Test Chorus - jeux vidéo Xbox

XBOX GAMER
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Editeur
Deep Silver
Genre
Shoot them up
Statut
Disponible
Date de sortie
  03.12.2021
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
39,99 €
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Si nous vous parlons de Michael Schade et de Christian Lohr, il est fort probable que ces deux noms ne vous parlent pas forcément. Pourtant, ce sont les fondateurs du studio allemand Fishlabs qui a été racheté par Koch Media (et est associé au label Deep Silver) auquel on doit une licence de jeux de tir spatiaux, Galaxy on Fire, qui a brillé sur mobiles avant d’atterrir sur Nintendo Switch (avec le troisième volet Manticore)… Mais le duo est aussi connu pour avoir fondé un autre studio, Rockfish Games, auquel on doit la licence Everspace. Il n’était donc pas très étonnant de voir en août dernier que le nouveau jeu de Fishlabs était un jeu de tir se déroulant dans l’espace… Chorus, c’est son nom, mise beaucoup sur un gameplay arcade accessible et sur une narration plus poussée que d’ordinaire pour se faire remarquer. Pari réussi ? C’est ce que nous allons voir avec notre critique de la version digitale fournie par l’éditeur et testée sur Xbox Series X.

Et on Nar(r)a son histoire…



Uniquement dédié au jeu en solo, Chorus demande de se glisser dans la peau de Nara, un personnage au lourd passif. Après avoir gagné en puissance et en dangerosité aux côtés du Grand Prophète pour le compte du culte du Cercle, elle accomplit l’acte de trop qui va lui imposer une remise en question. Elle cache donc son vaisseau, le Forsaken, et se défait de ses habiletés pour devenir une simple pillarde qui œuvre dans un vaisseau peu glorieux aux côtés de l’Enclave. Seulement voilà, sept ans plus tard, alors que le Cercle s’en prend à l’Enclave, Nara fait volte-face et décide de retrouver son vaisseau, ses pouvoirs et de partir en croisade contre le Cercle dans une quête de rédemption. Personnage torturé, elle en vient même régulièrement à se chuchoter à elle-même des remarques plus ou moins pertinentes (mais souvent moins tout de même). Si l’histoire est plutôt banale dans le fond, on ne peut pas s’empêcher de souligner le gros effort de scénarisation qui a été fait, d’autant que les développeurs ont rajouté quelques couches sympathiques pour introduire le système religieux et des aspects spirituels et mystiques plus poussés. Mieux, au fil de la progression, en plus des dialogues des missions principales, Nara est amenée à effectuer des quêtes secondaires optionnelles qui permettent d’approfondir le lore, en plus de souvenirs à découvrir. On regrette en revanche que les quelques choix moraux présents au tout début de l’aventure disparaissent complètement ensuite.

Certes, ça parle beaucoup, c’est parfois verbeux et même parfois pompeux, mais dans l’ensemble, cela permet d’avoir un gros fil rouge assez développé auquel se raccrocher pour donner envie d’aller jusqu’au bout. Le seul souci, c’est que les dialogues sont an anglais et que le mixage sonore n’est pas toujours optimal, ce qui fait que les sous-titres (disponibles en français) sont à privilégier. Mais, comme ça parle beaucoup et parfois lors de moments tendus, il est parfois pénible de devoir s’attarder sur la lecture quand on ne fait pas le choix de volontairement ignorer une partie d’un dialogue pour se concentrer sur l’action. Cela est d’autant plus vrai que Forsaken, le vaisseau de Nara donc, est doté d’une conscience. Il va donc lui aussi parler, avec quelques interventions plutôt réussies qui permettent d’approfondir aussi bien sa « personnalité » que celle de sa pilote. Petit plus pour l’accessibilité, la taille des sous-titres (configurée de base sur petite) peut être modifiée, tout comme il est possible de désactiver le post-processing de l’interface (pour enlever certains effets visuels superflus) ou encore l’affichage des repères de cible. Si le mixage sonore n’est pas toujours idéal comme nous l’avons signalé, il n’en reste pas moins que les développeurs ont bien travaillé sur le sound design. Avec un bon casque notamment, il est très agréable de pouvoir écouter tous les bruits qui proviennent de l’univers que l’on parcourt, des voix aux bruitages en les géolocalisant. Cela est immersif, surtout lorsqu’on fait bien attention aux bruits des vaisseaux ennemis pour les localiser.

Côté rendu, si on peut regretter quelques textures un peu en deçà ci et là ou un certain clipping lorsqu’on se déplace à la vitesse maximale, il faut bien reconnaître que c’est vraiment pour chipoter tant le travail réalisé est bon et propre. Les environnements sont magnifiques et assez différents les uns des autres, il y a beaucoup de détails et ils offrent des rendus incroyables que l’on peut immortaliser avec le mode Photo (avec quelques filtres, possibilité d’enlever les éléments du HUD, de replacer le vaisseau, etc.). Le design du Forsaken est aussi très réussi, tout comme celui de Nara qui a une certaine personnalité. Les vaisseaux ennemis sont généralement réussis, certains étant plus inspirés que d’autres. En revanche, on arrive à en prendre plein la vue avec les effets de lumière et les effets visuels lors des combats. Dommage par contre que les grands espaces manquent souvent de vie, les vaisseaux ennemis apparaissant au lancement d’une mission. Bien entendu, si on peut profiter de tout cela en 4K avec le mode Qualité, nous avons préféré parcourir la majorité du jeu en mode Performances pour profiter d’un frame rate à 60 images par seconde. Ce choix s’inscrit dans la volonté de profiter au maximum du dynamisme du gameplay.

