Test Sekiro : Shadows die Twice - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Editeur
Activision
Développeur
From Software
Genre
Aventure Action
Statut
Disponible
Date de sortie
  22.03.2019
Nombre de joueurs
1

« Ah, t’as Sekiro ? Tu l’as terminé ? »
« Ouais bien sûr, en faisant les boss optionnels les plus durs. »
« Ah carrément, il parait qu’il est vraiment super difficile comme jeu ! »
« Ouais… enfin pas tant que ça quand tu maîtrises le gameplay, question d’habitude. »
« Oui mais toi, t’es un gros gamer aussi… »
« Ah ha c’est vrai que je me débrouille. »

En général, c’est ce genre de discussions que j’ai avec le commun des mortels à propos de Sekiro. Je fais genre vieux gamer chevronné à qui on ne la fait pas. Bien sûr que j’ai terminé le jeu, je n’ai même pas menti concernant les boss optionnels. Ce que je n’ai pas forcément raconté en revanche, c’est comment j’en ai, désolé pour l’expression, chier pour y arriver. Des dizaines et des dizaines de morts, des humiliations face à des boss retors… mais à chaque fois que je parle de Sekiro, je n’en retiens que les bons moments, n’est-ce pas le signe d’un bon jeu ? Oui, bon, c’est possible aussi que je fasse un peu ça pour entretenir ma réputation de hardcore gamer barbu impassible.

« On apprend peu par la victoire mais beaucoup par la défaite »



Sekiro vous met dans la peau d’un shinobi nommé… Sekiro, ce qui est plutôt bien trouvé même s’il faut penser à mettre une calotte à chacun de vos potes qui tentera de faire un jeu de mots miteux à base de « mais alors c’est qui ? Ro ! » (vous en avez forcément au moins un dans votre entourage, c’est celui qui vous fait aussi la blague « eh vous connaissez le vrai prénom de Neymar ? Hé ben c’est Jean »… d’ailleurs pour celle-là, mettez-lui deux baffes !). Ce dernier, rompu aux arts ninja, est une véritable machine de mort. D’une efficacité mortelle avec un katana, il peut également compter sur son bras spécial, véritable prothèse ninja qui lui permet d’utiliser un grappin ainsi que moult gadgets. Le début du jeu nous met d’ailleurs en confiance. Contrairement aux Dark Souls dans lesquels le moindre adversaire peut nous être fatal, les ennemis de base dans Sekiro ont peu de chance de nous terrasser. Surgir derrière un samouraï discrètement pour l’égorger, voir ses compagnons reculer en hurlant, disparaître… pour mieux refrapper ensuite.

Quand on sait que Sekiro était à la base prévu comme un nouveau Tenchu, il est au final peu étonnant de retrouver ce genre de sensations. Mais comme souvent avec les jeux de From Software, le retour à la réalité est brutal car, si les ennemis de base du début ne vous poseront aucun problème, ce ne sera pas la même limonade une fois face à l’un des nombreux boss et mini boss qui jalonnent le jeu. Là, terminée la sensation de puissance et place à l’humiliation puisque chacune de vos premières rencontres avec ces adversaires ultra coriaces se soldera souvent par une mort piteuse. Il va alors falloir s’adapter, observer, apprendre à reconnaître les coups, apprendre à les parer. Ce n’est qu’une fois ceci fait que les premières défaites cuisantes se transformeront peu à peu en défaites honorables laissant entrevoir les failles de l’adversaire et une possible victoire. Victoire qui une fois acquise, vous procurera un sentiment d’accomplissement indécemment grisant. Mais pourquoi ces combats si âpres et difficiles resteront gravés dans vos mémoires comme des passages mémorables ? La réponse tient en un seul mot : gameplay.

