Test Big Rumble Boxing : Creed Champions - jeux vidéo Xbox One

XBOX GAMER
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Editeur
Koch Media
Développeur
Survios
Genre
Sport
Statut
Disponible
Date de sortie
  03.09.2021
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
39,99 €

1976, Sylvester Stallone s’écrit un rôle de boxeur italo-américain qui va tout faire pour remporter la ceinture à la sueur de ses poings avant de la défendre ensuite. Rocky, c’est le nom du long-métrage qui a ensuite été suivi de plusieurs autres films. En 1990, la saga semble se conclure avec un Rocky V qui n’est clairement pas à la hauteur… Du moins jusqu’à ce que l’étalon italien remette le couvert en 2006 pour un dernier film sobrement baptisé Rocky Balboa. Mais la juteuse licence ne pouvait en rester là, raison pour laquelle neuf ans plus tard, en 2015 donc, la MGM et New Line Cinema produisent un spin-off : Creed - L’héritage de Rocky Balboa mettant en scène Adonis Johnson (Michael B. Jordan), le fils du célèbre Apollo Creed, avant de lui donner une suite en 2018. Cette année, il n’y a pas de nouveau film mais Survios a tenu à bosser sur un jeu de boxe arcade reprenant l’histoire des deux franchises. Reste à voir si Big Rumble Boxing : Creed Champions est à la hauteur ou s’il se prend une mandale qui l’envoie trop rapidement au tapis…

Un poids plume qui voulait boxer chez les poids lourds



La licence Rocky n’est pas toute jeune et Survios n’est clairement pas le premier studio à avoir eu l’idée d’adapter les aventures du célèbre boxeur fictif en jeux vidéo. A vrai dire, il faut remonter à 1983 avec le Rocky Super Action Boxing de la ColecoVision et à 1987 sur Sega Master System pour découvrir un jeu de boxe sous licence Rocky permettant déjà de revivre les combats mythiques contre Apollo Creed, Ivan Drago et Clubber Lang. En amateurs de la licence, notre premier vrai plaisir a été savouré fin 2002 sur PlayStation 2 / Xbox (ou Nintendo Gamecube) avec le très sympathique jeu Rocky qui a même eu le droit à une suite un peu moins mémorable presque deux ans plus tard (Rocky Legends). En 2007, les joueurs PSP ont pu goûter au très sympathique Rocky Balboa de la part de Venom Games. Autant dire que nous attendions quelque peu ce Big Rumble Boxing : Creed Champions, d’autant que nous sommes en manque de jeux du genre, Fight Night Champion datant de plus de 10 ans, Ready 2 Rumble Boxing ayant 22 ans et FaceBreaker ayant 13 ans… Certes, vous pouvez nous dire que Survios a déjà sorti un jeu Creed : Rise to Glory en 2018 mais il était réservé aux possesseurs du PS VR.

Dès le lancement du jeu, le ton est donné, le budget a dû passer dans les licences. En effet, à part quelques écrans fixes avec du texte pour poser les bases de « comment jouer », des paramètres assez minimalistes (options sonores, sous-titres, possibilité de désactiver les vibrations de la manette…) et un mode entraînement tout ce qu’il y a de plus basique, il ne reste que deux grosses possibilités : le mode Arcade et le mode Versus. Oubliez déjà d’y jouer en ligne, ce n’est pas possible. Le mode Versus permet simplement de jouer à un contre un en local ou contre l’I.A. Le bon point, c’est que l’on peut paramétrer un peu les rencontres. L’autre bon point, c’est que de base le mode Versus donne accès à dix combattants. Au fil des combats, on fait progresser une jauge « prochain à déverrouiller » qui, une fois pleine, permet d’affronter un boxeur à débloquer, en sachant qu’il y en a dix à déverrouiller. Une fois les vingt personnages accessibles, la jauge continue à se remplir pour débloquer les tenues secondaires (une variance dans les couleurs). A titre informatif, le premier boxeur à débloquer est accessible après deux victoires (il faut disputer une troisième rencontre et en sortir victorieux pour l’ajouter ensuite aux personnages jouables), le deuxième après trois victoires supplémentaires, le troisième après quatre et tous les suivants, ainsi que les tenues, sont à débloquer à l’issu d’un combat accessible toutes les cinq victoires.

