Test Steel Rats - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Développeur
Tate Multimedia
Genre
Course
Statut
Disponible
Date de sortie
  17.05.2019
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
14,99 €

Tate Multimedia, c’est un petit studio polonais que l’on connaît principalement pour deux licences, Kao The Kangaroo et plus récemment les Urban Trial, une alternative aux Trials de Red Lynx. Dernièrement, le studio a sorti un projet un peu différent, à savoir un jeu d’action dans lequel le joueur parcourt les niveaux en chevauchant une grosse cylindrée. Ce projet, c’est Steel Rats. Pari réussi ?

Une moto ? Une arme ? Les deux à la fois !



Ce qui aurait pu être un simple add-on de Urban Trial se présente à nous sous la forme d’un jeu complet vendu à 14,99€. La première raison, c’est que si la base est bien celle de Urban Trial Freestyle, Steel Rats se démarque au niveau de son univers. En effet, les joueurs sont invités à découvrir une version alternative de l’Amérique des années 50. Suite à une invasion de robots, le gang des Steel Rats, composé de Toshi, Randy, James et Lisa, est amené à se reformer pour éliminer la menace. Il y a une véritable volonté d’offrir un contexte. Mieux, l’ensemble est relativement scénarisé, dans la mesure où l’on démarre chaque chapitre avec une cinématique qui donne le ton. Le scénario n’est pas très évolué et est surtout prétexte à enfourcher sa moto et à dérouiller du robot mais il se laisse suivre. En plus, les développeurs ont intégré plusieurs secrets (sous la forme du logo des Steel Rats en version dorée) à récupérer en fouinant un poil les niveaux (généralement, il y a un petit chemin alternatif à trouver) pour débloquer des éléments du background. Une bonne initiative. La deuxième raison, c’est que Steel Rats est un jeu qui mixe plateforme et action. Concrètement, en plus de devoir gérer le comportement de la moto, on se retrouve à attaquer les ennemis façon beat them all.

Dans les phases de plateforme, il faut gérer l’accélération, les sauts et les déplacements de la moto, en plus des roues avant ou arrière selon la situation. Les quelques pointes de difficulté, loin d’être insurmontables pour autant, viennent d’ailleurs de certaines phases de plateformes qui demandent un certain doigté, là où d’autres passent bien plus facilement, parfois même au petit bonheur la chance dira-t-on. Le comportement de la moto n’est pas toujours crédible et la notion de physique semble être assez relative chez les développeurs polonais. On mettra ça sur le compte de l’arcade même si quelques comportements ubuesques sont risibles. Le petit plus, c’est que la roue avant de la moto est équipée d’une scie circulaire (une de chaque côté de la roue pour être précis) qui peut être actionnée pour infliger des dégâts aux ennemis ou découper un élément en travers de notre chemin (des voitures, des barbelés, des blocs de ciment…). Ce système d’attaque sert également à s’accrocher aux tuyaux métalliques, ce qui permet de gagner en verticalité ou de conduire au plafond. Ajoutez à cela une attaque spéciale par personnage (comme un drone qui tire sur les ennemis, une sorte de secousse en tapant la roue avant de la moto au sol, des flammes qui jaillissent sur le côté ou encore un grappin), une accélération (2xA), la possibilité de faire un demi-tour rapide (B), de lancer une charge (gâchette haute) ou encore de se défendre contre un projectile ou un ennemi (2xB) et vous obtenez un petit aperçu de la richesse du gameplay.

Mieux, il y a même un petit arbre de compétences pour chaque personnage, ce qui permet de débloquer des améliorations (comme un boost de vie, une augmentation des dégâts, un effet supplémentaire, une barre d’énergie en rab…) sympathiques grâce à la ferraille récoltée dans les niveaux (en éliminant les ennemis et en cassant des éléments du décor). Cette ferraille permet également de débloquer une poignée de skins pour chaque personnage et tout autant pour les motos, histoire d’apporter une touche de personnalisation. Avec ses vingt-huit niveaux, Steel Rats vous demandera de passer entre cinq et six heures (selon votre habileté et votre volonté à chercher les secrets) pour arriver jusqu’à la fin, une fin ouverte qui pourrait d’ailleurs suggérer que les développeurs pensent déjà à une suite. Pour le prix, c’est plutôt raisonnable. En revanche, la rejouabilité est assez faible, si ce n’est pour relancer un niveau dans lequel on n’a pas trouvé le secret ou si on désire assurer tous les défis secondaires, assez répétitifs au passage. La répétitivité s’applique également aux objectifs primaires des missions qui consistent en gros à se rendre à un point, activer un mécanisme, se défaire d’un ou plusieurs ennemis. Comme les niveaux des cinq quartiers présents sont assez cohérents dans le style, cela donne une certaine monotonie.