Oubliez la série des Souls, dans Sekiro, point d’aspect RPGesque. Bien sûr, il y a de l’XP à gagner pour débloquer des techniques ninja dans différents arbres de compétences mais en ce qui concerne le perso, pas de stats, pas d’armure à looter, ni d’arme à upgrader. Votre seul atout ? Votre skill manette dans les mains. Ici, impossible de farmer pour devenir plus fort quand vous bloquez devant un boss. Une seule solution : persévérer. Oubliez également la fameuse jauge d’endurance des Souls. Sekiro est un shinobi, il ne sera jamais essoufflé après deux esquives et un enchaînement au katana. En revanche dite bonjour à la jauge de posture, LA trouvaille du jeu. En gros, elle représente votre défense et tous les ennemis en possèdent une aussi. Elle se remplit à chaque fois que vous parez une attaque, une fois pleine votre garde est brisée, vous laissant ainsi vulnérable pendant environ deux longues secondes qui pourront souvent vous être fatales. En revanche quand c’est vous qui arrivez à remplir celle de l’adversaire, non seulement sa garde casse mais en plus il se retrouve vulnérable et exposé à un coup fatal. Ce dernier, comme son nom l’indique, met fin au combat puisqu’il permet de terrasser l’adversaire en un coup. Et c’est là-dessus que vient se greffer la deuxième trouvaille du jeu : la déviation. Si au lieu de parer bêtement, vous appuyez sur la touche parade uniquement au dernier moment, juste avant que le coup adverse ne vous touche, vous déviez l’attaque.

Une technique qui possède deux gros avantages : premièrement votre barre de posture n’augmente pas quand vous réalisez une déviation réussie mais surtout celle de l’ennemi augmente grandement, il peut même se retrouver déséquilibré. Une fois ceci assimilé, on comprend vite que plutôt que de bourriner au corps à corps, il faut la jouer technique. Taper sur un ennemi de base, c’est lui donner au moins trois ou quatre coups avant de le tuer, tout en sachant qu’il peut parer. Réaliser une déviation parfaite puis l’exécuter avec un coup fatal ne vous prendra en revanche qu’une ou deux secondes. Effet badass garanti. Revenons-en aux boss. Forcément, ils seront plus difficiles à battre que le menu fretin mais l’esprit reste le même, la technique est supérieure au bourrinage. Une fois le gameplay bien en main, les humiliations deviennent alors des joutes endiablées durant lesquelles le fracas des lames retentit violemment pendant que vous et votre adversaire êtes en train de vous livrer à une danse mortelle aussi rapide que belle. Le plaisir indicible d’enfin casser la posture d’un boss pour lui infliger un coup fatal au bout de moult essais sonne alors comme une récompense de premier choix. On se dit que finalement, avec de la persévérance, c’est largement faisable.

« Sept fois à terre, huit fois debout » – Proverbe japonais

Mais là encore, From Software se chargera de vous ramener les pieds sur terre. Sekiro, c’est un tour de montagne russe permanent. On rencontre un boss, on galère pendant de longs moments en criant à l’injustice devant sa puissance, puis à force de patience et d’efforts, on le bat. Du coup, on se sent invincible et on reprend gaiement son parcours… jusqu’au prochain boss qui semblera encore plus dur et quasi impossible à battre… jusqu’à ce que, à force de patience et de persévérance, on finisse par l’occire lui aussi. Et ainsi de suite jusqu’à la fin. Jusqu’à son générique final, Sekiro n’a de cesse de vous balancer des adversaires toujours plus forts au visage avec des techniques de plus en plus mortelles. Oui vous allez en baver mais vous allez également savourer chaque pas vers la victoire avec voracité jusqu’à la victoire elle-même qui effacera alors d’un coup les heures de frustration nécessaires pour l’obtenir. Au lieu de fuir, il faudra apprendre à imposer son rythme afin de contrôler le combat un maximum sans trop subir. Il faudra abandonner les vieux réflexes des Souls, ne pas rester en garde à bonne distance mais maîtriser l’espace, être rapide et précis, dévier, frapper et esquiver au bon moment. En articulant son jeu autour de son gameplay, avec ses combats aussi éprouvants que jouissifs en guise de colonne vertébrale, From Software nous délivre ici sans doute sa meilleure copie depuis le commencement de l’ère des Souls. .

