Test La Légende de Korra - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connecté, 41 209 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 

La Légende de Korra



Editeur
Activision
Développeur
PlatinumGames
Genre
Beat'em All
Statut
Disponible
Date de sortie
  22.10.2014
  22.10.2014
Nombre de joueurs
1

Ceux qui ont aimé la série Avatar : Le Dernier maître de l’air (qui a déjà fait l’objet d’adaptations en jeux vidéo), ont pu découvrir la suite, signée Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko, en 2012 sur Nickelodeon, à savoir La Légende de Korra. Activision a tenu à surfer sur le phénomène pour proposer une adaptation qu’il a confiée à PlatinumGames. Reste donc à voir ce que donne cette version Xbox One vendue à une quinzaine d’euros sur le marché en ligne de la console…

Petit prix, petits moyens




Autant ne pas tourner autour du pot, cette adaptation vidéoludique ne s’embarrasse pas vraiment avec l’histoire, proposant une scénarisation ultra minimaliste. Sans trop spoiler, tout en la faisant courte, disons que nous commençons en incarnant Korra, le nouvel Avatar après Aang, dans une bataille qui permet d’apprécier l’étendue de ses pouvoirs. Ce tutorial à peine déguisé passé, Hundun, un vieux méchant, prive notre héroïne de la possibilité d’utiliser les quatre éléments qu’elle maîtrise désormais en bloquant son chi. Sans grande surprise, le joueur doit enchaîner les affrontements pour retrouver ledit méchant et accessoirement ses pouvoirs. Le point fait sur ce synopsis vulgarisé pour tous, précisons tout de même pour les fans de la licence que cette histoire inédite se situe entre les Livres 2 et 3 de la série. Néanmoins, les personnages connus se font rares, seule Korra est jouable (sans parler de quelques séquences avec Naga sur lesquelles nous reviendrons) et l’histoire n’est en rien passionnante, malgré des textes qui respectent l’esprit de la série. Pire, elle fait l’impasse sur toute mise en situation dans le contexte de la licence et, malgré une poignée de clins d’œil, l’ensemble manque clairement de profondeur. Cela dit, la scénarisation donne lieu à quelques cinématiques qui reprennent parfaitement le style de la série animée, mais qui pêchent par une animation fainéante.

Si techniquement il n’y a rien à redire sur la fluidité du jeu, on ne peut pas en dire autant au niveau visuel. En effet, les développeurs ont opté pour du cel shading, en adéquation avec le style du matériau de base, d’autant que la direction artistique est fidèle, utilisant des textures qui ont deux générations de retard. Ajoutez à cela des décors vides misant sur des successions de couloirs et arènes, des ennemis copiés/collés jusqu’à plus soif, avec deux à trois animations au maximum pour chacun, des éléments de décors eux aussi recyclés, des éléments destructibles pas folichons et vous obtenez un rendu visuel daté. Dommage, parce que les animations de Korra ont quant à elles été soignées, tout comme les effets visuels découlant de l’utilisation des éléments. Au niveau sonore, le constat est en revanche bien plus positif, avec une bande-son qui colle bien au jeu et des voix originales anglaises intégrées. En revanche, il n’y a pas de sous-titres français, ce qui pourrait rebuter une partie du public. Avec un budget très certainement serré, les développeurs n’ont pas pu faire de miracles, surtout pour un jeu vendu à 14,99 euros en digital. Devant très probablement faire des choix, ils ont surtout misé sur le gameplay. Ne l’oublions pas, cette adaptation est avant tout un beat them all. Le soft mise sur une base des plus classiques, à savoir un coup faible, un coup fort, un système d’esquive et un système de garde/contre.

Après une session de jeu à base de coups de poing et coups de pied, Korra récupère la possibilité d’utiliser son premier élément, à savoir celui de l’eau (pensé particulièrement pour les coups à mi-distance). Bien entendu, au fil des huit chapitres, notre héroïne récupèrera les autres éléments que sont la Terre, l’Air puis le Feu (vers la fin), jusqu’à la possibilité d’activer l’état Avatar (maîtrise et mélange des quatre éléments dans les attaques) à la toute fin. La progression est plutôt classique mais les développeurs ont eu la bonne idée d’ajouter un système de niveau (jusqu’à neuf) pour chaque pouvoir. Ainsi, à force de les utiliser, on débloque quelques combos fort sympathiques, en plus d’augmenter la barre de chi par exemple. A ce sujet, en concentrant son chi, on inflige des coups plus puissants, en prenant le risque de s’exposer quelques secondes. Cela dit, le système des éléments est plutôt bien intégré et le tout fonctionne. La fin est d’autant plus plaisante que l’on peut alterner avec les quatre éléments, en profitant de combos vraiment sympathiques. On regrette en revanche qu’il faille attendre le boss de fin (dont le combat est jouissif) pour que les coups élémentaires puissent avoir une réelle importance. A quelques moments, le boss se protège dans une sorte de boîte élémentaire qui oblige à utiliser l’élément adéquat pour l’en sortir.

