Test The Evil Within - jeux vidéo Xbox One

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The Evil Within



Développeur
Tango
Genre
Survival Horror
Statut
Disponible
Date de sortie
  14.10.2014
  14.10.2014
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI

Shinji Mikami est un personnage incontournable de l’univers vidéoludique qui a travaillé sur des licences comme Resident Evil, Dino Crisis ou encore Devil May Cry pour ne citer qu’eux. Cette année, avec son studio, il a souhaité proposer un survival horror old school visant à redorer le blason du genre. Reste donc à voir s’il a réussi son pari avec cette nouvelle licence ou s’il ne s’agit que d’une belle promesse non tenue… Reste également à voir si la version old-gen, dont celle pour la Xbox 360, n’a pas été sacrifiée au profit de la version new-gen…

Quand le stress surpasse la peur…




Avant toute chose, il est bon d’aborder l’aspect technique de cette version Xbox 360. Le constat n’est pas loin de la catastrophe. Le jeu n’est pas beau, malgré quelques effets qui sortent du lot, les textures sont souvent dégueulasses et, pire, elles s’affichent régulièrement avec du retard. Si cela ne suffisait pas, l’aliasing est très présent, du tearing (déchirement de l’image) s’invite régulièrement à la fête et un flou d’arrière-plan se remarque aisément. Les cinématiques ne sont pas en reste, avec des visuels parfois d’un autre âge qui nous font regretter le portage bâclé de Silent Hill 2. Mais ce n’est pas fini puisque, le pire du pire, c’est que le frame-rate est instable. Ca rame souvent, même lors des cinématiques, et l’ensemble de ces défauts techniques fini simplement par être usant à la longue. Bien entendu, on ne compare pas là à la version Xbox One, qui souffre elle aussi de défauts techniques mais qui sont bien moins prononcés. Notons tout de même pour les amateurs de comparaisons qu’avec la version Xbox 360, on perd au niveau des jeux de lumière, les modélisations sont plus grossières, voire sommaires et les couleurs plus ternes, sans évoquer les défauts techniques amplifiés donc. Malgré tout, il est bon de noter que si les défauts techniques sont importants, la version 360 est tout de même vendue une dizaine d'euros de moins que la version One (voire jusqu'à une vingtaine d'euros de moins pour les plus fouineurs).

Ceci dit, vous commencez le jeu en incarnant Sebastian Castellanos, inspecteur de police, qui est envoyé sur une scène de crime des plus sordides. Après avoir visionné une vidéo de sécurité et aperçu un individu aussi mystérieux que dangereux, vous êtes assommé. A votre réveil, le monde que vous connaissiez n'existe plus, et Sebastian doit progresser en plein cauchemar pour découvrir la vérité. Les repères changent, se perdent et les règles n'ont plus rien à voir avec le monde que vous connaissiez. Paradoxalement, alors que Shinji Mikami souhaitait "revenir aux sources" avec son nouveau survival horror, un grand nombre de ses inspirations sont issues d'oeuvres récentes. On peut ainsi citer comme références L'échelle de Jacob et Inception pour le cinéma, ainsi que Silent Hill, Resident Evil 4 ou encore The Last of Us pour les jeux vidéo. Un titre qui s'inspire donc de grandes références, pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire. Afin de conférer un aspect cinématographique à son jeu, Mikami a opté pour un format cinéma, avec deux bandes noires en haut et en bas de l'écran. Un procédé stylisé, mais qui, couplé aux nombreux défauts techniques déjà relevés, va souvent jouer de mauvais tour au joueur. En effet, ce format nuit beaucoup à la visibilité, d'autant plus que la caméra est relativement proche du joueur (en vue à la troisième personne), et a tendance à se bloquer dans des endroits exigus, lieux que vous fréquenterez beaucoup.

