Test Late Shift - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Late Shift



Développeur
Wales Interactive
Statut
Disponible
Date de sortie
  18.04.2017
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
12,49 €

Si David Cage, entre autres, a toujours souhaité rapprocher le monde du jeu vidéo et celui du cinéma, il ne faut pas oublier qu’il y avait bien un genre qui existait à l’époque, la FMV (full motion vidéo). Du moins, c’était avant l’avènement de la 3D qui permet plus de souplesse dans l’approche de la scénarisation (ou plus de complications, selon les points de vue), tout en intégrant plus d’interactions (Life is Strange est un parfait exemple de titre narratif maîtrisé). Toujours est-il que la FMV est tombée en désuétude même si quelques studios ont tout de même souhaité se lancer dans l’aventure. C’est le cas de Wales Interactive qui a proposé par exemple The Bunker en septembre 2016 dans le même genre. Avril 2017, le studio est revenu sur le devant de la scène avec une nouvelle expérience : Late Shift. Véritable film interactif utilisant la technologie CtrlMovie, Late Shift arrive-t-il à briser la barrière entre le cinéma et le jeu vidéo ?

Une main sur le pop corn, l’autre sur la manette



Pour ceux qui ne le sauraient pas, la FMV, ce n’est ni plus ni moins qu’un film interactif, avec de vrais acteurs. Late Shift est donc avant tout un objet cinématographique dirigé par Tobias Weber et co-écrit avec Michael Robert Johnson, connu pour son travail sur le Sherlock Holmes de 2009 de Guy Ritchie ou encore sur le Pompéi de 2014 de Paul W.S. Anderson. Dans les rôles principaux, on note la présence de vrais acteurs anglais, dont Joe Sowerbutts dans le rôle (principal) de Matt, un étudiant amateur de mathématiques qui se retrouve embarqué dans le cambriolage d’une célèbre maison de vente aux enchères pour substituer un bol de riz ayant une grande valeur aux yeux de la famille des Tchoi… À ses côtés, on retrouve Haruka Abe (47 Ronin entre autres), Richard Durden (Batman, From Paris with Love…) ou encore Lily Travers (Kingsman). Le scénario de base, évoqué dans les lignes précédentes, est loin d’être extraordinaire. Il n’est pas déplaisant pour autant. Il y a un certain suspense, quelques rebondissements, bref, on le suit de bout en bout en essayant d’imaginer la suite. Le vrai tour de force réside plus dans l’écriture, qui est vraiment bonne. Les répliques sont bien trouvées et cela est d’autant plus impactant que les acteurs jouent correctement. On les sent impliqués dans leur rôle et c’est déjà bien quand on voit que certains n’y arrivent pas dans de grosses productions.

De même, les scènes sont plutôt bien filmées, certains plans valent le coup d’œil, sans pour autant révolutionner le genre. Le tout a été filmé en full HD, ce qui offre un rendu très agréable. On peut regretter quelques ralentissements de temps en temps et des césures parfois visibles lors des changements de chapitres. Reste que dans l’ensemble, on a affaire à un bon thriller, loin de révolutionner le genre ou d’apporter ce plus non négligeable, mais qui offre un bon moment, surtout que les développeurs ont fait le choix de ne pas doubler les acteurs pour préserver l’authenticité de leurs jeux. Que ceux qui fuient la langue de Shakespeare se rassurent (quoique l’anglais est parfaitement compréhensible et assez courant, voire même familier pour être compris du plus grand nombre), des sous-titres français sont de la partie. Incrustés dans la bande noire inférieure, ils sont parfaitement lisibles. On regrette juste de (très) rares étourderies (un mot manquant et un « porposes » au lieu de « proposes » notamment). Quant aux musiques, elles accompagnent parfaitement l’action, tantôt présentes pour accentuer la tension de la situation, tantôt discrètes pour donner plus d’importance au dialogue en cours.

Série de choix, conséquence… Conséquence, nouveaux choix



Du coup, la différence entre Late Shift et un long-métrage classique, c’est l’interaction qui y a été apportée. Extrêmement minimaliste par rapport à d’autres œuvres du genre, elle se résume à choisir parmi deux ou trois choix à des moments clés, même s’il y a dans les 180 décisions possibles au total. Nous parlons de minimalisme parce qu’il n’y a pas d’exploration à proprement parler, pas de notes à lire ou autres éléments contextuels avec lesquels interagir. Est-ce mal ? Oui puisque nous sommes du coup bien plus spectateur qu’acteur, même si le genre veut ça de base, et non parce que du coup l’immersion n’est pas coupée et le rythme est soutenu. Les choix intégrés ont été ajoutés intelligemment, à tel point qu’on a vraiment la sensation d’incarner Matt et de choisir à sa place. L’histoire se déroule et on agit de manière naturelle sur son déroulement, par une réplique qu’on préfère à une autre ou par une action que l’on fait au lieu d’une autre. En plus, le temps laissé pour faire les choix est assez court et ne va jamais à l’encontre du rythme de la progression. On n’a donc pas l’impression que le « jeu » attend notre réponse, quitte au pire à ce qu’il applique le choix par défaut si on omet de l’indiquer dans le délai imparti. On le répète mais tout est vraiment bien pensé pour que la progression se fasse naturellement, comme si on suivait un long-métrage classique.

