Test Ys Origin - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Ys Origin



Editeur
Xseed Games
Développeur
Nihon Falcom
Genre
Action-RPG
Statut
Disponible
Date de sortie
  11.04.2018
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
19,99 €

La série des Ys n’est pas toute jeune, le premier opus datant de 1987. Habitué à mettre en avant Adol Christin, Nihon Falcom a fait une exception avec Ys Origin afin de raconter une histoire qui se déroule 700 ans avant les événements du premier volet. A la base, ce spin-off est sorti en 2006 au Japon. Il a fallu attendre 2012 pour le découvrir sur les PC occidentaux, et ce en anglais. C’est finalement grâce à Xseed Games que le titre a pu être porté sur les consoles de Sony (PlayStation 4 et PS Vita) début 2017, avec des textes en français. Un an plus tard environ, ce sont les joueurs Xbox One qui peuvent enfin découvrir ce dungeon action-RPG. Pour leur plus grande joie ?

Il y a de quoi dire quand on évoque le passé



700 ans avant les événements du premier Ys, les habitants vivaient heureux, profitant des bénédictions de la Perle Noire, un artefact gardé par deux déesses, Reah et Feena, et six prêtres. Ensemble, ils étaient les garants d’un certain équilibre, permettant à tous de vivre dans les meilleures conditions. Des entités démoniaques ont été attirées par le pouvoir de l’artefact. De justesse, les deux déesses ont réussi à utiliser son pouvoir pour propulser le temple de Solomon (et la cité) dans les cieux. Rusés, les démons se sont attelés à la construction d’une immense tour pour rejoindre ledit temple. Les déesses ont décidé d’agir… Ces dernières manquant à l’appel, des héros ont décidé d’aller voir ce qu’il se passait dans la tour démoniaque. Un petit événement plus tard, il est possible de choisir qui incarner entre Yunica Tovah et Hugo Fact. La première est une apprentie chevalier qui n’utilise pas de magie. En revanche, elle se sert de sa hache pour trancher toutes les viles créatures qui se dressent sur son chemin. Le deuxième, Hugo, est un mage qui n’utilise pas d’arme blanche. Ce dernier utilise un bâton magique pour des attaques à distance. Deux choix, deux styles diamétralement opposés (nous y reviendrons)…

Mais aussi et surtout deux points de vue complémentaires. En effet, les deux personnages ont des intentions différentes. Ainsi, même si la progression est similaire (à part pour l’ordre des boss), on profite de deux histoires aux variantes intéressantes. On en apprend vraiment plus sur les origines de la cité, on en découvre plus sur nos personnages et on finit par s’y attacher. Même si l’exploration de la tour se fait seul, il y a plusieurs occasions durant lesquelles ont peut échanger avec bon nombre de PNJ, donnant ainsi une certaine consistance à l’histoire. Les boîtes de dialogues s’enchaînent, à l’ancienne, et certains échanges peuvent paraître longs… Surtout avec Yunica qui fait preuve d’une naïveté parfois énervante. Hugo est plus intéressant dans le genre. Nous n’en dirons pas plus à ce niveau mais cet Ys Origin est plutôt intéressant, surtout qu’il y a plusieurs clins d’œil pour les fans de la licence (les petits nouveaux passeront bien entendu totalement à côté). Puisque nous parlons de deux points de vue complémentaires, vous vous dites qu’il faut refaire une deuxième fois le jeu pour avoir tous les tenants et les aboutissants ? Sachez que ce n’est pas le cas… Il faut terminer le titre trois fois !