L’autre moyen de débloquer les personnages et les tenues, c’est de passer par le mode Arcade. En terminant une tour, en fonction du boxeur choisi, on débloque ses tenues et un autre personnage qui lui est lié. Le mode Arcade a l’avantage de proposer une scénarisation pour revenir sur le parcours de chacun. La qualité de l’écriture est assez variable mais dans le fond, tout mène à enchaîner les rencontres. Attention toutefois, il s’agit d’un mode Arcade et non d’un mode Histoire même s’il est scénarisé. La différence, c’est la durée de vie. En effet, là, compléter une tour ne prend qu’une demi-heure, ce qui comprend les mini-jeux façon QTE pour l’incontournable entraînement (avec un principe de scoring qui ne sert à rien), et la partie scénarisée bénéficie d’une mise en scène ultra minimaliste à base de textes, d’images des boxeurs et de quelques onomatopées pour éviter le coût des doublages. C’est bien dommage puisque les développeurs ont fait plus d’efforts sur les visuels in-game.

Quand tu prends un uppercut en retour de ton jab

Attention, il n’y a rien qui flatte la rétine mais les modèles, très similaires à ceux du jeu VR, sont plutôt fidèles aux personnages représentés. Il y a quelques gouttes de sueur et les animations restent plutôt correctes, sauf les glissés sur le sol grossiers lors des déplacements durant des combos. Les salles accueillant les rings ont chacune leur ambiance, sans parler du niveau se déroulant dans la rue. Attention toutefois, la qualité visuelle des décors décroit clairement par rapport aux modèles des personnages. Le public est de suite plus sommaire, tout comme les modélisations des objets et autres éléments qui remplissent le décor. Disons que pour un petit jeu, ça reste acceptable. Côté sonore, les développeurs ont beaucoup misé sur l’incontournable The Eye of the Tiger de Survivor, thème principal qui revient régulièrement… Pourtant, le titre ne manque pas de musiques appréciables. Heureusement pour lui, le titre de Survios arrive à s’en sortir grâce à son gameplay ultra accessible. Une touche pour les coups rapides (directs comme crochets), une pour les coups puissants (crochets et uppercuts majoritairement), une pour faire une prise, une pour dasher et deux gâchettes, une pour déclencher un spécial et l’autre pour se mettre en garde, il ne faut retenir que ça pour s’y mettre. Les coups pouvant s’enchaîner rapidement, le tout étant en plus accentué par quelques effets spéciaux dont la couleur change d’un boxeur à l’autre, on prend rapidement du plaisir.

Il y a même quelques subtilités, comme les coups pour briser la garde, la jauge de garde qui se dégrade à force d’encaisser, le Super qui prend la priorité sur toutes les autres attaques mais qui peut être bloqué ou esquivé avec un dash, les crochets chargés qui ne peuvent pas être interrompus par un coup simple, les étourdissements après avoir été envoyé dans un coin ou dans les cordes, ou encore la possibilité d’esquiver un coup et de contre-attaquer instantanément en appuyant dans le bon timing sur la gâchette pour la garde. Mieux, on peut même contre-attaquer la contre-attaque, qui peut elle aussi être contre-attaquée… Comme quoi il y a bien quelques subtilités dans ce jeu typé arcade. A vrai dire, on arrive même à s’amuser, à essayer de faire preuve d’un peu plus de technique et on prend un certain plaisir à revivre certains combats en un contre un en versus local avec un ami. Hélas, le plaisir ne dure pas bien longtemps à cause d’une réalisation qui est bien trop minimaliste, pour ne pas dire fainéante. Le premier problème, c’est l’automatisation des KO. A chaque KO, le joueur doit appuyer rapidement sur X pour tenter de se relever… Sauf qu’on se relève du premier KO en moins de deux secondes, du deuxième en moins de cinq, du troisième en neuf secondes et on ne se relève pas du quatrième (les paramètres en versus permettent d’ajuster le nombre de fois que l’on peut se relever). Le souci c’est que peu importe que l’on tombe au premier round ou au quatrième, après un Super ou un simple jab, dans tous les cas le jeu applique la procédure. Si c’est un premier KO, même au cinquième round après un Super, on se relève en deux secondes max.