Une danse cosmique

En effet, les développeurs ont fait le choix d’opter pour un gameplay résolument arcade. Une gâchette pour la poussée, l’autre pour utiliser l’arme active, un clic sur le stick droit pour passer en vitesse sublimique (s’utilise pour se rendre d’un point d’intérêt à un autre histoire d’aller plus vite tant il y a de kilomètres à parcourir – la vitesse peut être accrue en utilisant des portails spécifiques), la croix directionnelle pour passer de la gatling aux lasers ou aux missiles (le vaisseau ne peut utiliser qu’une arme à la fois), voilà vous avez la base pour pouvoir jouer. Bien entendu, il y a plusieurs subtilités à prendre en compte. La première, c’est que l’utilisation de l’arme est limitée. Par exemple, plus vous tirez à la gatling, plus elle chauffe, plus la cadence de tir est réduite. Ainsi, le titre demande d’alterner entre les armes pour leur permettre de retrouver leur plein potentiel avec un court temps de mise au repos. La deuxième, c’est que le vaisseau dispose de deux couches de protection : le bouclier et la coque, en somme la barre de protection et la barre de vie.

La troisième, c’est que Nara va débloquer au fil de l’aventure des rites qui vont lui permettre de gagner en puissance. Ainsi, elle va débloquer le rite du sens qui va permettre d’une simple pression sur A de scanner la zone de jeu et d’indiquer d’une flèche tous les points d’intérêt, des collectibles à ramasser (crédits, pièces, souvenirs) aux objectifs, le rite du chasseur qui va lui permettre d’une simple pression sur B de se positionner parfaitement derrière un ennemi après une courte téléportation avant de l’allumer, le rite de la tempête qui permet de désorienter un ennemi et par la même occasion de désactiver son bouclier, le rite de l’étoile pour transpercer des structures définies ou défoncer des essaims de Sans-Visages et, pour finir, à la toute fin de l’aventure, le rite du contrôle pour prendre le contrôle d’une ennemi et l’envoyer sur un autre pour une belle collision destructrice. La quatrième, qui renforce le côté arcade, c’est la possibilité de dériver. En somme, à partir d’une certaine vitesse, on peut appuyer sur une gâchette pour que notre vaisseau devienne parfaitement maniable par rapport à un axe vertical. Il peut ainsi prendre des virages très serrés, voire se retourner quasi instantanément sur lui-même. Bien entendu, cela favorise les manœuvres de déplacement et permet de donner un certain avantage lors des affrontements pour continuer à canarder un vaisseau que l’on vient de dépasser en se retournant aussitôt. La cinquième, c’est que le vaisseau peut être amélioré. Avec les collectibles, on peut équiper une meilleure arme (l’arme reste identique, laser, missile ou gatling, mais ses caractéristiques sont meilleures) et il dispose de trois emplacements pour équiper des éléments favorisant l’attaque ou la défense. On peut même équiper un module de nanorobots bien pratique qui permet de réparer la coque du vaisseau d’une simple pression sur la croix directionnelle basse.

Bien entendu, un cooldown est de la partie pour éviter d’en abuser. Une jauge de pouvoir permet également de limiter le spam des rites même si elle se recharge assez vite et que certains nuages violets permettent de la recharger instantanément. La sixième et dernière subtilité, c’est que les développeurs ont intégré un système de maîtrises qui fait que plus on utilise une fonctionnalité, plus on monte en niveau (jusqu’à 5), plus on profite de quelques bénéfices. Par exemple, en ayant la maîtrise de la gatling au niveau maximal on réduit de 20% sa surchauffe. En couplant cela à d’autres éléments à équiper, on peut encore optimiser cela jusqu’à avoir des tirs quasi infinis en continu… Toutes ces subtilités mises bout à bout donnent un gameplay à la fois très accessible et en même temps plus complet qu’il n’y parait. Seulement voilà, on profite réellement du jeu après la première heure qui camoufle bien maladroitement un tutorial un peu trop long et basique. Certes, il a le mérite de développer l’histoire et de permettre de se faire la main, mais ce n’est que lorsqu’on récupère le Forsaken que l’on commence réellement à apprécier le dynamisme des affrontements. Plus exactement, c’est une fois le rite du chasseur obtenu que le plaisir est palpable. Certes, ce rite est un peu considéré comme de la triche et le rite de la tempête va vite évincer l’utilisation des lasers, à tel point que l’on termine le jeu en n’utilisant pratiquement plus que la gatling et les missiles, mais il est jouissif. En plus, avec ses divers niveaux de difficulté, dont un niveau avec une mort permanente, Chorus arrivera à satisfaire plusieurs profils.