Alors qu’on pense avoir fini le soft, on débloque un troisième personnage (Toal – on oublie volontairement de donner son nom de famille) aux griffes acérées. Ce dernier combat également au corps à corps, à l’image de Yunica, mais sa palette de coups est plus variée. Mieux, ses motivations sont encore plus intéressantes, offrant donc un troisième point de vue qui complète les deux autres. C’est également avec lui qu’on peut accéder à la vraie fin du jeu et ainsi retomber sur nos pattes par rapport à la saga canonique. Là encore, on ne va pas vous gâcher la surprise, nous vous laissons donc découvrir tout ceci par vous-même. Toujours est-il que niveau durée de vie, il faut un peu plus de sept heures pour un premier run en mode normal (jusqu’à neuf ou dix heures pour les moins habitués) et un poil moins pour les deux runs suivants (à moins de passer sur une difficulté Difficile ou de vous frotter à la difficulté Cauchemar qui est à débloquer). Le mode Facile offre une promenade de santé pour se concentrer sur l’histoire et le mode Très Facile, à débloquer (faut vraiment le faire exprès…), n’a quasi aucun intérêt. De fait, contre 19,99€, les fans et ceux qui ne seront pas rebutés par le fait de faire trois fois d’affilée le même parcours pourront s’occuper durant une bonne vingtaine d’heures.

Tu tapes ou tu tires ?

A cela, il faut ajouter deux modes bonus à débloquer. On a le traditionnel Time Attack demandant d’enchaîner les treize boss le plus rapidement possible et le mode Arène qui demande d’enchaîner les plateaux en repoussant des vagues d’ennemis, le tout en profitant de compétences supplémentaires permettant de mieux appréhender la difficulté Cauchemar. Petit plus non négligeable pour les fans, un quatrième personnage jouable (Adol) est disponible en deux versions pour s’y frotter. Un fan-service non négligeable que nous avons apprécié. Autre point appréciable, les cinématiques sont artistiquement parlant superbes, mettant en avant un character design séduisant. Nous regrettons simplement un problème de définition puisque sur notre téléviseur 4K, les cinématiques semblaient être mal compressées ou du moins dans une résolution assez basse donnant un rendu visuel désuet. Il en va de même dans les menus d’ailleurs. Les graphismes in-game, quant à eux, se montrent très old-school. Après tout le jeu date de 2006 et les visuels rappellent des générations passées. Pour autant, le rendu avec les sprites SD en 2D qui évoluent dans un univers 3D fonctionne bien. L’ensemble reste encore propre et correct à notre époque même si cela peut en rebuter certains. En revanche, la bande-sonore est excellente. Les musiques accompagnent merveilleusement l’action et on retrouve des sonorités propres à la série, un régal !

Avec l’action qui se déroule uniquement dans la tour démoniaque, on pouvait un peu craindre un certain manque de diversité. Rassurez-vous, les développeurs ont plutôt bien travaillé, les différents étages offrant des environnements plutôt variés. On retombe sur des thèmes assez classiques (dungeon classique, sable, feu, eau, etc.) mais ça permet de varier les situations. Il y a même quelques passages en extérieur pour donner l’impression que l’on grimpe en regardant le paysage aux alentours de la tour. Si le level design est assez classique, tout en restant efficace, on regrette tout de même qu’il n’y ait pas de carte pour s’y repérer un peu. Du coup, il suffit de louper un coffre ou un passage pour se mettre à faire des allers-retours sans trop savoir si on a déjà visité la salle ou non (à moins d’avoir une très bonne mémoire). Malgré tout, les quelques énigmes présentes sont plutôt simplistes. Quant aux portes, il suffit de trouver le bon artefact quelques minutes auparavant pour les débloquer et ainsi progresser. L’exploration est tout de même accentuée, les environnements étant assez grands et assez vides, sauf lorsqu’on y trouve quelques grosses poignées d’ennemis. Là encore, la variété est au rendez-vous, chacun ayant ses propres patterns, ce qui demande un peu d’observation avant de se lancer dans le combat. Le bestiaire est d’ailleurs plutôt agréable. Quant aux boss, ils sont monstrueux, grands, puissants et aux coups variés. Là encore, rien n’est insurmontable, il suffit d’étudier les patterns, de localiser le point faible et de répéter l’action jusqu’à en venir à bout. Patience et rigueur sont les maîtres mots.

