Test Dragon Age 2 - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Dragon Age II



Développeur
BioWare
Genre
Jeu de rôle (RPG)
Statut
Disponible
Date de sortie
  11.03.2011
  08.03.2011
Nombre de joueurs
1
Online
- Contenus
Classification PEGI
Thème
Heroic-fantasy
Prix de lancement
59,00 €

Outre Mass Effect, BioWare est récemment parvenu à créer une nouvelle franchise qui se vend elle aussi comme des petits pains. Son nom ? Dragon Age. Le premier volet et son add-on laissaient présager de très bonnes choses pour la suite. Cependant, lors de son annonce, Dragon Age 2 a fait grincer des dents. Et pour cause puisque le soft se réoriente vers du hack & slash pur et dur tout en arborant un nouveau design. Le changement d’orientation lui a-t-il réussi ?

La fin des haricots




Le premier Dragon Age était parvenu à s’imposer grâce à son univers très sombre, son système de dialogues qui nous immergeait dans son univers Heroic-Fantasy et ses combats plus ou moins stratégiques. Sans être un véritable RPG, le soft gardait quelques éléments du genre en les mixant avec une progression très hack & slash dans le fond. On le savait, sa suite allait être plus grand public, mais on pensait néanmoins que BioWare allait opérer des changements mineurs, à la manière de Mass Effect 2… En pratique, Dragon Age 2 reprend certains éléments du premier tout en en changeant la plupart. Ainsi, exit le moteur graphique du premier, les looks d’origine des personnages, le choix de la race de votre héros (il n’y a plus que les humains) et le côté stratégique. Dragon Age 2 s’oriente à 100% sur l’action. Cela se remarque d’entrée de jeu dans le rythme du soft puisque les phases d’exploration, déjà peu nombreuses dans le premier, ont pratiquement disparu dans cette suite. Du coup, on se retrouve à marteler le bouton d’attaque et à enchaîner de temps à autres quelques combos dans des niveaux ultra linéaires au level design très simpliste, voire carrément médiocre comparé à celui du premier opus, qui donnait encore une fois plus de liberté. Ici, les chemins ne sont pas très larges et relient une succession d’aires de jeu sous forme d’arènes où ont lieu des combats de plus grande envergure.

Dragon Age 2 lorgne clairement du côté du hack & slash. Le problème, c’est que le jeu se fait atomiser techniquement par les autres productions du genre et qu’en outre son gameplay, bien que plus dynamique, est bien trop basique et pompeux pour rivaliser. Quant à l’aspect stratégique, une fois de plus il se réserve à la version PC, celui de la version console se limitant trop souvent à switcher entre les personnages pour alterner les séquences d’attaque. Si on apprécie le dynamisme gagné lors des combats, on regrette amèrement que le soft perde de son identité et tente de plagier ce qui marche en ce moment. Vu la récente prestation de l’excellent Divinity 2, on se dit qu’il y a avait tout de même de quoi faire mieux… Au niveau du côté jeu de rôle, le soft a perdu pas mal de galons. Premièrement parce que la personnalisation du personnage est moins complète, en plus du fait qu’on ne peut choisir qu’une seule race (mais néanmoins trois classes de guerriers complémentaires). Ensuite parce que le soft n’est clairement pas pensé comme un RPG. Disons plutôt qu’il s’agit d’un hack & slash avec quelques éléments de RPG tels que : l’exploration de plusieurs villes avec des dialogues, la possibilité de faire évoluer son personnage, de récolter des armes et du butin, de forger ses armes, d’utiliser des coffres pour stocker son matériel ou encore d’interagir directement avec l’histoire grâce au système de dialogues sur base de choix. Celui-ci s’avère d’ailleurs toujours aussi réussi et intéressant puisqu’il rend les cinématiques nettement plus vivantes que si on devait se contenter de les apprécier.

Pour le reste, le soft a clairement perdu de son prestige, que ce soit en ce qui concerne sa maniabilité, simplifiée, son côté stratégique, qui a disparu en mode facile/normal et est moins présent en difficile, ou son level design qui ne nous cache pas la nature du jeu. La progression dans les quêtes est nettement plus scriptée que par le passé puisqu’il suffit généralement de traverser un niveau en massacrant tous les zombies, araignées mutantes et autres chevaliers que vous croiserez. Néanmoins, précisons que les combats de boss sont plus intéressants, ces derniers étant massifs et portant des attaques dévastatrices. Quoi qu’il en soit, cela n’influe que très peu sur la qualité du titre étant donné que ces combats sont peu nombreux et finalement assez courts. Au niveau de son scénario, Dragon Age 2 s’avère aussi moins réussi que son prédécesseur. Certes, l’univers exerce toujours un certain charme avec son côté sombre et son scénario plutôt mature, mais la plupart des quêtes sont ennuyeuses et les tenants et aboutissants de l’histoire semblent moins importants. En revanche, il faut admettre que la narration sous forme de flashbacks et les cinématiques sont d’une qualité qui frôle l’excellence. Dommage que les dialogues peu savoureux (mais qui immergent plutôt bien le joueur), les personnages totalement fades et l’histoire en elle-même ne soient pas du même niveau…

