Test Homefront - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Homefront



Editeur
THQ
Développeur
Kaos Studio
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  15.03.2011
  15.03.2011
Nombre de joueurs
1 à 32
Online
- Contenus
- Jeu en ligne
- Classements
Classification PEGI

Thème
Futuriste Guerre
Mémoire
200 Ko
Résolutions gérées
720p, 1080i, 1080p
Son
Dolby Digital
Prix de lancement
69,00 €

Dès l’annonce de Homefront en 2009, les petits gars de Kaos Studio et ceux de THQ n’ont eu de cesse de vanter les mérites de ce nouveau FPS. Promesses en tous genres, déclarations en grandes pompes, scénario signé John Milius, campagne promotionnelle digne des plus grands blockbusters, l’éditeur n’a clairement pas lésiné sur les moyens pour assurer aux joueurs qu’il s’agirait de l’un des meilleurs FPS de cette génération. Les paroles sont belles, au point de bercer d’illusions certains amateurs du genre, mais encore faut-il que la réalisation soit à la hauteur de ce qui est annoncé…

Quand la réalité plombe les promesses…




Durant toute la campagne promotionnelle, des plus imposantes soit dit en passant, THQ n’a eu de cesse de souligner que le scénario du bébé de Kaos Studio était signé John Milius, que l’on connaît notamment pour Apocalypse Now ou encore l’Aube Rouge pour ne citer que ces films. C’est d’ailleurs de ce dernier dont est largement inspiré l’histoire de Homefront. Les premières minutes de la campagne solo s’annoncent même très sympathiques grâce à une cinématique d’introduction plaisante posant les bases du contexte, mêlant politique, inflations et compagnie. S’en suivent alors les premiers instants in-game, au cours desquels le joueur est plutôt spectateur et se laisse embarquer dans l’univers post-apocalyptique du jeu. Il faut bien l’avouer, le fait que les Etats-Unis soient en proie à l’invasion coréenne, orchestrée par le fils de Kim Jong, relève d’une bonne idée, qui change des autres titres dans lesquels les américains sont à limite placés au rang de héros. Tout commence plutôt bien et on se retrouve rapidement dans la peau de Robert Jacobs, un ancien pilote, qui rejoint la résistance pour libérer son pays, après un petit passage que nous vous laissons le plaisir de découvrir. On sent alors une ambiance assez réussie avec une situation dépeinte de manière très crue, ce qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Exécutions, charniers, personnes pendues, répressions, etc. sont les fils conducteurs de l’histoire.

Malheureusement, la « qualité » de cette dernière se dégrade au fil des dizaines de minutes qui passent, et ce malgré la présence d’une Voix de la Liberté appréciable et d’artworks lors des chargements qui renforcent l’ambiance. Sombrant allègrement dans les clichés à la limite de l’insupportable, tirant sur des ficelles des plus grossières, offrant des dialogues parfois affligeants, le scénario se révèle vite des plus décevants, sans compter la fin expéditive du soft. De surcroît, la campagne est extrêmement courte, 3h30 à moins de 5 heures suffisant pour en voir le bout, selon le niveau de difficulté (aux différences assez légères) et ses facultés. Mais cela, ce n’est qu’une partie de la déception puisqu’on constate avec dépit que l’avancée est archi dirigiste, linéaire, prévisible et plombée par des scripts qui semblent avoir été intégrés à l’arrache par un stagiaire néophyte. Non seulement ils se voient à des kilomètres, mais en plus ils cassent le rythme du jeu pour peu que l’on soit un de ces joueurs à avancer sans trop faire de détail. Du coup, on se retrouve souvent bloqué contre des murs invisibles ou devant une porte parce qu’il faut attendre un ou plusieurs boulet(s) servant d’équipier(s).

Où est passé le budget ?




