Test Blair Witch - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
connect�, 41 331 membres  |  Se connecter  -  S'inscrire 
 
 



Développeur
Bloober Team
Genre
Survival Horror
Statut
Disponible
Date de sortie
  30.08.2019
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
29,99 €

La Bloober Team a réussi à capter l’attention des joueurs appréciant les jeux d’horreur grâce à trois productions marquantes : Layers of Fear, Observer et Layers of Fear 2. Du coup, lorsque nous avons appris que le studio polonais avait en charge l’adaptation de la licence Blair Witch (le film Le Projet Blair Witch de 1999 a su marquer les esprits), nous étions plutôt émoustillés. Seulement voilà, pour quelques histoires d’emploi du temps et de code non reçu, nous n’avons pas pu assurer la critique du jeu Blair Witch en août 2019, lors de sa sortie au format digital. Nous profitons donc de l’envoi de la version physique du titre par Koch Media pour rattraper cet impair…

Un chien, une lampe et un grain de folie



Pour satisfaire les collectionneurs de boîtes de jeux et les allergiques au digital, Koch Media a assuré l’édition et la distribution de la version physique du jeu Blair Witch cinq mois après la sortie digitale (sur Xbox One, la version PS4 étant arrivée plus tard). Le titre est donc présent sur la galette avec le pack Good Boy comportant des options de personnalisation pour notre chien (couleurs de la fourrure, des yeux et du collier), l’ajout de réactions inédites, l’amélioration des animations dudit chien, deux nouveaux fonds d’écran pour notre téléphone et le mini-jeu Super Rex disponible via notre téléphone. Comme nous pouvons trouver la version physique à 29,99€ dans toutes les bonnes crémeries, soit le même prix que celui appliqué pour la version digitale, il n’y a pas vraiment d’avantage à préférer l’une ou l’autre, si ce n’est pour compenser une faible connexion Internet ou pour le plaisir de la collection. Au moins cette fois, on n’a pas une boîte vide avec un code de téléchargement ! On a un vrai disque avec le contenu dessus.

Ceci étant dit, les événements du jeu de la Bloober Team se déroulent deux ans après ceux du film. On incarne Ellis, un vétéran de guerre et ancien policier qui désire aider la police locale à rechercher Peter, un jeune garçon qui a disparu dans le bois de Black Hills. Ellis n’est pas seul, il est accompagné de Bullet, son chien, que l’on peut légèrement personnaliser dès le début de l’aventure grâce aux ajouts du pack Good Boy. Comme les policiers du coin n’ont pas attendu Ellis à leur voiture, ce dernier se munit d’un talkie-walkie (en plus de son téléphone) pour partir à leur rencontre. Il pénètre donc dans les bois et, au fil de la progression, s’enfonce dans cette forêt qui semble être un véritable piège. Nous n’en dirons pas plus sur le scénario pour ne rien spoiler mais sachez que l’aventure est plutôt condensée puisqu’on en voit le bout en un poil moins de cinq heures, du moins si on ne perd pas du temps à s’orienter à certains moments. Le début de l’aventure est plutôt poussif, le rythme est lent et certains décrocheront probablement, venant plutôt à trouver l’ennui à explorer les mêmes portions d’environnements jusqu’à trouver le petit élément qui déclenche le script suivant. Néanmoins, et c’est là qu’on sent que les développeurs ont une certaine expérience, on arrive à se surprendre à terminer l’aventure avec une bonne impression pour peu que l’on s’accroche jusqu’à la fin.

