Test Shenmue I & II - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Editeur
Sega
Développeur
d3t
Genre
Action/Aventure
Statut
Disponible
Date de sortie
  21.08.2018
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
34,99 €

Shenmue, Shenmue, Shenmue… Cette licence a marqué l’ère de la Dreamcast. Véritable succès critique, Shenmue, sorti fin 1999 au Japon et près d’un an plus tard en Europe, a pourtant connu un échec commercial (le budget était colossal pour l’époque et les ambitions énormes). Cela n’a pas empêché Yū Suzuki de continuer l’histoire avec une suite mais les circonstances ont fait que la licence aurait pu s’arrêter avec la mort de la Dreamcast, et ce même si Shenmue II (sorti en 2001 sur DC) a été porté sur Xbox première du nom en 2003 (en Europe). Toutefois, les fans de la licence ont gardé espoir. Ils… Nous avons eu raison car, 18 ans plus tard, nous allons enfin pouvoir découvrir la suite avec Shenmue III (daté à août 2019 sur PC et PlayStation 4). Avant cela, pour initier les plus jeunes et jouer sur la corde nostalgique des autres, Sega a tenu à proposer une compilation regroupant les portages des deux premiers opus. Etait-ce nécessaire ? Les portages sont-ils réussis ?

Shenmue I, le chef d’œuvre…



Shenmue, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui apprend les arts martiaux. Novembre 1986, au Japon dans une reproduction très proche de la ville de Yokosuka, il rentre chez lui et voit son père se faire tuer sous ses yeux… Lan Di, l’assassin, dérobe en prime le miroir du dragon… C’est le point de départ, une simple histoire de vengeance. Ryo Hazuki, notre jeune garçon, n’a pourtant pas grand-chose à se mettre sous la dent (à part une voiture noire qui est partie en trombe) pour retrouver Lan Di. Il va donc devoir arpenter les trois autres quartiers de la ville (le quatrième étant la propriété Hazuki pour se reposer et s’entraîner) à la recherche d’indices. Loin du simple jeu d’action et d’aventure, il demande avant tout de mener une enquête dont les ramifications se multiplient au fil de l’avancée. Il s’agit d’un véritable voyage initiatique dans lequel notre jeune garçon, avec son côté très propre sur lui (toujours gentil, prêt à aider, voire parfois un peu naïf), va évoluer. Le joueur va partager ses émotions et grandir avec lui. L’histoire prend de la consistance, elle nous happe du début à la fin. Nous n’en dirons pas plus pour éviter tout spoiler mais il y a de véritables moments touchants, d’autres qui sont dramatiques, etc. Que ce soit Ryo ou les personnages secondaires, il y a eu un véritable travail. En plus de son histoire de qualité, Shenmue propose une aventure en monde ouvert qui prend la forme d’une enquête.

Il faut donc aller à la rencontre des PNJ pour discuter avec eux et chercher les indices qui nous font progresser. Mais chacun a son propre emploi du temps, Ryo le premier qui doit rentrer avant une certaine heure pour dormir et qui se lève aux aurores pour bien profiter de la journée. Cela se traduit en jeu par un système temporel réaliste, même si bien entendu l’horloge tourne plus vite que dans la vraie vie. Ce système est crucial car il impose aux joueurs de faire attention à ses actions. Par exemple, vous ne pouvez pas rentrer dans un bar le matin, tandis que vous ne pourrez pas aller questionner un vendeur de vestes après 20H. Cela implique qu’il faut parfois savoir s’occuper pour passer le temps, du moins lorsqu’on a un objectif prédéfini, comme trouver des marins dans un bar le soir alors qu’il est à peine onze heures du matin. Heureusement, des interactions, Shenmue en propose des tonnes. Jouer au bandit-manchot, profiter de jeux d’arcade signés comme par hasard Yū Suzuki (Space Harrier, Hang On), s’entraîner aux QTE avec deux bornes spécifiques, s’acheter des boissons gazeuses dans les distributeurs ou des figurines Sega, participer à un concours dans un magasin où on peut acheter de la nourriture, jouer aux fléchettes, nourrir un chat (qui fait un parallèle avec Ryo…), téléphoner (certaines informations ne peuvent être obtenues que par ce biais), etc. Le joueur avance donc chaque jour du calendrier, profitant de conditions météorologiques réalistes (il peut pleuvoir, à Noël, il y a des flocons et une ambiance plus spéciale, il peut faire beau ou nuageux, les lumières ayant été travaillées en fonction de la situation) et cherchant à avancer dans son enquête, le tout avant une certaine date, auquel cas la fin change.

