Test MILANOIR - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Développeur
Italo Games
Genre
Action
Date de sortie
  08.06.2018
Nombre de joueurs
1

Italo Games est un studio indépendant basé à Milan. Pour leur première création, les développeurs ont voulu rendre hommage à leur beau pays, à leur ville et plus particulièrement au cinéma italien des années 70 et autres séries B. Ils ont ainsi créé MILANOIR, dont le nom est tout simplement la contraction de la ville de Milan et de Noir, référence aux polars noirs. Appliquez le tout à un top down shooter, ajoutez du pixel-art pour l’enrobage et c’est parti pour une virée en Vespa !

Œil pour œil, dent pour dent…



Pour bien se plonger dans MILANOIR, il est de bon ton de se lancer dans l’aventure par le biais d’un mode scénarisé composé d’un prélude et de sept chapitres, auxquels s’ajoute un petit interlude bien senti. Vous connaissez Caliber 9 (1972) ? Vous connaissez Almost Human (le film de 1974, pas celui de 2013) ? Vous connaissez La Rançon de la peur (Milano odia: la polizia non può sparare - 1974) ? Très bien, alors vous avez déjà une petite idée de ce qui vous attend. Le titre d’Italo Games s’inspire de ces références, et de quelques autres, pour proposer une aventure brutale dans laquelle la justice est rendue de manière expéditive. C’est sanglant, c’est rempli de clichés, ça ne fait pas dans la dentelle, c’est cru et les thèmes abordés ne sont pas à mettre entre toutes les mains… Bref, c’est une époque durant laquelle les gangsters et les policiers corrompus avaient un certain pouvoir, une époque durant laquelle c’était œil pour œil, dent pour dent. Dans ce contexte, après un petit prélude surprenant et plutôt sympathique, on incarne Piero, un homme de main, lunettes de soleil toujours sur le pif, qui n’aime pas trop qu’on le prenne pour un jambon. Du coup, il exécute les ordres et, après s’être fait piéger, la gâchette encore plus facile, il entend se venger, ce qui induit de laisser un paquet de cadavres sur sa route. Le personnage est archi cliché et tente toujours de casser l’aspect brutal, voire parfois dramatique, par une attitude cool.

Il en va de même pour d’autres personnages importants de l’intrigue, ce qui est plutôt dommage. Ca enlève un peu à l’attachement que l’on peut ressentir pour les personnages, la faute à un manque de profondeur. L’écriture égratigne la surface du profil, se contentant de jongler avec les injures, de revenir sur les faits et de nouer tout ceci avec quelques fils blancs pour justifier les situations. Le tout se suit sans déplaisir mais on le doit plus à l’ambiance qu’au scénario. En effet, les musiques sont en totale adéquation avec l’univers et les visuels, en pixel art, fourmillent de détails. Il faut aimer le genre mais c’est plutôt réussi. Le Vespa, les lieux iconiques de Milan, le look des personnages, les modélisations des voitures, on est dans les années 70 du côté italien. De même, la mise en scène est plutôt réussie, avec des situations plus ou moins variées, des combats de boss théâtraux et quelques retournements de situations bienvenus. A ce sujet, l’interlude qui se déroule en prison est étonnamment bien réussi. Le passage, surtout accès sur la narration, dépeint de belle manière le quotidien du prisonnier, les sévices subis, l’attente, les visites qui ne se passent pas toujours bien, etc., le tout étant magnifié par des ellipses bien placées. Dans un registre différent, le final (nous n’en dirons pas plus pour éviter de spoiler), qui ne dure que quelques secondes (après le dernier boss), est lui aussi réussi.

Quant à la progression, elle allie des phases à pied avec de l’infiltration, archi basiques et dispensables, des phases de courses-poursuites (en véhicules, contre un train, contre des camions, sur un fleuve, etc.) relativement correctes mais parfois brouillonnes (la course-poursuite du dernier chapitre relève plus de la chance que de la dextérité) et, majoritairement, du shoot. Top down shooter de son état, le titre nous impose de diriger Piero avec un joystick et le viseur avec l’autre. Notre six coups a des munitions illimitées, on peut faire des roulades, se mettre à couvert et on avance. Parfois, on peut utiliser des grenades, des cocktails Molotov ou encore un Magnum 357 qui tue en un coup. Sur la fin de l’aventure, on troque même notre pistolet six coups contre un Uzi. On regrette que les armes citées ne soient à récupérer qu’à des points très précis et non à récupérer sur les cadavres ennemis qui en étaient équipées par exemple, quitte à limiter les munitions de l’arme de base… Autre point rageant, la visée est loin d’être un modèle de précision, et ce même si on passe par le menu des options pour régler la sensibilité ou l’AIM. On se retrouve finalement à coller le viseur au loin et à jauger les traces des trajectoires des balles pour réajuster les tirs suivants. En plus, le système de couverture est totalement imprécis également.

La rançon de la gloire !