Un dragon dépassé




Pourtant, tout commence plutôt bien avec le nouveau système de narration et la fuite du petit groupe de héros qui tentent de trouver refuge dans une cité inconnue… Mais le souffle épique du premier volet semble s’être apaisé pour laisser place à une histoire plus sobre et moins palpitante que celle d’Origins. Les habitués de ce dernier et de son add-on retrouveront pas mal de personnages mais, dans l’ensemble, le casting n’est pas vraiment excitant, la faute à un nouveau design assez étrange, à une version française inégale et à des rôles tout simplement pas savoureux. Au niveau de la progression, on remarque également que les balades entre chaque région, présentes dans le un et marquées par des combats, ont disparu au profit d’une grande carte très froide qui nous permet d’accéder après un bref temps de chargement à une autre aire de jeu. Tout est fait pour faciliter la vie du joueur puisque ce dernier doit se contenter d’aller aux endroits indiqués puis de traverser le niveau en suivant les indications sur la petite carte en bas de l’écran. Résultat des courses, on se sent comme un enfant, tenu par la main, et on passe d’un niveau à l’autre, avec des changements de décors qui sont vraiment frappants et risquent bien de choquer au premier coup d’œil, non pas par leur beauté, mais simplement par l’absence de voyage ou de lien entre chaque déplacement du joueur. Tant qu’on parle des niveaux, notons que ces derniers sont généralement assez petits, linéaires, ont tendance à se répéter et sont tantôt très laids (dans la nature, en intérieur), tantôt jolis (en ville, avec une architecture titanesque).

Au niveau des nouvelles features, le jeu intègre un cycle jour/nuit, activable uniquement via le menu carte, et donc pour ainsi dire inutile, des combats plus dynamiques mais plus faciles et moins techniques (comme nous l’avons déjà dit) et un arbre des compétences simplifié. C’est bien peu, surtout quand on se rend compte qu’une multitude de petites choses ont disparu, parmi lesquelles les fameuses phases d’exploration, les dialogues avec tout un chacun, la possibilité de se promener un peu partout qui faisait le charme de Dragon Age : Origins, sans oublier les campements ou encore le système de fatigue. Pire encore, l’IA a carrément régressé puisque nos compagnons sont maintenant devenus complètement dégénérés, attaquant parfois des ennemis invisibles, switchant régulièrement de cibles et optant pour des stratégies douteuses. Bref, vous l’aurez compris, on est proche de la catastrophe. Alors, nous direz-vous, qu’est ce qui permet à Dragon Age 2 d’éviter le naufrage ? Eh bien, l’un dans l’autre, le soft se laisse tout de même parcourir et s’avère plus intéressant au fur et à mesure qu’on progresse. Le scénario reste agréable et les cinématiques tout comme l’univers nous permettent de garder le moral. Le côté plus dynamique le rend également plus fun, même si le tout a perdu de son intérêt technique.

La nouvelle patte artistique, très discutable, a néanmoins le mérite d’offrir des modèles de personnages plus jolis et des cinématiques très agréables à regarder. Enfin, la bande sonore du jeu demeure également très bonne, avec d’excellents thèmes musicaux et des bruitages bien cinglants. Seul le doublage français reste assez inégal, mais les fans opteront de toute façon pour la VO, toujours aussi bonne. Tout porte cependant à croire que cette suite a été développée en un temps record pour répondre aux attentes de l’éditeur. Outre les nombreux défauts cités ci-dessus, on soulignera également un nombre incalculable de bugs d’affichage, des animations super rigides et une durée de vie qui a été revue à la baisse (pratiquement deux fois plus court que son aîné). On est donc plus qu’en droit de se demander à quel petit jeu BioWare et EA ont bien pu jouer tant cette suite ne donne l’impression que d’exister pour affaiblir votre compte en banque. Si certains fans s’y amuseront, il est essentiel de préciser que le jeu devrait de préférence être acquis à tout petit prix vu ses nombreux défauts. Certes, ce n’est pas l’hécatombe totale, mais nous n’en sommes malheureusement pas bien loin et voir une franchise qui avait aussi bien débuté tomber aussi bas a quelque chose de vraiment gênant.

Point complet
En s’orientant davantage vers le hack & slash, la série Dragon Age a perdu de sa richesse et de son prestige pour sombrer dans un soft banal, pas très joli et souffrant d’un nombre incalculable de petits défauts. Outre le changement d’orientation, on notera tout de même une grave régression de certains éléments (carte, level design, absence de choix de race…) et un scénario moins bon qu’espéré. Les fans auront bon apprécier l’univers du jeu, certains décors stylés et les cinématiques, il faut bien admettre que l’heure est à la consternation. RPG raté et hack & slash dépassé, Dragon Age 2 n’a clairement pas beaucoup d’atouts à faire valoir. Mieux vaut donc se le procurer d’occasion pour éviter une trop grande déception…

On a adoré :
+ Les villes, plutôt jolies
+ Bonne bande sonore
+ Les cinématiques
+ Les dialogues pour s’immerger
+ Les choix
+ La modélisation des personnages
+ Trois catégories de personnages
+ Plus dynamique que le premier
+ L’univers du jeu
On n'a pas aimé :
- Animations rigides
- Des bugs d’affichage
- Personnages sans charisme
- Décors naturels moches
- Doublages français inégaux
- Plus court que le premier
- Scénario moyen
- Gameplay simplifié
- Combats médiocres
- Progression en ligne droite
- Voyager à travers la carte
- Pas de choix de race


Consulter les commentaires Article publié le 28/05/2011 par Etienne F.



 
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