Test Kingdom Come : Deliverance - jeux vidéo Xbox One

XBOX ONE GAMER
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Editeur
Deep Silver
Développeur
Warhorse Studios
Statut
Disponible
Date de sortie
  13.02.2018
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI

Début 2014, le studio tchèque Warhorse Studios lançait son projet Kingdom Come Deliverance sur Kickstarter. Annoncé comme étant un RPG solo réaliste dans l’Europe médiévale, le titre s’annonçait en plus comme étant un openworld avec un système de combat précis et exigeant. Des donjons, pas de dragon, du pur réalisme sans heroic fantasy, la promesse était alléchante. Le Kickstarter attira plus de 35 000 backers pour un budget récolté de plus d’1,2 million d’euros ! Le studio nous promettait une trame ancrée dans l’Histoire et une époque réelle, une ambiance authentique d’époque, une expérience unique… Autant dire que le studio commençait à nous vendre du rêve. Mais avait-il les épaules assez solides pour assurer le coup ?

Henry, le fils du forgeron venu me chercher dans la vallée



Après la cinématique d’introduction qui place le contexte historique, vous faites la connaissance d’Henry, le fils du forgeron de Skalice, petite bourgade tranquille de Bohème en 1404. Loin du cliché du héros prophétique, bien au contraire, vous constaterez vite le manque de charisme de votre personnage. Ne prenez pas cela comme un reproche mais plus comme un réel changement face à la majorité des jeux dans lesquels nous incarnons un héros badass plein de testostérones prêt à casser la gueule au moindre gueux qui le dévisagerait un peu trop. Rien de tout cela ici, vous êtes simplement un paysan quelconque qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Votre quête commencera à la mort de vos parents que vous chercherez à venger ! Warhorse nous avait annoncé du réalisme, en voici la première couche !

RPG ou simulation ?

Après cinq minutes de jeu, vous lancez votre première mission. Vous ouvrez/fermez une porte, vous voyez l’animation du bras de votre protagoniste faire le boulot. La poignée est saisie et l’action est faite dans les règles de l’art. Le réalisme est appréciable. Mais pour certains, il va un peu trop loin. Nous pensons notamment à la gestion de la faim. L’émote vocale associée se déclenche, parfois en boucle, pour signaler qu’Henry n’a pas assez mangé. C’est bien, il faut le nourrir. Néanmoins, lorsque cela se déclenche dans une situation qui n’est pas propice (une fuite suite à des événements tragiques), on en vient à maudire ce réalisme qu’on apprécie temps les premières minutes. Pour rester sur la gestion de la faim, précisons qu’il est inutile de stocker des vivres en grande quantité car ceux-ci se périment plus ou moins vite selon le type de nourriture. Manger des aliments périmés ou en trop grande quantité aura un impact sur votre personnage et ses capacités (infiltration ou lors des combats par exemple). Pas de stock important donc mais il faut un stock régulier, sous peine de devoir fouiller la zone à la recherche d’un plat à manger en pleine quête, ce qui a pour conséquence de casser le rythme de la progression. Cela déconcerte assez au début mais après quelques heures de jeu, nous prenons naturellement l’habitude de faire les choses dans le bon ordre. Ce qui est rageant au début, devient finalement une habitude par la suite, avec laquelle on compose sans trop de difficulté, surtout qu’en avançant nos moyens grandissent.

Pour être encore plus fidèle à la réalité, il faut gérer la fatigue du personnage et se rendre dans une couche bien douillette chaque jour afin de se reposer. Une emote visuelle indique au besoin le ressenti de fatigue. Notre Henry commencera à cligner plus ou moins fréquemment des yeux, engendrant un joli malus de vision. De même, si Henry est sale lors d’un dialogue, un malus viendra sanctionner l’éloquence par exemple. La gueux-attitude n’a pas que du bon dans le titre ! Il existe tout un tas de bonus/malus à gérer de la sorte, comme la gueule de bois qui donne un bonus d’éloquence… Et le malus qui s’en suit… Pour valider une quête auprès d’un haut dignitaire, il faudra attendre une heure précise de la journée pour aller le voir et valider la mission. Rentrer chez lui en pleine nuit, sans prévenir, risque de nous jouer des tours, Henry pouvant finir dans un cachot avec des malus. De plus, arriver en pleine nuit dans un château, sans torche, peut créer une panique avec des conséquences fâcheuses. Le titre est blindé de petits points du genre. C’est extrêmement intéressant mais cela peut également devenir assez rébarbatif. Autant ne pas le cacher, certains joueurs risquent d’être totalement rebutés par ce système. On va au-delà du réalisme pour se frotter à une ultra simulation. Les développeurs avaient prévenu, on savait à quoi s’attendre et on n’imaginait pas que c’était à ce degré.