Malgré l’envie des développeurs de nous offrir de l’action non-stop, au détriment de l’histoire d’ailleurs, beaucoup seront frustrés par cette avancée au rythme finalement haché menu. Quant à l’intelligence artificielle, il semblerait que celle-ci ait été oubliée en route… Du côté des alliés, il y a des incohérences telles qu’on finit par rigoler à gorge déployée plutôt que de remettre en question les compétences des développeurs. Quel bonheur de voir un allié qui tire partout sauf là où il faut ou encore un autre qui tourne le dos à l’action, sûrement plus intéressé par le décor que par les balles qui pourraient l’abattre… Ironie mise à part, le constat n’est pas plus glorieux du côté ennemi. Tantôt ces derniers manifestent des signes de débilité profonde, tantôt ils réussissent des exploits qui ne sont pas permis au joueur, comme des lancers de grenade venus d’ailleurs ou encore des tirs à travers les bords des éléments de couverture qui passent au travers. En revanche, quand c’est le joueur qui tente de faire pareil, cela ne passe pas… Pour ne rien arranger, les checkpoints se révèlent souvent être mal placés, les quelques armes disponibles jouissent de bruitages loupés (il en va de même pour les véhicules), la version française va de plus que moyenne à correcte et les musiques, plutôt sympathiques, restent vite oubliables.

Au final, le seul mot qui nous vient, c’est « déception ». Hormis l’ambiance et la direction artistique, il n’y a pas grand-chose à sauver de ce mode solo archi court, loin d’être passionnant au final, malgré une trame scénaristique que les moins exigeants suivront sans problème, et offrant une impression de FPS générique joué maintes fois, et ce malgré l’intégration de divers passages changeant les « plaisirs » (à dire vite fait en toussant) pour apporter un minimum de variété, à l’image de ce que fait la concurrence en mieux maîtrisé. Quant à la réalisation, elle est tout bonnement plusieurs crans en dessous de celles des dernières productions sorties. Sans être repoussante, celle-ci est tout simplement dépassée. Textures à revoir ou qui s’affichent un peu en retard, aliasing, modélisations terminées à la hache, bugs de collisions en tous genres, animations à retravailler et frame rate chancelant apportant le coup de grâce, l’aspect visuel en prend un sacré coup, contrastant justement avec la direction artistique plutôt réussie. Au final, Homefront déçoit sur pratiquement tous les points sur lesquels il était attendu… Mais une petite surprise vient sauver le tout du naufrage ! Il s’agit du mode multijoueur.

Quand l’élément le moins attendu sauve le tout…




Bien que très classique dans le fond, celui-ci arrive à faire passer un bon moment grâce à des serveurs dédiés assurant une excellente stabilité aux parties et des cartes relativement grandes regorgeant de coins, recoins et profitant même de quelques éléments permettant de gagner en hauteur. Plusieurs classes ont été intégrées pour que chacun puisse trouver le profil qui lui correspond le mieux, sans pour autant qu’il n’y ait trop de déséquilibres (ce qui n’est pas à exclure lorsqu’une équipe se révèle être bien plus forte qu’une autre). Reste toutefois que les développeurs ont été extrêmement radins sur le contenu. Moins d’une dizaine de cartes, deux modes de jeu principaux, il n’y a guère plus à se mettre sous la dent. Au niveau des modes, on n’a aucune surprise, on a le droit à du Team Deathmatch tout ce qu’il y a de plus banal jusqu’à 24 et du Contrôle de sol, relativement classique avec les positions à prendre et tenir pour faire avancer le front, jusqu’à 32. Le mode supplémentaire (Escarmouche), si on peut dire, se contente simplement d’alterner les deux précédents.

Reste la variante de chacun d’eux à débloquer en atteignant le niveau 7 pour intégrer un général fictif donnant des ordres de missions. En gros, les meilleurs joueurs deviennent des cibles à abattre. C’est un petit plus non négligeable, surtout que cela permet d’engranger encore plus de points de bataille. A ce sujet, le système d’évolution est scindé en deux parties. D’un côté on a un système basé sur les Grades à atteindre en engrangeant de l’XP, permettant de débloquer de nouvelles babioles ; de l’autre on a un système d’évolution interne aux parties basé sur des points de combat engendrés lors de l’élimination d’un adversaire, de l’accomplissement d’un objectif, d’un soutien, etc. Ces derniers permettent de débloquer en temps réels des améliorations, armes spécifiques et autres drones, aussi bien terrestres qu’aériens, qui apportent une certaine diversité aux parties, tout en les pimentant. L’idée n’est pas forcément nouvelle, mais son application s’avère être très efficace, notamment lorsqu’on canarde un éventuel campeur du ciel. En sus, on peut aussi réapparaître à bord d’un véhicule, ces derniers apportant eux aussi une certaine dimension stratégique aux parties.