Shenmue est tellement riche que l’on pourrait encore et encore rajouter des dizaines de lignes pour parler de son système de repérage (une boussole et des panneaux à consulter dans les rues avec le plan du quartier), de la richesse de Dobuita, de toutes les quêtes annexes à faire, des situations qui se débloquent parce qu’on est présent au bon endroit et au bon moment, etc. Mais nous préférons ne pas nous attarder sur ces points pour insister un peu plus sur un point crucial : le système de combat. A la base, Yū Suzuki avait envisagé un Virtua Fighter façon RPG, avec Akira en héros (à l’époque de la Sega Saturn). Le projet n’a pas abouti et il est parti sur Shenmue qui a finalement atterri sur Dreamcast, ce qui aurait évité un four sur Saturn, tout en profitant d’une puissance supérieure pour afficher de meilleurs graphismes notamment. Cette petite histoire est importante parce qu’elle explique pourquoi le système de combat de Shenmue était si perfectionné à l’époque, il se basait tout simplement sur celui de la licence Virtua Fighter. Les techniques sont nombreuses et si on pouvait se défaire de ses ennemis avec les coups de base, il était clairement jouissif d’utiliser des techniques plus avancées, en sachant qu’on pouvait en plus en apprendre d’autres au fil du jeu.

Rajoutez à cela une bande-son enchanteresse et des QTE qui étaient très bien pensés et surtout logiques par rapport aux situations et vous comprendrez mieux pourquoi Shenmue a tant marqué les esprits. Pourtant, il n’était pas parfait. Le rythme était très lent, le premier combat arrive assez tard, les discussions menaient souvent à des redites et il fallait attendre de débloquer un script pour activer de nouvelles discussions avec les mêmes PNJ ou tout simplement pour avancer. Du coup, on pouvait parfois passer un sacré temps à arpenter Dobuita, attendant une heure précise pour avancer, surtout durant la première partie qui ne permet pas encore d’étendre les possibilités. La deuxième était mieux rythmée déjà, dès la possibilité d’aller au port (là où on utilisait les fameux chariots élévateurs). De même, beaucoup de portes étaient fermées et on essayait parfois de se repérer tant bien que mal pour répondre à certaines attentes. On s’arrêtait sur les nombreux détails, souvent en vain, et on pensait parfois qu’on tournait quand même pas mal en rond, multipliant les allers-retours.

Shenmue II, la perfection…



En 2001, Sega sort Shenmue II. Yū Suzuki a pris en compte les remarques faites sur le premier Shenmue pour offrir un nouvel opus qui va encore plus loin, tout en continuant l’aventure de Ryo. Pour l’anecdote, celle-ci était prévue pour être racontée en plusieurs chapitres, Shenmue II menant au chapitre cinq et se terminant sur une fin ouverte qui donne bien entendu l’envie d’avoir la suite… Ceci dit, le scénario est là encore réussi. On suit l’histoire avec plaisir, on traverse des lieux toujours plus grands, plus détaillés et on profite d’un monde ouvert encore plus vivant. Le scénario reste une réussite, il est toujours aussi saisissant et on prend un malin plaisir à voir notre Ryo grandir. Il n’a plus personne qui l’aide financièrement, il va donc devoir gagner de l’argent seul. Travailler, parier, mettre en gages des figurines, il découvre un autre monde. C’est d’autant plus vrai que l’histoire se déroule cette fois à Hong Kong. Les graphismes ont gagné en finesse et en qualité, la profondeur de champ est accentuée, les rues sont encore plus peuplées, les activités se sont multipliées, il y a pas mal de mini-jeux inédits et on garde tout de même les machines à sou et les bornes d’arcade (Out Run, our love…). Quant aux fléchettes, c’est toujours un régal. L’aventure est également plus dense, plus longue et surtout bien mieux rythmée.