Bohemian history



Suite à l’attaque sur Skalice et un événement dramatique, le jeune Henry va s’attirer la sympathie du seigneur de Rattay. Le prologue prendra fin peu de temps après cela. Nous serons alors lâchés dans ce monde vaste et réaliste. Commençant simple garde pour une ronde de nuit, Henry montera en grade durant son épopée et évoluera selon vos choix, après cette introduction assez longue qui pose les bases (histoire comme gameplay). Le titre est mené par une histoire bien ficelée grâce à une bonne combinaison de quêtes grand spectacle, de nombreux dialogues aux actions et réactions qui engendrent des conséquences directes ou indirectes, et de cinématiques qui apportent leurs lots d’informations. Mélange entre du policier sauce médiévale et du thriller, l’intrigue offre moult rebondissements et autres retournements de situation, avec des seconds rôles des plus intéressants, tournant autour d’un Henry simple et humain. Ces cinématiques et autres séquences en pré-calculé apportent beaucoup à la réussite du scénario et à son récit. Ne les zappez pas sous peine de louper une partie forte et intéressante du titre ! Le doublage français, de qualité, aide également grandement, du moins quand celui-ci fonctionne. A plusieurs reprises, le jeu a coupé la voix des doubleurs et le son (seuls les sous-titres apparaissaient). Parfois, le titre oscillait entre des voix tantôt anglaises, tantôt allemandes... Ajoutez à cela une synchronisation labiale défectueuse et vous obtenez une certaine déception. A l’heure où sont écrites ces lignes, ces soucis sont toujours d’actualité. Malgré cela, la magie opère, le studio ayant tout fait pour assurer l’absence totale de « fantasy ».

Pour assurer l’authenticité de l’expérience, les développeurs ont fait attention à plein de détails pour créer leur monde ouvert. Constructions logiques, agencement des villes appréciable en fonction de la topographie des lieux, populace qui vient de manière cohérente avec son métier, tout est fait pour immerger le joueur. Ca fonctionne ! Le plus gros point fort du titre, c’est cette combinaison entre le monde proposé et l’histoire narrée. Bien entendu, tout n’est pas à 100% réel, il suffit de lire les petites polémiques sur le blanchiment de la population ou des guerriers Coumans pour voir que le studio s’est peut-être permis quelques écarts historiques, mais le résultat global est bluffant. Au niveau des activités, une fois l’introduction passée, Henry sera libre de parcourir le monde comme bon lui semble pour faire ce qu’il veut : remplir ses quêtes principales ou secondaires, jouer au voleur, faire du commerce, etc. Le nombre de missions annexes est sensiblement inférieur aux autres monstres du genre, le studio privilégiant avant tout la qualité. Peu de quêtes fedex ici mais plutôt des missions demandant au choix d’y aller par la force, la pression ou l’éloquence. La parole a un poids fort ici, votre réputation également. Une mauvaise action pourra vous causer du tort plus tard. Quant au suivi des quêtes et des objectifs, il est associé à un journal, le tout avec une boussole et une mini-map pour se repérer.

Autant pour certaines quêtes, votre objectif sera pointé au centimètre près, autant les autres fois, les infos disponibles seront assez floues, vous poussant à chercher. Il y en a donc pour tous les goûts, que ce soit pour les joueurs aimant être pris par la main et ceux voulant tout trouver par eux-mêmes. Hélas, les bugs s’invitant à la fête, il faudra parfois charger une précédente sauvegarde. C’est là qu’on découvre un système de sauvegarde assez restrictif (au début du jeu tout du moins). Vous pouvez sauvegarder de deux façons : soit le jeu sauvegarde de lui-même à des moments clés, soit vous lancez manuellement une sauvegarde par vous-même à condition de posséder une dose de schnaps (véridique !). Au début du titre, cela peut s’avérer assez contraignant de jouer trente à quarante minutes, de voir un PNJ qui ne permet pas de valider votre quête et de ne pas pouvoir sauvegarder... Facilement contournable via un mod sur PC, ce système devient vite contraignant sur console, surtout quand le niveau de finition n’est pas optimal.

