Test DOOM - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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DOOM



Développeur
id Software
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  13.05.2016
Nombre de joueurs
1 à 12
Classification PEGI
Thème
Futuriste Horreur
Prix de lancement
69,00 €

Réinventer un jeu qui a quasiment défini les standards d'un genre est un pari risqué. Longtemps montré du doigt pour sa violence, DOOM a initié bon nombre de personnes aux jeux de tir en vue subjective. Près de 23 ans après la sortie du premier volet, et après quelques suites/versions plus ou moins bien accueillies par le public sur différents supports, Bethesda Softworks et Id software tentent de rajeunir le grand classique avant-gardiste du jeu vidéo et de relancer une bonne fois pour toute la licence que la communauté des fans nostalgiques estimait morte et enterrée. Avant de se lancer dans la critique de DOOM, il faut comprendre que peu de titres ont su conserver l'esprit Doom. À l'époque, le jeu permettait presque pour la première fois une immersion totale du joueur en proposant une vue subjective et des graphismes "réalistes" le mettant face à des hordes de monstres tous plus effrayants les uns que les autres, juste en ouvrant une porte ou en récupérant un objet. L'action infernale, les grosses armes, le gore, l'ambiance oppressante, le jeu en réseau, la possibilité de créer du contenu et même la musique ont hissé le titre au rang de référence longtemps imitée mais rarement égalée. Même Doom 3 n'avait pas su conserver cet esprit et avait déçu par son gameplay mollasson. C'est pour dire ! Est-ce que le DOOM version 2016 saura nous faire oublier les petits coups de mous passés et restaurer la flamme qui fait scintiller l'œil des fans ?

Fais-moi mal !



Il ne faut que quelques minutes en mode campagne pour se rassurer complètement sur la qualité du reboot de DOOM. Exit la direction épouvante du troisième volet, place à l'action. Et quelle action ! Les créatures ont dû faire pas mal de sport entre temps car elles ont énormément gagné en tonus. Fort heureusement les environnements ne se cantonnent pas aux couloirs étroits mal éclairés et proposent quelques "balades" sur la planète rouge, permettant du même coup de prendre un peu de hauteur sur les diverses installations de l'UAC. Le héros peut grimper sur ces dernières si la hauteur le permet ou se rattraper d'un saut raté sur les plateformes, avec un effet de caméra rendant l'action fluide et crédible. L'architecture des niveaux est telle que les sauts sont omniprésents sans jamais casser le rythme de l'action. Le rythme, c'est peut-être le maître mot de ce reboot. Alors qu'en général les FPS poussent le joueur à éviter le contact direct, quitte à camper en usant d'un fusil à lunettes ou à strafer dans un coin de porte, DOOM récompense les plus tactiles qui achèvent les monstres au corps à corps avec un "glory kill" qui déclenche une courte animation "finish move" sanglante, différente selon le contexte. Une fois réalisée cette étreinte fatale, l'ennemi laisse tomber points de vie et armure.

Le jeu consiste donc à rester quasi au contact pour achever l'ennemi et récupérer de quoi se refaire une petite santé. Les bûcherons de l'extrême seront ravis d'apprendre que leur outil favori est bel et bien présent… Cependant, la tronçonneuse n'est plus une arme conventionnelle, elle sert à regagner des munitions. Si le joueur se trouve à court, il lui suffit de dégainer sa tronçonneuse et de découper un monstre qui se videra en laissant sur place les cartouches tant convoitées. Petite nouveauté mais non des moindres, il est possible de faire évoluer les armes en trouvant des drones d'amélioration qui leur apporteront de nouvelles fonctions. Le joueur pourra alors dépenser des points de compétence trouvés dans les niveaux ou également gagnés en réalisant les différents défis proposés à chaque mission. Au fil de l'aventure, les armes voient leur puissance ou leur précision croître jusqu'à proposer un défi de maîtrise obligeant le joueur à utiliser ladite arme dans un contexte défini. Ce système permet de renouveler continuellement la façon d'attaquer les démons et pousse le joueur à découvrir la meilleure "option" pour en venir à bout. L'armure PRAETOR que revêtit notre héros n'est pas en reste, elle évolue avec des cellules argent (le minerai exploité sur Mars) qui augmentent les capacités maximales de points de vie, armure et munitions. Mais ce n'est pas tout !

