Test Fahrenheit - jeux vidéo Xbox 360

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Fahrenheit



Editeur
Atari
Développeur
Quantic Dream
Genre
Action Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  16.09.2005
  26.09.2005
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI

Son
5.1

Quantic Dream continue sur sa lancée après un Nomad Soul exemplaire avec Fahrenheit, un projet plutôt ambitieux qualifié de film interactif par le directeur du développement. Et comme dans beaucoup de cas similaires, Fahrenheit s’attire aussi bien la sympathie que le mépris des joueurs de par son univers assez complexe et son ambiance qui ne plaira qu’à un public assez restreint. Fahrenheit est plus qu’un jeu, c’est une œuvre voir peut-être même un chef d’œuvre… Et si les avis divergent aussi bien dans la presse américaine qu’européenne, on peut dire que le but de l’éditeur a été atteint : ne pas laisser Fahrenheit passer inaperçu… En tous cas, sur XG on aime les titres originaux qui mettent en avant le jeu vidéo en temps que pièce maîtresse de la culture actuelle. Place donc au test fleuve à présent.

Plus qu’un jeu : un film interactif dont VOUS êtes le héros




En rentrant l’autre jour de la fac je croise enfin Fahrenheit en vitrine. A peine rentré chez moi je réalise qu’il me reste plusieurs heures de calme et je décide donc de lancer la galette… De prime abord Fahrenheit semble être un simple jeu d’aventure assez classique et passé le tutorial on se dit qu’il n’a pas grand-chose de très exceptionnel si ce n’est peut-être un certain humour à travers la mise en abîme du directeur de projet lors du tutorial. Les possibilités semblent assez restreintes et on a l’impression de se retrouver face à un titre de la trempe de Baphomet ou Syberia. Une première impression mitigée donc.

Cependant, ce n’est que le début et la suite de l’aventure s'avère beaucoup plus prometteuse. Une fois les bases du jeu acquises on décide donc de lancer l’aventure solo et dès les premières minutes de jeu on ressent bien que Fahrenheit n’est pas un titre comme les autres. Il possède une atmosphère tellement poétique, calme et froide à la fois, qui plus est réaliste qu’on s’y croirait presque. En dehors de quelques premiers avant-propos philosophiques on a droit aux noms de l’équipe de production qui s’affichent de la même manière que dans un film. La vue commence à avancer et on aperçoit enfin la statue de la liberté siégeant face à un New York brillant de milles feux sous un doux manteau de neige. Un corbeau croise la caméra et nous emmène pour une petite visite guidée jusqu’aux portes de la ville, après quoi il nous lâche dans un endroit somme toute assez classique nommé le Doc’s Dinner. Et de quoi s’agit-il, je vous le donne en mille ? Un de ces célèbres petits cafés de restauration rapide dont raffolent tant les américains. Dans celui-ci une atmosphère pesante a pris place depuis un certain temps déjà : l’éclairage est assez limité, laissant quelques zones d’ombre, les clients semblent fatigués et plongent leur tête dans les nouvelles toujours aussi négatives du journal de l’avant-veille, la serveuse vague à ses occupations journalières et un policier sirote tranquillement sa tasse de café en regardant les nouvelles du jour à la télévision. Soudain, un client s’absente et décide de se diriger vers les toilettes… Certainement sous l'envie pressante d'en finir avec ce satané mal d'estomac...

Le pauvre bougre ne sait pas encore dans quoi il s'embarque. Si seulement il s'en doutait... Il continue donc sa marche, sûr de se préparer à se soulager calmement dans la moiteur de toilettes assez mal entretenues soit dit en passant. Pendant ce temps un homme reste cloîtré derrière une porte, attendant quelque chose. Quand ledit pauvre bougre se décide enfin de quitter les toilettes et d’aller se rincer les mains pour faire partir les bactéries, l’homme qui restait caché jusqu’alors décide de se lever et commence alors un lent rituel entre les quelques mètres qui le séparent de sa victime. Ce rituel donnera finalement lieu à un assassinat pur et dur avec quelques jolies giclées de sang. Fort heureusement pour le tueur, personne n’a entendu et ce n’est que tout doucement qu’il se réveille de sa torpeur, la folie meurtrière laissant petit à petit peu place à l’incompréhension. « Pourquoi ais-je fais cela ? » « Cela paraissait tellement réel et pourtant je ne contrôlais rien… ».

