Test Final Fantasy XV - jeux vidéo Xbox 360

XBOX ONE GAMER
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Final Fantasy XV



Editeur
Square Enix
Développeur
Square Enix
Genre
Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  29.11.2016
  29.11.2016
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
69,99 €

Un projet vieux de plus de dix ans aux ambitions pharaoniques, maintes fois remanié, héritier d’une saga célébrissime et porte étendard du jeu vidéo japonais en Occident… Bien des termes peuvent être employés pour définir le Final Fantasy XV de Square Enix et tous cristallisent l’attente et l’engouement qu’a su créer le jeu. Le dernier descendant de la série culte a pris son temps et il s’offre enfin aux joueurs. Son défi est ouvertement de se frotter aux RPG/Open-World occidentaux. Reste à contempler l’œuvre, son façonnage et les éventuels écueils du temps sur son visage. L’écran titre vous le dira lui-même « Un Final Fantasy fait pour les fans et les nouveaux venus… », alors, vraiment ?

Final Fantasy Prologus



FFXV est un projet « cross-média ». De fait, Square Enix invite les joueurs à débuter l’aventure en passant par la case VOD ou Blu-ray afin de visionner le prologue que représente Final Fantasy Kingsglaive. À cela s’ajoute une mini-série de 5 animes disponibles sur Youtube sous le nom de Final Fantasy Brotherhood. Si le premier est tout à fait recommandable et même vivement conseillé afin de comprendre au mieux les enjeux scénaristiques, les seconds sont dispensables et ne font qu’ajouter un peu de background aux compagnons du héros. Bref, ce petit point marketing étant fait, bienvenue dans le monde d’Eos en proie aux conflits géopolitiques les plus sombres. Le Lucis, royaume résistant grâce à la protection d’un cristal sacré, est dirigé par le roi Régis qui tente tant bien que mal de résister à l’envahisseur. Dans un dernier espoir de paix, le roi accepte d’unir son fils, le prince Noctis, à l’oracle et princesse Dame Lunafreya de Tenebrae, prisonnière depuis de nombreuses années de l’empire du Niflheim et amie d’enfance du prince. Peine perdue puisque le Niflheim et Ardyn, son chancelier, se servent finalement de l’événement pour mettre la capitale Insomnia à feu et à sang, voler le cristal et tuer le bon Roi Régis. Dans toute cette agitation, le prince Noctis se retrouve exilé, accompagné par ses trois camarades et gardes du corps que sont Prompto, Gladiolus et Ignis. Ainsi débute l’aventure, les quatre gaillards partant à la recherche de Dame Lunafreya et tentant de trouver le pouvoir des anciens afin que Noctis puisse retrouver le trône.

En voiture Simone !

Les premiers pas dans cet univers nous mettent de suite aux côtés de la Regalia, la voiture du père de Noctis, presque un personnage à elle toute seule tant elle est omniprésente, pour le meilleur comme pour le pire. Le meilleur lorsqu’elle permettra à nos quatre garçons plein d’avenir de discuter et de tisser des liens, lorsqu’elle mettra en avant les sublimes panoramas du jeu ou qu’elle nous mènera à la découverte d’un monde vaste et magnétique. Le pire, lorsqu’on se rendra compte au bout de quelques minutes de jeu que les trajets sont interminables, plus encore que les temps de chargement… Sans compter que la voiture se déplace uniquement sur des rails et qu’entre conduite manuelle ou conduite automatique, on finit rapidement par opter pour le second et à devenir spectateur de longues minutes. Réaliser un monde ouvert demande un dosage très précis et le déplacement de manière générale devient rapidement un problème dans Final Fantasy XV car il n’y a pas qu’en voiture que ces tares sont visibles. A pied, il faudra aussi compter sur une vitesse de pointe maigrichonne et des distances toujours plus longues à galérer contre des murs invisibles dignes du début de la génération précédente. Heureusement pour nous, après quelques heures pénibles, on peut souffler en montant à dos de chocobos, gain de vitesse assuré, fin des murs non garantie. Le monde entourant notre vaillante troupe est régi par une règle simple : la nuit les Daemons, des monstres terribles, font leur apparition et il est alors impossible de passer la conduite en automatique. Il est d’ailleurs recommandé pour les moins aguerris d’éviter purement et simplement les balades nocturnes au moins dans un premier temps.

Un Final sans Fantasy ?

