Test Call of Duty Black Ops : Cold War - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Editeur
Activision
Développeur
Treyarch
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  13.11.2020
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
69,99 €

Call of Duty. Chaque année, comme pour Mario ou FIFA, on a le droit à notre nouvelle cuvée. Cette année, c’est Treyarch qui s’occupe de nous fournir notre dose. La licence, qui a connu un sacré essoufflement ces dernières années, est revenue sur le devant de la scène avec un Modern Warfare plutôt bien accueilli, d’une part par la critique, d’autre part par le public. Ceci mettait donc un sacré poids sur les épaules de Treyarch. Qu’avons-nous pensé de l’histoire, du multijoueur ou encore du mode Zombie ? La réponse est dans les lignes qui suivent…

Hey, Paul, tu suis la recette, hein ?



Commençons logiquement en portant notre première attention sur le mode solo de ce Call of Duty : Black Ops Cold War. Vous pouvez vous plonger dans la peau de la nouvelle recrue de l’équipe du Black Ops. Non, perdu, ce n’est ni Soap, ni « le bleu », il est connu sous le curieux sobriquet de « Bell ». Première surprise, vous pouvez choisir l’identité et le sexe de votre personnage. En gros, rien de bien folichon car malgré votre choix d’origine (CIA, KGB, MI6) et de sexe, vous êtes très peu sollicité, et ce même s’ils ont rajouté des dialogues avec choix-multiples. Cela a au moins le mérite d’immerger un poil plus le joueur en lui faisant croire que ses actes ont une importance majeure dans l’évolution du titre… Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque l’orientation vers l’une des trois fins différentes se décide réellement à la toute fin du jeu. L’intérêt de cet ajout n’est donc que très minime. Vous êtes beaucoup plus sollicité au niveau de l’action, puisque, Call of Duty oblige, c’est vous qui devez exploser les portes, descendre en rappel, ouvrir la marche, étendre le linge à chaque fois qu’il se passe quoi que ce soit, bref vous êtes l’élu. Il y a même un moment, juste avant une course-poursuite, durant lequel l’un de vos coéquipiers lâche un « Bell est volontaire », sans vous demander quoi que ce soit. Un Call of Duty comme un autre ! Une équipe de cinq Avengers partant aux quatre coins du monde pour dérouiller de vilaines organisations terroristes émergentes, bien souvent des russes, avec un grand méchant très, très vilain qui porte un nom de code bien badass (ici c’est Perseus)… Et dans cette équipe, c’est bien souvent vous (et bien souvent le dernier arrivé dans l’équipe) qui a la tâche de faire 95% du boulot. Pas de doute, la recette est appliquée à la lettre, même lorsque quelques scènes viennent inclure l’IA alliée, avec une ouverture de porte qui part sur une scène scryptée durant laquelle le gros costaud de l’équipe se bat avec un type masqué qui attendait depuis quatre heures derrière la même porte en entendant la moitié du quartier se faire décimer par votre bonne équipe.

