Test NCIS adapté de la Série TV - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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NCIS



Editeur
Ubisoft
Genre
Réflexion
Statut
Disponible
Date de sortie
  27.10.2011
Nombre de joueurs
1
Thème
Enquête

Le 20 septembre dernier, Ubisoft a annoncé le développement d’une adaptation en jeu vidéo de la célèbre série NCIS. Sobrement intitulé NCIS adapté de la Série TV, le titre n’a que très peu fait parler de lui avant sa sortie. Toutefois, les fans de Gibbs et ses compagnons pouvaient espérer un jeu divertissant respectant un tant soit peu l’esprit des épisodes. En plus, sur Xbox 360, les amateurs d’enquêtes ont eu le droit à trois opus des Experts (CSI pour les anglophones) qui, loin d’être exceptionnels, avaient de quoi séduire les fans de la première heure appréciant les point & click. Tous trois étant estampillés Ubisoft, même si le développement a été assuré par Telltale Games, on pouvait espérer que la firme nous ponde un soft à la qualité au moins équivalente à celle des jeux des Experts. Mais le développement a été confié à Ubisoft Shangai...

L’air de la série, sans la chanson




NCIS adapté de la Série TV est un jeu solitaire typé point & click qui ne propose qu’une seule chose : participer à quatre épisodes spécialement conçus pour le jeu, le tout en collaboration avec les scénaristes de la série. Rapidement, le joueur peut entendre la musique officielle du générique accompagnant ce dernier retravaillé avec le moteur du jeu. Pour les fans, c’est un bon début. Niveau sonore, on apprécie aussi d’avoir une version anglaise sous-titrée en français. Malheureusement, si vous regardez les épisodes de la série en version originale, vous remarquerez rapidement que seul David McCallum, alias Dr Donald Mallard ou Ducky pour les intimes, a réellement assuré le doublage de son personnage. Pour les autres, il faut se contenter de voix qui ne s’approchent même pas des originales, même s’il faut reconnaître un certain effort pour éviter de restituer le texte avec trop de platitude. Du coup, on aurait apprécié qu’Ubisoft approche les doubleurs français… Niveau visuel, si les personnages de la série et les bureaux du NCIS restent relativement reconnaissables en un coup d’œil, il faut bien avouer que les modélisations sont très approximatives, voire carrément ratées pour DiNozzo ou encore McGee, et terminées à la hache.

Les yeux sont ignobles, les textures plaquées sont loin d’être agréables à l’œil et, plus généralement, le jeu est graphiquement dépassé. Les animations sont des plus simplistes, les modélisations des décors sont minimalistes et un observe un effet de flou prononcé qui finit vite par piquer les yeux. Même s’il s’agit d’une adaptation, on pouvait quand même s’attendre à bien mieux. Cela dit, au niveau des enquêtes et de leur structure, on retrouve assez l’esprit de la série. Une introduction, le générique, une scène de crime à analyser, des preuves à examiner, on recoupe le tout, on interroge des suspects et on tente de confondre les coupables, le tout étant accompagné des célèbres clichés en noir et blanc, marque de fabrique de la série. De même, les scénaristes ont fait quelques rappels aux manies des personnages, avec une Ziva David qui estropie deux ou trois expressions françaises, un Tony DiNozzo qui fait des allusions au cinéma ou encore un Jethro Gibbs qui colle une claque derrière la tête d’un membre de son équipe (cela arrive une fois seulement). Malgré tout, ces petites particularités des personnages sont bien trop peu exploitées par rapport à la série. De même, la narration connaît des hauts et des bas, avec quelques phrases bien senties et d’autres qui sont tout simplement à oublier.

Il en va un peu de même pour l’humour, avec des vannes qui dessinent sur nos visages un léger rictus et d’autres qui tombent tout bonnement à plat. En revanche, tout le monde sera d’accord pour dire que les cinématiques sont totalement dispensables. Basées sur une succession de quelques images fixes à peine animées, celles-ci sont tout bonnement inintéressantes, sans compter que leur « style » (à dire vite en toussant) ne séduira personne. Reste alors les enquêtes et le gameplay pour sauver le tout du naufrage. Comme dans tout bon point & click, nous retrouvons un curseur qui permet d’interagir avec certains éléments et de déplacer notre personnage. Lourd et lent, celui-ci est malheureusement imposé comme tel au joueur, aucune option ne permettant d’au moins régler sa vitesse de déplacement. Mais ce n’est pas tout, les déplacements des personnages, quelque peu lunaires au passage, sont eux aussi d’une lourdeur accablante, sans compter que le pathfinding est parfois vraiment très étrange et que les angles de caméra (fixes) ne sont pas forcément bien choisis. Au niveau de la structure des missions, on était ravi de voir sur le papier qu’il était possible d’incarner Ziva, Tony, Gibbs, Timothy, Abby et Ducky pour inspecter les scènes de crime, étudier les preuves récoltées, mener des interrogatoires ou encore procéder à des autopsies.