Jeu de rôle, gameplay et baston !

Une fois la manette dans les mains, le jeu se veut globalement intuitif. Chaque activité en jeu vous permettra de gagner des compétences via un système propre à vos actions : plus vous tirez à l’arc, plus vous gagnez en efficacité de tir. Plus vous vous battez à l’épée, plus vous débloquerez de capacités d’attaque ou défense. Et ainsi de suite… Vous pourrez devenir un véritable poivrot ou à l’inverse un érudit grâce à votre apprentissage de la lecture en premier lieu. Si le gameplay est plutôt simple à appréhender, on ne peut pas en dire autant de l’interface. Avec ses menus et sous-menus imbriqués, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.

Du côté de la baston, l’expérience se montre frustrante au début de votre aventure. Vous risquez de prendre quelques branlées, tandis que vous pourrez vous en sortir indemne lors de certains affrontements contre plusieurs ennemis. C’est un peu déconcertant mais sachez que la couardise vous sauvera souvent la mise. Après quelques heures de jeu, vous commencerez à maîtriser un peu plus le système de combat (un peu à la For Honor, dans l’idée seulement, avec le placement de votre arme/bouclier avec cinq positions possibles, ici en étoile, contre trois pour For Honor). Comme nous l’avons déjà dit, point de super malabar ici, le 1 vs 1 passera si vous jouez bien le coup, le 1 vs 2 va commencer à être tendu mais n’espérez pas du 1 vs 5. Plus Henry prendra de l’assurance et de l’expérience, plus vous serez efficace. A vous de composer avec votre palette de coups pour vous en sortir : coup en fonction des cinq directions en étoile, estoc, coup de pied, enchainement en combo de coups, pas de côté, protection avec le bouclier, etc. Le tout doit se faire en gérant votre endurance qui diminue à chaque coup. Réalisme oblige, chaque arme offre une approche différente. Vos premiers affrontements, comme déjà évoqué, risquent de vous faire rager, tout étant question de timing et de lecture du combat. Il faudra donc apprendre à la dure, en vous cassant les dents plusieurs fois au préalable… Mais quand vous ferez tomber un molosse tout revêtu de plaques, un pur sentiment de réussite vous comblera.

Idem pour le tir à l’arc, vous n’avez point de mire à disposition, tout se fait au jugé avec vos flèches qui partiront vers le haut avant de redescendre au bout de quelques mètres. Votre quête de chasse au lièvre sera votre premier vrai exercice de tir. Ayez l’assurance que ce sera jouissif de dégommer vos premiers lapins. Quel autre jeu vous procure cette sensation ? Nous avons plutôt l’habitude de tuer un dragon immense ou autre ennemi au gabarit surnaturel après quinze minutes… Ici, on parle d’un petit gibier qu’on tue après quelques heures. Les affrontements de masse, quant à eux, se montrent un peu plus brouillons avec une IA parfois à côté de ses pompes. Elle est surtout indécise lorsqu’il s’agit de changer de cible. Pour terminer sur les activités annexes, précisons qu’il est possible de voler en crochetant des coffres pour ramasser du butin. Autant le dire tout de suite, celui qui a implanté ce système est un gros sadique. Le système de crochetage est tout bonnement tordu !

La technique, ça compte ?



Le titre ayant attiré pas mal d’attention, nous avons pu échanger avec diverses connaissances au sujet de nos expériences sur les différents supports. Certains évoquent quasi aucun souci vraiment gênant, d’autres, comme nous, sont victimes de bugs plus handicapants. Pour notre part, malgré le patch day one de 23 Go et celui du 23 février de 10 Go, nous avons dû recharger notre sauvegarde à cause d’un bug bloquant. Cela a de quoi taper sur les nerfs mais il faut avouer que les développeurs ont été réactifs sur la communication. Ils sont au courant du souci et travaillent dessus. Pour un jeune studio avec une équipe réduite et une ambition de triple A malgré un budget moindre, il faut bien reconnaître qu’il faut savoir être indulgent, surtout que certains gros jeux sortent également avec leurs lots de gros bugs. Bref, les désagréments sont présents, même après trois semaines, il faut donc en être conscient avant de se décider à acheter le titre.

