Test Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Editeur
Capcom
Développeur
Capcom
Genre
Enquête
Statut
Disponible
Date de sortie
  09.04.2019
Nombre de joueurs
1
Prix de lancement
29,99 €

Il faut retourner du côté du Japon, en 2001, pour assister à la naissance de la licence Phoenix Wright : Ace Attorney. Grâce à Shu Takumi, celle-ci permet à tous les joueurs équipés d’une Game Boy Advance de découvrir un jeu qui tire à la fois du côté du point and click, avec une phase d’investigation, et du visual novel, le tout avec une belle couche de justice puisqu’il faut incarner un avocat débutant qui doit défendre ses clients accusés de meurtre. Avec un scénario maîtrisé, la licence a su trouver son public, raison pour laquelle cinq autres épisodes ont suivi, sans parler des spin-off. En Europe, c’est grâce à la Nintendo DS, en 2006, que nous avons pu la découvrir. Après plusieurs portages, les trois premiers opus, regroupés dans la Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy, arrivent sur nos Xbox One. Reste à voir si cela vaut bien les 29,99€ demandés pour se procurer cette trilogie…

Avocat en devenir qui s’affirme…



Phoenix Wright : Ace Attorney est dont le premier opus de la licence. En tant que tel, il est également le volet le plus accessible qui permet, à l’image de l’avocat que l’on incarne, d’apprendre les rudiments en même temps que lui. On est donc pris par la main dans la première affaire, la plus courte de toutes, et on garde quelques sécurités au niveau de la progression par la suite. Petite note au passage, le portage de la version DS a permis d’intégrer un cinquième épisode à cet opus (il a également été porté en 2014 sur 3DS, sans parler du PC et des mobiles). C’est donc la version complète que l’on retrouve dans cette trilogie. Notre cher Phoenix « Nick » Wright fait donc ses armes avec des enquêtes qui se complexifient au fil de la progression, chacune se débloquant quand la précédente est bouclée. Parfois sombres, parfois plus légères (comme la troisième qui s’attarde sur le meurtre d’une star), les enquêtes arrivent à se renouveler tout en gardant une cohérence par rapport à notre personnage principal et ses connaissances. Nous n’en dirons pas plus pour éviter de spoiler mais il est clair que le scénario, malgré ses 18 ans, n’a pas vieilli. Les répliques fusent toujours autant, les jeux de mots sont très nombreux, à commencer par les noms des personnages, et les retournements de situations sont parfois inattendus. Le procès se transforme parfois en véritable spectacle, point qui fait justement tout le charme de la licence. Les personnages sont parfois caricaturaux, d’autres fois intrigants mais ils ont tous une personnalité, une patte artistique. Ils sont hauts en couleur, loufoques, facétieux, bref, ils sont marquants. Cela vaut également pour les autres opus.

Phoenix Wright : Ace Attorney – Justice for All est le deuxième volet de la licence. Sorti en 2002 au Japon, toujours sur Game Boy Advance, il avait le mérite d’intégrer un nouveau système de verrous-psychés. Ces derniers devaient être brisés en présentant certaines preuves afin de pousser les personnages interrogés à livrer certains secrets. Pour le coup, quatre nouvelles affaires sont de la partie. Outre celle qui se passe dans l’univers du cirque, nous retenons surtout la deuxième qui met en avant la capacité spéciale de Maya Fey pour donner une touche de paranormal et la quatrième qui permet de retrouver un personnage du premier volet. Là encore, l’écriture est le point fort de ce volet, la qualité de celle-ci étant constante. Les joueurs occidentaux ont eu le plaisir de le découvrir en 2007 sur Nintendo DS ou plus tard via le WiiWare.

