Test EA Sports UFC - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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EA Sports UFC



Editeur
EA Sports
Développeur
EA Sports
Distributeur
Electronic Arts
Genre
Combat
Statut
Disponible
Date de sortie
  19.06.2014
  17.06.2014
Nombre de joueurs
1 à 2

EA Sports UFC, c'est une histoire qui commence mal. D'abord parce que le rachat de la licence UFC par Electronic Arts en 2012 résultait à l'époque de grosses difficultés financières de THQ, qui a produit au fil du temps trois très bons volets de la franchise Undisputed. C'est donc le commencement d'une nouvelle aventure pour EA Sports, non pas concernant les jeux de free-fight, puisque la firme avait développé EA Sports MMA en 2010, mais plutôt sur le fait d'offrir un titre aussi abouti et exigeant que l'est l'UFC. Reste à voir si ce titre peut prétendre au titre suprême...

Le joueur sue, Bob l'éponge




Quand on y repense, Electronic Arts a dû l'avoir mauvaise à la fin des années 2000 puisqu’il avait purement et simplement refusé un partenariat exclusif avec l'Ultimate Fighting Championship. Alors considéré comme un (tout juste) sport de barbares tout droit sorti d'un épisode de Game of Thrones, le mixed martial arts a su rebondir auprès d'une firme spécialisée à l'époque dans le jeu de catch : THQ. La suite tout le monde la connaît, l'éditeur tiers s'est copieusement essuyé la voûte plantaire sur les gencives de ses concurrents à chaque nouvelle tentative d'assaut direct. Quoi qu'il en soit, en 2012, celui qui était un concurrent pris la place du calife et chargea au pied levé l'équipe à l'origine de Fight Night au développement de ce EA Sports UFC. Le challenge était de taille, puisqu'en tant que premier représentant du jeu de combat sur les consoles de nouvelle génération, il fallait frapper fort ; comme l'avait fait en son temps Fight Night Round 3 d'ailleurs, mais avec ici un délai de seulement deux ans. Il a donc fallu faire quelques concessions. Sans sourciller, les concepteurs nous délivrent d'emblée l'effet "wow" grâce aux muscles des personnages qui se tendent et se détendent magnifiquement bien, aux ondes de chocs visibles sous l'impact du martèlement des coups et même, aux bleus qui s'invitent ci et là sur la peau au fil du combat. Le travail force le respect. En revanche (uppercut), le faible laps de temps accordé aux développeurs reste farouchement palpable (crochet du gauche). Effectivement, le downgrade graphique comparé aux trailers diffusés est de mise (jeu de jambe), notamment au rang des animations faciales trop peu peaufinées (middle kick dans le foie) et de farouches ralentissements qui interviennent au cours des cinématiques d'avant combat et à moindres reprises pendant les joutes (soumission).

Puis, à force de gratter le vernis, on tombe sur toutes sortes d'éléments gênant l'immersion, qui tranchent résolument avec la plastique accrocheuse du soft. Le jeu debout, par exemple, est truffé d'aberrations à cause d'un moteur de collisions vraisemblablement pas encore maîtrisé par les développeurs. En assénant un coup de pied alors que l'opposant déclenche le clinch au même moment, on se trouve face à un spectacle étonnant dans lequel Jon Jones aurait l'hyper extension de Jennifer Beals dans Flashdance. Autrement plus surprenant, une esquive latérale de notre part empêche l'adversaire de prendre toute décision logique pendant un petit laps de temps, un peu comme si on avait brisé la logique de combat sur rail de l'I.A. et que, aussi groggy qu'après un low kick dans les parties, il lui fallait quelques microsecondes pour nous "re-verrouiller". Pire, une fois notre personnage mis au sol par un coup violent, il n'est pas rare de voir notre adversaire frapper dans le vide quelques instants, comme si ce dernier n'avait pas la ressource de comprendre qu'il peut nous continuer au sol. Aberrant. Voilà qui laisse supposer que les concepteurs avaient bien moins de temps qu'il n'en fallait pour appréhender le nouveau moteur physique, de travailler un tant soit peu sur les animations faciales des personnages et d'améliorer quelques détails sur une I.A. qui manque de liant et qui est facilement à la ramasse si on tire pleinement parti de ses défauts. Soyons d'accord, Electronic Arts donne dans le spectaculaire avec son jeu beau comme un camion, ses joutes un peu plus dynamiques que le précédent UFC Undisputed 3 de THQ et ses coups d'une diversité capables de donner le tournis à un funambule sous Prozac.