Concrètement, la dernière heure, sans être dénuée de défauts au niveau du rythme ou de la mise en scène, a au moins le mérite de nous plonger dans une ambiance plus oppressante, avec quelques révélations que l’on voit plus ou moins venir. Le milieu est plutôt en dents de scie avec quelques fulgurances sympathiques. En somme, la première partie peut vous faire lâcher la manette mais réussir à la passer et à s’accrocher permet de profiter d’une fin plus travaillée. Bien entendu, les développeurs ont assuré le fan service avec l’intégration de quelques éléments tirés du lore de la licence. Cela participe aussi à l’envie de voir comment tout ceci se termine. En revanche, cela n’est pas suffisamment bon pour pousser à refaire plusieurs fois l’aventure pour s’assurer de visionner les différentes fin du jeu (quatre, dont deux concernant le sort de Bullet). Pour donner plus de consistance à l’ambiance, les développeurs jouent sans cesse sur la perception de la réalité, venant parfois à la distordre et d’autres fois à nous plonger dans des souvenirs de notre personnage à l’esprit torturé. Cela permet de parfois troubler les lignes entre les événements surnaturels qui se déroulent dans la forêt et ceux qui sont dans la tête d’Ellis. Quelques flashbacks permettent de mieux comprendre son passé d’ailleurs.

Promenons-nous dans les bois, tant que la sorcière…

Niveau ambiance, on sent que la Bloober Team n’est pas à son premier coup d’essai puisqu’elle a réussi à donner une certaine âme à cette forêt, ce qui n’est pas évident quand on matérialise avant tout des arbres, des grottes et quelques éléments plus ou moins abandonnés. Outre les phases en couloir à l’image d’un walking simlulator, on retrouve bien quelques zones plus ouvertes qui demandent d’explorer les alentours pour trouver des collectibles (essentiels pour les chasseurs de Succès). En revanche, l’expérience aidant, les développeurs se sont également laissé aller à quelques facilités. Ainsi, pour assurer le côté horrifique, ils usent de ficelles assez grossières, plaçant des jump scares un peu poussifs. Le véritable souci à ce niveau, c’est que la majeure partie du temps nous ne sommes jamais vraiment seuls. Bullet est une compagnie rassurante qui enlève clairement l’oppression que l’on aurait pu ressentir en étant seul. En plus, lors des quelques affrontements avec des créatures que l’on repousse avec notre lampe-torche (ou notre caméra), Bullet aboie et nous montre toujours dans quelle direction pointer notre accessoire pour s’en défaire. Qui plus est, la musique, aussi bonne soit-elle, participe autant à nous plonger dans l’ambiance qu’à identifier l’arrivée d’une menace. Du coup, il n’y a pas vraiment de surprise et un peu d’attention permet de passer le passage sans encombre.

Heureusement, pour casser un peu la monotonie de l’exploration entrecoupée de quelques dialogues plutôt correctement écrits et bien doublés, les développeurs ont ajouté deux éléments de gameplay qui permettent de distinguer Blair Witch de la masse. Le premier, c’est notre chien. La fonctionnalité principale, reste celle de lui donner l’ordre de chercher. Si un élément à dénicher est dans les environs, il aboiera pour vous le montrer, quand il ne vous le ramène pas directement en le prenant dans sa gueule. Lorsque vous ramassez un élément emprunt d’une odeur, comme la casquette ou la balle de baseball de Peter, alors Bullet vous montre carrément le chemin à suivre. Pour le reste, vous pouvez lui donner quelques friandises à manger, le caresser, le réprimander, lui ordonner de rester au pied ou de venir vers vous s’il s’éloigne trop. Le deuxième, c’est le caméscope que l’on récupère assez rapidement dans l’aventure. Véritable référence à l’univers de la licence, il sert également le gameplay. Le fait de l’utiliser pour voir devant soi en utilisant la vision nocturne est une chose (sur la fin, c’est même indispensable…), le fait de l’utiliser pour altérer la réalité en est une autre. En effet, au fil de la progression, on ramasse des cassettes à visionner. En les regardant, on peut mettre pause, reculer ou avancer.