Des jetons PRAETOR sont à récupérer sur les cadavres des employés de l'UAC donnant l'occasion au joueur de renforcer une des quinzaines améliorations possibles. La résistance environnementale, le système cartographique ou encore la puissance des pouvoirs disséminés dans les niveaux s'en trouveront plus efficaces. De quoi rendre jaloux un certain John-117. Pour en finir avec les évolutions, 12 épreuves runiques sont disséminées dans les niveaux. Celles-ci proposent un défi à accomplir pour gagner une rune qui augmentera une des capacités du Marines. Trois runes peuvent être portées simultanément permettant au joueur de renforcer son style de jeu ou de s'octroyer un petit bonus de compétence. Toutes ces améliorations devront cependant être trouvées, le joueur pressé d'aller à l'objectif suivant laissera derrière lui ces inestimables aides s'il ne se donne pas la peine d'explorer de fond en comble les niveaux. La carte est d'une aide quasi obligatoire pour qui veut dénicher les endroits inexplorés et trouver un moyen de s'y rendre car bon nombre de passages dérobés sont souvent mis hors du champ de vision. Heureusement les secrets non découverts pourront être recherchés plus tard en rejouant les niveaux qui conservent tous les défis accomplis ainsi que tous les objets et améliorations acquis. On en apprend beaucoup sur le background de DOOM et sur les monstres en découvrant les nombreux secrets ou en lisant les data collectées tout au long de l'aventure. Le soft propose donc une bonne rejouabilité sans pour autant contraindre le joueur à tout refaire à chaque visite. On peut noter que tout est traduit et localisé en français. Une excellente initiative qui aide fortement à l'immersion.

Juste un léger Quake !



Graphiquement le soft envoie du lourd, tout bouge vite et bien sans faille. En extérieur, les environnements sont raisonnablement grands, offrant une distance d'affichage correcte. En intérieur, c'est beaucoup plus travaillé, avec des effets de lumière, des reflets et des textures convaincantes. C'est côté sons et plus précisément côté musiques que les choix des développeurs sont discutables. Bien que les grosses guitares saturées aient bien leur place dans un jeu de ce style, on (le rédacteur en tête) pourrait reprocher de ne pas avoir assez réutilisé la bande originale de Doom premier du nom qui comportait des pistes plus lentes mais plus… angoissantes. Cette nouvelle mouture sonne un peu trop comme un Quake. Le mode campagne se boucle en une quinzaine d'heures si on ne prend pas le temps de tout découvrir. Tous les joueurs trouveront une difficulté adaptée à leur niveau parmi les cinq proposées. On prend énormément de plaisir à revenir dans les niveaux pour découvrir les derniers secrets ou réussir tous les défis, surtout que l'arsenal conserve ses améliorations donc la visite n'en est que plus agréable. Le mode multi se joue exclusivement en ligne, après un rapide tour dans la personnalisation de l'avatar avec de nombreuses options "cosmétiques", le joueur sera probablement tenté de rejoindre une partie via le matchmaking. La relation se fait aisément, le joueur se trouve rapidement propulsé dans une partie mêlant jusqu'à 12 joueurs de tous les niveaux. Les différents modes proposés varient les objectifs mais au final les parties se résument à tirer sur tout ce qui n'est pas de la même couleur sans trop réfléchir.