Si le monde est vaste, ce n’est pas pour autant qu’il est rempli, loin s’en faut. Au cours de nos pérégrinations, on ne rentre que dans deux vraies villes, finalement pas bien grandes. Si la population vaque à ses occupations, quasiment aucune interaction n’est possible avec elle et rares sont les personnages intéressants, même parmi les dealers de quêtes secondaires. Le reste des terres d’Eos, les donjons mis à part, n’offrent pas tant de paysages différents et représentent pour l’essentiel d’immenses étendues de vide où apparaissent des animaux et des monstres. L’impression d’être dans un MMO n’est jamais très loin. Heureusement, il reste tout de même pas mal d’occupations au degré d’intérêt plus ou moins important. Ainsi, on peut emmener Noctis à la pêche et ce qui paraîtra au départ être un mini-jeu tout juste sympathique pourra se montrer bien plus addictif qu’escompté. Il demande d’une part un peu de doigté et oblige surtout à se balader à la recherche du meilleur matos et des bons coins de pêche. Dans le même ordre d’idées, une arène où l’on peut parier sur des combats d’animaux est disponible vers le milieu du jeu, un passe-temps à la fois lucratif et amusant. Singeant notamment The Witcher 3 ou Monster Hunter, vous pourrez également partir à la chasse pour remplir votre compte de Gils, la monnaie du jeu, même s’il faut pour cela se limiter à une seule chasse à la fois. Même si c’est anecdotique, on note également la présence de courses de chocobos, ni vraiment mauvaises, ni vraiment intéressantes. Le jeu fait globalement mouche sur ces points précis et on se demande pourquoi les quêtes secondaires n’ont pas bénéficié de plus de travail (même si on se doute bien que le temps a manqué). FFXV rate complètement le coche avec des missions annexes faisant totalement sortir le joueur du scénario. Le monde part à vau-l’eau et le moindre péquenaud du coin ne trouve rien de mieux à demander à son prince et futur roi que d’aller chercher des flageolets, des grenouilles ou bien encore de dépanner une voiture « sic ». Le tout s’accompagne d’allers-retours d’une longueur abyssale, de quoi calmer les ardeurs et faire perdre au joueur le fil de l’histoire. Si l’on reproche la qualité, on ne peut tenir rigueur de la quantité puisque c’est une multitude impressionnante de requêtes qui vous seront soumises par les PNJ.

Street Of Final Fantasy



Final Fantasy est dans l’esprit collectif l’essence même du RPG japonais et apparaît comme étant majoritairement une série proposant des combats au tour par tour. FFXV fait voler en éclat cette règle et modernise ici encore sa formule en proposant des combats proches du beat’em all. Grâce à la magie, les personnages font apparaître leurs armes et Noctis est doté d’un pouvoir supplémentaire, l’éclipse, qui lui permet de se téléporter rapidement sur la cible verrouillée contre quelques points de magie. Le gameplay devient très dynamique, il est facile de changer d’arme à la volée, on verrouille l’ennemi, on charge, on vise un safe-spot et on recommence. Bien des stratégies sont possibles et si on est surpris en début de jeu de se retrouver avec le bouton « B » pour attaquer et le bouton « X » pour défendre (avec en sus un mode automatique en les laissant enfoncés), les possibilités et surtout l’obligation d’user d’un minimum de ruse se fera rapidement sentir. Final Fantasy oblige, les sorts magiques sont bien présents mais ici sous forme de sphères que l’on prépare. Les armes peuvent aussi bénéficier de forces élémentaires et il faudra souvent chercher qui, du feu, de la glace ou de la foudre, est l’élément le plus apte à faire mal à son adversaire. Il est toutefois regrettable de constater les difficultés que la caméra rencontre dès lors que le combat se trouve dans un lieu confiné ou qu’il nous oppose à un adversaire d’une taille imposante. Les boss sont d’ailleurs souvent des petites déceptions de ce point de vue tant il est difficile de s’y retrouver dans le feu de l’action, sans compter le sentiment d’être trop souvent assisté par des QTE ou des événements que l’on ne contrôle pas. Côté assistance, quelques ordres basiques peuvent être donnés à nos camarades qui sont plus souvent des boulets au comportement suicidaire que de véritables compagnons utiles, la faute à une IA plus que légère. Les invocations glanées lors de différentes missions sont d’une classe incroyable et savent se faire rares, juste ce qu’il faut. Le bestiaire extrêmement développé est intéressant à bien des égards de par sa diversité. Cerise sur le gâteau, il comprend quelques boss titanesques à la hauteur des invocations citées précédemment. En prenant garde à faire du level-up régulièrement et à avoir les objets adéquats, on se retrouve malheureusement à rencontrer bien peu de véritables difficultés durant notre périple.

Final Fantasy Deus Ex Machina

Sans spoiler plus encore l’histoire de FFXV, il est difficile de taire le déroulement général du soft tant il est important dans l’opinion qu’on se fera de ce dernier. Kingsglaive et le début du jeu laisseront à penser, dans un premier temps, que l’aventure sera guidée par certains fils rouges et offrira le monde ouvert tant attendu. Que nenni, le jeu bousculera ce champ des possibles à la fin de son deuxième tiers. Non seulement on est propulsé dans un carcan via un monde subitement cloisonné et ne présentant plus que des couloirs, au sens propre comme au figuré, mais en plus il faudra se coltiner un scénario qui se délite, entre incohérences et oublis purs et simples. Pas étonnant dès lors d’apprendre que Square Enix mettra son jeu à jour dans les mois qui viennent afin de réparer un peu sa façon de compléter l’histoire. Les donjons, passages obligés pour notre quatuor, bien que très appréciables au niveau du level-design et de l’aventure, n’apportent rien ou presque au niveau de la narration. Là où FFXV pêche dans sa manière de raconter sa ligne conductrice, il réussit tout de même à mettre en place une véritable connivence dans cette bande de copains disparates et malgré tout cohérente. Prompto, le rigolo de la bande, passe son temps à prendre en photo ses petits camarades, souvenirs que l’on peut conserver. Gladio tient le rôle du gros bras en tant que « Bouclier du roi » et Ignis celui du grand frère, le sage de l’équipe, toujours prêt à cuisiner des bons petits plats permettant quelques gains temporaires de statistiques. Emprunt malin à Dark Souls, il faudra se rendre au feu de camp pour se reposer, collecter son expérience et pouvoir bénéficier des mets d’Ignis. La fin du jeu se montrera quant à elle salvatrice puisqu’elle nous laissera tout de même sur une note correcte à défaut d’être le climax tant attendu.