Je te perturbe, je te chasse, je t’explose

Les combats gagnent en intensité et dynamisme au fil de la progression mais ils perdent également en difficulté lorsqu’on arrive à bien jouer avec les rites et les armes. Seuls les boss viennent pimenter les parties avec des combats plus longs et bien plus tendus. En revanche, les gros vaisseaux à détruire en plusieurs fois en attaquant leurs cellules énergétiques notamment sont franchement décevants. Ils restent plantés sans bouger, activant juste quelques pauvres tourelles de défense. D’ailleurs, petite curiosité du gameplay, pour esquiver une attaque, on peut utiliser le stick gauche pour faire vriller le vaisseau sur lui-même. Vous verrez que cette manœuvre devient vite salvatrice lors des boss. Pour revenir sur le point de la difficulté, notons également que nous nous sommes attardés sur un bon paquet de missions secondaires. Si elles sont plutôt répétitives et parfois peu intéressantes (chercher des souvenirs, faire la course avec un vaisseau, défendre une zone, protéger un vaisseau en mode escorte), il n’empêche qu’en plus d’enrichir le lore, elles permettent de gagner des crédits et/ou des éléments supplémentaires. De quoi équiper rapidement son vaisseau et devenir ainsi plus puissant. Il en va de même en ramassant les fragments de rite qui permettent à Nara de gagner encore plus en puissance. Autant dire que les ennemis de base, même ceux avec un gros bouclier, finissent par rapidement exploser sous vos assauts.

En revanche, cela n’enlève pas quelques échecs, majoritairement dus à des crashs dans le décor, surtout lors des phases en milieux étroits (nous avons une pensée toute particulière pour le passage contre le boss situé au milieu de l’aventure). Bien entendu, les développeurs ont compensé ce point par quelques astuces, comme l’intégration d’un chronomètre pour certains objectifs ou encore des assauts incessants sur notre vaisseau tant que nous n’avons pas rempli l’objectif principal. Petit plus, pour varier les plaisirs, le Forsaken n’est pas le seul vaisseau que l’on contrôle… De fait, en fonction de votre volonté d’aller à l’essentiel ou d’explorer l’ensemble des environnements ouverts, de la difficulté choisie et de votre habileté, vous pouvez compter entre un peu plus d’une quinzaine et d’une vingtaine d’heures pour en voir le bout. Nous avons dépassé de peu les 20H pour notre part pour profiter du lore, ce qui nous a fait multiplier les missions annexes, qu’elles soient présentes sur la carte ou découvertes en se rendant vers un objectif. Autant dire que pour un jeu à 39,99€, le rapport durée de vie / prix est vraiment bon.

Point complet
S’il rappelle à bien des moments un certain Everspace, le côté rogue-like en moins, Chorus arrive tout de même à créer une belle surprise et à développer sa propre identité grâce à un gameplay arcade jouissif et à un énorme effort de scénarisation qui ajoute quelques surcouches intéressantes à une quête de rédemption vue et revue. Loin d’être sans défauts, comme en atteste la critique que vous venez de lire, Chorus arrive tout de même à nous charmer avec ses environnements différents travaillés, avec ses panoramas à couper le souffle, avec ses effets visuels très agréables… Mais également avec son gameplay qui offre une montée en puissance tout au long de l’aventure grâce à des rites qui renouvellent les affrontements pour compenser le fait qu’il n’y ait que trois armes différentes de base. En plus, pour 39,99€, si vous vous attardez sur les quêtes annexes, au moins pour développer le lore à défaut de gagner en originalité sur les objectifs, vous en aurez pour votre argent. Avec une bonne vingtaine d’heures de jeu au compteur (un peu moins pour ceux qui traceront les objectifs principaux), il offre une sacrée aventure dynamique et des boss qui demandent une certaine maîtrise de son vaisseau et des différents outils à sa disposition pour en venir à bout. Par contre, si certains vont être embarqués dans l’aventure dès les premières minutes, d’autres devront passer une première heure poussive qui masque maladroitement le tutorial pour commencer à réellement en profiter. Enfin, n’hésitez pas à monter la difficulté dès le début pour avoir un défi à relever, la montée en puissance de Nara étant aussi jouissive qu’elle facilite les affrontements de base, et ce malgré les astuces mises en place par les développeurs. En revanche, le mode avec la mort permanente est à réserver aux plus téméraires ou, plus idéalement, pour un deuxième run.

On a adoré :
Rendu très propre
Le mode Performances
Vraiment joli
Sound design de qualité
Durée de vie solide
Mode Photo bien foutu
Plusieurs difficultés
Gameplay arcade efficace
Belle montée en puissance
Des boss retors
Un lore travaillé
Gros effort de scénarisation
On n'a pas aimé :
Intérêt de certains dialogues limité
Tutorial poussif pendant 1H
Quêtes annexes vite répétitives
Manque parfois de vie
Manœuvrer dans les espaces restreints
Mixage sonore pas optimal
Défi en baisse lors des dogfights


Consulter les commentaires Article publié le 18/12/2021 par Vincent P.



 
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