Une direction artistique soignée




Malgré ses défauts, le jeu jouit d'une direction artistique de qualité et d'une ambiance sonore absolument géniale. En intérieur, les couloirs sombres délabrés (dont l'image souvent granuleuse sied parfaitement à l'atmosphère), les portes rouillées et les salles de torture feront naître chez le joueur un sentiment d'insécurité permanent. Notre lampe, à la portée limitée, donnera lieu à de jolis effets de lumière, et certaines séquences de jeu sont vraiment belles. On trouvera même un niveau très fortement inspiré du manoir du premier Resident Evil dans son architecture, machine à écrire en prime. Sebastian n'est jamais à l'abri et le bestiaire sauvage et agressif ne vous laissera quasiment pas de répit. Le jeu est difficile, parfois sans pitié, et les morts seront nombreuses et souvent directes. Le gameplay lourd n'aide pas, principalement au début du jeu. Le personnage est lent et son endurance en sprint est très limitée, un essoufflement vous menant la plupart du temps vers une mort certaine. La visée est parfois imprécise et il nous est souvent arrivé de ne pas toucher un ennemi alors que nous le visions correctement, ce qui est vraiment pénible, les munitions étant très limitées. Il est également possible de se la jouer infiltration à quelques reprises, histoire de copier un peu Joel de The Last of Us, mais de façon plus basique (oeil fermé, l'ennemi ne vous voit pas, oeil ouvert, il vous traque).

Heureusement, des améliorations sont disponibles et nous vous encourageons à progresser au delà des 4 premiers chapitres (il y en 15, pour une durée de vie d'une douzaine d'heures en ligne droite) pour les acquérir et profiter du jeu. On pourra, en récupérant du gel vert (en bocal disséminé dans les niveaux ou plus simplement sur les cadavres ennemis), augmenter sa jauge de vie, son endurance, la puissance et la précision de ses armes, le nombre de munitions à transporter ou l'efficacité des seringues de guérison. Côté armement, on est dans du connu, avec le pistolet, le fusil à pompe, le sniper, l'arbalète (aux différents carreaux, qu'ils soient explosifs ou paralysants), ainsi que d'autres qui se débloqueront en ayant terminé le jeu, tout comme un mode New Game + bienvenu. L'accès au menu durant le jeu est par contre mal pensé (il faut presser le stick droit), et on le déclenche parfois sans le vouloir pendant un QTE un peu nerveux (ils sont cependant assez rares). Quatre raccourcis sont disponibles via la croix directionnelle, ce qui est peu, étant donné qu'il faut souvent jongler entre les armes, les seringues ou les grenades. Du coup, le changement d'armes est peu intuitif et beaucoup moins rapide et fluide que le système de GTA V pour ne citer que lui. On 'est clairement pas face au même genre de jeu, mais ce système aurait rendu The Evil Within beaucoup plus agréable, surtout dans les moments tendus.

L’ambiance au profit de l’expérience




Mais shooter un infecté ou un monstre ne suffit pas, il vous faudra également, si votre nombre d'allumettes vous le permet, le brûler pour être certain qu'il ne se relève pas, certains étant vraiment coriaces. Le jeu est gore, parfois même trop, tombant dans l'extrême façon Saw et ses pièges machiavéliques. Disséquer des cerveaux, fouiller dans les entrailles d'un cadavre et exploser les corps des infectés (la localisation des dégâts étant assez poussée) feront partie de l'aventure. N'allez pas croire que le jeu est une simple histoire d'horreur mettant en scène des atrocités (comme dans la plupart des Resident Evil), car il existe un vrai travail de recherche dans le bestiaire proposé. En avançant dans l'histoire, et en découvrant le passé de certains personnages (dont Ruvik, notre ennemi ultime), on se rend compte que de nombreux monstres, et principalement les boss, ont un sens et presque une raison d'exister, en exprimant leur malaise par la violence et la mort. A l'image de Pyramid Head dans Silent Hill 2, on découvrira dans The Evil Within un boss à plusieurs bras au visage féminin connu. Mais nous n'en dirons pas plus pour ne pas vous gâcher les surprises. Sachez que le scénario se développe au fur et à mesure, et qu'il est loin d'être relégué au second plan. Si on peut pester contre le manque d'informations sur la fin, nous laissant perplexe sur bien des points (complétés via les DLC peut-être ?), il ne faut pas oublier d'aller zieuter dans la galerie des personnages (une fois le jeu fini) pour en apprendre un peu plus.