Phoenix Wright : Ace Attorney – Trials and Tribulations est le troisième volet. Il est sorti pour sa part en 2008 en Europe. Il permet de découvrir cinq nouvelles enquêtes, là encore de qualité. La petite particularité de cet opus, c’est de proposer deux flashbacks qui permettent d’incarner un autre personnage cher à la licence. Notre avocat étant plus expérimenté, les enquêtes sont un peu plus complexes et revient plus en détails sur le passé de nos personnages principaux, à savoir Phoenix Wright et les membres de la famille Fey. Encore une fois, des personnages des précédents volets sont de retour et on a plaisir à notamment affronter le mystérieux Godot, un nouveau procureur qui se démarque immédiatement de la masse.

Portage minimaliste… Coupable !

Et nous nous arrêtons là pour le petit tour de la licence puisque les trois volets canoniques suivants ne sont pas dans cette compilation qui ne reprend que le contenu de la première trilogie. Au niveau du contenu, il y a de quoi être des plus satisfaits puisqu’il faut une trentaine d’heures de jeu (à moduler selon votre vivacité d’esprit) pour boucler les quatorze enquêtes. Si par exemple vous connaissez déjà le premier volet, alors vous pouvez toujours commencer par lancer le deuxième ou le troisième, les trois étant indépendants mais accessibles via le menu principal de la trilogie. Si en revanche vous ne connaissez pas la licence, nous vous invitons vivement à profiter des trois opus dans le bon ordre du fait que la difficulté, très bien dosée, est croissante, sans ne jamais être frustrante, et du fait que certains personnages reviennent. Du coup, il faut finir un chapitre pour débloquer le suivant au sein d’un même opus. Rien ne change donc par rapport au passé, si ce n’est que cette fois on peut sauvegarder rapidement sa partie à tout moment via le menu des options. En plus, il y a dix slots de sauvegarde pour permettre aux amis ou à la famille d’en profiter en ayant chacun sa partie. Au niveau des petits ajouts, on note également que la barre de vérité du premier volet a été revue pour éviter de faire tache par rapport aux deux suivants.

Pour ce portage, les développeurs se sont appuyés sur le remaster de 2013 de la version iOS qui avait permis d’avoir des visuels en HD. Il faut bien avouer que le rendu, aussi simpliste soit-il, reste agréable à l’œil. On sent que l’aspect visuel a quelques années mais les dessins sont propres et nets. Seuls les plans larges lors des procès manquent de détails. Le lissage appliqué enlève du cachet à l’ensemble, certains allant regretter le charme du pixel-art de l’époque. Malgré tout, les titres ayant un côté visual novel, il faut avouer que le travail réalisé, certes minimaliste, reste suffisant pour profiter convenablement des jeux sur nos écrans larges actuels. Les animations sont légères mais l’ensemble respecte le travail de base. Les personnages brillent par leur touche esthétique et par leurs facéties et ce sont bien ces points qui séduisent. La bande sonore est également agréable et les vieux de la vieille apprécieront le côté caricatural des bruitages, notamment lorsqu’on avance une preuve ou que l’on place une objection. C’est d’ailleurs le petit point qui manque par rapport à la version DS… Dans cette dernière, en plus de l’aspect tactile qui donne un côté un peu plus immersif, on pouvait se servir du micro pour crier afin d’objecter (Objection!), de presser le témoin (Hold it!) ou encore d’envoyer une preuve en pleine face (Take that!). Si Kinect était restée l’épine dorsale de la Xbox One… Bref, nous nous égarons. En tout cas, l’interface est très propre, on navigue facilement et les textes, élément majeur de la licence, sont parfaitement lisibles…

