Test Destiny - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Destiny



Editeur
Activision
Développeur
Bungie Software
Genre
FPS Massivement multijoueurs (MMO)
Statut
Disponible
Date de sortie
  09.09.2014
  09.09.2014
Nombre de joueurs
1 à 12
Classification PEGI

Le voilà enfin, le blockbuster AAA tant attendu par tous les joueurs fans de Bungie Software (les premiers Halo). Destiny, c'est son nom, est le fruit d'un mariage qui aura beaucoup fait parler de lui, les concepteurs d’Halo ayant signé avec Activision. Doté d'un budget faramineux (apparemment 500 millions de dollars), d'une campagne de pub énorme et auréolé de centaines de récompenses dans divers salons ou magazines (on exagère à peine), le jeu se veut également révolutionnaire dans son genre, celui du FPS multijoueur. Mais tout ça, vous le savez sans doute déjà et c’est ce qui est important aujourd'hui, c’est de savoir si le studio a réussi son pari…

Beaucoup de promesses…




Nous avions eu la chance, l'an passé, de rencontrer quelques membres de Bungie Software venus nous parler de leur jeu lors d'une conférence. Si les pincettes étaient évidemment de rigueur face à tant de promesses et de superlatifs, nous étions emballés et relativement confiants. Autant le dire tout de suite, le résultat est loin d'être à la hauteur des attentes, et nous avons presque l'impression d'avoir entre les mains une version non définitive du jeu. Commençons tout d'abord par le mode solo qui, comme nous l'avons découvert durant la bêta du titre, se rapproche du concept d'un Borderlands. Première étape, la création de votre personnage. Trois classes sont disponibles : le Titan (le balèze du groupe), le chasseur (plus furtif) et l'Arcaniste, sorte de mélange des deux. Ensuite, à vous de choisir votre race, en décidant d'être un humain, un éveillé ou un exo, ce qui ne sera finalement qu'une question d'esthétique. Oubliez les milliers de possibilités d'un Oblivion par exemple, on se contente ici du minimum, à savoir quelques visages (des deux sexes), coupes de cheveux ou encore tatouages. Une étape assez rapide finalement, en précisant que le gameplay et les armes sont identiques à chaque classe, et que seuls quelques pouvoirs spéciaux changent. Vous voici donc projeté dans l'aventure, en tant que Gardien, afin de lutter contre les ténèbres qui ont pris possession des planètes colonisées par les humains, à savoir Venus, Mars, la Lune, mais aussi la Terre.

Rassemblés au sein de la Tour, les humains vont devoir se battre pour ramener la paix dans l'univers. Accompagné de votre spectre, petit robot volant vous servant de guide pendant vos missions et épreuves, c'est sur une Terre post-apocalyptique que vous allez débuter votre aventure, dans l'ancienne Russie. Les débuts en solo sont prometteurs, on se laisse guider par notre spectre et les premiers échanges de tirs sont plutôt vifs, mais l'I.A. ultra limitée (pour ne pas dire inexistante) va très rapidement sauter aux yeux des joueurs. C'est bien simple, les ennemis se contentent de trois réactions : ils foncent sur vous, se sauvent dans des directions inexpliquées ou bien enchaînent les roulades. Des réactions peu logiques la plupart du temps, mais heureusement le plaisir de dégommer de l'ennemi est bel et bien là, excepté peut-être pour les boss, qui ne nécessitent aucune technique particulière pour être vaincus et qui disposent d'une plus grande (et pénible) résistance. Certains boss sont tellement stupides et peu mobiles qu'il suffira de sauter en hauteur pour les dégommer sans qu'ils vous captent. Ca fait vraiment tache, mais la difficulté est tout de même de mise, car certains ennemis peuvent vous shooter en un tir, mais surtout ils arrivent souvent en grand nombre. Rien de tel qu'une masse d'ennemis pour masquer une I.A. défaillante et augmenter la difficulté. Les missions en solo peuvent être passées en difficile dès leur lancement, via le menu représentant votre vaisseau spatial en orbite, histoire d'augmenter l'expérience à gagner.

Vous rêviez de piloter votre vaisseau spatial ? Que nenni, le seul moment où vous pourrez l'admirer sera dans les mini cinématiques (très jolies au demeurant) le faisant approcher de sa destination, masquant les temps de chargement longuets. A propos de cut-scenes, il y en a quatre à tout casser en mode histoire qui, aussi jolies soient-elles, n'expliquent pas grand-chose et mettent en scène des personnages auxquels on ne s'attache finalement pas du tout et dont on se moque pas mal. Vous n'êtes pas sans savoir que Destiny est doté d'un aspect RPG, avec tout ce que cela implique : de la collecte d'objets, comme des armures, que l'on peut démanteler afin d'obtenir des pièces permettant d'autres améliorations, des matériaux à utiliser, des armes à faire évoluer, des casques, gantelets ou encore armures de jambe et bien sûr une barre d'XP à remplir. Le plaisir de partir en quête d'une armure de meilleure qualité et aux caractéristiques améliorées est bel et bien là, même si, contrairement à Borderlands pour ne citer que lui, ces objets sont assez rares. En effet, il y a très peu de coffres et les ennemis ne laissent pas grand-chose derrière eux. On est souvent frustré, après avoir galéré une heure sur un boss, lorsqu'on s'aperçoit qu'il ne laisse sur sa carcasse que des pauvres munitions. C'est dommage, car l'univers pouvait laisser place à pas mal d'originalité, et au final, l'armement s'avère assez classique. Certains déséquilibres risquent rapidement d'apparaître et il n’est pas rare qu'un personnage au niveau peu élevé possède déjà une arme très puissante...