C’est du grand spectacle, en effet, on ne peut s’en plaindre, mais c’est trop souvent le « même spectacle ». Le titre propose des séquences diverses et variées, on ne peut lui reprocher cela d’ailleurs. Il offre même certaines idées intéressantes, comme des bornes d’arcade disséminées ici et là dans les niveaux. Vous pouvez jouer à de très vieux titres très simplistes en plein milieu d’une fusillade, ce qui est plus ou moins fun. On a aussi droit à un niveau à choix multiple pour arriver à infiltrer notre équipe Black Ops dans un bâtiment. Mais dans la globalité, on ne ressent pas de « nouveauté » à proprement parler, au contraire. Pour vulgariser, si vous prenez les différents Call of Duty et que vous les mélangez bien fort, vous obtenez ce nouvel opus, compilant tous les bons et mauvais points de ces dernières années : L’organisation secrète qui met la main sur des restes de la CIA ou du FBI (voire des deux) et qui menace de détruire la moitié du monde libre en utilisant la puissance américaine contre elle-même au risque de faire passer Big Daddy pour le grand méchant devant le monde entier. Le méchant emblématique qu’on a vu au Kossovo, à Berlin et chez Darty, mais dont on ne connait pas l’identité. La squad ultime de gros nerveux façon Expendables qui a été présente lors des 8342 derniers conflits mondiaux au cours de ces 30 dernières années (pas de repos pour les braves), mais qui tient encore une forme d’enfer et qui va combattre les grands méchants aux quatre coins du monde en faisant des allers/retours entre la planque et les terrains d’opération sur 25 minutes. Les agents dormants, les agents au passé sombre et inconnus qui se dévoilent au fur et à mesure, le brainwashing, les agents doubles, les trahisons, les coups de poker, les retournements de situation… Prenez tout ça, mélangez bien, vous avez droit à un Call of Duty Black Ops Cold War d’une originalité très négligeable.

En revanche, le titre a été travaillé, le game design est propre, la narration se veut convaincante, les animations, la modélisation des personnages, les réactions, les visages, on sent que les développeurs ont fait des efforts. Seulement, après autant d’épisodes, l’aventure solo ne sort pas des sentiers. Il y a de l’action, du rebondissement mais ce sont toujours les mêmes grosses ficelles qui sont utilisées, et ce même si le joueur a le choix de ses missions jusqu’à un certain point. En gros, vous choisissez quelle mission faire avant laquelle. Il vous est demandé de récolter des indices et deux missions bonus ont été ajoutées mais tout ça n’apporte qu’un infime intérêt, d’autant qu’avec ou sans indice, vous continuerez d’avancer. Le bon point, c’est que vous nêtes jamais à court de surprises. Aucune mission ne ressemble à une autre et les situations ne manquent pas d’être diverses. De la conduite d’hélicoptère à la course-poursuite sur les toits en passant par la fuite en Pick Up, on peut en vouloir du trop plein de tout, mais quand on se laisse simplement porter par l’action, on a en effet un très bon ressenti. On peut conclure sur cette campagne en se penchant sur l’IA, très peu convaincante. Il faut comme dans tout Call of Duty commencer le jeu en difficulté Vétéran au minimum pour ne pas trop s’ennuyer. On sent que les studios ont voulu mettre la barre haut. Beaucoup d’idées, beaucoup de volonté mais on termine l’aventure avec une sensation de trop plein. Trop plein de tout et pas assez de crédibilité. Dommage, il n’y a pas assez d’immersion dans cette campagne qui aurait pu être un très beau moyen de continuer à relancer les Call of Duty après l’excellente campagne de Modern Warfare. On se contente de la traverser, sans s’y attarder, sans déplaisir pour autant, pour plutôt se tourner vers le point phare de tout bon COD : son multijoueur.

Le but, c’est que tout le monde crève

Qui dit Call of Duty, dit multi. Et malgré l’essoufflement certain que connait la série ces dernières années, on ne pouvait que porter de grosses attentes à ce Cold War après le regain d’intérêt qu’a connu la licence l’année dernière avec la sortie d’un controversé Modern Warfare, et du Battle Royale, le Warzone qui fait fort parler de lui aussi. Cependant, après plus d’une vingtaine d’heures passées sur ce multijoueur, on en ressort encore avec un avis plus que mitigé. On est heureux dans un premier temps de se rendre compte que la vitesse est de mise. Le jeu est vif et les kills peuvent être enchaînés facilement, en ayant le skill nécessaire, évidemment. La mobilité du joueur est un point essentiel et le rush est plus que conseillé, si on ne veut pas enchaîner les morts prématurées. Chaque partie est plus ou moins dynamique et il faut donner de sa personne pour chaque mode de jeu pour enchaîner les kills ou capturer les objectifs. Cependant, on dénote un manque de feeling, tant sur le recul des armes que sur leurs bruitages. Les efforts qui avaient été faits sur l’épisode précédent manquent cruellement ici. On a vite fait de comparer le jeu plus à une partie d’airsoft qu’à un jeu de guerre, ce qui n’est pas forcément désagréable en soi mais ça enlève un certain cachet au titre, d’autant que chaque année les joueurs demandent de la sensation, ils veulent de l’immersion. Ressentir les tirs, les entendre. Et cette année, on se retrouve avec un feeling finalement pauvret. Une bonne mobilité, un titre vif qui perd de sa superbe à cause d’un manque d’intérêt porté sur le réalisme. On se retrouve alors avec un jeu plutôt porté sur l’arcade auquel il manque clairement du panache. A noter aussi qu’il n’est pas possible de se pencher sur un coin de mur ou de défoncer une porte en entrant dans une pièce, ce qui reste tout de même frustrant.