Passé ce dur moment, Lucas Kane décide de reprendre ses esprits (et par la même occasion vous le pad en main) et de se replacer dans le contexte. Après tout il n’est pas responsable et ne doit donc pas prendre une peine pour quelque chose qu’il n’a pas fait. Est-il devenu fou ? Non, mieux vaut cacher le corps, se nettoyer, nettoyer tout cela et mener l’enquête par nous-même pour vérifier… Cependant Lucas sait très bien qu’un policier est dans la pièce d’à côté et qu’il est susceptible de débarquer à chaque instant. Raison pour laquelle il décide de mettre les bouchées doubles pour cacher au plus vite son meurtre. Stress tout à coup quand l’écran se divise et que le policier se lève pour aller faire un tour dans la pièce où vous vous trouvez. Nul doute, il ne vous ratera pas, mieux vaut filer vite fait et tant pis pour l’addition…



Et c’est ainsi que commence le scénario de Fahrenheit, posant d’emblée une intrigue profonde avec un lot de questionnements et une ambiance à la fois réaliste et prenante. On se prend d’emblée au jeu et on décide de prendre ses jambes à son coup pour vérifier les ennuis. Après quoi interruption et nouvelle cinématique qui met en scène deux nouveaux personnages. Le premier est un noir nord américain qui promet d’être le rigole de service, Tyler Miles. Son look est assez identique au clochard du coin et il faut avouer que ses jeux de mot vaseux risque de vous faire sourire à plus d’une reprise. La deuxième personne est beaucoup plus charmante. Carla Valenti est l’officier de police chargée du meurtre du restaurant Doc’s Dinner. Elle mêle à la fois distinction, sympathie et charisme, portant magnifiquement bien ses rondeurs et son style vestimentaire. Deux héros qui feront aussi la paira mais dans l’autre camp que celui de Lucas…

Mais au fait qu’est-il advenu de ce bon vieux Lucas, il me plaisait bien lui ? Et pourquoi je suis dans la peau de ces agents de police ? Et c’est tant bien que mal qu’on essaye de nous refamiliariser avec nos nouveaux personnages. Il vous faudra donc mener l’enquête tout au long de l’aventure en recherchant des preuves que vous aviez auparavant cachée ou en vous interrogant sur le comment et le pourquoi. Petites prises de tête en perspective… Après quoi le jeu laisse place à un sentiment de déception. Tout cela pour un jeu d’enquête ? A quoi bon faire un tel cinéma pour nous proposer un Still Life boosté aux hormones ? Ce serait faire fausse route car Fahrenheit est loin de se limiter à cela…

Car si l’intrigue principale cache quelques réflexions assez intéressantes et si les phases où vous mènerez l’enquête sont plutôt agréables, elles ne représentent qu’une infime partie de ce qu’est Fahrenheit. Fahrenheit c’est aussi une histoire qui commence avec un meurtre et qui continue avec de l’amour, des sentiments qui passent vraiment (un peu comme dans un film de la trempe de Moulin Rouge), des contacts sociaux comme on en a tous les jours et qui nous font réfléchir sur le sens de notre vie, des phases d’action particulièrement bien conçues sur lesquelles nous reviendront, des tonnes de mini jeux, des phases d’exploration et même d’infiltration. Tout est là pour faire un cocktail explosif, à la manière de Fable en son époque. Mis à part qu’ici, Fahrenheit tient toutes ses promesses !

Un gameplay jouissif et bien pensé




Le second aspect du jeu à prendre en compte après les quelques énigmes et les phases de réflexion / aventure assez classiques c’est sans aucun doute les phases d’action, beaucoup moins nombreuses mais terriblement dynamiques. Celles-ci sont gérées via des scripts, c'est-à-dire qu’elles interviennent après des évènements particuliers. Par exemple, lorsque vous ouvrez une porte, poser un objet particulier, cela lance une phase d’action. Loin de devoir marteler le bouton A pour dézinguer votre adversaire, ces phases feront surtout appel à vos réflexes. En effet, elles consistent en des successions de touches ou plutôt devrais-je dire d’orientations de sticks que vous devrez immédiatement reproduire. Bien entendu les formules sont loin d’être aisées et demandent à la fois concentration et bons réflexes. Cependant les sauvegardes rapides vous évitent souvent de nombreuses minutes à recommencer, une possibilité plutôt agréable. D’autant plus que ces scènes d’action sont vraiment agréables et offrent une dynamique que l’on ne rencontre que très rarement dans un jeu vidéo. Le héros, saute, frappe un ennemi, en expédie un autre à l’autre bout, évite une voiture, le tout avec une souplesse et une agilité encore inégalée jusque là. La mise en scène suit bien entendu, apportant par la même occasion un système de cases ou multiscreens emprunté à la série 24 Heures Chrono.

Ce système permet non seulement de donner un certain stress au joueur mais aussi de prévoir l’action. Par exemple au début de l’aventure lorsque vous avez assassiné le pauvre bougre et que le policier quitte sa chaise. De quoi vous préparer au pire voir peut-être vous crisper… En tous cas le concept est merveilleusement bien exploité dans Fahrenheit et pousse encore plus le jeu à la ressemblance aux films.