Dès le début, la portion entre enquêtes et action est plus équilibrée, le joueur n’a pas le temps de s’ennuyer et, même quand il cherche, il arrive à déclencher des cut-scenes qui l’aident à progresser. D’une manière générale, les PNJ sont bien plus serviables. Ils nous renseignent mieux, voire parfois/souvent nous accompagnent jusqu’au lieu cherché. De fait, on passe moins de temps à attendre ou à tourner en rond parce qu’on a loupé quelque chose. On avance simplement avec un rythme soutenu. Les QTE ont également gagné en profondeur, dans le sens où ils sont plus longs. Le dernier tiers demande une certaine habilité (il en va de même pour les bras de fer, et ce dès le début), les QTE étant longs et demandant de réagir au quart de tour. Par contre, là encore, toutes les actions sont logiques par rapport aux commandes de base. On n’a pas à tourner trois fois un joystick pour simplement retirer une paire de lunettes. Sans aller plus dans les détails, Shenmue II est à la fois la suite et la version revue, corrigée et totalement améliorée du premier, ce qui en faisait à l’époque un jeu qui tutoyait la perfection, tout simplement. Aucun autre jeu n’était aussi fourni, aussi réaliste dans les systèmes de jeu, aussi détaillé, aussi complet et aussi bon. Même à l’heure actuelle, il n’y a pas beaucoup de jeux qui peuvent se targuer d’être aussi complet en offrant autant de possibilités… Même les Yakuza que nous adorons arrivent un cran en dessous sur ces points-là.

Shenmue I et II, des portages minimalistes…



On ne va pas tourner autour du pot, si on doit se concentrer uniquement sur la qualité du portage, comme on peut le faire pour n’importe quel autre portage, on peut le dire clairement, le résultat est minimaliste, et ce que ce soit pour le premier ou le deuxième. Premier point à noter, lorsqu’on insère la galette, on installe les deux jeux séparément. Si on les prend en téléchargement, c’est pareil. Il n’y a pas de menu pour la compilation, on lance soit Shenmue, soit Shenmue II. Comme cela avait été annoncé, d3t a réalisé un portage et non un remake (pour bien comprendre la différence, nous vous invitons à lire cet article), ce qui veut dire que le studio anglais a repris le code d’origine et l’a porté comme tel sur nos Xbox One, arrangeant ce qui devait l’être pour que les deux jeux puissent tourner. Pour justifier tout de même l’achat, les jeux ayant près d’une vingtaine d’années, ils ont travaillé les visuels pour un affichage en full HD. L’interface utilisateur a également été améliorée pour que l’ensemble puisse passer sans souci sur nos téléviseurs de dernière génération. Au passage, on peut désactiver le rendu haute définition pour jouer avec celui de l’époque. Il faut bien l’avouer, en comparaison, le résultat en HD est propre. Sur une Xbox One X avec un téléviseur 4K, on apprécie le jeu sans se péter la rétine. Le rendu avec la Dreamcast ou la Xbox (voire la 360, Shenmue II étant rétrocompatible) n’étant pas aussi propre sur un téléviseur de cette taille.