Pour arriver à bout de tous ces ennemis, Yunica a sa disposition une hache. Les coups sont rapides, ça s’enchaîne bien. En revanche, les attaques aériennes sont limitées, il faut débloquer une compétence pour frapper violemment le sol après un saut afin de vraiment infliger des dégâts. Autrement, on n’y va qu’au coup par coup. C’est un peu pareil du côté d’Hugo qui lance des boules d’énergie à distance mais qui ne fait que lancer une rasade lors d’un saut, avant de marquer un petit arrêt pour en lancer à nouveau. Il faut alors débloquer sa compétence pour poser des pièges (qui font comme des bombes) pour vraiment éliminer les ennemis aériens sans devoir sauter. Le piège est également excellent contre certains ennemis qu’on ne peut tuer autrement. Dans les deux cas, que l’on choisisse Hugo ou Yunica, la différence s’en tient réellement au fait d’attaquer à moyenne/longue distance avec le premier et à courte/moyenne distance avec la deuxième (le troisième personnage rentre dans le même schéma). Pour le reste, notre personnage, quel qui soit, finit par avoir trois compétences, améliorables au fil de l’aventure, qui ont peu ou prou le même effet. On pense notamment à la première qui permet de planer après un saut, que ce soit en tournoyant sur elle-même pour Yunica (ce qui permet d’infliger des dégâts aux ennemis) ou en utilisant un champ de force pour Hugo.

Tout aussi classique qu’efficace



Le gameplay est simple, classique mais efficace. Les affrontements sont dans tous les cas rapides et jouissifs. Seul un gros sentiment de redondance viendra toucher une bonne partie des joueurs, la faute notamment à des niveaux toujours strictement identiques, avec les mêmes ennemis qui réapparaissent à chaque fois qu’on change de salle (ce qui permet de farmer plus facilement cela dit). Déjà que c’est redondant lors du premier run, imaginez quand vous en êtes à votre troisième… Ici, il n’y a pas de potion. Pour regagner de la vie, il faut taper sur les ennemis et s’en défaire pour gagner de l’XP et monter en niveau. A chaque montée, on recouvre ses points de vie et ses points de magie (utilisés pour les compétences, avec une sorte de système de cooldown). Bien entendu, au fil de l’aventure, on récupère de l’équipement (pour le torse et pour les jambes), on améliore son arme auprès de Dino en échange de morceaux de Cleria et on obtient des artefacts pour gagner en capacités. Avant l’heure de jeu, on obtient la capacité de courir, qui peut soit être déclenchée manuellement mais avec une certaine contrainte, soit être activée automatiquement après un petit passage dans les options. Les autres capacités sont liées à des artefacts à équiper/déséquiper manuellement, comme un masque pour voir les passages secrets (mais qui rend les ennemis invisibles), un élément qui permet de respirer plus longtemps sous l’eau, etc. Quelques objets peuvent également être ramassés et utilisés pour augmenter de manière permanente sa santé max.

Pour donner encore un peu de consistance au gameplay, les développeurs ont opté pour un système de multiplicateurs de force, défense et magie qui augmentent en ramassant les objets laissés par les ennemis tombés au combat. On gagne également des Skill Points à dépenser auprès de statues à purifier. Ces dernières, en forme de déesses (une fois purifiées), permettent entre autres d’acheter des améliorations (pour son équipement, pour ses compétences, etc.), les meilleures étant très onéreuses, ou encore de sauvegarder. En effet, il n’y a pas de sauvegarde automatique, toute mort renvoie à la sauvegarde précédente… Ou presque puisqu’il y a une exception pour les boss. Si on meurt contre un boss, on peut simplement « réessayer », sans devoir tout se retaper (même si majoritairement, on a une statue non loin des boss). Enfin, pour survitaminer la partie, notre héros peut entrer en mode boost, lorsque la jauge associée est pleine, ce qui permet de réduire les dégâts perçus et d’augmenter ceux infligés. En somme, on se sent assez surpuissant, surtout lorsqu’il y a une bonne dizaine d’ennemis que l’on enchaîne. En somme, le gameplay est un peu plus profond qu’il n’y parait de prime abord, même si l’ensemble reste assez classique et bien plus léger que ce que proposent d’autres j-RPG.