Le bon côté, c’est que chacun des éléments adjuvants a des faiblesses évidentes, évitant ainsi de mettre fin à l’équilibre des parties. Pour les exemples, un char d’assaut peut être détruit avec le lance-roquettes (à récupérer avec ses points de combat), le conducteur d’un véhicule léger peut être abattu et celui qui tient les commandes des drones ou qui demande des appuis aériens peut être descendu pendant qu’il s’en sert. Au final, malgré un ou deux bugs perçus par là et des difficultés parfois à se connecter à une partie, il faut bien avouer que le multijoueur est des plus sympathiques. En revanche, le Pass Online (appelé code de combat) à se procurer impérativement pour dépasser le niveau 5 a de quoi faire grincer des dents, surtout quand on voit le contenu rachitique de ce mode qui, bien que très appréciable, est loin d’être inoubliable. Finissons par un nouveau petit mot sur le gameplay pour souligner le fait que celui-ci est extrêmement assisté, même avec l’aide à la visée désactivée, et que les sensations qu’il offre varieront selon les profils des joueurs entre nulles et sympathiques. Toutefois, la prise en main est rapide et ce n’est pas désagréable à jouer.

Point complet
THQ a tout misé sur la promotion de Homefront et sur son association avec le nom de John Milius pour le scénario. Mais l’éditeur a semble-t-il oublié l’essentiel : laisser du budget pour le développement. Cela se ressent clairement dans le jeu puisque le contenu est minimaliste en multijoueur, la campagne s’achève archi rapidement, l’aspect visuel est dépassé, les bruitages sont loin d’être satisfaisants, l’intelligence artificielle ne mérite absolument pas cette appellation et les scripts visibles à des kilomètres et très mal implantés plombent la campagne à tous les points. Les défauts sont très nombreux et la déception sera de mise pour beaucoup, surtout pour un jeu vendu au prix fort et annoncé comme un blockbuster. Au final, on a plus l’impression d’avoir un jeu budget archi moyen qui pourrait être scindé en deux, avec d’un côté un solo à oublier d’urgence malgré un contexte et une direction artistique appréciables, et d’un autre côté le multijoueur. Ce dernier sauve clairement le titre du naufrage. Très appréciable, stable, jouable jusqu’à 32 selon les modes, il s’avère être un très bon divertissement, pour peu que l’on ait un Pass Online (dit code de combat). Le souci, c’est que le contenu est bien trop maigre pour compenser à lui seul toutes les tares que se coltine ce Homefront, aux allures de FPS générique. Enfin, toutes les promesses et grandes déclarations de THQ et Kaos Studio n’arrangent clairement pas les affaires du jeu, puisque celles-ci, non tenues, rajoutent des couches de déception et de frustration !

On a adoré :
+ Contexte peu habituel
+ La direction artistique
+ L’introduction
+ Une certaine ambiance
+ Prise en main rapide
+ Multijoueur plaisant…
+ Jouable jusqu’à 32…
+ Pensé pour le Team Play
+ Parties stables
+ Le système des points de combat
+ Cartes assez grandes
+ Présence de véhicules
On n'a pas aimé :
- Solo archi court
- Scénario décevant
- Avancée archi dirigiste
- Scripts intégrés à l’arrache
- Rythme haché menu
- L’IA dans son ensemble
- Gameplay très assisté
- Graphiquement dépassé
- Des bugs de collisions à foison
- Rendu d’un FPS générique
- Bruitages à revoir
- Pass Online
- Quelques soucis de connexion
- Contenu minimaliste !


Consulter les commentaires Article publié le 02/04/2011 par Vincent P.



 
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