Test Demolish & Build - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Développeur
Noble Muffins
Genre
Simulation
Statut
Disponible
Date de sortie
  03.07.2020
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
19,99 €

En 2018, Noble Muffins et Ultimate Games ont offert la possibilité aux joueurs PC de devenir des entrepreneurs virtuels spécialisés dans la destruction et la construction grâce à leur Demolish & Build 2018 (vendu un peu plus de 8€). Un peu moins de deux ans plus tard, en janvier 2020, le titre a été porté sur Nintendo Switch, avec une belle augmentation tarifaire, le titre passant à 14,99€. Quelques mois plus tard encore, c’est un nouveau portage qui sort de terre… Ainsi, Demolish & Build est arrivé sur nos Xbox One le 3 juillet dernier. Reste à voir si les fondations sont solides…

Multiplier les chantiers, ça a un coût…



Avant même de parler du jeu, si nous avons évoqué les tarifs dans l’introduction de cette critique, c’est parce que nous avons la surprise de constater que la version Xbox One de Demolish & Buid est affichée à 19,99€… Donc, si on récapitule, on constate, hors promotions, que la version Switch est 25% moins chère et que la version PC est environ 60% moins chère… On peut donc alors penser que ce portage Xbox One a bénéficié d’un soin tout particulier au niveau visuel. Clairement, ce n’est pas le cas. Les visuels sont issus de la fin de l’ère Xbox ou rappellent les jeux à petit budget du début de l’ère Xbox 360, sans parler des chargements qui sont longuets. Les modélisations sont assez grossières, les bugs de collisions sont légion, les animations sont limitées et le moteur physique est d’une extrême simplicité. Dès le lancement de la partie, on peut choisir notre avatar parmi quelques modèles proposés, aussi bien féminins que masculins. Mais le choix est assez anecdotique car cela ne change rien dans le jeu, surtout que nous évoluons en vue à la première personne. Il n’y a que les moments durant lesquels on prend le robot téléguidé qui permettent de voir notre avatar faire le piquet avec les commandes dans les mains.

Pour le reste, si on voit la main de notre personnage lorsqu’il manipule les outils, celles-ci disparaissent totalement quand il s’agit de saisir des éléments (barils, pneus, ferrailles…), lesdits éléments lévitant alors devant notre personnage. Pire, il y a un aliasing assez présent dès que nous sommes en mouvement, les textures sont pauvres et les environnements sont dépeuplés, seuls quelques véhicules horribles circulant, tandis que les piétons sont aux abonnés absents. Il y a bien un PNJ de temps en temps auquel parler, mais c’est tout. Et nous ne parlons même pas de l’épais brouillard qui envahit la map, celui-ci essayant de masquer une faible distance d’affichage et des éléments qui pop… Côté sonore, le constat est un peu meilleur. Les bruitages liés au chantier sont relativement réussis, tandis que tous les autres ont été faits au rabais. Quant à la bande-son, elle se révèle lorsqu’on prend un véhicule, avec la possibilité d’alterner entre les chaînes radio. Celles-ci passent des musiques aux styles variés. On aime ou non mais au moins ça donne un semblant de vie. Dommage que les pistes soient peu nombreuses, ce qui fait que l’on en vient rapidement à couper la radio du véhicule.

Y a des fondations ?



Clairement, au niveau de la forme, Demolish & Build ressemble à une vieille ruine qui mériterait d’importants travaux. On se doute forcément que le budget devenait être minimaliste pour un jeu de niche… Reste alors à voir si les développeurs ont tout de même réussi à intégrer de bonnes idées et à assurer le gameplay. Lorsque vous lancez le jeu, vous êtes un ouvrier à la solde d’un entrepreneur. Celui-ci vous vire assez rapidement par téléphone. Vous n’avez pas alors d’autre choix que de montrer votre propre entreprise. C’est donc armé d’une masse que vous allez devoir attaquer vos premiers chantiers. Concrètement, il faut détruire des éléments à coups de masse et récupérer des déchets pour les mettre dans une benne à proximité. Cela vous permettra d’empocher l’argent des chantiers, et même de récupérer des bonus. Avec l’argent, vous allez pouvoir acheter du matériel (clé, chalumeau, marteau-piqueur, explosifs, cloueuse, scie à métaux…) et des véhicules (robot, excavatrice, bulldozer, camion cargo, compacteur, bétonnière…), ce qui vous permettra d’honorer de nouveaux chantiers et ainsi d’empocher toujours plus d’argent. Bien sûr, pour utiliser les véhicules, certains n’étant accessibles que dans les environnements suivants, il faut passer un permis. Rassurez-vous, il n’y a rien de compliqué, il faut juste passer quelques points de contrôle et apprendre à maîtriser les rudiments de leur utilisation en remplissant une tâche ou deux.