En vrai, les combats sont majoritairement expédiés en trois rounds max, ce qui fait qu’on ne va même pas tenter un partage aux points. Le bon côté, c’est que les combats sont rapides. Le mauvais, c’est qu’ils se ressemblent tous. En plus, les boxeurs sont répartis en trois catégories (Cogneur, Général, bagarreur à pression) pour ne pas dire qu’il y a les gros puissants un peu lents, les polyvalents et les petits rapides. Pourtant, que l’on prenne Ivan Drago ou Leo Sporino, une fois en jeu, on ne voit que très peu de différences, si ce n’est que Leo donne un peu plus de coups pour faire autant de dégâts mais que dans l’absolu, sur un même combo, ils font à peu près autant de dégâts. Cela vaut également pour le coup spécial. Que ce soit une grosse mandale en un coup ou un enchaînement de cinq coups, il enlève grosso modo un quart de la vie. Comme il n’y a pas de jauge d’endurance, on peut spammer les coups sans problème. Fort heureusement, l’I.A. répond plutôt bien pour ceux qui veulent l’affronter, ce qui veut dire que ceux qui vont spammer se feront surprendre.

En débutant, elle n’hésite pas à cogner, laissant simplement beaucoup d’ouvertures pour que l’on puisse placer des enchaînements. Sa jauge de garde se dégrade aussi bien plus vite. En Pro, elle est agressive et laisse moins d’ouverture. En Champion, elle est clairement plus coriace et il est nécessaire de bien gérer sa garde pour encaisser quand il faut avant de profiter des quelques secondes de la fin du combo de l’adversaire pour placer le sien. Les esquives/contre-attaques sont clairement un plus pour éviter de manger la poussière. Dans tous les cas, le gameplay gagne en accessibilité tout ce qu’il perd en subtilité. On est loin de la qualité du Rocky de l’ère PS2/Xbox/GC ou même du titre sorti sur PSP. En plus, dans ce Big Rumble Boxing : Creed Champions, contrairement aux opus cités, il n’y a aucun marquage des corps lors des coups. Il y a bien une grosse gerbe affichée lors du coup spécial mais on ne voit pas d’hématome, de coupure, de boursouflure… Enfin, soulignons que pour un jeu à 39,99€ qui peut puiser dans huit films, le fait de ne proposer que 20 personnages, c’est un peu léger, surtout quand le jeu de 2002 en proposait déjà 30. On peut regretter certaines absences notables, comme Mason Dixon, Rodney Frazier ou encore Tommy Gunn. En revanche, il y a 13 arènes, ce qui reste honorable.

Point complet
Appréciant les films Rocky et Creed (sauf Rocky V et Creed 2 qui sont clairement en-dessous), nous avions vraiment envie d’aimer ce Big Rumble Boxing : Creed Champions. Et il faut bien le reconnaître, il a quelques bons aspects, l’I.A. est coriace, le gameplay arcade est ultra accessible et en un contre un en local avec un ami on prend du plaisir à revivre ou organiser certains combats. Hélas, il semblerait que tout le budget soit passé dans les licences tant le reste est en mode « minimum syndical » si ce n’est moins. Un roster un peu léger, un prix doux mais encore trop fort pour le contenu proposé, seulement deux modes de jeu qui valent un minimum le coup, pas de mode en ligne, un système de KO tellement schématisé qu’il nuit complètement à l’expérience… Bref, Survios pouvait clairement mieux faire, surtout que les modélisations des boxeurs présents sont tout à fait correctes, que les développeurs ont fait un petit effort sur la scénarisation du parcours de chaque combattant et qu’on apprécie de balancer des grosses mandales sur fond de The Eye of the Tiger notamment. Le souci, c’est que le jeu est clairement inférieur aux titres Rocky et Rocky Balboa ou encore à un certain Ready 2 Rumble. Annoncer un jeu arcade ne permet pas de tout excuser ou alors il fallait déjà commencer par le proposer à une douzaine d’euros…

On a adoré :
Boxeurs correctement modélisés
Fun en 1 vs 1 en local
Gameplay ultra accessible
I.A. qui se défend bien
Un effort de scénarisation en Arcade
The Eye of the Tiger…
On n'a pas aimé :
Pas de marquage des corps
Contenu très limité, même pour 39,99€
Pas de jeu en ligne
Système de KO trop scripté
Gameplay inférieur à celui des précédents jeux Rocky
Mini-jeux insipides et inutiles
Effort minimum sur l’ensemble


Consulter les commentaires Article publié le 10/09/2021 par Vincent P.



 
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