Au niveau des choix, certains n’apportent pas grand-chose de concret, si ce n’est une nuance dans l’action qui suit immédiatement. D’autres changent carrément la suite du scénario. On a donc un peu de tout mais on regrette qu’un seul choix fait au début puisse avoir un léger impact sur l’une des séquences qui précède la fin, et encore, il ne change pas l’issue de la scène, juste son déroulement. Concrètement, les choix ont un impact à court ou moyen terme, la fin étant surtout déterminée par les choix réalisés dans le dernier quart d’heure, à quelques minutes près selon le cheminement. C’est difficile d’en parler sans spoiler, ce qui explique ce côté un peu nébuleux mais comprenez bien qu’il y a des scènes auxquelles vous ne pouvez pas échapper quoi qu’il arrive (sans possibilité de les sauter ou d’avancer), d’autres qui s’imbriquent obligatoirement à partir d’un choix fait et d’autres qui demandent une série de choix savamment orchestrée pour être visualisées. C’est là qu’on observe la magie du montage, l’utilisation d’une scène dans des contextes différents, l’importance du cadrage, etc. En tant qu’objet visuel, avec l’apport des choix, il y a vraiment matière à donner un petit cours de cinéma. Niveau contenu, il y a 14 chapitres différents, chacun ayant ses propres petites variantes, et 7 fins qui apportent toutes au moins un élément qui change radicalement par rapport à la situation de notre cher Matt ou de l’un des personnages qui l’accompagne…

Nous n’en dirons pas plus pour éviter de gâcher toute surprise. Sachez tout de même qu’il y a une fin avec deux choix opposés qui, quoi que l’on choisisse s’exécute tout de même, laissant alors le joueur impuissant... tandis qu’une autre fin a deux issues possibles selon le choix fait au préalable. L’exercice est forcément redondant, du fait des scènes qu’on doit se retaper à chaque visionnage mais il est à savourer dans le temps, sans quoi on sature vite, comme si on se matait pour la troisième ou la quatrième fois d’affilée un film que l’on aime en version cinéma, puis en version longue puis en version longue commentée. Reste qu’on peut apprécier toutes les subtilités des choix et de l’écriture sur quelques semaines sans pour autant se lasser des conséquences. Niveau durée de vie, il faut compter entre 1h et 1h30 environ pour un visionnage, selon les choix faits, et on peut recommencer au moins 5 fois pour accéder aux sept fins, deux fins pouvant être débloquées sur une même session. Pour 12,49 euros, cela peut sembler honnête, surtout qu’un film digital HD récent coûte dans les 12 à 14 euros. On regrette cependant qu’il n’y ait pas eu une offre de précommande à 9,99 euros comme sur le PS Store, ce qui semble être la barre psychologique pour franchir le pas, surtout si on ne fait qu’une session d’une heure, voire deux sessions pour un total de 2h30 environ.

L’avis perso de Vincent // Plaisir coupable !

Pour ma part, j’ai fait 8 sessions, soit un total d’un peu moins d’une dizaine d’heures de visionnage pour explorer le titre. J’ai passé en revue les différents choix, même les plus minimes pour voir l’impact qu’ils avaient. Je suis un peu déçu sur l’absence d’impact sur le long terme mais je suis plutôt ravi des conséquences à court et moyen termes. C’est parfois bête, mais une petite conséquence bénigne, survenue suite à une série de choix spécifique, m’a fait sourire. Pour le reste, j’ai apprécié le film ou les films si on prend en compte les différentes variantes. Dommage qu’on ne puisse pas avancer les scènes imposées qu’on finit par connaître par cœur ou que cela manque d’interaction au final pour le genre, mais j’ai pris du plaisir. C’est bien écrit, correctement joué, bien rythmé. C’est un thriller tout à fait décent, voire même assez bon, alors que le scénario se résume en quelques lignes. C’est bien l’importance des choix qui m’a fait apprécier l’expérience, même si tout n’est pas parfait et que j’ai aperçu deux faux raccords liés justement à un choix préalable amenant une grosse variante dans la séquence. Rien de bien méchant, même les plus gros blockbusters ont des faux raccords. Sans m’étaler plus que ça, je le recommande. Pour être honnête, je n’ai pas trop vu le temps passer durant les trois premières sessions. Les cinq autres ont été plus redondantes, même en laissant du temps entre chaque visionnage, mais je m’occupais de mon fils pendant les séquences déjà visionnées et étais plus attentif sur celles où je voulais justement varier mes choix. Pour être honnête, je préfère un Late Shift qu’un jeu façon film interactif qui multiplie les QTE inutiles pour donner un sentiment d’interaction (David C., si tu m’entends).


Point complet
Late Shift est une expérience intéressante qui, bien que minimaliste au niveau des interactions, offre un bel aperçu de ce qu’on peut aimer dans la FMV : une écriture appréciable, des choix intelligemment intégrés, de vraies conséquences (certes seulement à court et moyen terme), des fins bien différentes et un bon rythme. Loin d’être parfait, le titre de Wales Interactive vaut tout de même le coup d’œil. Les plus frileux attendront sûrement une petite remise (un prix sous la barre des dix euros) pour en profiter pleinement, surtout s’ils ne comptent pas chercher les 14 chapitres et les 7 fins, voire explorer toutes les variantes de chaque situation…

On a adoré :
Une écriture appréciable
Un bon rythme
Image de qualité
La magie du montage
Les acteurs jouent correctement
Sous-titres français inclus
Pas mal de choix à faire
Bande-son agréable
Choix intelligemment intégrés
7 fins vraiment différentes
On n'a pas aimé :
Pas d’avance rapide
Quelques ralentissements
Césures parfois visibles
Quelques faux raccords
Forcément redondant pour en faire le tour
Approche minimaliste de la FMV
Pas de choix avec conséquence sur le long terme


Consulter les commentaires Article publié le 20/06/2017 par Vincent P.


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