Combat minimal pour le rookie




D'ailleurs, il suffit de lancer le didacticiel pour comprendre à quel point EA Sports UFC se montre ultra complet en ce qui concerne la palette de coups. Qu'il soit question du jeu debout, au sol ou des soumissions, c'est une cascade d'épreuves qui vous ouvre grand ses bras touffus et transpirants. Et si vous vous dites que ces combinaisons peuvent devenir vraiment bordéliques à sortir une fois en face d'un péquin de 130 kilos à l'allonge de près de deux mètres, ça l'est. En effet, qui dit palette de coups complète, dit diverses manipulations à exercer. Les développeurs ont fait au mieux pour attribuer les combinaisons, en pensant à la logique des frappes hautes ou à mi-hauteur, et en utilisant toutes les possibilités à leur disposition. Le résultat demande un temps d’apprentissage, mais reste plutôt satisfaisant, même s’il arrive de se planter dans le feu de l’action. Ajoutez à cela des transitions correctes, avec la possibilité de passer le bras et de se dégager des tentatives de l'I.A., et ce même si le jeu pendant les transitions est parfois confus, à l'image du mini-jeu des soumissions. En effet, le jeu défensif est bien moins lisible que les phases d'attaques. Par exemple, lorsque l'octogone lors d'une soumission s'enclenche, le fait d'avoir ce système où vous devez orienter le stick droit suivant les déplacements de l'I.A., accapare l’attention, rendant les personnages, placés de ce fait en arrière-plan, moins visibles à l'écran.

Au final, on n’aperçoit que succinctement les mouvements réalisés par le biais de ce mini-jeu, ce qui s'amplifie réellement lorsque l'adversaire est en position dominante. En revanche, lors d’un clinch, le fait de lancer une transition délivre plus de liberté et d'impact sur le jeu puisqu'on peut contrer les offensives de l'opposant en orientant le stick droit. Quoi qu'il en soit, quelques réservent se posent réellement sur le jeu défensif au sol. On en revient à nos moutons, l'UFC donc : du combat brutal, des joutes dynamiques, des arbitres charismatiques et une foule en délire. Pour ce qui est des environnements, force est de constater que les développeurs ont emprunté gentiment la piste audio du public utilisée pour tous les titres sportifs de l'éditeur. Les spectateurs réagissent pendant les combats, tous sont d'ailleurs du côté des deux combattants - alors que les rivalités sont omniprésentes dans les tribunes des sports de combat - et d'un point de vue plus général, les dix arènes présentes se ressemblent quasiment toutes dans les moindres détails (où sont les présentations des extérieurs à la manière d’un FIFA 14 ?). Ensuite, on déplore que seulement deux arbitres se trouvent au roster, et clairement pas les plus fameux de l'UFC, tandis que Bruce Buffer continue de présenter les joutes avec son enthousiasme légendaire.

Mendale-ment vôtre




Finalement, EA Sports UFC semble prendre la voie d'un premier épisode posant davantage les bases d'une licence solide sur le long terme plus que de se revendiquer maître de l'octogone d'entrée de jeu. Un sentiment renforcé à l'heure d'évoquer les modes de jeu disponibles. Car si le dernier UFC Undisputed 3 proposait, en plus d'un mode Carrière, de "Jouer le titre" (et de le défendre) à la façon d'un mode Arcade, de rejouer des matchs légendaires avec son Combats Ultimate et de participer à un mode Tournoi, EA Sports UFC ne comprend qu'un tutorial (vraiment trop concis pour maîtriser pleinement les techniques), des défis (histoire d'approfondir le didacticiel en se concentrant un peu plus sur les différentes phases des coups), du multi et, bien entendu, le mode Carrière. C'est dans ce dernier que ce titre tire tout son intérêt. D'emblée, l'écran de création du personnage est plutôt complet et, au cas où vous possédez déjà un Game Face, vous pouvez l'attribuer à votre combattant. Néanmoins, on a seulement droit à un copié/collé de la photo sans pouvoir ajuster la forme du visage, ce qui nous donne au final une tête disproportionnée qui ne nous ressemble pratiquement pas. Une grosse déception tant ce système marche solidement pour FIFA. Il faut dans un second temps sélectionner un des dix styles de combat présents (Boxe, lutte gréco-romaine, Jiu-jitsu, Judo, tækwondo, etc.) sachant que chaque technique offre des capacités différentes qui influent sur l’endurance, le combat au sol et débout, ainsi que sur les soumissions. La première étape de votre périple en Carrière sera ainsi de participer à l'émission de télé-réalité ‘The Ultimate Fighter’ et d'en ressortir vainqueur pour remporter une place bien méritée dans l'UFC. Plus vous engrangez les matchs et les entraînements et plus, suivant vos résultats, vous empochez des points à attribuer dans diverses catégories afin d'améliorer votre combattant.