Mais la fin fera en tout cas pas mal théoriser les joueurs. Les ennemis ne seront les seuls à vous poser problème, car le titre est truffé de pièges, eux aussi mortels, allant de mines à détection de mouvements à des pics géants tous droits sortis d'Indiana Jones. Là encore, le moindre faut pas sera fatal, mais vous pourrez en désactiver certains afin de récupérer des éléments pour fabriquer des carreaux pour votre arbalète. A vous de voir donc si vous préférez récupérer un peu d'équipement ou laisser ces pièges pour faire exploser les ennemis. On pestera tout de même contre des morts parfois injustes (Ruvik qui apparaît devant vous et vous tue en vous touchant) ou des ennemis très résistants. Il est possible de vous cacher parfois, sous un lit ou dans un placard, cette option étant très peu utile dans la totalité du jeu, contrairement à Outlast où cela fait partie intégrante de l'aventure. La question que l'on peut se poser est : The Evil Within fait-il vraiment peur ? Oui et non. La peur permanente est très peu présente, comme elle peut l'être dans la saga Project Zero, mais de nombreux sursauts sont à prévoir (infecté qui surgit d'une porte).

C'est surtout la peur de mourir qui prend le dessus, votre personnage ayant une barre de vie qui descend très vite. Certains boss, impossibles à tuer (il faudra fuir) sont par contre vraiment stressants. Le seul moment où vous serez en paix sera à l'hôpital psychiatrique (un lieu pourtant glauque de prime abord), accessible à différents endroits du jeu via des miroirs brisés. Accueilli par une infirmière (dont la portée est semblable à celles de Silent Hill 2 qui veillaient sur la femme de James) et par le "Clair de Lune" de Debussy, vous allez pouvoir souffler quelques instants et sauvegarder, en gardant à l'esprit que l'endroit reste instable et en proie aux disfonctionnements de ce monde (irréel ? parallèle ? simple cauchemar ?). L'ambiance du titre est très réussie, l 'OST du jeu étant en tout point excellente. Jonglant entre des sonorités graves et lourdes et des bruits stridents vous broyant littéralement le cerveau (à vous et à votre personnage), certains thèmes sont ultra prenants et renforcent l'immersion. Les doublages français sont plutôt bons et accentuent le charisme de certains personnages (dont Ruvik ou Sebastian). Les bruitages (cris, pleurs, portes qui grincent) ajoutent un peu plus à cette ambiance lugubre et glauque qui est un des gros points forts du jeu.

Point complet
Avec une ambiance très travaillée appuyée par une bande sonore de qualité, The Evil Within représente une expérience que les fans de survival horror apprécieront fortement. Le scénario est bien construit, les personnages sont intéressants et la difficulté est bien présente. Shinji Mikami et son équipe arrivent à nous sortir un titre qui, à défaut de faire réellement peur, arrive à générer un stress constant, avec des morts aussi soudaines qu’injustes et des boss retors. En plus, les environnements et les ennemis, bien étudiés, ajoutent un aspect oppressant des plus appréciables. Si le gameplay est considéré comme old school, il n’en garde pas moins des lourdeurs qui pourraient bien rebuter plusieurs joueurs, puisqu’il faut impérativement obtenir quelques améliorations pour atténuer ce défaut et enfin profiter pleinement de l’expérience. Par contre, du côté technique, le bilan de cette version Xbox 360 est assez catastrophique (même si cela est compensé par un prix de vente plus doux). Non seulement le jeu n’est pas beau, mais en plus on se tape des ralentissements fréquents, une distance d’affichage faible, un flou d’arrière-plan assez présent, un tearing quasi constant et un aliasing prononcé. En sus, les modélisations sont assez sommaires pour la plupart, certaines étant toutefois un peu plus travaillées (comme certains visages), tandis que beaucoup de textures sont tout bonnement dégueulasses, sans parler des chargements assez longs. C’est clairement dommage que les développeurs n’aient pas pris le temps de peaufiner ça et d’ajouter une option de réglage de la caméra, car l’aventure vaut le coup.

On a adoré :
+ Ambiance géniale
+ OST hyper immersive
+ Boss ultra stressants
+ Un vrai survival
+ Des décors intérieurs réussis
+ Pas mal d'améliorations
+ Plein de références bien utilisées
+ Bonne durée de vie
+ Bestiaire travaillé
+ Scénario prenant et intéressant…
On n'a pas aimé :
- Qui manque d'explications sur la fin
- Grosses lourdeurs de gameplay
- Presque techniquement à la rue
- Chargements longs
- Quelques excès de gore et de bourrinage
- Imprécisions de la visée
- Le menu des armes
- Morts parfois injustes


Consulter les commentaires Article publié le 12/11/2014 par Vincent P.



 
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