Permis en poche, vous pouvez les utiliser comme bon vous semble. Si vous souhaitez participer à tous les chantiers, vous allez devoir investir. S’il vous manque un outil ou un engin, vous n’aurez pas accès au chantier en question. Ne comptez pas non plus emporter les véhicules d’un environnement à l’autre, seul votre pick-up vous accompagnera. Les véhicules vous permettront également d’acheter des ressources, comme du bois, des briques, etc., pour accomplir certaines constructions. Outre les chantiers sur lesquels vous allez intervenir (de toute façon aucune concurrence ne vous les subtilisera), vous pouvez acheter certains terrains pour construire des habitations à louer. Ainsi, vous pourrez acheter des parkings ou encore des maisons qui vous rapporteront régulièrement une petite rente. Bien entendu, comme dans la vraie vie, vos biens demanderont d’être entretenus. Ce sera donc à vous de vous déplacer pour venir faire le nécessaire ou d’employer des ouvriers à assigner aux chantiers. A vous de voir si vous voulez perdre du temps mais économiser de l’argent ou gagner du temps en investissant dans du personnel permettant de multiplier les tâches. Par contre, à vous d’aller sur les chantiers urgents (en gros pour débarrasser la route d’obstacles) pour empocher rapidement une coquette somme. Cela dit, les employés ont un coût mais ils ont également un système d’étoiles qui fait qu’un ouvrier de niveau 1 ne peut être attribué qu’à un chantier de niveau 1 et ainsi de suite. Vous allez donc rapidement devoir investir dans des employés de niveau 3 ou 4 par exemple pour entretenir vos biens qui vous rapporteront le plus.

Ou du moins de bonnes intentions ?



Même si les menus sont très austères, ils permettent de profiter d’un aspect gestion plutôt agréable. Comme Demolish & Build est présenté comme une simulation, il y a plusieurs éléments à prendre en compte. Ainsi, pour vos engins, il faut faire attention à l’essence. Si vous êtes en panne d’essence sur un chantier, vous allez devoir faire le plein en passant par le menu, ce qui vous coûtera plus cher que de passer par une station service. Lors des chantiers, il faudra faire attention à certains pièges qui pourraient endommager certaines parties de vos engins, comme une chenille, un pneu ou votre châssis. A vous alors de payer pour changer l’élément ou de sortir votre clé ou votre chalumeau pour réparer le châssis. De même, certains engins peuvent être équipés d’accessoires, dont certains à acheter. Par exemple, votre excavatrice pourra être équipée d’un crochet pour faire grue ou encore d’un piqueur pour détruire certains éléments. Certains moments sont même plutôt jouissifs comme lorsqu’on détruit une grosse bâtisse avec un boulet de démolition ou encore que l’on fonce droit devant avec son bulldozer ou qu’on profite des explosifs pour se faciliter la vie lors d’une destruction… Mais il y a également beaucoup de moments frustrants avec des véhicules qui ne répondent pas toujours au doigt et à l’œil, des éléments peu résistants (clôtures, poteaux, pneus, etc.) qui ne bougent pas d’un iota parce qu’ils n’ont pas été programmés pour bouger et des véhicules qui se plantent dans le décor sans raison. Vous avez beau avoir un bulldozer, si celui-ci est destiné à défoncer le mur de la maison, vous aurez beau foncer sur le petit grillage à côté, votre engin se bloquera. Les interactions sont ultra scriptées, il faut faire avec.