Final Fantasy Luminus

Côté technique, un peu comme pour l’ensemble du jeu, il y a du bon et du moins bon. On le sait, le projet ne date pas d’aujourd’hui, il a connu deux réalisateurs et bien des bouleversements, tout cela se ressent fatalement quand on joue à FFXV. Les japonais, souvent peu à l’aise avec les outils occidentaux développent leurs propres moteurs graphiques et c’est le cas ici pour Square Enix avec son Luminous Engine. Celui-ci offre aux joueurs quelques-uns des plus beaux panoramas tous mondes ouverts confondus. En contrepartie, il faudra faire avec un aliasing assez présent, un frame-rate parfois toussotant et une impression de flou omniprésente. Le jeu ne cesse jamais de souffler le chaud et le froid. Les effets de particules des magies, les invocations, la direction artistique de l’environnement en mettent plein les yeux. Pendant ce temps-là, le chara-design, les textures baveuses, les animations en dents-de-scie plombent un bilan qui aurait pu être tellement meilleur. On se demande même parfois si un cel-shading (à la DQXI), bien moins gourmand, n’aurait pas mieux sied à cet univers aussi bien techniquement qu’au niveau de la cohérence vis-à-vis de sa direction artistique. Côté son, le jeu propose des doublages anglais, japonais et français, tous de très bonne facture, un gros effort a été fait à ce niveau-là et on se doit de saluer la performance. La musique, confiée à la compositrice Yoko Shimomura, se révèle digne de la série. Quelques thèmes sont en demi-teintes mais ceux-là sont vites oubliés lors des envolées orchestrales somptueuses présentes notamment lors des cinématiques et des moments clés de l’histoire. Bonus pour les fans, il est possible d’écouter les OST des anciens FF contre quelques Gils dépensés dans les magasins du jeu.

Mieux vaut tard que jamais !



Pour finir, notons que le jeu ne s’arrête pas à la fin de ses crédits. Il est en théorie possible de terminer la quête principale en un peu plus de 20 heures. Il faut bien compter le double en prenant un peu son temps et on peut facilement atteindre les 80 heures, voire plus, si on souhaite faire le tour complet de FFXV. Si le jeu ne propose pas de véritable new game plus pour le moment, il laisse non seulement la possibilité de continuer les quêtes secondaires ou les chasses laissées en suspens, mais offre surtout quelques nouvelles quêtes et boss bien plus intéressants que lors du run principal. Les ennemis les plus redoutables se présentent à vous et les donjons s’ouvrent à de nouvelles zones. Un nouveau donjon particulièrement retors est même disponible pour les plus téméraires, ceux n’ayant pas peur de mettre à l’épreuve le moteur de FFXV en mode jeu de plateforme (gare aux crises de nerfs). Encore une fois, comment expliquer la vacuité de bon nombre de missions lors de la session principale lorsqu’on se retrouve avec des défis plus gratifiants après la fin du jeu ?

Point complet
FFXV n’est pas le grand jeu tant attendu et on ne saurait le lui reprocher vu son développement chaotique. Après les frayeurs des démos successives et une communication un peu foireuse, on peut même s’estimer heureux de trouver en lui un moment agréable en matière de jeu vidéo. Les stigmates sont bien présents, mais même balafré, il faut reconnaître à ce Final Fantasy une véritable générosité et une volonté de proposer sa vision toute japonaise de la modernité. Que vous soyez fan de la première heure ou nouvel arrivant, Final Fantasy XV sera capable de vous séduire à condition de ne pas placer en lui de trop grandes espérances.

On a adoré :
L’univers et ses panoramas
Des musiques épiques
Certains boss impressionnants
Un bestiaire varié
Bande de potes attachante
La classe des invocations
L’après end-game
La pêche
L’arène et ses paris
Les combats dynamiques…
On n'a pas aimé :
Mais brouillons (caméra parfois aux fraises)
DA en demi-teinte
Gros problèmes d’incohérences
Scénario en retrait
Monde ouvert assez vide
Déplacements/temps de chargement prenant des plombes
Quêtes secondaires inintéressantes
Technique pas toujours au top
Manque de PNJ
IA des partenaires en combat


Consulter les commentaires Article publié le 30/12/2016 par Cédric B.


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