Les chargements ont également été fortement réduits, ce qui ajoute au confort de jeu. Autre point positif, la Xbox One reste plutôt silencieuse, contrairement à la Dreamcast. Comme la Dreamcast n’offrait qu’un joystick et une croix directionnelle, les développeurs ont laissé le choix dans ce portage pour le gameplay. On peut donc déplacer Ryo avec le stick gauche ou la croix directionnelle, tandis que le stick droit permet de déplacer sa tête. Petit conseil au passage, lorsque vous vous déplacez, ne bougez pas la tête de Ryo. Si d’ordinaire le stick droit est utilisé pour gérer le placement de la caméra, dans Shenmue ce n’est pas le cas, ce qui fait que le stick droit peut vite devenir un handicap, surtout quand vous courez. La caméra suivant automatiquement les mouvements de Ryo, seule la commande des déplacements suffit. Le stick droit sert surtout à observer l’environnement ou à déplacer le regard de notre personnage lorsqu’on zoome avec la gâchette. Pour des raisons de licences, les marques ont disparu des portages. Coca Cola, Fanta et compagnie laissent donc leur place à des noms placés pour l’occasion.

Même la montre de Ryo a laissé tomber la marque pour afficher Sega. Pour compenser la puissance de la console tout en affichant plusieurs PNJ actifs à l’écran, les développeurs avaient mis en place un petit système de pop. Ainsi, les personnages apparaissaient parfois subitement. Avec ce portage, la Xbox One ne manquant pas de puissance, ce « souci » aurait pu être corrigé. Il n’en est rien. Il en va de même pour les bugs audio qui sont toujours de la partie, et ce malgré un patch Day One. Shenmue premier du nom a également bien vieilli au niveau des visuels. Beaucoup de textures sont baveuses, bien des éléments manquent de relief, les animations ont vieilli, bref, tout est présenté dans le jus de l’époque. Shenmue II étant au-dessus graphiquement, le ressenti est légèrement plus atténué même si le titre accuse le poids des années. Les modélisations paraissent grossières à notre époque, même si les visages qui avaient profité d’un soin tout particulier, s’en sortent encore un peu (ils ont été lissés pour l’occasion), il y a quelques problèmes de synchronisations labiales (le gérant de l’hôtel de Shenmue II n’ouvre même pas la bouche la plupart du temps), le sol ressemble parfois à un amas de pixels, bref, les amateurs de graphismes vont tirer la tronche.

De même quand ils vont voir les bizarreries du pathfinding, les cut-scenes qui sont restées en 4/3 alors que les séquences de gameplay sont en 16/9ème, les éléments illisibles (les magazines, pas mal d’écrits, etc.)… Les nouveaux venus et quelques autres trouveront certainement honteux que les textures n’aient pas été rehaussées, que les jeux de lumière n’aient pas été revus, que les ombres n’aient pas été retravaillées, que les animations n’aient pas été enrichies, que les apparitions des PNJ n’aient pas été revues, que les bugs de l’époque n’aient pas été corrigés, bref que le travail d’un portage n’ait pas été fait, du moins pas comme ils l’entendent… Les fans ultimes pourraient même grincer des dents en voyant que le Film Shenmue n’a pas été ajouté à la compilation. C’est bête, mais ce film d’1h30 qui accompagnait Shenmue II était une aubaine pour ceux qui n’avaient pas découvert le premier ou qui souhaitaient se remettre dans l’ambiance. Même s’il n’avait pas été traduit en français, il était inclus (un DVD à part) dans le portage Xbox de Shenmue II.

Shenmue I et II, Portages, contexte et confort !