De même, pour limiter les poussières, avant de démolir une bâtisse, il est bon de prendre un tuyau lié à une bouche d’incendie et de tout arroser, et ce même si le tuyau passe à travers tous les murs. Pour se déplacer, comme nous l’avons souligné, nous avons un pick-up à disposition. Celui-ci permet de découvrir les propriétés et chantiers de la carte, d’aller dans des endroits marqués d’un cercle vert pour découvrir des matières à collecter (comme des vieilles voitures à désosser) avant de les revendre aux endroits appropriés. Pour vous faciliter la vie, les développeurs ont ajouté une carte et deux possibilités. La première, c’est celle de fixer un marqueur pour savoir où se rendre. La deuxième, c’est de prendre un taxi, ce qui se traduit par une téléportation en jeu, pour aller près d’un lieu ciblé… Mais pour faire cela, il faut l’avoir découvert au préalable ou se rendre sur un lieu proche que l’on a déjà découvert. En somme, cela va vous économiser du temps et de l’essence dans votre pick-up. En plus, il y a une tonne de panneaux « parkings » qui permettent de se faire livrer le véhicule de son choix, pour peu qu’on le possède. De quoi faciliter la vie du joueur au détriment de la simulation. Dans tous les cas, l’entreprise doit continuer, grossir, ouvrir de nouveaux bureaux dans les autres environnements (il y en a quatre au total) et passer de la notation E à la notation A, ce qui vous prendra plus d’une bonne vingtaine d’heures, à moduler selon que vous utilisiez les déplacements rapides ou ceux en véhicules, ou encore que vous refassiez plusieurs fois les mêmes chantiers. Si nous pouvons vous donner quelques conseils, nous vous invitons à vous faire le maximum d’argent dès la première zone, avant d’aller dans la suivante, et nous vous encourageons à prendre le temps de découvrir tous les éléments de la map d’un coup pour vous permettre par la suite de vous déplacer rapidement là où vous souhaitez.

Point complet
Demolish & Build fait partie de ces projets de niche orientés simulation qui visent un public bien précis. Du coup, il n’est pas surprenant de voir que le budget alloué doit être assez proche du néant, ce qui explique que tout l’enrobage est complètement dépassé. Nous avons arrêté de compter les bugs, les incohérences et tout ce qui nuit à la notion de simulation. Il serait donc facile de démolir le jeu, de dire que c’est moche, ennuyant, répétitif à souhait, etc. Mais ce serait injuste vis-à-vis des développeurs qui ont malgré tout fait preuve de bonnes intentions. C’est agréable de voir les outils et engins intégrés pour l’occasion, le gameplay, malgré une grosse rigidité et des bugs, offre quelques moments plaisants. Dommage que ceux-ci soient vite contrastés par tout autant de moments frustrants. En tout cas, les développeurs ont essayé de soigner l’aspect gestion de l’entreprise, avec les ouvriers à embaucher et à affecter aux chantiers, avec les matières premières à récolter et à revendre avant d’en acheter d’autres, ou encore avec les propriétés à s’offrir, après avoir fait quelques tâches, pour générer de l’argent… Et ça, c’est vraiment bien. Demolish & Build n’est clairement pas un jeu à mettre entre toutes les mains mais il arrivera probablement à trouver son « petit public », du moins lorsque le prix sera révisé. Reste qu’il est assez honteux de voir qu’il est vendu 5€ de plus que la version Switch et plus du double de la version Steam, et ce sans justification apparente.

On a adoré :
Plusieurs véhicules et outils
Quelques phases de jeu sympa
Certains bruitages réussis
Un aspect gestion appréciable
Chantiers parfois variés
Bonne durée de vie
Les voyages rapides
On n'a pas aimé :
Visuellement, c’est une ruine
Des bugs à gogo
On coupe vite la radio
Souvent frustrant
Menu austère
Gameplay très rigide
Refaire les mêmes chantiers
Une version One plus chère…


Consulter les commentaires Article publié le 20/07/2020 par Vincent P.



 
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