L’avis perso de Vincent // Un plaisir coupable...

N’ayant pas encore pu mettre la main sur Ys VIII : Lacrimosa of Dana (je sais, je suis à la rue), je dois avouer que j’ai pris plaisir à faire ce spin-off. Même si le fait de le refaire trois fois est très intéressant au niveau scénaristique, par rapport aux points de vue qui se complètent fort bien, je dois avouer que ça m’a quand même gonflé, la faute à une progression très similaire. En revanche, j’ai bien accroché avec Toal et je me suis surpris à m’attacher à Hugo, que ce soit pour son histoire ou son gameplay. Seule Yunica, avec sa naïveté exacerbée, m’a gonflé. Pour le reste, c’est un dungeon action-RPG tout ce qu’il y a de plus classique. Le gameplay reste bon les combats de boss sont jouissifs, la bande-son est excellente et visuellement je n’ai rien à redire vu que je considère toujours qu’un beau jeu ne fait pas un bon jeu. Attention, ça ne veut pas dire qu’il faut tout accepter mais le visuel est tout à fait correct pour un portage d’un jeu de 2006. Je regrette juste la résolution des menus et des cinématiques, ce qui m’a un peu gâché le plaisir de visionner ces dernières qui sont superbes d’un point de vue artistique. En tout cas, ça a été un régal même si je reconnais volontiers pas mal de petits défauts qui pourront en rebuter certains, à commencer par ce côté très classique et old-school.


Point complet
Si vous êtes un fan de la série, alors vous serez probablement aux anges en découvrant ce spin-off, du moins si vous ne l’avez pas déjà fait sur PC ou sur les consoles de Sony. Il y a bien quelques défauts et le fait de refaire trois fois la même aventure, certes avec trois personnages différents, a de quoi rebuter. Néanmoins, l’histoire est vraiment prenante, on en apprend plus sur les origines de Ys (c’était le but, certes) et les personnages sont attachants. Peu importe le personnage que l’on choisit, le gameplay est très appréciable, les combats sont nerveux et les boss sont vraiment travaillés (c’est un peu la marque de fabrique de la licence). Bref, pour une vingtaine d’euros, on lui pardonne facilement les quelques errances liées à un portage d’un jeu qui a déjà douze ans. En ce qui concerne le côté old-school, c’est plus une histoire de sensibilité. Enfin, niveau durée de vie, même si ça paraît court si on s’en tient à un seul run, il faut avouer que les fans y passeront au moins une vingtaine d’heures (pour les trois runs), auxquelles on ajoute au moins deux bonnes heures, voire plus, pour les modes bonus selon la difficulté et si on souhaite tester uniquement le quatrième personnage assurant le fan-service ou si on compte s’y mettre en plus avec les trois autres de l’histoire.

On a adoré :
Environnements diversifiés
Des personnages attachants
Scénario assez développé
Bestiaire varié
Des boss bien travaillés
L’aspect old-school soigné
Direction artistique appréciable
Du fan-service
La difficulté Cauchemar (à débloquer)
Modes Time Attack & Arena…
Avec un 4ème perso pour les fans
Bande-son excellente
Textes en français
Prix très attractif
Trois histoires complémentaires…
On n'a pas aimé :
Faire 3 fois la même aventure
Trop old-school pour certains
On sent le poids des années
La résolution (cinématiques, menus)
Parfois trop bavard
Aspect RPG assez léger
Un peu court sur un run
La naïveté de Yunica parfois
Pas de carte de niveau


Consulter les commentaires Article publié le 11/05/2018 par Vincent P.


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