Il faut l’avouer, même si d3t a fourni un minimum de travail, les portages restent minimalistes. Pour celui qui cherchait à (re)découvrir ces deux pépites avec des graphismes qui claquent, façon Yakuza Kiwami 1 ou 2, la déception sera de mise. Pourtant, cette compilation est loin d’être inutile. Pourquoi ? Simplement parce qu’il y a un contexte important à prendre en compte. Contrairement à des portages de jeux d’une génération sur l’autre qui arrivent à réutiliser des éléments d’un même moteur ou une version actualisée dudit moteur pour économiser de l’argent tout en proposant quelques améliorations, Shenmue a été fait avec un moteur maison. Même si on regrette que les développeurs n’aient pas tenté d’améliorer certains éléments ou même de remasteriser la partie audio, il faut bien avouer que cela aurait coûté de l’argent. Penser à un remake serait encore plus aberrant tant le budget pour Shenmue était colossal à l’époque. Repartir de zéro pour récréer des jeux aussi complets, aussi variés et aussi complexes représenterait un gouffre financier pour un Sega qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Le but de Sega était donc de préparer l’arrivée de Shenmue III (août 2019 sur PC/PS4 donc) en proposant des portages au budget maîtrisé pour éviter des pertes.

Concrètement, avec l’échec commercial de la Dreamcast et de la licence, il est bien difficile d’imaginer chez Sega que Shenmue I et II puisse être un énorme carton commercial. Comme les jeux ont une vingtaine d’années et qu’il faut quand même intéresser les nouveaux joueurs pour qu’ils lorgnent sur le III, qui est tout de même la suite directe de l’histoire, il était nécessaire de proposer des portages. Pourquoi ? Parce que les versions Dreamcast ne se trouvent pas si facilement et que les prix s’envolent. A l’heure actuelle, on trouve le premier Shenmue sur Dreamcast entre 40 et 80€, Shenmue II sur Dreamcast entre 60 et 100€ et Shenmue II sur Xbox entre 30 et 40 euros, et là on parle des meilleurs prix. De fait, avoir la possibilité de jouer aux deux opus pour 35€ reste une sacrée aubaine, surtout qu’en plus de l’achat des versions Dreamcast, ceux qui ne sont pas équipés devraient justement rajouter l’achat de la console. L’offre est tellement intéressante que Sega en a profité puisque la compilation était annoncée de base à 30€, avant que le prix ne soit discrètement gonflé face à l’engouement de l’annonce…

Outre l’aspect financier, cette compilation représente surtout le moyen de jouer à ces deux chefs d’œuvre avec un certain confort. Comme nous l’avons déjà évoqué, les chargements ont été drastiquement réduits, on évite les bruits de la console, les titres restent acceptables à l’œil sur des téléviseurs actuels et, le plus, c’est que les deux jeux sont jouables avec les voix japonaises et les sous-titres français. Les voix anglaises sont également disponibles en option. C’est un gros plus puisque les jeux n’avaient pas été traduits à l’époque. Shenmue et la version Xbox de Shenmue II étaient uniquement en anglais. Seules les notes du carnet avaient été traduites et permettaient de s’y repérer un peu. La version Dreamcast de Shenmue II proposait quant à elle la possibilité de jouer avec les voix japonaises (même si l’action se passe en Chine) et les sous-titres anglais.

L’option voix japonaises et sous-titres français apporte un réel plus pour l’immersion et la compréhension. Les développeurs ayant repris la version Xbox de Shenmue II, on profite également des filtres (sépia, jaune, sombre, via LB) et de l’appareil photo (pour prendre un screen qui est sauvegardé). On a également les secrets à trouver et les screens à regarder dans la Galerie, la collection pour rejouer aux mini-jeux débloqués au fil de l’aventure et dix emplacements de sauvegarde. Autre gros plus, une fois Shenmue fini, on peut charger la sauvegarde dans le II, ce qui permet de commencer avec les techniques apprises dans le premier et avec sa collection de figurines. Enfin, des déplacements rapides permettent de se rendre à son lieu de résidence le soir pour aller dormir et, le matin, vers le quartier qui nous intéresse. En revanche, utiliser ce système, c’est avoir l’opportunité de passer à côté de quelques quêtes annexes ou autres informations…

L’avis perso de Vincent // Mon amour, je t’aime !

