Test Operation Flashpoint : Elite
Lors de sa sortie il y a quatre ans sur PC, Opération Flashpoint avait su se démarquer d’une concurrence en demi-teinte pour marquer les esprits. Il faut dire que les véritables simulations de guerre n’étaient pas légions à l’époque, tout comme c’est encore le cas actuellement sur Xbox. Le réalisme qui avait su convaincre les adeptes PC de Rainbow Six et consorts arrive ainsi aujourd’hui sur la console de Microsoft, sous le nom de Operation Flashpoint : Elite. Un jeu attendu par une poignée de joueurs Xbox et qui a la bonne idée de rassembler le jeu d’origine avec son add-on “Resistance”. Mais avions-nous pensé à un scénario catastrophe ? A priori oui, tant les premiers échos se sont hélas rapidement montrés négatifs. En réalité pas aussi médiocre que l’on peut l’entendre, Opération Flashpoint Elite n’en demeure pas moins une simulation bourrée d’imperfections qui aurait mérité de nombreux mois supplémentaires de développement. Ô désespoir…
En avant les recrues !
Le scénario d’Opération Flashpoint, pas vraiment original, vous met dans la peau d’un marines de l’armée américaine envoyé dans un camp d’entraînement peu de temps après son inscription. Malheureusement pour lui, les choses dégénèrent dans la région et il se retrouve tant bien que mal embarqué au beau milieu d’un conflit entre l’OTAN et l’Union Soviétique. Commence alors une escalade de la violence qui le conduit à affronter de plus en plus d’ennemis sur d’immenses îles de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Bien entendu, il s’agit là d’un scénario inventé de toute pièce et prenant place au beau milieu des années 80.
La trentaine d’armes et la quarantaine de véhicules disponibles sont donc directement inspirés des armes et véhicules de l’époque. La campagne solo débute par un entraînement des plus classique qui tente de faire appréhender au joueur le gameplay du jeu. Le mot d’ordre ici est diversité d’action et réalisme. On est ainsi plongé au beau milieu d’immenses étendues (aussi bien forêts, plaines que villages), avec quelques frères d’armes et comme seul but de se rendre d’un point A à un point B. Un nombre important de possibilités s’offre au joueur, d’autant qu’il est possible d’utiliser régulièrement divers véhicules, même ceux de l’ennemi.
Operation Flashpoint : Elite reste néanmoins terriblement réaliste. La majeure partie du temps seule une ou deux balles suffisent à vous mettre au tapis, et l’aspect infiltration est de loin le plus préférable. Le joueur a tout à intérêt à se faufiler entre les lignes ennemies sans se faire repérer plutôt que de tenter l’affrontement avec une dizaine de gardes et quelques hélicoptères de combat. Un réalisme dont le soft tire toute son ambiance, plutôt réussie. On prend plaisir à éviter les balles, se planquer, aider ses camarades ou encore à foncer sur l’ennemi en jeep. Viennent s’ajouter à cela des possibilités de parachutages, de phases en hélicoptères, de longues discutions avec ses compagnons, d’agréables balades en camion sur plusieurs kilomètres qui se terminent par une embuscade et qui offre son lot de sensations fortes. Operation Flashpoint sur PC était d’ailleurs pour toutes ces raisons l’une des meilleures simulation de guerre.
Dans les faits, l’adaptation Xbox se révèle bourrée de défauts… Effectivement, sur le papier ou sur PC, le jeu fait partie des hits de l’histoire du jeu vidéo. Mais sur la console de Microsoft, c’est une autre histoire ! Lors de sa sortie il y a quelques années, Operation Flashpoint ne brillait déjà pas par sa technique … Autant dire qu’ici la situation ne s’est pas améliorée, au contraire. Le portage a été fatal à plusieurs options qui ont été supprimées et à la grandeur des cartes, revue à la baisse. La prise en main qui sur PC se révélait très agréable sans trop d’efforts est toute autre avec le pad Xbox. Les véhicules qui se dirigent avec les deux sticks ont tendance à dévier par moment sur la gauche. Difficile dans ces conditions de tenir une direction. En plus de cette tare, Operation Flashpoint : Elite possède des déplacements à pied particulièrement lents et lourds. Deux bonnes minutes, voir même plus lors des débuts, sont nécessaires pour s’accroupir, se relever, marcher et viser. Les déplacements devraient être reconnus en temps que véritable discipline sportive. Comme si cela ne suffisait pas, on note la présence de nombreux bugs qui bloquent le joueur à bord de son véhicule ou dans un trou noir. Tellement de choses qui font de ce titre un jeu mal pensé et franchement ennuyant. Dommage, d’autant plus qu’Operation Flashpoint : Elite, avec une jouabilité plus simple, moins de bugs et des graphismes revus à la hausse aurait sans aucun doute figuré dans la catégorie des meilleurs titres Xbox, notamment avec la liberté d’action qu’il propose.
Pour ce qui est de la durée de vie en revanche, la mission est remplie. Le soft propose plus d’une cinquantaine de missions issues du jeu d’origine et de son add-on. A cela s’ajoute un mode Xbox Live malheureusement peu fréquenté, sur lequel le joueur aura du mal à passer plus d’une dizaine de minutes, malgré la possibilité de jouer jusqu’à 32 joueurs sur de nombreuses cartes. Enfin, la présence d’un éditeur de niveaux permet de créer ses propres cartes solos et multijoueurs avant de les partager. Appréciable, mais véritablement plombé par la maniabilité. Il y a de quoi passer de longs et bons moments mais il faut être très courageux.
4 ans pour ça !
Difficile de rester objectif quand on voit le résultat obtenu après tant d’années de développement pour Operation Flashpoint : Elite sur Xbox. Par quel moyen les développeurs ont-ils réussi à empirer encore un peu plus un moteur déjà chancelant dans la version originale. Finalement, l’adaptation de ce “Elite” a peut-être été reprise de zéro seulement deux mois avant sa sortie ? En tous cas, cette conversion reprend tous les défauts du jeu original et les rend encore plus flagrants.
La bande sonore n’y échappe pas et se résume en un mixe de voix et de musiques bien choisies et de bruitages à la fois réalistes et surréalistes. A cela on ajoute quelques gros bugs audio tels que des crépitements ou des absences totales de son lors de certaines parties pour comprendre que ce point a lui aussi été bâclé.
Graphiquement on a affaire à d’énorme textures très laides plaquées sur le sol, dont on voit les lignes de séparation, à des soldats modélisés au couteau, à des effets spécieux dignes de Space Invaders, et à des animations quasi absentes. Oui, Operation Flashpoint : Elite est à classer dans la catégorie des jeux très indignes de la console et preuve est de constater que le jeu ne dispose d’aucune beauté, que ce soit intérieure ou extérieure. Les décors bien souvent vides, une modélisation d’ensemble digne d’un jeu de six ans et, comble de la malchance, le jeu est bourré de bugs d’affichage. Vraiment pas chanceuse, la recrue !