Par ailleurs une quantité d’autres actions sont aussi présentes, celles-ci pouvant être qualifiée de mini-jeux. Ainsi les développeurs ont poussé le vice jusqu’à inclure de nombreux éléments du décors avec lesquels vous pourrez interagir tels qu’une guitare, un yoyo, un sac de sable, des instruments de musculation, des verres pour boire et j’en passe. Ils sont tellement nombreux que je n’aurais de toutes façons pas la place de les citer. Tellement de petites choses qui font que Fahrenheit est plus qu’un jeu… Et qui donnent au jeu une véritable âme, quelque chose quia tendance à disparaître ces derniers temps.

Par ailleurs il est important de noter que ces objets ont généralement comme but de déstresser le héros car un homme est un homme et plus il est stressé, plus il panique et plus il risque de s’enfoncer dans la déprime. Raison pour laquelle il est important de surveiller la santé mentale de vos personnages. Ceux-ci risquent en effet de commettre l’irréparable en mettant fin à leurs jours si vous les poussez à bout… Bien entendu des échecs successifs peuvent aussi vous conduire à cette sombre conclusion.



Enfin, last but not least pour ce qui concerne le gameplay : certaines phases de jeu vous proposeront d’intéragir avec votre environnement à l’aide de votre force physique. Par exemple lorsque vous utilisez un appareil de bodybuilding. Il faudra dès lors maltraiter votre manette en appuyant successivement sur les gâchettes gauche et droite afin de concentrer vos forces durant le temps imparti. Nul doute qu’il s’agit sans aucun doute des phases de jeu les moins inspirées.

On notera aussi quelques autres scéances assez sympathiques et plus originales bien qu’aussi généralement uniques où vous devrez par exemple jouer les apprentis espions en flash back. Un système de Splinter Cell du débutant, au moins cela permet de varier les plaisirs !

Passons à tout autre chose avec la durée de vie du soft qui est juste dans la moyenne. Il vous faudra en effet environ huit à dix heures de jeu pour venir à bout de l’aventure. Si vous prenez votre temps (et dieu sait combien c’est jouissif, donc essentiel) vous en passerez facilement 4 de plus à vous éclater en solo à la guitare ou à découvrir les joies du body. La rejouabilité est elle aussi énorme avec un scénario qui peut varier bien entendu en fonction de vos actions, raison pour laquelle vous n’hésiterez pas à recommencer plusieurs passages du titre. Un divertissement honnête en somme, étant donné que le plaisir de jeu est toujours au rendez-vous et que la difficulté n’est pas trop corsée.

Un point de vue technique mitigé




Si Fahrenheit offre le meilleur en ce qui concerne son scénario et son gameplay il offre aussi du nettement moins bon avec ses graphismes sérieusement à la traîne. Ces derniers sont en effet en retrait par rapport aux autres productions actuelles. Les décors sont souvent assez vides, les textures parfois assez fades et les personnages juste correctement modélisés. On aurait pu faire mieux. Cependant pas de lag à l’horizon et ce malgré des scènes d’action endiablées. Les temps de chargement sont aussi assez court et la touche graphique de l’ensemble donne une identité tellement particulière au soft… Tellement poétique, belle, agréable qu’on en oublie les maigres défauts techniques qui sont somme toute totalement acceptables.

Du point de vue de la bande son on a affaire à une très grosse production ! Les musiques d’Angelo Badalamenti (à qui l’on doit quelques BO de films) vont parfaitement avec l’univers du jeu et mêlent aussi bien poésie lyrique que musique électrique à vous faire bouillir le sang. Les voix françaises sont aussi de haute stature, dignes d’un film à très gros budget. On voit bien que le studio de développement a accordé une grande importance à l’ambiance générale du soft qui s’en retrouve encore plus réaliste. Chapeau messieurs.

Point complet
17/20
Fahrenheit est comme nous nous en doutions déjà depuis l’E3 dernier une petite merveille. Le chaînon manquant entre jeu vidéo et film pourrait bien être sa définition et il faut avouer que son style à tout pour attirer le regard du gamer averti. Reste que la majorité des joueurs s’en désintéresseront certainement en raison de son style peut-être trop original. N’en déplaise à ces derniers, Fahrenheit est un jeu exceptionnel à se procurer de toute urgence afin de profiter d’une expérience de jeu hors du commun.

On a adoré :
+ Une histoire captivante
+ Une bande son admirable
+ Des personnages vraiment attachants
+ L’originalité
+ Le nombre de possibilités
+ Un gameplay très complet
On n'a pas aimé :
- La fin du scénario
- Graphismes juste un peu en dessous de la moyenne


Consulter les commentaires Article publié le 16-10-05 par Rédempteur


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