

L’univers est riche, crédible, c’est bien là l’essentiel, surtout que les joueurs sont amenés à découvrir la ville sous deux angles : dans les années 40 et dans les années 50. En sus, il ne faut pas oublier que les développeurs ont rajouté des effets météorologiques (pluie, neige, beau temps) et que les missions se font tantôt de jour, tantôt de nuit. Le tout est sublimé par une bande sonore de qualité avec des musiques somptueuses et des doublages français finalement des plus corrects (même si cela peut surprendre au début, surtout quand on a goûté à la version anglophone qui est un cran au-dessus). Enfin, terminons en précisant que quelques bonus sont de la partie avec la possibilité de débloquer un « album de famille » complet sur les divers protagonistes à la personnalité travaillée, des affiches, des artworks, la possibilité de voir les véhicules du jeu avec leurs caractéristiques, de se délecter de l’album des pin-up (jouer en difficile) ou encore de visionner à nouveau les avis de recherche et autres couvertures des magazines Playboy trouvés. Cela permet au moins d’oublier la politique des DLC assez douteuse, les contenus ayant été annoncés avant la sortie, avec un pack gratuit (par code à usage unique) exclusif à la PlayStation 3 et un autre pour tous mais payant, alors qu’ils auraient certainement pu les intégrer à la galette pour pallier la durée de vie faiblarde qui aurait été ridicule sans les rallonges artificielles.

Point complet
Mafia II est un bon jeu qui permet de passer un moment très agréable au sein de la Mafia en compagnie de Vito, Joe et tous les autres personnages principaux et secondaires à la personnalité travaillée. Plus globalement, l’univers créé est riche et cohérent, le scénario se délecte d’un bout à l’autre même si les avis seront partagés sur la fin, les musiques s’écoutent avec plaisir et l’aventure se vit tout simplement. Malgré tout, on ne peut pas faire l’impasse sur certains défauts évidents comme quelques soucis techniques (baisses de frame rate en tête) même si le jeu reste agréable à l’oeil, la relative facilité du soft et la stupidité de la police. Si ceci est facilement pardonnable, beaucoup auront du mal à digérer le fait que l’histoire se boucle très rapidement en sachant déjà que les développeurs usent et abusent de rallonges artificielles. Ils auraient clairement mieux fait de rajouter deux ou trois à-côtés ou une petite poignée de missions secondaires à la place. En l’état, on a une épopée formidable, mais très dirigiste, dans un monde ouvert sous-exploité et inaccessible à la fin (même si la structure du jeu n’y donnerait que peu d’intérêt, à part pour les magazines Playboy). C’est vraiment dommage et les fans du premier Mafia seront certainement déçus par ce manque d’ambition pour ce nouvel opus. Malgré tout, il faut reconnaître que le travail fait sur l’univers mérite des félicitations. Il y a beaucoup de détails ci et là, les bonus font vraiment plaisir et on prend un sacré plaisir à y jouer. Ce Mafia II est à faire pour les amateurs de jeux d’action et d’aventure (à ne pas confondre avec un GTA-like) mais mieux vaut le trouver à une trentaine d’euros plutôt qu’au prix fort, surtout avec les DLC qui arrivent…

On a adoré :
+ Scénario prenant
+ Mise en scène exemplaire
+ Des bonus (dont les mag’ Playboy)
+ Univers travaillé et crédible
+ Gameplay classique mais efficace
+ Conduite normale ou simulation
+ Musiques délicieuses
+ Doublages français corrects
+ Action dynamique
+ Monde ouvert…
On n'a pas aimé :
- Inaccessible à la fin
- Manque de liberté
- Quasi aucun à-côté
- Quelques soucis techniques
- Synchronisations labiales à revoir
- Aventure courte…
- Dont rallonges artificielles
- Plutôt facile
- Police stupide


Consulter les commentaires Article publié le 05/09/2010 par Vincent P.



 
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