Test Shattered Union
Très peu médiatisé par 2K Games, Shattered Union vient d'arriver dans le commerce sans faire de bruit. Pourtant, ce wargame de Pop Top Software dispose de bonnes idées de base. Encore fallait-il réussir à les concrétiser et malheureusement pour les amateurs du genre, tout est loin d'être rose...
Etats-(dés)Unis
Le scénario de Shattered Union se révèle intéressant. L'élection du 47ème président du Etats-Unis est très controversée mais voit David Jefferson Adams s'imposer. Il met en place une véritable dictature. Durant son premier mandat, le terrorisme national se développe à grande vitesse. En 2012, suite à une élection truquée, il se succède à lui-même. Mais une bombe atomique lancée sur Washington en 2013 va mettre fin à ses jours et va créer l'apocalypse dans un pays en proie à la guerre civile. Plusieurs grands Etats prennent leur indépendance et engagent une lutte pour la domination du pays. Le gouvernement est dépassé et l'anarchie fait rage. L'Union Européenne va donc intervenir à son tour pour préserver ses intérêts économiques multiples, le joueur intervient donc au moment où sept grandes factions s'opposent : California Commonwealth, Pacifica, Republic of Texas, Great Plains Federation, The Confederacy, New England Alliance et the European Union.
Un wargame sur Xbox
Habituellement réservé au monde PC, le wargame est un genre peu présent sur Xbox et Shattered Union n'a donc pas vraiment à se soucier de la concurrence. Le mode campagne vous permet de choisir parmi l'une des sept factions en présence. La carte de campagne représente évidemment les Etats-Unis et les Etats sont mis en couleurs afin de voir du premier coup d'oeil quelles factions possèdent quels territoires. Au début de chaque tour (un tour signifie un jour) vous recevez un peu d'argent et les factions contrôlées par l'IA attaquent. Si elles s'attaquent entre elles, le territoire accueillant le conflit clignotera quelques secondes avant de prendre la couleur de la faction gagnante. Si l'une d'elle vous attaque sur l'un de vos territoires, vous aurez le choix entre lui céder (dans le cas où vous auriez peu d'unités pour vous défendre) ou la combattre. Vous pourrez alors choisir les unités terrestres et aériennes à mobiliser pour le combat et en acheter de nouvelles si votre budget vous le permet. Il est fortement conseillé de ne pas mobiliser toutes ses troupes dans une bataille si vous avez plusieurs territoires en votre possession car vous ne serez plus capable de les défendre si toute votre armée est anéantie. Hélas le menu d'achat des unités révèle un premier gros défaut du jeu : son manque flagrant d'unités différentes. Les six factions américaines ont 90% de leurs unités en commun. Seul l'Union Européenne dispose d'unités différentes mais qui, cependant, ressemblent fortement dans le look et dans les fonctionnalités, à leurs homologues américaines.
Une fois vos unités choisies, il est grand temps d'aller au front ! Le principe du jeu est simple : si vous défendez il faut empêcher l'adversaire d'obtenir 200 points en 14 tours et si vous attaquez il faut réussir à récupérer 200 points en 14 tours là encore. Les points sont obtenus en conquérant une ville. Suivant l'ampleur de la ville et son positionnement sur la carte, elle peut rapporter entre 20 et 80 points. Avant de lancer la bataille il faudra donc placer judicieusement ses troupes pour défendre (ou attaquer) les objectifs les plus côtés et les plus accessibles. En effet, certaines villes sont à la croisée de plusieurs routes et vous pourrez donc être plus ou moins encerclé si vous êtes dans le camp qui défend tandis que d'autres ne sont accessibles que d'une seule façon et il sera donc facile de savoir où se positionner pour attendre l'ennemi.
L'intelligence artificielle est de qualité : elle sait s'adapter à vos déplacements et mettre en place d'efficaces stratégies. A chaque tour vous pouvez déplacer vos unités et les faire attaquer une fois chacune. Le jeu se présente sous la forme d'un Advance Wars en 3D et plus austère. Tout comme dans le jeu de Nintendo, quelques pouvoirs spéciaux sont présents afin de réduire les capacités offensives adverses ou soigner (réparer) vos troupes. Suivant l'utilisation que vous faites de ces pouvoirs, votre réputation politique s'alignera du côté négatif ou du côté positif, vous permettant d'obtenir ainsi de nouveaux pouvoirs plus destructeurs ou plus protecteurs. Les unités ont des caractéristiques propres : résistance, nombre de cases de déplacement (les chars, jeeps,… ont besoin d'essence), dégâts causés chez les soldats, dégâts causés sur les véhicules terrestres, dégâts causés sur les unités aériennes, portée des tirs. Les combats sont assez plaisants et dotés d'un aspect stratégique vraiment intéressant et qui révèle son potentiel au fur et à mesure des parties. On regrette cependant les quelques incohérences dans les affrontements : en effet, un soldat commando fera beaucoup de dégâts à un char et ne perdra presque pas de santé quand le char lui enverra un coup de canon à bout portant ! Cependant une fois que vous aurez bien assimilé quelle unité est efficace contre quelle autre, vous ne pourrez plus pester contre les développeurs en cas de défaite.
Outre son mode campagne intéressant bien que légèrement sous-développé, Shattered Union comporte un mode escarmouche très classique. Une fois votre faction et celle adverse choisies vient le moment de dépenser les 800 000 dollars qui nous sont fournis pour constituer son armée. Ceci étant fait et la région qui accueillera les affrontements ayant été sélectionnée (certaines régions montagneuses rendent les combats encore plus stratégiques), le massacre peut commencer. Un mode Xbox Live est également présent et permet de jouer, là aussi, une escarmouche mais contre un adversaire humain évidemment. Le mode LAN est en tout point similaire hormis le fait que vous ne pouvez pas y affronter des joueurs des quatre coins du monde. Notons tout de même le nombre très limité de joueurs online…
Une réalisation trop faiblarde
Le gros point faible de ce titre demeure sa réalisation vraiment médiocre. Du point de vue visuel on n'est bien loin d'apercevoir le potentiel de la Xbox tant les textures sont grossières, les unités mal modélisées et les effets spéciaux sommaires. Pourtant ce ne sont pas les explosions de véhicules qui manquent dans ce jeu... Si les régions étaient bien remplies on comprendrait en partie cette absence de détails et d'effets gourmands mais ce n'est pas le cas : les régions ont des reliefs réalistes mais manquent de végétation et seules les principales agglomérations ont été modélisées. Il faut d'ailleurs savoir que, forcément, les régions ne sont pas à l'échelle et un soldat est donc aussi grand qu'un gratte-ciel. Pas d'inquiétude, ces unités disproportionnées n'ont finalement que peu d'importance. De toute façon Pop Top Software ne pouvait pas modéliser tous les Etats-Unis à l'échelle réelle ! Niveau sonore, même constat peu flatteur. Les bruitages sont vraiment basiques et bien peu immersifs. Le jeu n'excelle d'ailleurs pas dans sa mise en scène. Les musiques répétitives ne dégagent malheureusement aucune émotion. Peu de qualités techniques autrement dit…