Un classicisme prononcé




Certains objets (engrammes) codés, dont les caractéristiques ne sont pas visibles, doivent être apportés au Cryptarque à la Tour pour être décodés. Sachez que plus vous lui apportez d'objets, plus votre niveau augmente, occasionnant de meilleures récompenses. Chaque action dans Destiny fait monter votre expérience, tout comme terminer des contrats permet d'obtenir des récompenses d'XP ou des objets et d'en débloquer d'autres. Pensez bien à passer les visualiser à la Tour, car certains demandent simplement de faire la peau d'un boss lors d'une mission solo. Il serait dommage de les manquer et d'être obligé de recommencer ladite mission, d'autant plus que la répétitivité est malheureusement au rendez-vous. En effet, étant donné que seuls quatre environnements sont disponibles (la Terre, Mars, Venus et la Lune), vous allez traverser encore et encore les mêmes lieux. Concernant votre personnage, celui-ci dispose d'une doctrine offrant de multiples améliorations (puissance, résistance, amélioration du vol, des grenades), ainsi qu'une seconde qui sera déblocable dès le niveau 15, basée sur des améliorations différentes. Très utiles, elles restent classiques, mais sont les bienvenues contre des ennemis plus coriaces. Une onde de choc bien placée pourra dans bien des cas vous sauver la vie. Le niveau 20 est le maximum à atteindre pour votre personnage, au niveau des gains d'XP, puis le niveau 30 peut être atteint en dénichant des armures de lumière ou exotiques, mais pour cela il faut farmer et encore farmer.

Le jeu est en tout cas addictif et le joueur en quête de la pièce d'arme ou d'armure ultime va devoir crapahuter pas mal d'heures avant de trouver son bonheur. Par contre, les développeurs ne se sont pas embarrassés avec les fiches techniques des objets : une ou deux données maximum, un petite phrase explicative et c'est tout. Tout ça fait un peu pauvre. En mode libre, il est possible d'effectuer des missions aléatoires, disposées ça et là sur la map. Très répétitives, elles vous demandent la plupart du temps d'aller d'un point A à un point B ou de tuer un certain nombre d'ennemis. De plus, vous passez quasi systématiquement par les endroits déjà visités en solo, d'où cette notion de déjà-vu permanente. Nous n'irons pas jusqu'à dire que les planètes sont petites, au contraire, il y a pas mal de dénivelés et d'environnements, mais le joueur a tout même rapidement la sensation d'en avoir déjà fait le tour. Un passereau, véhicule futuriste comparable à une moto flottant dans l'air, peut être invoqué via votre spectre pour vous déplacer plus rapidement, accompagné d'effets sonores semblant sortis de Star Wars. Il est même possible de débloquer quelques skins pour ce véhicule (augmentant au passage sa résistance), ainsi que pour votre vaisseau ou votre personnage. Si le solo se termine en à peine dix heures, il est nettement plus sympathique de le faire en coopération. Un petit mot sur le gameplay qui est, vous l'aurez deviné, très proche de ce que l'on avait connu dans la saga Halo : on sprinte, on glisse (peu utile), on lance ses grenades et on s'accroupit.

Une belle coquille vide ou presque…




Classique mais efficace, malgré quelques armes manquant de pêche et la démarche de votre personnage un chouia lourde. En plus des missions de l'histoire, Bungie a mis en place des assauts à trois joueurs, à la difficulté plus importante, pour aller dézinguer de l'alien et remporter de l'équipement. Ces assauts sont vraiment funs à plusieurs, et quelques (simples) stratégies peuvent être mises en place pour survivre. N'oubliez évidemment pas de ressusciter vos amis morts au combat, car si tous les joueurs y laissent leur peau, c’est retour au checkpoint précédent (ceux-ci sont parfois éloignés et séparés par de nombreuses vagues d'ennemis). Vos amis peuvent être invités via l'écran de votre vaisseau ou via la Tour, le tout étant parfaitement fluide et sans souci technique. Nous n'aurons souffert que d'une seule déconnexion, et en solo qui plus est. Mais cet aspect « MMO » s'avère très vite limité. La Tour, censée être un lieu de rencontre et d'échanges n'est finalement pas l'espace communautaire que l'on attendait, malgré les promesses, la faute à des interactions quasi nulles entre les joueurs. On danse, on s'assoit ou on se fait coucou, et rien d'autre. Pas de bulle de dialogue, pas de phrase pré-écrite ne serait-ce que pour dire "bonjour", "ça va" ou "t'habites chez tes parents ?", et pire, pas d'échange d'objets entre joueurs. Phantasy Star Online, il y a plus de 10 ans sur Dreamcast, faisait nettement mieux en termes d'interactions sociales.