Mais ils ne sont qu’en Anglais ou en Japonais ! Pour une raison obscure, la trilogie débarque chez nous sans la localisation de la version DS. Certes, Capcom a bien promis qu’elle sera ajoutée durant l’été via une mise à jour (gratuite, cela va de soi)… Mais pourquoi ne pas avoir attendu de sortir le titre dans nos contrées avec les traductions ? Du coup, cela va repousser l’achat de ceux qui ne maîtrisent pas un minimum les deux langues évoquées. Certes, l’Anglais n’est pas très difficile pour une personne qui a l’habitude mais il y a quelques subtilités, notamment au niveau de l’humour (et des jeux de mots) qui pourraient bien échapper à certains. Cela va de même par rapport à certaines situations dans lesquelles le joueur non averti pourrait mal interpréter un témoignage par exemple. Autre point qui fait un peu grincer des dents, les développeurs n’ont pas jugé bon d’ajouter des bonus pour pousser les fans à s’intéresser à cette compilation. Du coup, si vous avez déjà joué aux opus sur DS, voire à la trilogie (le remaster HD) sur iOS qui est affichée à 18,99€, contre 29,99€ pour la version Xbox One, alors cette version console n’a que peu d’intérêt pour vous. Si tel n’est pas le cas et que vous n’êtes pas équipé ou branché jeux sur smartphones, alors le prix de la trilogie vous paraîtra très honnête, surtout que la plupart des revendeurs sur Internet et des Cashs proposent les exemplaires DS à une quarantaine d’euros minimum chacun, soit dans les 120€ pour la trilogie…

Plaisir… Coupable !

Enfin, pour les néophytes, revenons rapidement sur le concept du jeu. Que ce soit le premier, le deuxième ou le troisième volet, les mécanismes de jeu sont très similaires. Chaque chapitre alterne entre des phases d’investigation façon point and click et des phases au tribunal. Dans le premier cas, le joueur peut inspecter un environnement (scène de crime et autres lieux découverts au fil de la progression) pour repérer certains indices, mieux comprendre le contexte du crime ou encore tenter de récupérer des éléments (comme des clés pour ouvrir une loge). A chaque fois qu’un indice peut être examinée, le curseur en forme de loupe devient doré. Une fois l’élément examiné, la loupe est cochée en son centre. Si celle-ci est à nouveau décochée c’est qu’une deuxième inspection peut être nécessaire, suite à la mise en lumière d’un nouvel élément par exemple. Durant ces phases, nous tombons également sur des témoins que l’on peut interroger pour en apprendre plus sur une situation, sur eux, sur d’autres personnages, etc. On peut donc se mouvoir d’un lieu à un autre, en respectant toutefois une certaine logique (par exemple, pour retourner au cabinet, on doit revenir à l’entrée du lieu que l’on visite, ce qui donne un petit côté réaliste et rigide à la fois). Un petit menu permet de toujours avoir à disposition les preuves/pièces à conviction que l’on collecte.

La bonne nouvelle, c’est que tant que vous n’allez pas au tribunal c’est qu’il vous reste des choses à découvrir. Certains risquent donc de tourner un peu en rond parfois, le temps de voir qu’un élément devait être réexaminé pour avoir la clé débloquant la suite. Ainsi, lorsque vous arrivez au tribunal, vous êtes sûr d’avoir toutes les preuves et informations à votre disposition. La mauvaise nouvelle, contrairement à L.A. Noire ou aux derniers Sherlock Holmes de Frogwares, c’est que vous ne pouvez pas vous planter ou faire accuser un innocent. En revanche, la phase au tribunal n’est pas à négliger… En effet, vous disposez d’une barre de crédibilité (barre de vie ou barre de vérité, au choix) qui décroît dès que vous présentez une preuve qui n’en est pas une, du moins pas au moment opportun. Si celle-ci se vide totalement, votre client est automatiquement jugé coupable. Mieux vaut donc user de la pression pour avoir un maximum de détails de la part des témoins, sans en abuser au risque d’avoir de la redite ou de se faire objecter par le procurer, et prendre le temps de la réflexion pour fournir la bonne preuve au bon moment. Bien sûr, vous pouvez compter sur quelques aides, comme Mia ou Maya Frey ou encore sur les réflexions personnelles de notre personnage dont les pensées sont traduites entre parenthèses. Bref, le mélange de ces deux gameplay est parfaitement dosé et, avec un scénario impeccable, un humour bien placé et des personnages aussi loufoques, cela donne une compilation de trois jeux qui n’ont quasiment pas pris une ride et qui restent toujours aussi intéressants à notre époque.