Là où ça devient intéressant, c’est qu’en fonction du moment où l’on met pause, on peut jouer sur la réalité. Voici un exemple pour être plus clair. A un moment donné, on doit utiliser un treuil pour enlever un arbre qui est tombé sur des rails. En utilisant la cassette à disposition, si on met pause au moment où la machine est allumée (alimentée par du feu), alors ledit feu brûle réellement et alimente la machine. Revenez en arrière et il s’éteint. Cela vaut également pour faire apparaître un jouet, une balle de baseball… Le souci dans notre exemple précédent, c’est que l’indicateur de pression et la manivelle, bien qu’apparaissant sur la vidéo, ne sont pas intégrés à la réalité. Un choix curieux même s’il pousse du coup à aller explorer deux autres lieux… Bref, une fois la mécanique rapidement assimilée, on comprend vite quand l’utiliser et comment. Cela n’enlève en rien la redondance de l’avancée mais ça ajoute au moins un peu d’interaction pour la résolution de puzzle plus ou moins faciles. Pour nous détendre un peu, nous pouvons également nous équiper de notre téléphone portable afin de nous lancer dans l’un des trois jeux disponibles. Le premier est un Snake-like, le deuxième un Space Invaders-like et le troisième, ajouté avec le pack Good Boy, demande d’éviter des obstacles en contrôlant un chien.

Du côté technique, nous savons très bien que la Bloober Team a du mal à offrir un framerate constant. Avec Blair Witch, il en va de même. C’est loin d’être catastrophique, heureusement, mais on ressent encore des chutes de frame rate (même sur Xbox One X), notamment sur les phases qui se déroulent en journée. La nuit, tout étant bien camouflé dans le noir, l’impact est moindre. De même, visuellement, le titre est loin des canons de beauté actuels. Beaucoup de textures moches ou sommaires sont à noter, des bugs de collisions grossiers sont de la partie et on peste parfois contre certains murs invisibles qui nous empêchent de passer deux branches alors qu’on traverse parfois des couloirs plus encombrés comme si de rien n’était. Fort heureusement pour le titre, tous ces défauts sont compensés par une direction artistique travaillée. Au-delà des textures, les décors ont profité d’un certain soin et on se surprend même à apprécier des effets de lumière réussis. Avec le caméscope ou la lampe-torche à la main, on se plonge dans cette aventure avec cette sensation de s’enfoncer toujours plus dans une forêt qui ne nous veut pas que du bien. Quand on rajoute en prime un sound design particulièrement réussi, surtout pour le jeu avec un casque audio, on arrive à s’immerger suffisamment pour passer outre les défauts déjà évoqués plus haut. Les développeurs sont allés dans la facilité mais on reconnaît qu’ils gardent un certain talent pour créer des ambiances. Alors que le parcours dans les bois aurait pu être bien morne, le studio a réussi à lui donner un certain charme.

L’avis perso de Vincent // Sans peur, sans effort…

Pour ma part, Blair Witch n’est pas le meilleur jeu de la Bloober Team, loin de là. Je lui ai clairement préféré les trois précédentes expériences (les Layers of Fear et Observer). Manque de moyens, manque de temps ou simple fainéantise, toujours est-il que les développeurs auraient pu faire clairement mieux avec cette licence. Avec un début poussif, un milieu en dents de scie, une fin plus travaillée mais loin d’être dénuée de défauts, un gameplay très redondant et des facilités accumulées, je ressors plutôt déçu de mon expérience, et ce en passant outre les textures grossières et les soucis de framerate. Le plus gros problème à mes yeux, c’est que Bullet, notre chien, est aussi rassurant pour le personnage que pour le joueur. Du coup, je n’ai pas ressenti l’oppression, la peur, le frisson, bref tout ce qui fait que j’aime un jeu d’horreur. Certes, Blair Witch le jeu est plus porté sur l’aspect psychologique, sur l’utilisation des fragilités d’Ellis pour les intégrer au lore de la licence et brouiller les pistes entre la réalité, les dangers de la forêt et ceux créés par l’instabilité de notre personnage, mais cela ne suffit pas, surtout quand le début est aussi mal mis en scène. De même, les affrontements contre les créatures (à part à la fin) sont plutôt mécaniques. On reste planté là, on regarde où regarde Bullet et on braque notre caméra/lampe-torche, sans réfléchir, sans éprouver le moindre sentiment de peur. Heureusement, et c’est ce qui m’a permis de tenir jusqu’à la fin (outre pour les besoins de la critique), les développeurs ont une certaine expérience et ils arrivent à combler les lacunes grâce à une ambiance travaillée, avec une forêt dans laquelle on s’enfonce, avec un sound design soigné qui donne quelques arrêts de respiration à certains moments quand on entend un bruit dans le casque, et à quelques fulgurances qui démontrent leur savoir-faire. Blair Witch est loin d’être mauvais à mes yeux et il est clairement appréciable de retrouver le lore de la licence, bien utilisé et intégré, mais il reste trop inégal. Fort heureusement, le prix de vente reste assez doux et il est possible d’en profiter via le Xbox Game Pass.


