Test FIFA 15 - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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FIFA 15



Développeur
EA Canada
Genre
Sport
Statut
Disponible
Date de sortie
  25.09.2014
Nombre de joueurs
1 à 12
Thème
Football
Prix de lancement
59,99 €

Quand un nouveau cru de FIFA s'apprête à sortir de sa période de gestation, il faut toujours prendre les superlatifs employés par son éditeur pour qualifier sa progéniture avec du recul. En témoigne un FIFA 14 vérolé par de féroces bugs surexploités en ligne et totalement ignorés par son développeur. Souvenez-vous, nous avions dès lors évoqué un opus de transition entre deux générations de consoles et ce, en réclamant de nos voeux de réels efforts sur les contacts ainsi que sur le moteur physique du soft. Reste à savoir si moins d'un an après, nos souhaits ont été entendus.

« J'être FIFA 15 »




De prime abord, il faut bien avouer que la réalisation graphique a fait un bond en avant avec cette nouvelle mouture. Non pas que nous soyons en présence d'un modèle de photo-réalisme, car c'est davantage sur le plan de la fluidité balle au pied que les progrès sont réellement identifiables. A notre grand plaisir, de nouvelles animations se sont ajoutées à la palette existante afin de répondre avec plus de réalisme aux différentes situations de jeu, à l'image des contrôles orientés ou autres crochets plus fluides que par le passé. Outre ce premier point, les gardiens se voient eux aussi remaniés par les équipes d'EA Sports puisque, outre une foule de nouveaux mouvements, ils adoptent désormais une intelligence artificielle bien plus véloce que par le passé. Ceci dit, même si les fameux lobs imparables sur les sorties, les systématiques centres LB et tête, ainsi que les corners ne rentrent plus systématiquement, il apparaît très clairement que d'autres problèmes bien plus profonds se sont invités au tableau. Tout d'abord, on souligne que les techniques vicelardes évoquées ci-dessus se voient systématiquement détournées - un peu comme si EA faisait amende honorable d'un laxisme trop longtemps pointé du doigt par les joueurs - quand bien même de nouvelles stratégies roublardes sont apparues devant la vaine opération d'équilibrage des portiers…

A commencer par des frappes aux premiers poteaux aboutissants toujours au fond des filets, ou l'impossibilité de corriger un plongeon sur un tir contré où le ballon vient mourir au ralenti de l'autre côté de la ligne. Puis, n'oublions pas non plus les sorties hors des seize mètres pour un dégagements plein axe, alors que nous avions tenté une frappe lointaine, plutôt que de renverser le jeu vers un défenseur à proximité ou, notre bug de prédilection, le petit pont, voire même double petit pont avant que le cuir ne passe la ligne. Malheureusement, les gardiens sont loin d'être les seuls à souffrir d'une intelligence artificielle largement discutable, puisqu'il n'est pas rare qu'en venant au pressing sur un défenseur, ce dernier décide de botter en touche plutôt que de solliciter son gardien, ou encore de voir avec stupéfaction l'attaquant adverse piquer un sprint en solitaire vers nos cages dès le coup d'envoi. C'est bien simple, à vouloir s'appuyer sur son public juvénile mordu de scores de tennis, FIFA repart dans ses vieux travers de l'époque où le qualificatif de simulation était strictement réservé à son concurrent nippon.

Nippon, ni mauvais




En clair, les curseurs se sont déplacés du tout au tout au fil des années. Aujourd'hui, le rythme des matches est échevelé de part les accélérations de joueurs purement ubuesques, sans parler du renoncement agaçant des défenseurs à revenir gêner un attaquant qui a pris le meilleur sur eux. Là où l'on nous vendait des comportements réalistes, en symbiose totale avec ce qui se passe sur les terrains, nous nous retrouvons face à un jeu de football champagne où les connaisseurs passeront d'abord par les options pour ralentir le rythme sur lent, avant de finir rongé par la frustration de phases offensives omniprésentes en aboutissant sur l'envie irrémédiable de céder à l'appel des sirènes de la concurrence. Plus que jamais avec ce FIFA 15, entre campagne marketing idéaliste et travail de façade pour un semblant de qualité perçue, la frontière est floue. En revanche, pour trouver les réelles avancées de cet opus, il faut, comme dans FIFA 14 à son époque, se tourner vers l'ambiance et l'immersion que l'on peut sans sourciller définir de façade. Très clairement, de nouvelles scènes s'invitent à l'écran pour combler les temps morts : comme de voir deux joueurs se chamailler après un tacle un peu trop viril, d'entendre les commentateurs évoquer la prochaine rencontre du calendrier des équipes (l'une des seules avancées du point de vue des commentaires) ou de découvrir un défenseur encourager son gardien après une parade réussie.