Il est facile de monter de niveau alors même que le joueur ne réalise que peu de frags. Au fur et à mesure, des armes plus ou moins exotiques inédites sont débloquées mais l'équilibrage entre elles semble mal dosé. Par exemple, le lance-roquettes, censé être une référence, manque cruellement de puissance par rapport au reste des armes. En général les impacts sont mollassons, poussant le joueur à utiliser le mode "chargé" des armes ou à matraquer la gâchette droite inconfortable de par sa course bien trop profonde. Les invocations des démons, quant à elles, peuvent complètement renverser l'issue d'un match. Le joueur qui récupère une rune sur la carte se transformera en démon choisi en début de partie et enchaînera les victimes tant sa puissance est élevée. Concernant les maps, elles sont pour la plupart bien trop étroites et exemptes de personnalité, tout comme la voix du commentateur qui donne les infos du match sans vraiment s'impliquer. À se demander s'il n’était pas plus passionné par du patinage artistique. Malgré tout, on rentre dans les matchs et on y prend un plaisir simple. De nombreux objets gagnés en fin de partie permettent de se donner un avantage temporaire lors de la prochaine session en les assignant à l'un des quatre emplacements de modules d'espionnage. Les effets sont nombreux et variés, bien que temporaires ils donnent un avantage certain à qui les utilise.

Finissons en parlant du mode SNAPMAP qui n'est autre qu'un éditeur de niveaux. Les cartes ainsi créées peuvent être publiées et sont jouables de 1 à 4 joueurs en coop, deathmatch ou capture the flag. Il faut inévitablement passer par les didacticiels de l'Académie SNAPMAP avant de pouvoir se lancer dans la création d'un contenu. Prévoyez plusieurs heures avant de réellement prendre en main l'éditeur et appréhender toutes les possibilités offertes par celui-ci. Plusieurs heures seront à rajouter au compteur pour construire/tester le gameplay d'une carte ou étudier les exemples inclus dans le jeu. Les possibilités sont nombreuses, le joueur construit sa map avec les différents modules proposés, y implante des monstres, des déclencheurs, des pièges et choisit les objets que les futures victimes auront à leur disposition. Au final, le joueur peut "développer" des missions solo ou coop, des arènes à vagues, voire des énigmes. Tout ou presque est paramétrable, de l'ambiance graphique à la musique en passant par le comportement des démons. Les seules limites sont l'imagination du créateur, la mémoire de la console, qu'il ne faut pas saturer, ainsi que la patience du joueur qui peut se décourager devant la tâche. On regrette seulement la faible quantité de joueurs pouvant être accueillis sur les cartes car les créations sont bien évidement destinées à ne pas concurrencer le mode multi de DOOM.

L’avis perso de Bruce // LE FPS de l’année, tout simplement !

À part une petite déception côté musique, je ne changerai rien au solo de DOOM. Par contre j'espère vraiment qu'une mise à jour future rééquilibrera le multi et apportera de nouvelles maps beaucoup plus intéressantes. Contrairement à la concurrence actuelle, qui présente presque ses cartes comme des personnages à part entière, DOOM ne les relègue qu'au rang d'environnements lambda. Pour ce qui est du SNAPMAP, aujourd'hui le contenu accessible est plutôt faible, il faudra faire preuve de patience avant que des créations évoluées soient disponibles et dévoilent l'intérêt d'un tel ajout pour les joueurs qui ne désirent pas passer X heures devant leur écran à se prendre pour le nouveau Carmack ou Romero.


Point complet
Voilà tout est dit ! DOOM réussit parfaitement son retour sur le devant de la scène vidéoludique avec son solo parfaitement digne de ce nom. Brutal et jouissif, il ravira les amateurs majeurs (PEGI 18 oblige) d'action sanglante pendant des heures. Le multi mériterait encore quelques petits réglages pour gagner en punch mais procure déjà de bons moments de divertissement. Le mode SNAPMAP, bien que lent à prendre en main, joue la carte du long terme. Nul doute que la communauté la plus motivée proposera du contenu intéressant une fois toutes les subtilités de l'éditeur assimilées.

On a adoré :
Solo jouissif et dynamique
Reboot respectueux de l'original
Bonne durée de vie
Et bonne rejouabilité
Complet (Solo, Multi, Editeur)
Beau (même pour une console)
On n'a pas aimé :
Le multi perfectible
Les musiques décevantes


Consulter les commentaires Article publié le 24/05/2016 par Bruce S.



 
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