Alors que vous vous croyez à couvert derrière un élément, voire une colonne, vous vous prenez des balles qui semblent passer totalement à travers. Pire, la couverture se joue parfois à un ou deux pixels près, ce qui fait que vous pensez vraiment être accroupi et à couvert, alors que vous vous mangez des bastos venues de l’espace. Comme la barre de vie descend vite, même si elle remonte en restant au calme, et que certaines armes tuent en un coup (les Molotov et le Magnum, voire une grenade qui explose trop près), vous imaginez que la mort s’invite plus souvent qu’on le pense. L’I.A. visant très juste et ayant même des armes que vous ne touchez pas (un fusil à pompe qui fait de sérieux dommages notamment), vous comprendrez bien vite que la difficulté est au rendez-vous. Elle monte crescendo et, en mode normal, commence à demander une certaine dextérité dès le chapitre 6. Cela n’empêche pas de voir le bout de l’aventure en 4H30 (en tout cas pour nous qui sommes habitués au genre) en mode normal (pour 12,99€, ça reste raisonnable) mais ça allonge sacrément la durée de vie en mode Difficile, sans même parler du mode Dément à débloquer qui demande une attention de tous les instants (plus d’ennemis plus coriaces, pas de ciblage auto, des couvertures détruites en un coup) et qui vous fera vous arracher les cheveux à chaque boss (notamment celui du chapitre 6 !).

Finalement, le titre prend des allures de die and retry que l’on n’attendait pas forcément… Ceci étant, tout n’est pas à jeter, bien au contraire. On arrive tout de même à prendre du plaisir à passer les niveaux et la difficulté fait que terrasser un boss notamment ou terminer un chapitre a un petit quelque chose de gratifiant. Il est également agréable de voir qu’il y a quelques chekpoints dans les chapitres, ce qui assure de pouvoir faire une petite pause, le temps de se changer les idées. Si le gameplay est tout ce qu’il y a de plus classique, en dehors des imprécisions, il offre tout de même une petite originalité. En effet, il y a dans le jeu des panneaux de circulation. Si vous les touchez, ils vont créer un ou plusieurs ricochets tuant au hasard un ou plusieurs ennemis alentours. Les panneaux ronds assurent un ricochet, les triangulaires deux et les octogonaux peuvent être abreuvés d’une salve continue pour tuer les ennemis alentours. L’idée est bonne, bien implantée et sauve parfois la mise. Pour le reste, en avançant méthodiquement et en sachant exactement où sont les ennemis et de quel type ils sont, on arrive à progresser en faisant un petit carnage plutôt jouissif.

Un mode coopératif à deux en local est même de la partie. L’idée est bonne mais la réalisation est à revoir. Concrètement, cela augmente le nombre d’ennemis et c’est tout. Le deuxième joueur est un simple porte-flingue sans identité, il n’entre pas dans le déroulement de l’histoire. Pire, si un joueur meurt, les deux perdent. Pas de système d’entraide, pas d’interaction, pas de spécificité, on a deux joueurs qui avancent indépendamment dans un même jeu. Dommage, il y avait sûrement mieux à faire. Enfin, outre les profils des personnages à débloquer dans le mode extra, il reste le mode Arène qui vient prolonger un peu la durée de vie. Dans ce dernier, il suffit simplement de se lancer dans une arène et de faire un max de cadavres pour augmenter son score. Un classement par arène est de la partie, ce dernier faisant d’ailleurs freezer notre version à chaque fois qu’on tente de le consulter et ce quel que soit l’arène choisie. Pour le reste, à moins de vouloir débloquer les Succès qui demandent un véritable acharnement (par rapport à des paliers de points à atteindre), l’intérêt reste minime.

L’avis perso de Vincent // Noir c’est noir...

Je vais être clair, MILANOIR a de sacrés défauts. Clairement, les imprécisions dans la visée, dans les roulades et dans le système de couverture, le tout lié à des morts qui arrivent vite, aura vite fait de rebuter une bonne partie des joueurs. Malgré tout, j’ai plutôt apprécié la traversée du jeu. Outre le fait qu’un shooter soit généralement défoulant, et c’est le cas ici, j’ai surtout adhéré au système des ricochets avec les panneaux de circulation et à l’univers. J’ai vraiment été conquis par l’ambiance et c’est ce qui m’a poussé (outre les besoins du test) à aller jusqu’au bout. Par contre, je dois bien l’avouer, si j’ai relancé le jeu, une fois mon premier run fini, pour tester les difficultés Difficile et Démente, c’était clairement pour les besoins de cet avis. Autrement, une fois qu’on a fini l’aventure, on n’y revient pas, ou alors avec un ami une petite heure, juste le temps d’essayer le mode coopératif qui est trop minimaliste pour vraiment convaincre… Reste que pour 12,99€, l’expérience vaut le coup d’œil.


Point complet
Même si ça ne doit pas forcément rentrer en ligne de compte, il faut bien rappeler qu’Italo Games est un jeune studio créé en 2016 qui fournit là sa première création. Avec un prix plutôt correct (12,99€), Milanoir s’en sort finalement avec les honneurs. Il est clair qu’il a de sérieux défauts, notamment les imprécisions de son gameplay, le manque de profondeur des personnages ou son mode coopératif beaucoup trop minimaliste. Malgré tout, les développeurs ont réussi à offrir une aventure qui se suit sans déplaisir, grâce à une ambiance travaillée, à quelques fulgurances dans la mise en scène et à une bande-son qui colle parfaitement à l’ensemble, sans parler du côté défoulant du top down shooter et des situations suffisamment variées pour éviter l’overdose. On le fait une fois, probablement pas deux, mais ça reste encourageant pour la suite…

On a adoré :
Univers réussi
Bande-son agréable
Mise en scène plutôt soignée
Justice expéditive, aventure crue
Les ricochets sur les panneaux
Pixel art qui fourmille de détails
Jouable à deux
Situations variées
Mode Dément pour les masos
Top down shooter défoulant…
On n'a pas aimé :
Mais trop d’imprécisions
Le système de couverture !
Coopération trop limitée
Mode Arène dispensable
L’aspect die & retry pour certains
L’écriture des persos à revoir


Consulter les commentaires Article publié le 28/07/2018 par Vincent P.


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