Ceci dit, le rendu visuel sur console est dans la moyenne. Il y a un très gros travail sur les villes, villages et habitations, sur la topographie, les forêts et vallons, c’est vivant et « réaliste ». On entend par là qu’il ne faut pas s’attendre à voir des grottes cachées partout, de la vie partout en forêt ou sur chaque chemin. On aurait tendance à demander plus de choses actives en dehors des villes et des forts mais Warhorse a annoncé un jeu réaliste, du coup on prenant bien conscience de cette volonté, on se retrouve dans un monde cohérent. A côté de cela, le jeu est beau de loin mais aussi un peu loin d’être beau. Il y a pas mal d’inégalités sur console, du popping tardif récurrent (un personnage semble être chauve de loin et paf, à quelques mètres, sa chevelure ou son couvre-chef apparait). Les visages et leurs animations peuvent paraitre un peu à la rue à certains moments également. Dès que vous vous approchez des décors, on voit rapidement les limites de l’optimisation sur nos consoles (surtout sur One standard). Le framerate est assez stable sur One X, à contrario de la One standard qui connait pas mal de chutes.

Des problèmes de collisions assez fréquents sont également visibles, surtout avec votre fidèle destrier qui est capable de buter contre un gravier ou, à l’inverse, de vous envoyer dans l’espace après un simple saut. Il vous arrivera aussi de devoir vous agenouiller pour monter un escalier, le jeu pensant que vous ne passez pas autrement. Cela ne bloque en rien le jeu mais c’est douteux au niveau de la gestion de la physique. Dans l’ensemble, en se plaçant dans le contexte d’un AAA indépendant à budget très modéré, on se dit que cela aurait pu être bien pire ! Néanmoins, le prix étant dans la tranche haute, on peut comprendre que certains puissent s’attendre à mieux. Pour résumé, malgré quelques couacs, la technique prolonge l’expérience de l’authenticité recherchée par le studio tchèque. C’est rustique, pas toujours équitable en termes de rendu, mais cela se marie assez bien avec la période choisie. Par contre, mieux vaut privilégier les modèles « premium » des consoles pour réellement en profiter, les modèles standards accusant le coup.
Article rédigé par Hervé / Aeons

L’avis perso d’Hervé // Fort potentiel à peaufiner !

Warhorse nous a promis un jeu simplement réaliste et tout ce qui va avec… Et c’est clairement ce que le studio nous a livré : un jeu dans un décor authentique, exigeant mais accessible pour peu que l’on y passe un peu de temps, porté par une narration et une histoire réellement réussies. Notre protagoniste Henry est l’antithèse des Dragonborn, Sorceler ou autres personnages que nous avons l’habitude de jouer. Point de héros ici mais juste un type qui était au mauvais endroit au mauvais moment. Du coup, il doit bosser dur pour mener à bien sa vengeance. Cela fait peut-être très film hollywoodien dit comme cela mais le travail abattu pour créer du vrai est réellement bien fait. L’époque historique, le monde proposé, bref, le travail effectué pour rendre le tout cohérent a dû représenter un réel défi pour être mené à ce niveau. Chapeau bas au studio tchèque pour son travail. L’histoire est bien menée et est clairement LE gros point fort du jeu, d’autant que les personnages secondaires rencontrés ont tous leur importance. Vos choix impacteront le monde vivant de cette Bohème en monde ouvert et vous le découvrirez à un moment ou un autre. Avec une durée de vie assez conséquente (on parle d’une quarantaine d’heures uniquement pour la trame principale et tout une pelleté de quêtes et activités annexes), les joueurs qui adhèrent au titre en auront largement pour leur argent. Le système de combat vous fera sortir de vos gonds et de votre zone de confort à certains moments, mais une fois maîtrisé, vous prendrez un réel plaisir à sortir victorieux d’affrontements éprouvants. Vous grandirez et gagnerez en force avec Henri. Alors oui, l’expérience n’est pas parfaite, quelques bugs peuvent venir vous pourrir la vie à un moment ou à un autre. De même, le système de sauvegarde est archaïque à mes yeux et, pour le début de l’aventure tout du moins, la gestion de la faim/fatigue demande un véritable effort pour ne pas péter un câble.