On peut donc tenter de s’en foutre plein la tronche sur huit différentes cartes, chacune permettant de s’en donner à cœur joie sur les différents modes de jeu proposés (Match à mort par équipe, Mêlée générale, Domination, Recherche et destruction, etc.). Cependant, très rapidement on se rend compte de plusieurs problèmes. En premier lieu, l’avantage de certains points spécifiques pour une équipe ou l’autre dans certaines portions de carte. Une seule entrée d’un côté, un long couloir avec différents points d’entrée de l’autre. Vous l’aurez compris, une équipe avantagée attendra simplement que l’autre équipe vienne se jeter dans la seule option possible pour aller essayer de déloger un ou plusieurs joueurs plutôt toxique(s) qui tirent avantage d’une telle inégalité. Certains modes de jeu pallient ce problème en séparant la partie par une mi-temps pour changer les équipes de côté, ce qui est une très bonne idée... Mais sur les modes de jeu plus classiques, comme le match à mort ou la mêlée générale par exemple, démarrer la partie d’un côté de la carte signifie bien souvent que la partie est gagnée ou perdue d’avance, ce qui est somme toute considérablement frustrant.

Puis il faut aussi compter sur le manque de place. L’espace est bien souvent séparé en couloirs, ce qui favorise le pistolet mitrailleur à tout autre type d’armes. Le fusil à pompe aussi éventuellement, mais avec le manque de sensations que procurent les armes, il est bien moins fun de s’armer d’un pompe que d’un PM. Ajoutez à cela un système de réapparition qui relève du masochisme et on tient là un trio de soucis bien trop conséquent. En effet, il n’est pas aisé de survivre à une seconde mort après en avoir subi une deuxième. Les cartes et leurs recoins sont bien trop permissifs sur la possibilité d’attendre et d’abattre les ennemis qui viennent à peine de réapparaitre. En général, quand l’une ou l’autre des deux équipes qui s’affrontent prend un minimum l’avantage, la partie tend doucement à glisser vers un sens unique. L’avantage premier permet à ceux qui le prennent de contourner et d’organiser les spawnkill en se plaçant aux points stratégiques. Ainsi, c’est plus ou moins excitant quand on se retrouve à enchaîner les kills sans grande difficulté, mais ça devient très rapidement frustrant quand on est dans l’équipe qui subit. On peut tenter de se changer les idées sur le mode bombe sale, dans lequel plusieurs équipes de 4 joueurs se battent pour amorcer des bombes sur une carte bien plus grande… Mais après deux ou trois parties sur ce mode de jeu, on arrive très vite à se lasser et à vouloir autre chose.