Sur le papier, le déroulement de la rencontre gagne en profondeur, mais comment ne pas savoir pertinemment qu'après ne poignée de rencontres, le joueur passera systématiquement ces scènes qui cassent indéniablement le rythme des parties. A côté de ça, l'arbitrage pose toujours bien des maux, comme cette faculté de traîner à siffler les hors-jeu, d'attribuer constamment cinq minutes d'arrêts de jeu ou, pire encore, de signaler une faute à mettre au crédit d'un moteur physique irritant. Clairement, l'ordinateur prend en compte une charge abusive alors qu'un de nos attaquants percute dans sa fin de course un défenseur après son dégagement. Il ne fait aucun doute que si certains progrès ont été réalisés sur la fluidité des mouvements, le moteur physique ne manque pas de points faibles à corriger à l'occasion des prochaines éditions... une fois encore. Alors certes, l'arrivée de la licence exclusive pour la Premier League est réjouissante, mais devient une maigre consolation lorsque l'on se penche sur la liste complète des stades mis à la disposition du joueur, qui fait encore l'impasse sur nombre de stades du globe.

Puis que dire des commentaires français extrêmement datés qui plombent l'immersion avec leurs bugs récurrents et le manque d'implication agaçant du duo, tandis que la version anglaise se targue de proposer sans cesse de nouvelles observations pertinentes. Et puis il y a l'ergonomie. Un petit chantier qui a permis de rendre possible le retour vers le choix des équipes à la fin d'un match, ou l'apparition des données des joueurs par des graphiques (un emprunt à la licence PES) lorsque l'on souhaite comparer rapidement les stats de chacun. D'ailleurs, la gestion du comportement des joueurs par poste et du collectif apporte une belle plus-value, via lesquelles les plus patients tacticiens sauront s'adapter à la perfection aux différents comportements adverses par la simple pression d'un bouton. De petits ajouts parcimonieux donc, à l'instar de l'opus précédent, lui-même qui était déjà avare en nouveautés... En sus, les modes de jeu n'ont presque pas bougé d'un iota, même si les fameuses compétitions personnalisées, absentes du précédent FIFA sur Xbox One, reviennent à l'ordre du jour, et que l'arrivée des équipes concepts et des joueurs en prêt sur Ultimate Team ne représentent que de timides ajouts qui seront, au mieux, amusants le temps de la découverte, puis deviendront oiseux sur la longueur. De son côté, le mode Carrière ne jouit que d'un simple affinage de son moteur de recherche de joueurs, tandis que l'on désactivera Kinect après avoir été renvoyé deux fois de suite d'un club pour, soi-disant, avoir eu un écart de langage alors que l'on a simplement pesté devant les lacunes du système vocal à l'occasion d'un énième remplacement non pris en compte. Vous l'aurez très largement mesuré, les cuvées de FIFA se suivent et, bien loin de s'améliorer avec l'âge, s'enterrent dans une profonde logique d'améliorations parcimonieuses fatigantes.

Point complet
A force de se pencher au cas par cas sur des chantiers d'équilibrage, EA Sports en oublie de se concentrer sur le principal, à savoir le plaisir de la construction stratégique du jeu. A l'instar de gardiens prenables sur quelques bugs très facilement identifiables, ce FIFA 15 retourne à son vieux fauteuil de jeu de football champagne ultra nerveux pour jeunes joueurs peu expérimentés ou pour les amateurs d’arcade. Comme dans les épisodes de la moitié de la dernière décennie, il est facile de finir sur des scores de tennis en enchaînant, ad nauseam, les longues passes en profondeur au-dessus de la défense avant de battre le gardien au premier poteau suite à un contrôle orienté. Si quelques nouvelles animations, menus repensés et autres scènes favorisant l'immersion au cours des premiers matches sont appréciables, il faut bien être conscient que ces maigres avancées ne nécessitent très clairement pas l'investissement devant un tel manque d'innovation cuisant. A trop vouloir jouer de son statut marketing de pseudo « roi », EA Sports risque à très court terme de voir la grande majorité des amateurs de vrai football prendre la tangente...

On a adoré :
+ Meilleur touché de balle
+ La Barclay Premier League
+ Menus plus ergonomiques
+ Quelques animations plaisantes
+ Beau comme un camion
+ Les qualités de FIFA 14
+ Fun à plusieurs
On n'a pas aimé :
- Nouveautés trop timides
- Les gardiens bogués
- Moteur physique grandement perfectible
- Problèmes d'arbitrage
- Commentaires extrêmement datés
- Mode Carrière inchangé
- Problème d'équilibrage attaque/défense
- Plus arcade que jamais
- La vitesse du jeu par défaut


Consulter les commentaires Article publié le 20/01/2015 par Kévin F.



 
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