Test Call of Juarez Gunslinger - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Call of Juarez : Gunslinger



Editeur
Ubisoft
Développeur
Techland
Distributeur
Xbox Live Arcade
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  22.05.2013
Nombre de joueurs
1
Thème
Western

La licence Call of Juarez a vu le jour sur PC en 2006, avant d’être portée en 2007 sur Xbox 360. Avec son ambiance Western, elle offrait un FPS un peu différent de ce qu’on avait l’habitude de voir. En 2009, le deuxième opus, fort sympathique, a fait son effet. Deux ans plus tard, en 2011, la licence a pris une claque avec un Call of Juarez : The Cartel voulant jouer la carte de la modernité. Bugs en pagaille, vulgarité outrancière, ce fut un peu l’opus de la rupture, celui qui n’aurait pas forcément dû voir le jour, ou du moins pas dans cet état-là. Plutôt que de mettre la licence au repos, Ubisoft a commandé un autre titre à Techland, studio très productif. Avec le bien nommé Call of Juarez Gunslinger, l’éditeur a voulu revenir aux sources de la licence en limitant les risques avec une sortie digitale. La communication autour du soft ayant été très légère, cela cachait-il une mauvaise surprise pour autant ?

Alcool, imagination et bonnes idées




Alors que l’Ouest Sauvage touche à sa fin, on découvre un certain Silas Greaves, un chasseur de primes qui est désormais plutôt porté sur la bouteille. Il s’arrête dans un saloon, se met à son aise et raconte son histoire. Le joueur est directement plongé dans l’univers Western du titre. Ce bon vieux Silas n’a pas la langue dans sa poche et on participe finalement à son histoire. La narration est soutenue et de surcroît intéressante. En plus, notre chasseur de primes a parfois tendance à exagérer une situation, à inventer, à s’interrompre, etc. Cela est directement retransmis dans le jeu, avec des sortes de retour en arrière, des sauts dans l’histoire ou encore des modifications du décor en temps réel. Le tout est agrémenté de quelques cinématiques façon bande dessinée du meilleur effet. L’avancée est basée sur un rythme soutenu et on n’a pas le temps de s’ennuyer. On est directement dans l’ambiance et on n’en sort qu’un peu moins de quatre heures plus tard (en difficile pour un habitué du genre – compter une demi-heure à une heure de plus pour un joueur lambda). Si la durée de vie peut paraître courte, il faut reconnaître que pour un jeu à 1200 MSP (soit un peu moins d’une quinzaine d’euros), cela reste correct. En plus, les développeurs ont intégré deux fins à visionner et ont ajouté un mode New Game +, ainsi qu’une difficulté Authentique à débloquer.

Cette dernière reprend tout simplement la difficulté Difficile en enlevant les éléments du HUD (dont le réticule de visée) et toutes les aides visuelles. Tous ne s’y colleront pas, mais ça fait un minimum de rejouabilité, surtout pour celui qui désire trouver toutes les pépites de vérité. Il s’agit de fiches détaillées, sur les personnages rencontrés (ils sont nombreux, avec entre autres Jesse James, Les Dalton, Billy the Kid, Pat Garrett, etc.) et autres éléments liés à l’Histoire du Western, à débloquer en dénichant les objets secrets éparpillés dans les niveaux. A cela, il faut ajouter un mode Duel demandant d’en enchaîner quinze et un mode Arcade composé de dix niveaux (tirés du solo). Le tout est orienté scoring, avec un classement par rapport aux amis. Pour certains, ce sera très accessoire, pour d’autres, ce sera l’occasion d’y passer quelques poignées de minutes/heures de plus. Le mode Arcade demande une certaine habileté pour obtenir trois étoiles et, pour chaque niveau, on peut essayer d’augmenter son score avec six variantes de « défis » (arme à rechargement rapide, zoom amélioré, etc.) pour chacune des trois classes disponibles. Le temps mis, la précision et le multiplicateur de combo sont primordiaux pour montrer qui est la plus fine des gâchettes. Bien entendu, cela vise aussi à compenser l’absence de tout mode multijoueur.