Heureusement, Warhorse a déjà démontré avec des actions concrètes qu’il était là pour écouter les retours des joueurs et essayer de corriger ce qui ne fonctionne pas comme attendu. Je note que cela a un impact derrière : day one, la galette incluait 22go de données. Au final, seuls 30mo sur One ont été conservés, obligeant de partir sur un DL de 22-23go. Dix jours plus tard, un second patch de 10go est apparu. Pour les petites connexions, cela pique énormément. On me chuchote que la taille des patchs semble être dans la norme mais en ratio « taille du jeu de base / patch » nous avons déjà dû télécharger 1,5x la taille initiale du titre en dix jours. Aurait-il gagné à sortir un peu plus tard ? Mon avis strictement personnel aurait tendance à dire oui, mais ses ventes semblent dire que le succès est déjà bien là. Au vue de mes échanges des fois un peu cash sur le site, nous pourrions croire que je n’ai pas apprécié le jeu. Pour être tout à fait honnête, j’ai trouvé les trois à quatre premières heures du jeu assez lourdes, voire indigestes. Mais en tenant le coup et en continuant à jouer, j’ai commencé à découvrir le réel potentiel du titre. A Warhorse de continuer à suivre, peaufiner et optimiser son bébé pour transformer ce qui semble être un joyau encore brut en une véritable pépite d’orfèvrerie. En effet, il ne reste finalement que tout l’aspect technique à fignoler, ce qui peut encore se corriger, même si ça demandera des efforts de la part des développeurs. Si pour vous l’histoire et la narration priment et que vous recherchez une expérience fraiche et à l’opposé des standards actuels, alors foncez, surtout qu’on arrive à trouver le titre à prix réduit (aux alentours d’une quarantaine d’euros) auprès de certaines enseignes. Si pour vous, l’optimisation joue jeu égal avec l’histoire ou compte plus, attendez peut-être un peu, le temps que le studio sorte suffisamment de corrections pour profiter pleinement du titre !


L’avis perso de Damien // A vot’ bonne santé les gueux !

Comme beaucoup, j’attendais Kingdom Come Deliverance comme un petit encas. Un petit RPG sympathique qui permettrait de patienter entre deux gros jeux. Au final, il est infiniment plus que ça. Non content d’être un excellent RPG, KCD se paie le luxe de proposer quelque chose de vraiment à part. Inutile de chercher sur qui les Tchèques de Warhorse Studio ont copié leur style, la réponse est personne. KCD est une vraie proposition, un jeu à part entière qui se veut fidèle à la promesse de base des développeurs, à savoir faire un RPG dans un cadre médiéval sans aucune touche de fantastique. Pour schématiser grossièrement, on pourrait dire que KCD est un Elder Scrolls sans éléments fantastiques et bien plus hardcore dans son approche de l’aspect RPG. Les combats sont très techniques et âpres, ils demandent du timing et de la stratégie. Les premières rixes brouillonnes deviendront progressivement des passes d’armes dignes d’un vrai combat à l’épée, notamment grâce à l’excellence de la gestion du body awareness dans le jeu. Les sauvegardes sont limitées, impossible de sauvegarder toutes les trois secondes pour recharger sa partie au moindre accroc. Il faut manger/dormir, etc. Bref un aspect réaliste très prononcé et réussi qui contribue à donner au jeu un côté unique et rafraichissant pour ceux qui en avaient marre de tuer du dragon en se soignant à coup de potions miracles. Mais là où KCD surprend le plus, c’est sans doute avec son scénario et sa narration. On s’attendait à quelque chose de basique et loin des standards actuels comme The Witcher et compagnie. A l’arrivée, il n’en est rien. Le scénario de KCD est une réussite, il est intéressant, réaliste et propose ce qu’il faut de twist pour fournir des retournements de situation crédibles.

La narration est renforcée par de nombreuses scènes cinématiques peu avares en dialogues et ce y compris pour beaucoup de quêtes secondaires. Ces dernières sont d’ailleurs très variées et bien scénarisées (The Witcher est clairement passé par là). Loin du cadre de l’histoire centrale, elles vous mèneront à voler, prendre une murge mémorable avec un prêtre, pratiquer un exorcisme… énième preuve que les développeurs ont vu les choses en grand. Sans oublier que le tout est servi par une galerie de personnages charismatiques, des seigneurs en place, en passant par les coupe-jarrets locaux, on tombe très rarement sur un personnage important mal écrit. Cerise sur le gâteau, la VF est de qualité avec de très grands noms du doublage au sein de son casting. Et tout ça dans une région de la Bohême du 15ème siècle fidèlement retranscrite en open world grâce au Cry Engine. Le jeu, sans être le plus beau dans sa catégorie, a plutôt tendance à flatter la rétine. La végétation, les villes médiévales, les forêts, le monastère, les auberges, une météo dynamique, un cycle jour/nuit impeccable (enfin un jeu où l’on ne voit rien la nuit sans une torche !) et bien d’autres détails permettent à KCD de fournir une expérience vraiment très immersive au joueur. Je disais plus haut que les petits gars de chez Warhorse Studio avaient vu les choses en grand pour KCD… peut-être trop. Autant être franc, oui le jeu est buggé. Il n’est pas rare de voir un pnj coincé contre un mur, des textures qui s’affichent en retard, une synchro labiale foireuse et autres joyeusetés qui prouvent un manque de finition flagrant. On pourrait en parler plus longuement mais je me contenterai de rappeler ceci : le jeu n’est pas plus buggé qu’un Elder Scolls à sa sortie. Pour avoir touché à Morrowind, Oblivion ou Skyrim à leur sortie, je peux vous dire que le constat n’était pas plus brillant. Je garde un bien plus mauvais souvenir de la version day one de Dragon Age Inquisition (qui plantait beaucoup sur PC) que de celle de KCD.