Point complet
Cette adaptation de la licence Blair Witch pourrait bien diviser les joueurs, qu’ils soient ou non fan du film de 1999. En effet, la Bloober Team a réussi à utiliser les éléments du lore de la licence à bon escient pour intégrer de multiples références au matériau d’origine. Les développeurs ont également travaillé sur la forêt, sur les jeux de lumière et sur le sound design pour créer une ambiance immersive. Le soir, seul chez soi, avec un casque audio, on s’y croirait. Même si le début est poussif, quelques passages offrent un bon aperçu de leur maîtrise du domaine de l’horreur psychologique, brouillant les frontières entre la réalité d’Ellis, son esprit et les événements surnaturels liés aux bois. L’utilisation de la caméra pour altérer la réalité est également une bonne idée, même si cela revient à faire la même manipulation à chaque fois pour résoudre facilement quelques énigmes. Malgré tout, faute de temps, de moyens ou par facilité, les développeurs sont allés au plus simple en jouant avec des jump scares téléphonés et en sabotant eux-mêmes les sentiments liés à la peur qu’on peut ressentir lors de l’aventure avec l’intégration de Bullet. Ce dernier est rassurant, il montre souvent le chemin à suivre et s’avère d’une aide précieuse pour affronter les créatures de la forêt. Du coup, on se retrouve souvent à avancer mécaniquement, à aller chercher un élément ou un autre, à profiter de quelques échanges plutôt réussis, à explorer les environs, à profiter d’une cut-scene et à recommencer la même chose. L’aventure se termine en un peu moins de cinq heures mais elle s’avère tout de même redondante, c’est dire. Toujours est-il que cela ne coûte rien (hormis le prix de l’abonnement) de l’essayer via le Xbox Game Pass, l’expérience méritant tout de même d’être vécue si on aime la licence, au moins pour se faire sa propre idée. Par contre, si vous aimez les jeux d’horreur, de survie et/ou ceux qui s’attardent sur la peur psychologique, d’autres productions sont clairement au-dessus de ce Blair Witch, à commencer par les précédents jeux des développeurs polonais.

On a adoré :
Ambiance travaillée
Sound design de qualité
Les jeux sur le téléphone
Éléments du lore bien exploités
Dialogues appréciables
Doublages agréables
La fin, plus travaillée
L’utilisation du caméscope
Certains effets de lumière
Interagir avec Bullet…
On n'a pas aimé :
Qui reste trop rassurant
Framerate inconstant
Des textures datées
Un début poussif
Beaucoup de facilités (jump scares…)
Progression redondante
Mise en scène en dents de scie


Consulter les commentaires Article publié le 06/02/2020 par Vincent P.



 
Xbox Gamer est un magazine online de jeux vidéo informant sur la console Xbox One et la Xbox 360 de Microsoft. Copyright XGN © 2002-2020