La maîtrise des éléments de base…




En revanche, pour le reste de l’aventure, on peut battre ses ennemis sans faire attention aux éléments utilisés. Dommage, cela enlève une profondeur supplémentaire au gameplay, d’autant que le système a été adopté pour bloquer quelques coffres ou certains passages qui les cachent (des éléments sont à collecter mais ils ne servent pas à grand-chose si ce n’est glaner des points pour le scoring). Dans la continuité, si on peut switcher à souhait entre les éléments (dès que l’on en a deux utilisables), on regrette que l’on ne puisse pas réellement les combiner pour mettre en place d’autres combos. Du coup, on se contente, dès que cela est possible, d’utiliser l’eau pour les attaques à mi-distance ou en hauteur, la terre pour faire un maximum de dégâts (les ennemis étant mis à terre, les enchaînements sont d’autant plus efficaces) et l’air pour des attaques de zone ultra efficaces, jusqu’à avoir des tornades qui tournent partout. Quant au feu, il est surtout utile à courte distance en utilisant le verrouillage de cible, ou pour certains déplacements enflammés. Cela n’empêche pas tout de même d’avoir un gameplay plutôt dynamique, avec des enchaînements de plusieurs centaines de hits à faire pour les plus habiles. C’est agréable et c’est agrémenté de quelques QTE bien intégrés, lors de contres notamment (avec l’utilisation des sticks, ou un tapotement frénétique sur une touche) ou pour déclencher des finish moves plutôt efficaces.

A part les quelques regrets évoqués, le système offensif est plutôt plaisant, bien loin des beat them all génériques comme il en existe des dizaines, dont la dernière adaptation d’Avatar : Le Dernier maître de l’air. En plus, le système défensif a une vraie importance. En effet, les contres sont loin d’être négligeables car, s’ils demandent une certaine exigence dans le timing, ils peuvent se révéler fort utiles pour infliger des dégâts plus prononcés, voire parfois pour mettre à mal un ennemi en un coup. Les esquives ont également leur importance puisque plusieurs attaques ne peuvent pas être contrées. En prime, une boutique a été mise en place pour acheter, avec l’énergie spirituelle récoltée en se déplaçant, en cassant des éléments du décor ou en venant à bout des ennemis, quelques techniques supplémentaires, en plus d’éléments autres, comme une potion de résurrection, une potion de vie (on peut en porter trois au maximum) ou encore des éléments modifiant la vie, la puissance des coups, la charge du chi, etc. Certains sont d’ailleurs à débloquer au fil de l’aventure, voire après, et tous sont à associer à la croix multidirectionnelle. Malgré ces aides, les plus jeunes joueurs, qui représentent tout de même le public ciblé par la série animée, auront bien du mal à terminer le jeu en mode Normal (le mode Facile sera plus conseillé et encore pour les moins patauds). En effet, si les deux premiers chapitres se passent aisément, le troisième introduit un pic de difficulté lors du combat contre le boss, ou plutôt les trois boss.

Une répétitivité qui pompe l’air




Ceux-ci passés, la difficulté décroît de nouveau. Pire, les chapitres quatre et cinq souffrent du même phénomène, avec des pics de difficulté qui tranchent clairement avec le reste de l’aventure, alors que les chapitres six à huit ne posent quasiment aucun problème… On aurait clairement préféré une difficulté progressive que ce système en dents de scie. D’ailleurs, à ce sujet, les boss sont ridiculement résistants, simplement pour augmenter artificiellement le défi. Pour un habitué du genre, cela se traduira au final par un jeu de patience puisque chaque boss, comme les ennemis génériques (peu de variantes qui plus est), ont une palette de coups archi limitée. Une fois que vous les avez identifiés, il est bien facile d’en venir à bout pour peu que vous fassiez preuve d’un peu de patience et que vous placiez quelques contres pour accélérer le rythme. Inutile de dire que l’aventure est des plus répétitives, d’autant que les quelques boss présents sont recyclés plusieurs niveaux de suite, sans parler du septième niveau qui n’est qu’une succession d’arènes demandant de combattre les ennemis déjà vaincus plusieurs fois. Malgré une durée de vie oscillant entre 3H et 3H30 pour les habitués sur le premier run (temps de jeu effectif en mode normal), ou aux alentours des 4 à 5 heures pour les amateurs, ce sentiment de répétitivité est très prononcé, et ce malgré les tentatives des développeurs pour varier les plaisirs.