Le point & click pour les nuls




Par contre, une fois la galette dans la console, on déchante rapidement. Même si les développeurs ont tenu leurs promesses en nous faisant incarner tous les personnages cités à tour de rôle, chacun participant à l’enquête en utilisant ses spécialités, le tout est entièrement gâché par l’intégration des activités. En effet, quoiqu’il arrive, seuls deux boutons (le A et une gâchette) et les joysticks permettent de tout faire. Durant les enquêtes, outre quelques interactions archi pénibles avec des éléments du décor, il faut prendre des photos des preuves. On ne fait que cela. Dans la théorie, il faut cadrer la photo, ajuster le zoom et déclencher la prise avec un bon tempo. Dans la pratique, il suffit de bouger à l’arrache les sticks et de laisser le bouton appuyé deux secondes avant de la lâcher pour récupérer un cliché qui ne correspond en rien à notre angle de prise ou à notre zoom. Si le procédé est répété sans cesse durant l’exploration des minuscules scènes de crime, parfois composées de deux, trois ou quatre pièces, on constate avec désarroi qu’il est aussi repris pour les autopsies. Du coup, l’intérêt retombe bien vite… Pire encore, pour éviter que l’on puisse s’endormir durant les dialogues, les développeurs nous imposent à certains moments d’appuyer sur le bouton A pour « avoir plus d’informations », en sachant que si l’on appuie pas dans le bon temps, on doit recommencer. Il aurait été tout aussi pratique de laisser le dialogue se dérouler du début à la fin…

On en vient alors aux phases avec McGee qui demandent d’utiliser un PC pour pirater des messageries, obtenir des informations sur des suspects ou encore les localiser pour les appréhender. Là encore, la théorie est sympathique et la pratique des plus décevantes. En effet, on se contente uniquement de participer à des mini-jeux archi simplistes qui reviennent sans cesse (suivre un véhicule avec un satellite en utilisant simplement le stick, mémoriser une séquence de symboles ou encore cliquer sur une case qui s’allume ou retrouver l’image qui correspond à la séquence à reproduire). Il en va de même lors des phases d’analyses qui demandent encore et toujours de comparer une image de base (stries de balles, tatouage, marqueurs d’une empreinte, séquences chimiques…) à la poignée d’images faisant office de choix. Il est vrai que le déroulement d’une enquête et le travail à effectuer peuvent s’avérer répétitifs, mais de là à répéter une poignée de schémas archi basiques tout au long de l’aventure, on ne peut que ressentir un manque certain d’imagination, surtout que ces espèces de mini-jeux deviennent bien vite inintéressants.

Reste alors deux idées plutôt sympathiques : les phases de déduction et les interrogatoires. Dans le premier cas, il faut associer l’un des indices que l’on a à un autre, en déduisant leur lien parmi les quelques réponses possibles. Dans le deuxième cas, au cours du dialogue, on peut prouver au suspect qu’il ment en se servant de la preuve appropriée. Seulement voilà, dans l’un comme dans l’autre, les bonnes réponses sont tellement évidentes (il suffit de lire les intitulés pour penser parfois que les développeurs nous prennent pour des demeurés) qu’il n’y a aucun challenge et donc aucun plaisir à trouver les solutions. D’une manière générale, le joueur est archi assisté en permanence, indicateurs de couleurs, symboles désignant une interaction, etc. réduisant la difficulté à néant. Cela se ressent aussi sur la durée de vie du soft, celui-ci se parcourant en 3h45 top chrono. Même si un effort a été fait pour proposer le jeu à une cinquantaine d’euros (contre soixante à soixante-dix d’habitude), il faut bien reconnaître que c’est beaucoup trop cher vu le contenu proposé. En sus, même s’il est possible de refaire les enquêtes, l’intérêt est strictement nul, même pour les chasseurs de Succès qui débloqueront les 1000G en parcourant l’aventure d’un bout à l’autre.

Point complet
Avec NCIS adapté de la Série TV, Ubisoft Shangai a essayé de retranscrire tant bien que mal l’esprit de la série. Heureusement que David McCallum a prêté sa voix à son personnage de Ducky, ce qui n’est pas le cas des autres acteurs, que des sous-titres français permettent de compenser un minimum l’absence de voix françaises et que les scénaristes ont apporté leur contribution pour fournir une aventure qui se laisse suivre en reprenant certains éléments clés de la série (clichés en noir et blanc faisant office de transitions, certaines particularités des personnages, humour). Malgré tout, il faut bien avouer que tous ces éléments ne sont pas aussi poussés que dans les épisodes et que l’on perd beaucoup au niveau des relations entre les personnages. Sans cela, le titre reste un « point & click pour les nuls » qui assiste en permanence le joueur et lui propose une poignée de mini-jeux archi simplistes réutilisés sans cesse jusqu’à l’écoeurement. Le tout manque clairement d’imagination pour stimuler le semblant de ludisme qui s’en dégage. Si on rajoute à cela des graphismes et un aspect technique dépassés, des modélisations finies à la hache, des cinématiques ratés, des interactions archi pénibles, un curseur lourd (aucun réglage possible) et une durée de vie très faible (3H45) pour un jeu vendu à 50 euros, on ne peut qu’être déçu du massacre opéré. Quitte à tout prendre, autant rajouter 25 euros (soit 75 euros au total) pour se procurer l’intégral des saisons 1 à 7 de la série…

On a adoré :
+ 1000G faciles
+ L’esprit de la série…
+ Avec quelques éléments spécifiques
+ Incarner plusieurs persos
+ La voix originale de Ducky
+ Sous-titres français
+ Persos reconnaissables
+ Quelques bonnes idées…
On n'a pas aimé :
- Bien mal exploitées
- Les voix des persos (autre que Ducky)
- Aucune voix française
- Modélisations sommaires
- Graphiquement dépassé
- Curseur lourd…
- Impossible à régler
- Certains angles de caméra
- Pathfinding à améliorer
- Mini-jeux archi simplistes…
- Réutilisés sans cesse
- Gameplay archi assisté
- Aucune difficulté
- Solo archi court
- Aucun intérêt à rejouer
- Cinématiques ratées
- Interactions avec les éléments pénibles
- Très cher pour ce que c’est


Consulter les commentaires Article publié le 10/12/2011 par Vincent P.



 
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