Test R.U.S.E. - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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R.U.S.E.



Editeur
Ubisoft
Développeur
Eugen Systems
Genre
Stratégie Temps réel
Statut
Disponible
Date de sortie
  09.09.2010
  07.09.2010
Nombre de joueurs
1
Online
- Jeu en ligne
Classification PEGI
Thème
Guerre
Prix de lancement
69,00 €

Il faut bien l’avouer, la console n’est pas le support le plus adéquat pour les jeux de stratégie en temps réel. Toutefois, certains studios ont essayé de bousculer un peu les normes ou de travailler le gameplay pour proposer des softs avant tout jouables, comme EndWar, Halo Wars ou encore Alerte Rouge 3 pour ne citer que ceux-là. Eugen Systems a lui aussi réfléchi à la question et a décidé de plancher sur un STR qui ne sacrifie rien en maniabilité et en stratégie. Ainsi est né R.U.S.E.… Reste alors à voir si les développeurs ont réussi leur coup en proposant un jeu de stratégie accessible, vraiment jouable au pad et intéressant…

Une stratégie élaborée




De prime abord, R.U.S.E. s’apparente à un jeu de stratégie classique avec un minimum de gestion de ressources et d’unités et un système d’attaque/défense de ces dernières basé sur le classique pierre/papier/ciseau. Ceci dit, le titre d’Eugen Systems se révèle beaucoup plus original qu’il n’y paraît, et ce que ce soit au niveau de la présentation, du concept du jeu ou encore du gameplay. En effet, le premier point qu’a travaillé le studio, c’est l’intégration de cartes aussi variées qu’immenses. A tout moment, le joueur a une vue complète de la map, sans brouillard de guerre. Cela signifie aussi qu’il voit à tout moment ses unités et autres bâtiments et ceux de son adversaire. En théorie, il a toutes les informations à l’écran pour prévoir les mouvements et actions de son opposant. En pratique, les développeurs jouent intelligemment sur la précision de ces informations pour apporter la touche stratégique. En effet, les unités sont représentées par des pastilles (petites pour les légères et grosses pour les lourdes) mais ces dernières peuvent représenter diverses unités, ce qui fait que l’on ne sait pas forcément sur quoi on va tomber. La méfiance est alors de mise.

Pour gérer d’une manière efficace tout ceci tout en pouvant s’occuper de plusieurs fronts, les petits français ont pensé à intégrer un système de zoom/dézoom impressionnant et clairement efficace. En quelques secondes on passe d’une carte relativement détaillée en zoom maximum à une sorte de plateau de jeu découpé en zones, qui n’est pas sans rappeler un certain Risk, en zoom minimum. Grâce au joystick droit, on peut adapter la proximité/éloignement de la vue en diagonale pour avoir le zoom optimal pour la situation. Tout ce qui touche à la sélection/désélection est relatif aux boutons de la façade, combinés parfois avec les gâchettes pour ne sélectionner qu’un type d’unités par exemple sur un ensemble de pions. La prise en main est plutôt rapide et facile, le rythme étant relativement lent pour laisser le temps au joueur d’agir, quoique… Dans le mode de difficulté le plus élevé, l’I.A. réalisant des choix automatiques, le joueur peut rapidement être pris de court dès lors qu’il y a plusieurs manipulations à effectuer. Ceci étant, la force du soft vient assurément de l’intégration des ruses (d’où le nom du jeu). En effet, ces cartes spéciales à l’utilisation temporaire permettent de manipuler l’information afin de tromper l’ennemi.

Un plan se déroulant sans accroc ?




Envoi d’unités factices pour faire croire à une attaque massive sur un côté pendant que l’on camoufle une véritable attaque sur le côté opposé grâce à un silence radio, couverture de ses bâtiments ou unités, augmentation de la vitesse de déplacement, espionnage pour savoir ce que nous réserve l’ennemi, etc., voilà tout autant d’éléments à disposition pour élaborer des plans tout en déjouant celui de son opposant. Cela apporte du piment aux parties, surtout lorsqu’on accumule les ruses sur une zone et que l’on applique cela à des tentatives de contournements, d’encerclements, etc. Les parties sont souvent jouissives (quand on gagne), parfois frustrantes (quand on se fait avoir comme un bleu), mais on se régale dans tous les cas à mettre en place des stratégies toujours plus élaborées et perfides. C’est assurément le gros point fort du jeu ! Le tout est en plus parfaitement jouable à la manette à défaut d’être optimal. En effet, malgré les efforts des développeurs, la précision n’est pas toujours au rendez-vous avec le pad. Dans le feu de l’action, on peut facilement se tromper d’unité lors d’une sélection ou encore ne pas réussir à récupérer uniquement celle que l’on souhaite. La version PC est d’ailleurs préférable avec l’utilisation du combo/souris.

De même, on remarque que le studio a fait quelques concessions pour la version console. Les unités sont limitées en nombre, le multijoueur n’est jouable que jusqu’à quatre (au lieu de huit) et la qualité graphique prend un léger coup dans l’aile. Quelques chutes de frame-rate sont à noter, au même titre qu’un certain flou. Toutefois, il n’y a rien de catastrophique puisque le titre profite d’une réalisation relativement de bonne facture vu la grandeur des cartes et le niveau de zoom proposé. Les modèles 3D ont du volume, quelques détails apportent une touche appréciable aux environnements, surtout que ceux-ci sont assez variés et apportent une touche supplémentaire de stratégie, les décors servant à se camoufler ou à esquiver d’autres unités par exemple. En mode « plateau de jeu », le tout est plutôt lisible et le reste en jouant avec le zoom. Quelques situations peuvent malgré tout nous contredire mais c’est alors au joueur de faire preuve d’organisation pour pallier ce souci.