En plus de l’aspect beat them all, PlatinumGames a jouté quelques phases de plateforme. Hélas, celles-ci sont loin d’être satisfaisantes, la faute à une caméra trop proche et mal gérée. Cela vaut également lors des affrontements, sans parler de quelques bugs et des murs invisibles étriquant les arènes. Mais ce n’est pas tout puisqu’il y a des passages à dos de Naga (une chienne ours polaire) qui demandent simplement d’esquiver des obstacles lors d’une course automatique. Un coup de stick pour changer de voie (gauche, milieu ou droite), pour prendre un virage à 90°, une touche pour sauter, des pouvoirs à utiliser et une touche pour glisser sous certains obstacles, voilà ce qui compose le système de ces séquences. Franchement, les développeurs auraient pu nous les épargner, ce n’est pas foncièrement intéressant et on a déjà vu mieux sur des jeux pour smartphones/tablettes. Reste alors le pro-bending (une sorte de ballon prisonnier évolué à la sauce élémentaire) plutôt agréable. Introduit lors de l’aventure, il a même le droit à son mode à part (composé de trois championnats de cinq rencontres) une fois l’aventure terminée.

Cela rajoute quelques minutes au compteur de la durée de vie, même s’il faut reconnaître que le niveau Rookie est ennuyant la faute à un réel manque de challenge, tandis que le niveau Ace demande une certaine habileté (le niveau intermédiaire est plutôt sympathique). Les deux dernières rencontres sont corsées, d’autant que l’utilité de nos deux coéquipiers est inversement proportionnelle à la croissance de la difficulté. Enfin, une fois le jeu terminé, les joueurs débloquent également le mode Extrême, qui fait office de mode new game + à la difficulté prononcée. On conserve donc ses pouvoirs avec le niveau atteint préalablement, ses techniques, etc. et on peut choisir le chapitre que l’on souhaite rejouer. La seule différence, c’est que la difficulté est bien plus prononcée. C’est à réserver aux joueurs les plus habiles, ou les plus persévérants, qui sauront jongler entre le système offensif et le système défensif (le timing pour les contres est d’autant plus crucial). Quant aux autres, ils peuvent toujours refaire les niveaux dans la difficulté première choisie, histoire d’améliorer leur scoring, chaque combat étant jugé (avec attribution d’une médaille), ce qui donne droit à une note (toujours avec le système des médailles) pour la mission. Viser l’or pour toutes n’est pas si facile qu’il n’y paraît… Alors en extrême, cela offre un vrai challenge !

Point complet
Cette adaptation vidéoludique de La Légende de Korra souffre de sévères défauts qui trahissent très clairement un budget très faible et un temps de développement serré. Sans revenir sur les points faibles, listés ci-dessus, nous tenons surtout à mettre en garde les plus jeunes, qui sont fans de la série animée, sur le fait que le jeu est uniquement en anglais et que certains pics de difficulté peuvent être clairement rebutants. Il y a des éléments à revoir/corriger, comme la gestion de la caméra, les phases de plateformes et celles avec Naga, mais le jeu assure sur l’aspect beat them all. Le gameplay est bien pensé, c’est nerveux, les éléments offrent de très sympathiques combos et certains finish moves dynamisent un peu plus les affrontements. Dommage que tout soit recyclé ad nauseam, car à petites doses, on s’amuse vraiment, surtout sur une Xbox One qui n’a pas encore un catalogue bien fourni en bons BTA. En plus, les habitués du genre apprécieront la difficulté du mode Extrême à débloquer, sans parler du Pro-Bending plus sympa pour une partie ou deux (malgré une gestion des coéquipiers qui donne un côté artificiel à la difficulté). En somme, pour 14,99 euros, La Légende de Korra se révèle être un petit jeu sans prétention qui remplit le cahier des charges minimal, à savoir le respect de l’univers du matériau de base et un gameplay BTA réussi. Dommage que le reste soit bâclé, car le potentiel est bel et bien là.

On a adoré :
+ Gameplay assez complet…
+ Plutôt nerveux
+ Dernier combat jouissif
+ Fluidité sans faille
+ Gameplay solide
+ Rejouabilité (scoring)
+ Tournois Pro-Bending
+ Le mode Extrême
+ Prix très honnête (14,99€)
+ La bande sonore
+ Direction artistique fidèle
+ Cinématiques façon dessin animé…
On n'a pas aimé :
- Mais mal animées
- Visuellement daté
- Ni VF, ni VOSTFR
- Difficulté en dents de scie
- Scénarisation minimaliste
- La caméra à revoir
- Recyclage incessant
- Dirigiste et très répétitif
- Les phases de plateformes…
- Et celles avec Naga


Consulter les commentaires Article publié le 06/11/2014 par Vincent P.


PUBLICITE
DERNIERES NEWS
LES FORUMS BOUGENT

 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2019