Que ce soit en Arcade ou durant le mode Histoire, le joueur peut s’orienter vers trois profils différents. Le premier, c’est le Pistolero, le spécialiste du revolver (akimbo possible). Le Trappeur est quant à lui meilleur avec une carabine, tandis que le Ranger manie le fusil. Les trois profils peuvent être complémentaires selon les choix que l’on fait avec les compétences à débloquer. On peut ainsi privilégier l’un ou l’autre, ou essayer d’avoir un profil plus équilibré. Mais il faut savoir qu’il y a deux roues (symbole du barillet) de compétences par profil et que réussir à faire un demi-tour de chaque barillet permet de débloquer une version améliorée de l’arme (revolver plus puissant en ivoire par exemple). Vu que l’on ne débloque pas toutes les compétences (comme la possibilité de recharger rapidement en matraquant un bouton) durant la première partie, le mode Nouvelle Partie + trouve tout son intérêt. D’ailleurs, l’arsenal de Silas Greaves est assez léger puisqu’en plus des trois armes citées il faut simplement ajouter de la dynamite (que l’on peut faire exploser en vol quand l’ennemi nous la jette) à lancer. Ce n’est pas très varié, mais ça reste suffisant pour faire un joli carton. Niveau gameplay, on trouve un FPS arcade accessible, avec une visée automatique que l’on peut enlever via les options. Les armes ont du punch, la progression est assez jouissive, bref c’est fun.

La fine gâchette de l’Ouest




Pour varier les plaisirs, les développeurs ont ajouté des barils explosifs, quelques gatlings pour le sentiment de puissance, ou encore la possibilité de tuer des ennemis avec des rondins de bois en les faisant tomber d’une grue, en tirant bien entendu sur la corde qui les maintient (niveau de la scierie). Le découpage de l’histoire permet en plus de varier les environnements, allant du saloon au cimetière, en passant par une grotte, un marais, etc. L’histoire de Silas et ses excentricités apportent également un peu de piment au tout. Dommage que le level design soit en demi-teinte. Certains niveaux sont plutôt travaillés, avec quelques chemins un peu différents ou des spots de tirs permettant de varier l’approche des ennemis, tandis que d’autres offrent une progression plus paresseuse en ne laissant d’autre choix que d’aller tout droit. Dans tous les cas, ça reste assez linéaire, même si beaucoup passeront outre. Pour parfaire la formule, à défaut d’offrir un système de couverture, les développeurs ont intégré un système de concentration (sorte de bullet time) ralentissant le temps et mettant en surbrillance les ennemis, un système de dernière chance (le temps ralenti, le tir mortel arrive et on peut l’éviter pour se venger juste en suivant) et quelques passages à base de QTE peu intrusifs (juste ce qu’il faut).

La formule est plutôt efficace et on termine avec des duels qui reposent sur la précision du joueur à manier les sticks et sa rapidité à faire feu. Concrètement, le stick gauche dirige la main pour gagner en vitesse au moment de dégainer et le droit permet de se focaliser sur l’adversaire pour gagner en précision. Reste alors à tirer au bon moment (différence entre un duel remporté à la loyale ou à la déloyale), voire à se servir d’une gâchette pour enchaîner un autre adversaire (duel à trois notamment). C’est un peu déroutant au début, surtout si vous ne connaissez pas les précédents volets, mais la mécanique de jeu apporte ce petit plus qui le différencie des autres FPS. Malheureusement, tout n’est pas parfait et il faut bien avouer que les scripts sont intégrés sans trop de subtilité et que l’I.A. est basique, pour ne pas dire mauvaise. La plupart du temps, elle reste à un endroit à attendre de se faire canarder, joue les kamikazes ou alors passe invariablement de sa position de couverture à découvert avec une régularité effarante. Le soft en est-il pour autant trop facile ? Pas vraiment, puisque cette I.A. compense par le nombre d’ennemis et la précision dans les tirs. Jouer les bourrins en tirant à tout va donnera souvent un Game Over, surtout que certains ennemis sont cachés derrière un bouclier de fortune ou nécessitent un tir à la tête (voire deux) pour être éliminés.