Il y a de quoi faire !




Généralement, dans les STR, le mode solo s’apparente avant tout à un tutorial invitant les néophytes à découvrir les commandes tandis que les connaisseurs se jettent sur le multijoueur. R.U.S.E. ne fait pas vraiment exception à la règle puisque la campagne guide pas à pas le joueur en lui présentant chaque particularité du gameplay une à une. Toutefois, les développeurs ont essayé de scénariser le tout pour le rendre plus intéressant. On peut alors découvrir un scénario prenant pour base le conflit de la Seconde Guerre mondiale qui intègre des faits réels et d’autres fictifs. On suit le commandant américain Joe Sharidan qui est à la poursuite d’un espion nommé Prométhée. Nous n’en dirons pas vraiment plus sur le scénario pour vous « préserver la surprise » mais il faut avouer qu’il ne vole pas très haut. Certains apprécieront certainement de le suivre tandis que d’autres n’auront qu’une seule envie : passer les cinématiques (ce qui n’est pas possible !), pourtant convaincantes en termes de réalisation, pour éviter de subir des ficelles aussi grosses, des personnages caricaturaux et certains dialogues affligeants par leur banalité, sans compter que les doublages français manquent réellement de conviction. Il est clair que le scénario n’est pas le point fort de cette campagne.

Les courageux qui désireraient tout de même en faire le tour peuvent compter une dizaine à une quinzaine d’heures pour en voir le bout selon la difficulté choisie et leur habileté. Dommage que les développeurs aient autant insisté à faire des trois quarts de ce mode un tutorial, laissant un petit quart pour exploiter plus librement les possibilités offertes par le titre. Deux ou trois heures auraient pu suffire pour présenter les fonctions du jeu afin de proposer par la suite des missions à mener à bien avec tous les outils à disposition. C’est d’ailleurs là qu’entre en jeu le mode Opération qui demande de relever des défis peu évidents. Le souci, c’est que ce mode, permettant aussi de la coopération, n’est agrémenté que de six missions. On aurait clairement préféré une campagne plus courte au profit de missions plus nombreuses, surtout que l’intelligence artificielle a été travaillée et que le challenge est au rendez-vous. Seuls les fins stratèges découvriront au fil des parties les techniques qui fonctionnent bien et les combinaisons qui permettent de prendre le dessus avec plus ou moins d’aisance. Rien de bien grave puisque le soft prend tout son sens en multijoueur avec des humains contre d’autres humains…

Malgré la limitation du nombre de joueurs, c’est bien à plusieurs que l’on prend un malin plaisir à élaborer ses plans, tous plus tordus les uns que les autres, surtout que tout le monde est sur un même pied d’égalité en termes de réactivité et de vitesse de gestion. Il faut aussi noter que les petits français ont eu l’excellente idée d’intégrer six factions (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Union Soviétique et USA) qui ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Cela rajoute encore un petit plus au côté stratégique finalement bien étoffé lorsqu’on prend en compte toutes les features. Il n’y a donc plus qu’à savourer toutes les subtilités du gameplay, ou du moins de son application, et à essayer de remporter un maximum d’expérience. Précisons au passage qu’une partie ne se gagne pas forcément en mettant son (ou ses) adversaire(s) en échec mais bel et bien en terminant avec plus de points que lui (eux), ce qui oblige à faire attention à toutes ses unités, notamment dans les dernières minutes, et à bien calculer tous ses coups, surtout lorsqu’on tente quelques strats aux risques plus ou moins calculés. Terminons en signalant que R.U.S.E. profite du support du Uplay d’Ubisoft, ce qui permet de récupérer gratuitement quelques éléments comme un thème, des pions dorés, des Super Pershings (remplaçant ceux de base) ou encore la disponibilité de toute la carte du Jour J en multi et en mode Batailles.

Point complet
Au final, Eugen Systems a tenu ses promesses en proposant un titre qui soit relativement accessible tout en disposant d’un système de jeu finement pensé. Les ruses sont très bien intégrées et ajoutent du piment aux parties. Le multijoueur, bien que limité à quatre joueurs, contre huit sur PC, se révèle être extrêmement efficace et jouissif. L’intelligence artificielle n’est pas en reste et se défend bien. C’est en revanche dommage que quelques soucis techniques, des doublages français sans conviction, un scénario prévisible qui ne vole pas haut et une campagne qui s’apparente en grande partie à un gros tutorial usant sur la longueur entachent quelque peu l’expérience. Ceci dit, si l’on omet un certain manque de précision lié au pad, il faut bien avouer que les développeurs ont globalement réussi leur coup. R.U.S.E. reste parfaitement jouable à la manette, le système de zoom est vraiment impressionnant, les six factions ont leurs forces et faiblesses, les bonus Uplay répondent présents et le contenu est consistant. On regrette juste que le mode Opération, extrêmement intéressant, se limite à six missions. Enfin, inutile de cracher dans la soupe, le jeu est plaisant et c’est un véritable bonheur que d’élaborer des plans toujours plus élaborés et perfides.

On a adoré :
+ Le multijoueur, assurément
+ Bien jouable au pad
+ Système de zoom
+ Les ruses
+ I.A. qui a du répondant
+ Bonus avec Uplay
+ Six factions vraiment différentes
+ Campagne consistante…
+ Mode Opération intéressant…
On n'a pas aimé :
- Mais limité à six missions
- Mais campagne assimilable à un gros tuto
- Manque un peu de précision
- Scénario
- Quelques soucis techniques
- Version française
- Quelques limitations


Consulter les commentaires Article publié le 12/10/2010 par Vincent P.



 
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