Mais attention, n’allez pas croire que les combats sont l’unique atout du jeu. Sekiro possède également un univers riche et des plus réussis. Inspiré du Japon médiéval de l’ère Sengoku, Sekiro nous en propose une version dark fantasy où vous croiserez bon nombre d’adversaires humains (bandits, samouraïs, ninjas, moines, etc.) mais aussi surnaturels tels que des ogres ou encore des esprits, sans oublier certaines abominations sorties tout droit des esprits malades des artistes du studio japonais. Le cadre se veut extrêmement dépaysant avec ses temples, ses bois, ses gigantesques châteaux, ses cols de montagnes, le tout dans une ambiance absolument captivante. Certains passages resteront assurément dans les mémoires comme ce petit village sinistre perdu dans une brume constante où seul résonne le son mystérieux d’une flûte ou encore ce temple perdu au sommet d’une montagne avec ses moines cachant d’inavouables pratiques. Comme d’habitude avec les jeux From Software, l’exploration et la découverte du monde sont un régal, encore plus quand on connait la maîtrise du studio en termes de level design, maîtrise qui dans Sekiro fait encore une fois des merveilles.

Techniquement, le jeu reprend le même moteur que Dark Souls 3 mais on constate immédiatement que From Software a amélioré la qualité générale de l’ensemble, ce qui est visible notamment via une qualité d’image bien plus propre que sur leurs précédents jeux (en partie due à un changement dans la méthode d’anti aliasing). Sur Xbox One, le jeu tourne en 900p avec une limite de FPS fixée à 30. Malheureusement, comme dans les précédents jeux du studio, il y a parfois de gros soucis de frame pacing, ce qui donne une impression désagréable de manque de fluidité alors que le cap à 30 fps est bien conservé et qui peut occasionnellement gêner le joueur niveau précision. Sur Xbox One X, le titre n’atteint pas la vraie 4K mais plutôt du QHD+ (3200 x 1800). Le jeu se veut donc plus beau avec une qualité d’image supérieure et bien plus nette couplée à des effets de meilleure qualité comme des ombres bien plus détaillées. Le framerate est débloqué mais n’atteindra jamais la barre du sacro-saint 60 fps. Dans les faits, le jeu oscille entre 35 et 45 la majeure partie du temps, ce qui reste un poil décevant mais qui a le mérite de ne pas faire souffrir le joueur avec les problèmes de frame pacing des versions normales. La plus-value pour les possesseurs du modèle X est donc bien là. Dans tous les cas, Sekiro reste très agréable à l’œil et se pose comme le jeu From Software le plus abouti techniquement. Et ce ne sont pas les quelques petits soucis évoqués plus haut qui vous empêcheront de profiter du jeu ou gâcheront votre expérience. Si vous avez le choix et une config’ suffisante, la version reine reste cependant la version PC qui est bien optimisée et dotée d’une fluidité à toute épreuve.

Côté écriture, le scénario se veut beaucoup moins cryptique que celui d’un Dark Souls avec des enjeux plus clairs et plusieurs cut scenes disséminées çà et là. Il y est question de mort et de malédiction et comme les Souls, la mécanique de mort de Sekiro sert et renforce encore plus le propos du jeu, transformant ainsi chaque échec du joueur en bien plus qu’une simple défaite au combat. Se relever pour la énième fois, refaire face aux terribles adversaires qui nous barrent la route, c’est aussi comprendre la force du héros, sa volonté de respecter son serment et de préserver son honneur en sauvant le jeune seigneur qu’il avait juré de protéger. Revenir inlassablement à cause d’une malédiction en lien avec celui qu’il doit sauver donne à chaque mort et à chaque victoire une épaisseur supplémentaire et les incorporent au lore du jeu.

« La petite touche From Software au fond du verre à saké »



Un petit paragraphe concernant l’accessibilité de Sekiro hors combat. From Software a vraiment décidé de faire un jeu peu frustrant pour les nouveaux venus. Les points de sauvegarde sont nombreux et bien placés, ils permettent également de se téléporter. Si Sekiro ne prend pas le joueur par la main, il lui fournit une interface claire et limpide, ce qui n’a pas toujours été le cas dans les précédents jeux du studio. Que les vieux de la vieille se rassurent, la petite touche From Software reste bien présente avec ses multiples secrets disséminés un peu partout qui viendront récompenser les joueurs les plus acharnés. Ainsi, il est totalement possible de passer à côté de certaines choses totalement optionnelles qui ne se dévoileront qu’à ceux qui feront l’effort de fouiller la gigantesque map du jeu dans ses moindres recoins, déverrouillant ainsi soit un nouvel arbre de compétences, soit un nouveau dialogue avec un PNJ permettant de découvrir un passage secret ou de remplir une quête. Tout ça peut même mener à des passages entiers du jeu qui sont totalement optionnels aussi et qui peuvent déverrouiller une nouvelle fin.