Accroche-toi à la selle, je ne contrôle pas tout…

Ce manque de diversité, on le retrouve également au niveau du bestiaire. Même s’il y a l’intégration de plusieurs nouveaux ennemis au fil de l’aventure, on remarque que ce sont parfois des versions à peine modifiées des ennemis de base ou des robots qui n’ont en tout cas rien d’original. Seuls les boss sortent un peu du lot. Heureusement, pour rattraper cela, le titre peut compter sur une direction artistique agréable couplée à une bande-son très agréable et à des doublages réussis. Les cinématiques sont aussi appréciables dans leur genre, même si elles tiennent plus de l’image animée que d’autre chose. L’ensemble aurait pu être très bon s’il n’y avait pas plusieurs défauts assez gênants. La progression se fait en 2.5D, ce qui permet de manœuvrer la moto entre l’arrière-plan et le premier plan, tout en laissant une bande assez large au milieu pour se déplacer de manière latérale (par rapport à la moto) pourrait-on dire. Pour le reste, on va vers la gauche ou la droite, en profitant des tremplins, des tuyaux métalliques et des différents étages des niveaux pour gagner en verticalité. On salue d’ailleurs au passage le travail sur le level design qui est plutôt bon.

En revanche, la précision est loin d’être au rendez-vous. La perspective de la profondeur n’est pas toujours évidente et la réussite ou l’échec de certains passages typés plateforme se joue parfois à un poil de cul. Il n’est donc pas rare de voir notre moto se bloquer dans le décor alors qu’on était persuadé de passer ou encore de s’éclater contre un mur après une accélération alors qu’on aurait juré qu’on allait toucher l’ennemi. De même, il y a plusieurs moments où l’on n’est pas sûr de contrôler réellement notre moto, surtout lorsqu’on la voit se comporter bizarrement ou qu’un enchaînement de sauts devient une vraie épreuve. Pire, les réapparitions sont à peu près toujours mal placées et on ne compte plus les bugs dont nous avons été victimes, des bugs de collisions les plus classiques à d’autres plus gênants, comme le son qui ne se lance pas ou carrément l’écran qui reste noir mais habillé du HUD. Dommage, avec de meilleures finitions, le titre aurait pu séduire un public plus large.

L’avis perso de Vincent // Plaisir coupable parfois amer

Steel Rats n’est pas parfait. Je sens bien que les développeurs ont voulu réutiliser leur travail sur Urban Trial mais je sens aussi qu’ils ont fait des efforts. L’aventure est scénarisée, la durée de vie est plutôt correcte pour le prix et franchement, j’ai pris du plaisir à le parcourir. Le seul truc, c’est que même si la difficulté n’est jamais bloquante, il y a des pics de difficulté qui sont artificiels car trop liés aux imprécisions du gameplay, notamment lors des phases de plateforme. Le scénario ne brille pas, ça manque de diversité sur bien des points, les bugs sont assez nombreux et la physique de la moto laisse clairement à désirer mais il y a eu un travail sur la direction artistique, sur la bande-son et sur le gameplay. Il y a pas mal de possibilités, un petit arbre de compétences pour chaque personnage et c’est plutôt amusant de foncer en défouraillant tous les robots qui sont sur notre chemin. Du coup, ça m’a fait un petit plaisir coupable même si je dois bien l’avouer, je n’y retournerai probablement pas avant un bon moment.


Point complet
Steel Rats arrive à se démarquer des Urban Trial dont il reprend les bases grâce à une direction artistique séduisante accompagnée d’une bande-son très agréable et d’un level design de qualité. En ajoutant le côté action façon beat them all et en faisant un effort sur la scénarisation, les développeurs ont réussi à faire de leur bébé un jeu fun. Pourtant, ils n’ont pas réussi à nous séduire complètement, la faute principalement à un vrai manque de finitions. Entre les bugs, les imprécisions du gameplay et un certain manque de diversité au niveau des environnements, des objectifs et des ennemis, il est évident que certains lâcheront probablement l’affaire avant la fin du jeu. C’est d’autant plus vrai que les pics de difficulté sont majoritairement artificiels puisque induits par le manque de précision du gameplay lors des phases de plateforme et par l’appréciation trop approximative de la profondeur. Toujours est-il que le ratio durée de vie / prix est acceptable et que si vous êtes un peu habile et patient, vous pourriez bien y trouver votre compte… Sinon, vous allez probablement rager et/ou vous tordre de rire devant la physique improbable du jeu.

On a adoré :
Effort de scénarisation
Combo plateforme/action bien dosé
Level design de qualité
Plutôt fun
La direction artistique
Les arbres de compétences
Bande-son agréable
Rouler sur les tuyaux
Ratio prix/durée de vie correct
De la verticalité
On n'a pas aimé :
Manque de variété
Rejouabilité limitée
Des imprécisions dans le gameplay
Évaluation de la profondeur approximative
Des bugs assez nombreux
La physique de la moto, à revoir
Réapparitions mal placées


Consulter les commentaires Article publié le 27/05/2019 par Vincent P.



 
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