En plus, l’action manque de lisibilité entre le HUD, les décors qui fourmillent de détails et les éléments liés au scoring qui envahissent parfois l’écran. On n’est donc pas à l’abri d’une balle perdue de temps à autres ou d’un ennemi qu’on n’avait pas vu. Visuellement parlant, Call of Juarez Gunslinger est séduisant grâce à sa direction artistique travaillée. Les développeurs ont opté pour du cel-shading saturé qui rend un titre agréable à l’œil dans son ensemble. Certes, si on s’attarde un peu plus en détails sur certains éléments ou sur les textures, on peut émettre quelques critiques, mais pour une petite production digitale, ça reste très honorable. Le gros plus, c’est que le soft est fluide et que les finitions sont bonnes. Il y a bien un ou deux bugs de collisions ci ou là, mais rien de gênant et cela se remarque peu. Un exploit quand on voit le Call of Juarez précédent. Enfin, outre des musiques qui collent à l’ambiance, sans pour autant être inoubliables, nous avons le droit à des doublages anglophones avec des sous-titres français. Si les doublages, bien que très corrects, manquent parfois d’un poil de conviction, malgré un humour qui arrive tout de même à ressortir, il faut bien reconnaître que les joueurs non anglophones vont faire la tête. Il y a beau avoir des sous-titres français, Silas Greaves continuant souvent son histoire en plein milieu de l’action, ces derniers passeront à côté d’une partie de la narration. C’est fort dommage pour eux.

Point complet
Call of Juarez Gunslinger est une très bonne surprise. Techland a rendu un FPS digital avec une ambiance Western saisissante, une narration maîtrisée et un gameplay arcade et accessible qui a une pêche d’enfer. L’aventure pourra paraître un mini poil courte (quatre heures en difficile) pour un habitué (alors qu’il faut compter une demi-heure à une heure de plus pour un joueur lambda), il n’en reste pas moins que ce détail peut très vite être oublié. Non seulement le jeu est affiché à 1200 MSP (un prix plutôt juste pour cette production), mais en plus les intéressés y trouveront une bonne rejouabilité entre le mode Authentique (balayé de toute aide) à débloquer, avec la Nouvelle Partie +, et les modes Duel et Arcade qui sont clairement orientés vers le scoring. Si ces derniers pourront paraître dispensables au commun des mortels, il n’en reste pas moins qu’ils prolongent la durée de vie, le mode Arcade demandant un certain doigté pour obtenir les trois étoiles à chaque carte. Les pépites de vérité, à trouver dans tous les niveaux (via des objets secrets), apportent des précisions sur les légendes présentes au casting ou encore sur d’autres éléments liés à l’époque de l’Ouest Sauvage. Tout n’est pas parfait, notamment la présence des sous-titres français à lire en pleine action pour les non anglophones, mais Techland a fait du bon boulot et les amateurs de FPS devraient clairement apprécier cette production digitale qui ne paye pourtant pas de mine.

On a adoré :
+ L’ambiance Western
+ Narration maîtrisée
+ 2 fins et le plein de légendes
+ La direction artistique
+ Environnements variés
+ Les pépites de vérité
+ Mode Authentique sans aide
+ Mode Nouvelle Partie +
+ Le rendu cel-shading
+ Durée de vie correcte (joueur lambda)
+ Ennemis nombreux et précis
+ Les Duels, un peu techniques
+ Fluide et peu de bugs
+ Gameplay qui a de la pêche
+ Modes Arcade et Duel…
On n'a pas aimé :
- Accessoires pour certains
- I.A. basique
- Mini poil court pour un habitué
- Assez linéaire
- La VOSTFR en pleine action
- Techniquement perfectible
- Arsenal limité
- Scripts assez visibles


Consulter les commentaires Article publié le 25/05/2013 par Vincent P.



 
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