A côté de ça, ces points servent également à acheter des coups, lesquels peuvent servir en combat et ce jusqu'à ce que vous deveniez le meilleur combattant de l'UFC. Ce n'est pas tout, puisque des compétences (spécialisation pour certains coups, meilleure endurance, etc.) se débloquent aussi au rythme de la progression, sans oublier la possibilité d'attribuer plusieurs stratégies en vue d'un combat. C’est un plus pour la scénarisation des combats, bien qu'au final, vous restez maître de vos agissements dans l'octogone. Dans les faits, la carrière est vite répétitive et se calque sur un déroulement d'un même nombre d'entraînements, suivis d'un match. Quelques vidéos viennent de temps en temps mettre un peu de rythme à la progression, mais il y a un cruel manque d'imagination chez EA Sports pour renouveler la recette. Imaginons des pesées (Fight Night) ou des photos pour des magazines (UFC Undisputed) ou même des interviews (Football Manager)… Au lieu de ça, on profite seulement de quelques messages de célèbres combattants (souvent les mêmes qui reviennent d'ailleurs), donnant donc une structure particulièrement répétitive sur le long terme. Heureusement que l'équilibrage des coups offre ici de meilleures sensations que pour la franchise Undisputed, avec des combats qui se terminent plus difficilement en K.O. pour peu que vous peaufiniez votre défense et le plaisir d'une victoire à la décision n'en est que plus jouissive. Profitons-en pour placer une toute petite parenthèse pour souligner le doublage affligeant de ce titre.

Vous l'aurez compris, le soft donne dans le minimum syndical du point de vue des modes de jeu et ce n'est pas le nombre de combattants qui va inverser la tendance. En effet, si le roster de UFC Undisputed 3 grimpait à 150 fighters, il faut ici se contenter de 97 personnages répartis dans les catégories de poids classiques, dont 7 femmes. D'ailleurs, on note que Bruce Lee est disponible et qu'il existe plusieurs façons de le débloquer. La plus rapide étant d'avoir précommandé le soft ou de débourser la modique somme de 5,99 euros pour mettre la main sur les quatre personnages jouables dans chaque catégorie (sans oublier la présence de Royce Gracie - premier champion de l'UFC - disponible contre 1,99 euro). Puis, il existe une manière bien plus longue, car Bruce Lee se débloque une fois que vous avez bouclé le mode Carrière en Pro (soit le mode de difficulté le plus haut). Sachez qu'il faut un bon paquet d'heures de jeu avant d'avoir le droit d'incarner le bougre. Quoi qu'il en soit, petit à petit, on comprend le fonctionnement de ce EA Sports UFC, on apprend à passer outre ses faiblesses pour se concentrer davantage sur ses qualités, même si les temps de chargement continuent à faire grincer des dents. Heureusement que le mode Carrière est truffé de références à la licence UFC et que les fans s'y retrouveront, car même si les combattants sont très bien modélisés, les soucis du moteur physique et un contenu trop peu étoffé peuvent clairement venir à bout de la patience des joueurs habitués aux jeux de combat.

Point complet
EA Sports UFC est une véritable pépite graphique, et ce malgré le downgrade opéré par rapport aux médias diffusés. De prime abord vraiment impressionnant, il faut cependant attendre que le vernis se craquelle pour capter précisément toutes les forces et les faiblesses de ce premier volet. Comme un rookie, ce titre fait face à de nombreuses erreurs de jeunesse, à commencer par un manque d'impact dans les coups, quelques problèmes de collisions et un gameplay assez complexe qui pourrait bien diviser. Pour compenser, on apprécie tout de même les combats, plutôt réalistes, une fois les erreurs du moteur physique passées, et les nombreuses références afin de séduire les fans de l'UFC, sans parler de la réalisation, avec les coups qui laissent des traces. A défaut d'être un must have absolu, EA Sports UFC dresse une esquisse largement prometteuse qui, on l'espère, placera la barre bien plus haut avec le prochain opus.

On a adoré :
+ Fan service assuré
+ Beau comme un camion
+ Bruce Lee à débloquer
+ Les coups, ça marque !
+ Combattants réalistes
+ Bonne palette de coups
+ Gameplay assez riche
+ Exigence hors pair
+ 97 combattants…
On n'a pas aimé :
- Donc moins qu’Undisputed 3
- Doublages calamiteux
- Manque d'impact (coups)
- Peu de modes de jeu
- Carrière répétitive
- Didacticiel succinct
- Soucis d'I.A.
- Environnements fades
- Gestion du Game Face risible
- Les temps de chargement
- Problèmes de collisions


Consulter les commentaires Article publié le 19/07/2014 par Kévin F.



 
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