Rappelons également que le jeu est le premier du studio Warhorse, ce dernier est de plus un studio modeste qui est passé par Kickstarter pour pouvoir financer son projet. Garder tout cela en tête permet de remettre le manque de finition de KCD en perspective surtout si on compare avec Bethesda et certains autres gros développeurs. Pour un premier essai, c’est clairement un coup de maître vu le résultat final. Il est bon de noter que les développeurs s’occupent bien du bébé puisqu’il est régulièrement patché. Pour terminer, un mot sur la durée de vie. J’ai dépassé les 60 heures, je n’ai toujours pas terminé la quête principale et j’ai encore un paquet de quêtes annexes à faire. Certes il doit être possible de terminer le jeu en 30-40 heures en rushant mais ce serait tellement dommage. En l’état, un joueur bien immergé dans KCD pourra y passer facilement jusqu’à 80 heures et plus, faisant du prix de vente du jeu (aux alentours de 50-60 euros) un investissement plus que rentable. Bref, sans être parfait, KCD est une vraie expérience à part, un excellent RPG qui malgré son manque de finition bien visible arrive à captiver le joueur pour peu qu’il adhère à son cadre réaliste ainsi qu’à son gameplay et à ses composantes RPG bien plus hardcore que la moyenne. Finalement KCD est souvent à l’image de l’époque qu’il décrit, rugueux, sans concession, violent mais aussi diablement captivant. A tenter tout de suite pour les mordus de RPG et amateurs d’ambiance médiévale réussie. Pour les autres, attendre un peu pour une version plus patchée et mieux finie semble être une alternative plus raisonnable.


Point complet
S’il est possible de débattre longuement sur l’impact du manque de finition sur l’expérience de jeu, on ne peut que se mettre d’accord sur la qualité du travail de Warhorse. C’est vrai, les bugs sont nombreux, le système de sauvegarde peut dérouter, les combats demandent un peu de temps avant d’être maîtrisés et le réalisme est tellement poussé qu’il rebutera certains joueurs. Malgré ça, la promesse du studio a été tenue, et ce de belle manière. L’univers créé est cohérent, il respire l’authenticité, l’expérience est prenante, la durée de vie est longue, les quêtes sont variées et, cerise sur le gâteau, l’histoire est une véritable réussite. Quand on ajoute une VF de qualité, malgré le souci de la synchronisation labiale, on arrive à s’immerger dans l’aventure. Les débuts sont durs, laborieux, mais on progresse et on avance avec ce sentiment de satisfaction pour chaque action accomplie. Encore une fois, si vous n’êtes pas regardant sur la finition, foncez, achetez-le et soutenez ce jeune studio au talent certain qui est en plus réactif et à l’écoute des joueurs. Sinon, attendez et, si le réalisme dans l’univers médiéval vous convient, achetez-le dès que les patchs auront été déployés pour assurer une expérience de jeu plus stable.

On a adoré :
L’impression d’authenticité
Un réalisme impressionnant
Décors agréables à l’œil
Histoire superbement menée
Des seconds rôles importants
Gros sens du détail
Les choix ont un réel impact
Le système de combat (une fois maîtrisé)
VF de qualité
Un studio réactif à l’écoute
On n'a pas aimé :
Rendu visuel parfois inégal
Prologue un peu long
Le système de sauvegarde
Combats rageants au début
Système de crochetage mal foutu
Batailles de masse un peu brouillonnes
Pas mal de bugs
Trop réaliste pour certains ?


Consulter les commentaires Article publié le 08/03/2018 par Vincent P.


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