L’avis perso de Vincent // Plaisir coupable, objection en réserve !

Je vais le dire clairement : si vous jouez sur iOS ou que vous avez les opus Nintendo DS notamment, alors l’achat de cette Ace Attorney Trilogy n’est pas à envisager, d’autant que les traductions françaises n’arriveront que cet été et que la compilation n’offre aucun bonus. En revanche, si vous êtes intéressé par le genre et que vous ne remplissez pas les critères énoncés préalablement, alors je vous encourage vivement à vous y intéresser. En effet, je trouve le prix relativement correct, relativement parce que je trouve que les onze euros de différence avec la version iOS sont un peu abusés, mais si on le compare avec les tarifs pratiqués actuellement pour avoir les versions DS, on est largement gagnant. Pour ma part, j’ai adoré ces trois opus à l’époque et je les adore toujours autant. Je trouve le scénario fort bien écrit, les répliques sont parfois tordantes et les développeurs arrivent à tout bien doser, que ce soit le gameplay, les moments plus touchants, les moments plus légers, la difficulté croissante, la complexité des enquêtes, les personnages et leurs facéties, tout est savamment bien foutu. J’apprécie également le passage à la HD parce que je trouve agréable de jouer sur mon grand écran, ça m’offre un certain confort visuel, plus que sur la DS. En revanche, je conçois que les plans larges moins détaillés et le lissage appliqué à l’ensemble enlèvent un peu du charme du pixel-art d’antan. Mais ceci n’est qu’un micro détail…


Point complet
Si vous comprenez l’Anglais (ou le Japonais), que vous ne jouez pas sur iOS, que vous n’avez pas les opus sur DS et que vous voulez découvrir la licence, alors cette Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy est clairement faite pour vous. Elle est plus chère que le remaster HD sorti sur iOS mais elle revient clairement moins chère que l’achat des versions DS, et ce même en passant par le marché de l’occasion (à moins d’avoir des gros coups de chance). Si visuellement cette version HD gagne en netteté ce qu’elle perd un peu en charme, il n’en reste pas moins que le confort visuel est appréciable et qu’à part cet élément, la simplicité des visuels (dessins, colorisation, ombrages) accusant quelques années, tout le reste n’a pas pris une ride ou presque. On a toujours plaisir à redécouvrir cette première trilogie qui, malgré les années, brille toujours par son scénario des plus maîtrisés, par ses retournements de situations inattendus, par ses procès qui sont de véritables spectacles grâce aux personnages hauts en couleur, par son aspect un peu paranormal qui apporte une touche supplémentaire et par ses parfaits dosages au niveau de la difficulté, de la complexité des affaires et de la nature même des affaires (parfois sombres, parfois personnelles, parfois plus légères…). En quelques mots comme en mille, cette trilogie peut être totalement inutile comme totalement indispensable selon votre profil. Dommage que Capcom se soit contenté du minimum syndical en portant le remaster HD du portage d’un portage, sans inclure de bonus et sans proposer la localisation dès la sortie !

On a adoré :
La qualité de l’écriture
L’humour omniprésent
Les facéties des persos
Personnalités travaillées
Difficulté bien dosée
De plus en plus complexe
10 slots de sauvegarde
Sauvegarde rapide à tout moment
Sombre, loufoque, touchant…
Durée de vie solide
Visuels HD nets et propres
Le Français arrivera cet été
Un prix honnête (29,99€)…
On n'a pas aimé :
Plus élevé que la V. iOS (18,99€)
Le Français absent à la sortie !
Plans larges peu détaillés
Pas de bonus !
Lissage un poil moins charmant


Consulter les commentaires Article publié le 09/04/2019 par Vincent P.



 
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