Au niveau de l’armement, des équipements et atouts, il n’y a pas à se plaindre, le jeu propose le même système que son prédécesseur et c’est très bien comme ça. Il faut jouer pour progresser et la progression débloque de nouveaux équipements. Il faut jouer avec l’arme de son choix ensuite pour pouvoir débloquer les différents lunettes, poignées, chargeurs, etc. qui vous plairont le plus. Cinq accessoires peuvent être montés sur votre sulfateuse et on parie que la première à être montée sera votre petite MP5. La facilité évidemment. On déplore tout de même un manque de choix sur les diverses armes et, du fait du manque de sensations globales, on ne sent pas spécialement la différence entre l’une ou l’autre des armes d’un même genre, ce qui reste, une fois de plus, tout de même frustrant.

Pour ce qui est de son visuel, Call of Duty Black Ops Cold War reste beau et techniquement réussi. Cependant, comme dans tous les Black Ops, on trouve le titre plutôt triste visuellement. Même si les décors varient, on se retrouve bien trop souvent dans des coloris très gris. Même la carte dans le désert ne change rien à ce manque de finition tristounet et de cet aspect peuvent sortir quelques fois des situations bien hasardeuses, comme le fait de ne pas déceler un ennemi qui se trouvait pourtant debout dos à un quelconque mur gris ou rocher marron. C’est ce manque de finition qui fait que le titre, même s’il n’est pas moche (loin de là), n’est pas une franche réussite. C’est le problème quand la direction artistique est délaissée. Pour finir, il est nécessaire de faire un tour sur le mode Zombie du jeu. C’est chaque fois le point fort de Treyarch. Cette année encore, c’est une réussite, au moins sur ce plan-là. Survivre à des hordes d’ennemis, seul ou avec ses amis, tout en cumulant des points et en s’achetant de nouvelles armes, en s’équipant de nouveaux atouts, il n’y a rien de neuf là-dedans mais quand c’est bien fait, ça assure quelques heures de plaisir. Les fans auront leur dose.

Point complet
Cet opus de la licence est assez difficile à juger, surtout quand des points noirs viennent régulièrement balancer les points positifs notés. En fin de compte, malgré tous ses défauts, le jeu est loin d’être un échec cuisant. La campagne est dans le fond intéressante, prenant la forme d’un vieux film d’action des années 80 mais elle est tellement fournie que ça part dans tous les sens, sans un fil conducteur évident. Vulgairement, on a l’impression que les développeurs ont pris tous les ingrédients habituels ou presque, sans voir ceux qui étaient réchauffés, voire périmés, et qu’ils ont tout mélangé en se disant « ça passe ». Dommage, à vouloir trop faire du Call of sans structure, c’est le trop plein et ça ne fonctionne pas comme sur le dernier Modern Warfare par exemple. Quant au multijoueur, hélas, c’est la douche froide alors que c’est généralement le mode le plus important d’un Call of. Même si on arrive à y passer quelques bonnes heures, il faut bien avouer que les soucis de structure de cartes, présentes en faible nombre, associés au manque de recul des armes, à leurs bruitages ratés et à un système de réapparition trop hasardeux, plombent l’expérience. Parfois heureuse, quand on est du bon côté de la map, elle se transforme en véritable frustration quand on est de l’autre côté. Reste alors le mode Zombie, l’expérience la plus solide à défaut de nouveauté. Bref, Call of Duty : Black Ops Cold War n’est pas le meilleur jeu de la licence, il manque de beaucoup trop de soins et de finitions pour cela et c’est bien dommage. Avec une campagne plus maîtrisée et un multi plus fourni, plus travaillé, il aurait pu être un très bon, voire un excellent jeu. En l’état, ce n’est pas le cas.

On a adoré :
Solo : Narration, diversité
Multi : Mobilité, gameplay vif
Multi : Le système de progression
Le mode Zombie
Tout : Des efforts sur les visuels
On n'a pas aimé :
Solo : Trop de tout, manque de structure
Solo : IA molle
Multi : DA trop grisâtre
Multi : Couloirs / Réapparitions
Multi : Manque de contenu
Tout : Manque de sensations des armes


Consulter les commentaires Article publié le 16/12/2020 par Manuel-Ange A.



 
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