Shenmue, c’est une licence qui a bercé mon adolescence. Ce sont deux jeux qui sont totalement incontournables, ce sont deux titres qui étaient largement en avance sur leur temps. Shenmue I avait quelques défauts de rythme et le monde ouvert n’était pas si vaste que cela mais Shenmue II a corrigé le tir en offrant une suite plus travaillée et plus maîtrisée en tous points. A mes yeux, Shenmue est une pépite tandis que le II frôle la perfection. Avec tout l’amour que j’ai pour la licence, je dois reconnaître que les jeux ont vieilli et que le résultat de ce portage, quoi qu’on puisse en dire, reste minimaliste. Malgré tout, je conseille fortement cette compilation à tous ceux qui passeront outre le fait que les titres sont dans leur jus. Les développeurs ont fait le minimum mais ils l’ont fait correctement pour qu’on puisse jouer à ces deux chefs d’œuvre dans des conditions plus agréables qu’avec les originaux. En plus, vu la rareté et les prix pratiqués, ça reste une belle opportunité pour les (re)découvrir sur nos téléviseurs actuels à moindre coût, avec les voix jap et les sous-titres français. On parle quand même de 35€ pour deux jeux dont l’histoire est toujours aussi prenante et sur lesquels on arrive à cumuler un peu plus de quarante-cinq heures de jeu. Oui, il faut accepter des concessions mais bordel, j’ai vraiment pris un pied d’enfer à m’y remettre. J’ai hâte de découvrir la suite parce que les Shenmue m’ont fait voyager à l’époque et ils continuent à me transporter, avec une histoire touchante à souhait.


Point complet
Doit-on recommander cette compilation de portages Shenmue I et II ? La réponse dépendra vraiment du profil du joueur. Si vous avez été biberonné avec les jeux actuels dans lesquels tout est assisté et/ou vous êtes sensibles aux beaux visuels, alors passez votre chemin, vous n’aurez qu’une déception. Si vous vous attendiez à un remake, alors oubliez cette compilation, ce n’était pas ce qui était annoncé. Si vous vous attendiez à un portage de qualité, aux textures retravaillées, aux lumières revues, à la bande-son remasterisée, etc., vous allez également être déçus. Cela élimine beaucoup de profils mais cette compilation reste indispensable pour deux types de joueurs à nos yeux : ceux qui veulent découvrir ces chefs d’œuvre à moindre prix, parce que les prix du marché se sont envolés, et qui passeront outre le fait que les jeux sont fournis dans leur jus… et ceux qui veulent redécouvrir l’aventure avec simplement plus de confort (chargements réduits, pas le bruit de la Dreamcast, des phases de jeu en 16/9ème, des voix japonaises avec des sous-titres français) sur des téléviseurs actuels. Ca a vieilli, c’est clair, mais quasi vingt ans plus tard, ces deux Shenmue arrivent à enterrer bien des jeux au niveau de la narration, de la diversité et de la complexité. La forme a vieilli, pas le fond ! C’était deux jeux qui étaient largement en avance sur leur temps et ils méritent qu’on s’y intéresse simplement parce que sans eux (et quelques autres), nous n’aurions peut-être pas aujourd’hui des jeux en monde ouvert qui sont beaux et relativement cohérents, tout en proposant une narration un minimum soignée…

On a adoré :
Shenmue I et II pour 35€
Voix japonaises
Sous-titres français
L’import de sauvegarde
Chargements bien réduits
Les mini-jeux arcade
Jouer en 16/9ème
Portage full HD propre…
On n'a pas aimé :
Mais minimaliste
Cut-scenes en 4/3
Pas de Shenmue film
Ca a vieilli, surtout le I
Les bugs de l’époque
Bande-son à remasteriser


Consulter les commentaires Article publié le 26/08/2018 par Vincent P.


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