Les joueurs se promènent, vaquent à leurs occupations (marchant d'arme, cryptarque), et se croisent souvent sans se calculer. Il est évidemment possible d'inviter un joueur dans son escouade, mais sans avoir pu faire connaissance. Du coup, on part à l'attaque à trois, on défonce tout le monde, on ramasse quelques armes ou bonus, on se fait un petit coucou et bye bye. Finalement, même si jouer en coop reste fun, le tout reste très froid, bien loin de ce que souhaitaient les développeurs au départ. Jouer avec des amis (des vrais, entendez par là que l'on connaît) reste la meilleure solution. Notez que le studio a commencé et va continuer à mettre en place des événements (assauts ou raids à six joueurs), afin de débloquer certaines récompenses spéciales à des dates précises. Concernant le multi, on reste, une nouvelle fois, dans le classique et à peu près efficace, bien que les joueurs ne soient pas bien nombreux sur les maps. Du deathmatch, chacun pour sa peau ou en team, un mode Domination (3vs3 ou 6vs6), le tout sur une petite dizaine de maps, certes bien ficelées mais un peu petites... On en fait vite le tour, c’est vraiment pauvre, et les affrontements se déroulent la plupart du temps aux mêmes endroits.

Malgré tout, le multi reste fun, un peu déséquilibré lui aussi (les pouvoirs comme l'onde de choc peuvent être utilisés), mais permet de grappiller pas mal de récompenses, même si leur attribution reste souvent aléatoire. Quoi qu'il en soit, le code réseau est tout à fait stable. S'il y a bien une chose sur laquelle Destiny ne peut pas être attaqué, c'est sur son enrobage. Graphiquement, le jeu est tout simplement magnifique et offre des panoramas ultra dépaysants. Il permet également de profiter d’un cycle jour/nuit réussi, avec des effets de pluie, de lumière, d'éblouissement ou de particules superbes. On ne se lasse pas d'admirer les décors dans leurs moindres détails. Venus offre une palette de couleurs étendue, tandis que Mars reste plus terne et plus simple. Dommage que la Terre se résume à une Russie post-apocalyptique, car on aurait aimé un peu plus de variété. Les effets de lumière sont très réussis et vous serez souvent ébloui par un coucher de soleil ou la luisance d'une planète lointaine. Ajoutez à cela une direction artistique de qualité et une bande originale immersive, qui sait quand faire monter la pression quand il le faut. Malgré tout, il est bon de rappeler que le jeu ne propose "que" quatre planètes, et que malgré leur beauté, on en fait trop rapidement le tour.

Point complet
S'il avait été vendu à un prix plus doux, Destiny aurait pu justifier son manque de contenu et son manque d’ambition flagrant (ne nous y trompons pas, la grosse majorité du budget est clairement passée dans le marketing), surtout que l'on sent arriver des DLC à foison. Bungie Software en a gardé sous le coude et de nombreuses zones encore inaccessibles ou vides vont être amenées à s'enrichir. On a beau tenter de se convaincre que le jeu va être amené à évoluer (via du contenu ou des événements), on est malheureusement face à un titre qui est vendu plein tarif, au solo peu engageant et qui se montre trop vite répétitif, malgré la volonté de monter les niveaux et de trouver des équipements légendaires. On traverse encore et toujours les mêmes zones, pour nettoyer de la carte des ennemis dotés d'une I.A. au ras des pâquerettes, en espérant dénicher quelques améliorations. En l'état, si Destiny reste un FPS magnifique, accessible et au multi aussi efficace que basique, on est loin, très loin des promesses initiales, aussi bien au niveau du contenu que des interactions entre les joueurs. C'est dommage, car Destiny est un jeu que l'on a envie d'aimer, mais qui finit malgré tout par nous décevoir tant les quelques idées (en rien originales) implantées sont sous-exploitées.

On a adoré :
+ Direction artistique superbe
+ Effets (lumière/eau) magnifiques
+ Bande originale de qualité
+ Gameplay accessible
+ Faire évoluer son personnage
+ Le jeu en coopération
+ Amené à s'enrichir (événements)
+ Multi efficace et stable…
On n'a pas aimé :
- Mais basique et un simple 6v6
- Peu de maps, petites en plus
- On sent venir de nombreux DLC
- Trop cher pour le contenu proposé
- Missions trop répétitives
- L'histoire, sans intérêt
- I.A. risible
- Peu de coffres/objets à dénicher
- Seulement quatre destinations
- La Terre résumée à la Russie
- Absolument tout est sous-exploité


Consulter les commentaires Article publié le 22/09/2014 par Lionel B.



 
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