C’est bien connu, les adaptations de films d’animation en jeux vidéo finissent souvent dans les bacs de soldes après deux mois. Et pour cause : souvent, ces titres s’avèrent être de véritables arnaques, avec des graphismes old gen et un gameplay basique. En d’autres termes, les éditeurs ne se gênent pas pour abuser de la crédulité des plus petits. Cependant, il arrive parfois que parmi tous ceux-là se démarque un soft. Est-ce le cas de
Max et les Maximonstres ?
Un jeu poétique
Basé sur le film éponyme, qui est lui-même basé sur le célèbre ouvrage littéraire à destination des plus petits,
Max et les Maximonstres (Where the Wild Things Are en anglais) suit les aventures de Max, un jeune enfant bien solitaire et colérique. Difficile à supporter, Max s’invente de fabuleuses histoires et quitte souvent son domicile pour s’amuser dehors tout seul. Un beau jour, il arrive sans trop savoir comment sur une île qui semble tout droit sortie de son imaginaire. C’est là qu’il fait la rencontre d’étranges créatures aux allures bestiales, les Maximonstres. Au départ, ces monstres semblent sanguinaires. Ils adorent se battre et désirent le dévorer. Cependant, en se faisant passer pour leur roi, il commence à se lier d’amitié pour eux… Et ce n’est malheureusement qu’autour de cette belle amitié que tout le film tourne, le studio ayant oublié de compter le début de l’aventure dans le monde réel. Globalement, le jeu prend bien ses distances avec le film et c’est sans doute l’un de ses gros défauts, dans la mesure où l’histoire parait bien mal expliquée. Cependant, l’ambiance et l’univers du jeu rattrapent ceci, les développeurs étant parvenus à donner un côté à la fois épique et poétique à leur aventure. La patte artistique du jeu est en effet superbe, avec des décors qui se laissent admirer pendant de longues minutes et un style qui n’est pas sans rappeler Ico, tant visuellement que dans le concept (l’amitié, l’entraide).
Concrètement, le jeu mélange plates-formes et beat them all. L’aventure se déroule comme suit : le joueur revient au camp de base entre chaque mission. Dans ce camps, il peut vaquer à diverses activités : trouver des bonus, améliorer les bâtisses en trouvant des objets cachés, jouer à certains mini-jeux, s’amuser avec les Maximonstres ou tout simplement explorer ce village dans un petit univers bac à sable qui n’est pas bien vaste mais joliment animé. Une fois qu’il s’est lassé de ne rien faire de bien précis, il peut alors lancer l’une des missions. Celles-ci sont relativement variées puisque vous devez à tour de rôle diriger un navire sur une rivière, courir à dos de Maximonstre en évitant les obstacles (une partie très fun !), combattre des créatures avec votre sceptre et un gameplay assez intéressant pour rendre les choses passionnantes (blocage, saut, frappe forte, frappe légère, enchaînements), voler à l’aide de plumes, vous laisser porter par les courants aériens en agrippant un pétale, sauter de plates-formes en plates-formes, éviter des ennemis, combattre des mini-boss sans oublier sauver vos camarades. Les séquences de jeu sont assez variées et offrent une bonne dose de fun. En outre, le gameplay est absolument parfait et le soft présente assez de challenge. Malheureusement, les ennemis manquent cruellement de diversité avec quelques ombres à massacrer mais également des insectes… Et c’est à peu près tout ! On regrette également que le soft soit aussi court. Il ne faut en effet guère plus de trois heures à un adulte pour boucler l’aventure.
Bien sûr, un enfant prendra plus de temps et les nombreuses améliorations à débloquer à l’aide des centaines d’items à récolter en passionneront plus d’un. Cependant, c’est assez maigre, même pour un jeu vendu à un prix inférieur à la moyenne. Pour le reste, on apprécie les graphismes qui ne sont certes pas exceptionnels mais bénéficient d’une maîtrise artistique exemplaire. On reste pantois devant la bande sonore, composée d’excellents doublages français et des musiques du film magnifiques, et on apprécie le talent des développeurs pour retranscrire cet univers si fantastique qui prend enfin vie sous les yeux ébahis des plus petits. Dommage tout de même que la durée de vie soit aussi courte, que le soft n’intègre aucun mode multijoueur coopératif (certains passages s’y prêtaient pourtant bien !) et que la végétation soit aussi moyennement modélisée à certaines occasions.
Point complet13/20
Au final, que dire si ce n’est que
Max et les Maximonstres est sans aucun doute l’un des meilleurs jeux de plates-formes de ces dernières années mais est également un énorme gâchis ? Quand on voit les nombreuses qualités du jeu, qui dispose d’une ambiance extrêmement travaillée, d’idées succulentes et d’un gameplay savoureux qui va parfois jusqu’à rappeler celui d’Ico, on se dit que WarnerBros aurait réellement dû croire en ce projet. Résultat, on se retrouve avec un titre beaucoup trop court qui manque un peu de diversité et qui souffre de manquements inexplicables. Autant de défauts majeurs qui l’empêchent de s’imposer comme le très bon jeu qu’il aurait pu être. Pour une poignée d’euros cependant, il est inutile de dire qu’il mérite amplement que l’on s’y intéresse.
On a adoré :
+ Style graphique magnifique
+ Ambiance poétique
+ Gameplay aux petits oignons
+ Excellent mélange de genres
+ Plein de bonus à débloquer
+ Assez de challenge
+ Excellente B.O.
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On n'a pas aimé :
- Trop court (3h pour un adulte)
- Peu de diversité dans les ennemis
- Pas de multijoueur
- Scénario mal expliqué
- Végétation moyennement modélisée
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