Une des nombreuses raisons qui font qu’une fois Sekiro terminé une première fois, on a envie de le relancer, c’est la présence du new game + afin de découvrir ce qu’on aurait pu louper et surtout de se refaire certains boss maintenant que l’on maîtrise le gameplay sur le bout des doigts. Pour les plus masochistes, il existe même deux options qui permettent de rendre le jeu encore plus difficile. Bref de quoi assurer une durée de vie conséquente tout en sachant qu’un premier run pourra vous prendre entre 25 et 50 heures selon votre niveau et votre envie d’exploiter le jeu.
Article rédigé par Damien / Damzema


Point complet
Au final que retient-on de Sekiro ? Premièrement la pureté de son élégant gameplay qui est à la fois épuré et très technique. Comme un duel au katana finalement, ça semble simple, un coup peut suffire et pourtant cela demande beaucoup d’entrainement et de maîtrise. Dans ses combats de boss, tous aussi éprouvants que dantesques, Sekiro devient un jeu de duel au sabre, un balai parfaitement chorégraphié où chaque protagoniste paiera très cher la moindre faille. Rarement un jeu n’aura procuré un tel sentiment de satisfaction une fois un adversaire vaincu. Les deux mains crispées sur la manette comme elles le seraient sur le manche d’un katana, le rythme cardiaque affolé, l’œil rivé sur l’écran en guettant la moindre ouverture, rarement un jeu n’aura procuré de telles sensations de combat et proposé un gameplay aussi proche de la perfection. Mais le gameplay seul ne suffit pas et Sekiro nous offre également un univers captivant à explorer, bourré de références au folklore japonais, le tout avec un level design impeccable et une direction artistique à tomber par terre. Oui Sekiro est dur, c’est même sans doute le jeu de From Software le plus corsé mais le résumer uniquement à ça serait bien trop réducteur. Sekiro c’est une philosophie de jeu transmise à travers le gameplay et les mécaniques de jeu afin de former un tout cohérent de A à Z. Certains pesteront devant le mur infranchissable auquel s’apparente parfois la difficulté du titre mais à force d’efforts et de persévérance, le mur finira toujours par craquer un petit peu, s’effriter doucement, jusqu’à ce qu’enfin la lumière passe à travers, preuve que finalement la victoire est possible et à portée de main. Un jeu exigeant qui ne plaira clairement pas à tout le monde donc mais un jeu qu’il serait criminel de ne pas essayer étant donné son niveau d’excellence dans tous les domaines. Le meilleur jeu From Software à ce jour ? Pour l’ambiance, ça reste subjectif mais en termes de gameplay, il n’y a pas photo, c’est un grand oui. Finalement, après avoir terminé Sekiro, le joueur est victime d’un étrange sentiment de satisfaction. On a comme l’impression de mieux se connaître, de mieux connaître ses limites et de savoir que l’on peut toujours les dépasser si on y met du sien. Presque une leçon de vie… Messieurs les développeurs, chapeau bas !

On a adoré :
Gameplay divin, épuré et technique
L’univers et l’ambiance du jeu
Direction artistique de haut vol
Scénario moins cryptique que celui des Souls
Mécaniques de jeu renforçant le propos et l’histoire
Très solide durée de vie
Sentiment d’accomplissement incroyable à chaque victoire
Les efforts toujours récompensés
Moult secrets à découvrir
Un bestiaire incroyable
Pousse constamment à se dépasser
Le terminer en un soir, c’est gagner +100 en charisme
On n'a pas aimé :
Certains se décourageront à cause de la difficulté
Caméra trop capricieuse dans les endroits étroits
Oblige à supporter des jeux de mots à la con venant de potes à l’humour lourdingue


Consulter les commentaires Article publié le 04/07/2019 par Vincent P.



 
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